Archive for juillet 2013

VOTÁN I.

Texte original ici.

Traduction de la première partie de « Votán », communiqué de presse de l’EZLN publié le 28 juillet. Cette série de communiqué complète les communiqués sur la petite école zapatiste.

 

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« Je ne veux pas voter, je veux vomir. Lesbienne Féministe » Prise de parole d’une lesbienne féministe pendant le meeting de l’Autre Camapgne à Aguascalientes. – photo @LeSerpentàPlumes

 

 

 

 

VOTÁN I.

Un scarabée sur le réseau

(Durito version freeware)

 

Juillet 2013.

 

Avant de vous expliquer comment ça va se passer la petite école (quelque chose comme un « manuel de voyage » ou « manuel de mauvaises manières » ou « manuel de survie »), nous allons sortit voir où ils en sont là-haut. Non que nous soyons dispersés (nous le sommes, sans aucun doute), mais parce que nous essayons de regarder leurs calendriers et leurs géographies, c’est -à-dire, que nous essayons de comprendre.

Donc, soyez aimables et patients, et accompagnez-nous dans ce regard depuis ici jusqu’à leur là-bas. On verra… mmh…

Tant de conjoncture-historique en essayant, en vain, d’attirer l’attention avec les gros titres des journaux. L’imposture médiatique mis maintenant en échec par les hashtags – peu importe comment on dit – (« viraux » dit-on, pour massifs, et par pour nocifs… Ou si?).

Ah, la désespérance des communicologues, politologues, éditorialistes, rédacteurs en chef : les thèmes « d’actualité » ils ne les écrivent plus, ils les signalent, imposent leurs analyses – bien souvent lubrifiées par des billets de toutes les couleurs-, mais chacun à sa manière, selon son calendrier, sa géographie.

Laissons pour un moment de côté cette pathétique relation entre les personnalités du spectacle et de la politique à tous les niveaux – la royauté, ministres, présidents, gouverneurs, législateurs-, dont la « transcendance » n’intéresse que le journalisme frivole (c’est-à-dire, toute la presse payante). Les réflexions des politologues et de journalistes sur ce sujet n’attire plus que les toujours plus rares « professionnels du commentaire » dans leurs colonnes.

Dans la phrase « twittesque » de Durito : « De la relation entre le boniment et la politique, il faut dire : photoshop les crée et elles et eux s’assemblent »

Parce que maintenant il ressort que les gens (cette masse rebelle qui ne regarde pas là où on lui dit de regarder, ni n’écoute ce qu’on lui ordonne d’écouter), a acquis la manière de ramener le quotidien au premier plan : comment se coiffer, ce qui m’est arrivé dans tel lieu, ce que j’aime-j’aime pas, ce que-j’ai-vu-entendu-qu’on m’a dit-qu’ils disent, les crimes qui n’apparaissent pas dans les médias de communication payant, les ridicules répétitions des gouvernants (avant occultées par des montagnes d’argent dans les placards de la communication payante), maintenant exposé sans contrôle.

Que le supposé chevalier de la liberté et de la démocratie, le gouvernement nord-américain, espionne impunément ou commette des barbaries et demi sur toute la planète ? Hop ! Le réseau devient aussi tôt la main irrévérencieuse qui fait tomber la mise en scène derrière laquelle se cache la grande obsession du Pouvoir : contrôler tout et tout le monde, en sachant tout de tout.

Et, rapidement, quand le Pouvoir se rend compte que ça ne valait pas le coup de payer autant pour que les réflecteurs principaux (les médiatiques) s’éteignent ou se concentrent sur le spectacle idiot à la mode, les respectables, les gens, la plèbe, la bande, allument leurs petites lumières, mais pas pour accompagner rythmiquement la petite chanson d’en-haut, mais pour mettre en évidence que le roi-prince-ministre-président-gouvernant-législateur est nu.

Se sachant exposé, le Pouvoir n’arrive qu’à balbutier des incohérences et, évidemment, à criminaliser ses découvreurs. Que tel ou autre gouvernant ou fonctionnaire affiche son allure pathétique du syndrome de « vous-savez-pas-à-qui-vous-avez-à-faire » ? Hop ! Ici vous avez sa trace cybernétique et que tout le monde va le voir-entendre-diffuser. Et, c’est clair, la logique réponse juridico-policière des politiciens : arrestation de twittos ; projet de loi pour contrôler les réseaux sociaux ; l’espace aérien mondial ravi par le gouvernement nord-américain, la pathétique servitude des gouvernements européens (« c’est qu’un indien, arrêtez-le »).

Mettez le nom de qui vous plaira parmi ceux qui sont en-haut, ou prétende l’être : Peña Nieto, Obama, Berlusconi, Rajoy, Putin, l’etcetera que vous subissez dans votre coin. Grands, moyens et petits (tous mauvais) comédiens dansant au rythme frénétique d’internet (vous sauriez dire qui mène la danse?) Résumons : internet = (égal) la globalisation immédiate et massive du ridicule et de l’impuissance de la classe politique.

Mais attention ! Parce que là-haut ils se sont rendus compte que l’instantané (la preuve massive de leur incompétence) est aussi fugace. Et que le remède à un scandale c’est un scandale plus grand encore. Le meilleur antidote contre le « hashtag » viral c’est un autre semblable. Tant que ces plaintes ne passent pas au « il faut faire quelque chose », de là au « il faut faire ça », et de là au calendrier et à la géographie (« il faut faire ça en tel lieux et à telle date »), ben y’a pas de problèmes. Le pouvoir se fiche que son ridicule soit au centre de toutes les discussions, mais, si par exemple, les nouveaux « terroristes internationaux », c’est à dire les réseaux sociaux, passent de la raillerie à la mobilisation… alors oui les « téléphones rouges » commencent à sonner (ok, je sais bien qu’on ne les utilise plus, mais je crois que vous me comprenez) dans les centres du Pouvoir Mondial, c’est à dire dans les centres financiers. Parce que c’est une chose de s’indigner individuellement face à l’injustice, et c’en est une autre de former des collectifs d’Indignés. En somme, les problèmes deviennent sérieux quand les « petites mains d’en-bas » sur le réseau, se transforment en poings provocants dans la rue… et à la campagne.

Mais là-haut, les analystes insistent sur la connue et reconnue « conjoncture » (le « contexte historique », mes braves). Il s’agit du même spectacle que toujours. Par exemple, les élections… Fraudes pré-électorales, électorales et post-électorales. La conclusion est alors presque unanime : « ça sert à rien »… jusqu’à ce qu’arrive une nouvelle saison électorale et un illuminé à la mode qui promet toujours la même chose : la liberté rêvée à porté d’un coupon électoral. Donc, le salut c’est de mettre une croix au bon endroit sur un bout de papier, le déposer avec ferveur dans une caisse, et espérer que cet être intangible qu’est la « majorité » apparaisse comme le déguisement ironique de qui décide vraiment : une poignée de grands messieurs et dames d’argent.

« La Société du Pouvoir », nous l’appelons, nous autres zapatistes, peut-être simplement pour montrer que ce n’est pas dans l’appareil traditionnel, exalté par la science politique idem et les politiciens ibidem, que réside le Pouvoir et son armée criminelle.

Ah, la classe politique et les raclures qui les accompagnent. Comme s’ils étaient à des années-lumières de la réalité, les politiciens d’en-haut n’ont pas compris que ce qu’ils prétendent gouverner n’existe plus. Leurs (mauvaises) actions ne sont que la scénographie derrière laquelle se cachent les décombres d’un monde… de leur monde…

DURITO Version π (3.14159265 etc.)

Un politicien c’est comme un zombie avec une pancarte « végétarien radical », et quelque soit son slogan de campagne au fond c’est : « je suis toujours le même mais maintenant je vais bien me comporter », me dit Durito, qui soutien qu’Hannibal Lecter n’est rien d’autre qu’un zombie avec de bonnes manières et un savoir-faire gastronomique (au fait, deux spécialistes en gastronomies viennent à la petite école, certainement intrigués par les ingrédients du plat « Le Marco’s Special », interdit aux végétarienNEs et si délicieux que tu peux oublier Ratatouille. Voudraient-ils voler la recette secrète?)

Ah oui, Durito est de retour. L’auto-dénommé « unique super-héros qui n’utilise ni collants, ni caleçons par-dessus les collants… ni sous les collants ».

ça fait des jours que Durito insiste pour que ce soit son tour. A mon argument que beaucoup ne se souviennent pas de lui et plus encore ignorent tout de son existence, Durito m’a répondu par sa carte de visite et m’a demandé de la publier. Il a insisté, et donc je vous la mets ici, pour si quelque distrait (ou distraite, n’oublions pas l’égalité de genre) décidait de la récupérer et de l’avoir sous la main :

Don Durito de La Lacandona S.A. à C.V. à (i)R. (i)L.

Chevalier Errant

Petie feuille de Huapác # 69.

Montagnes du Sud-Est mexicain.

Je sais que c’était une erreur, mais je lui ai demandé ce que diable pouvait bien vouloir dire « S.A. à C.V. à (i)R. (i)L » et il m’a répondu : « Seigneur Ambulant à Capital Variable à Irresponsabilité Illimitée ».

Je lui ai dit qu’aujourd’hui plus personne n’utilise de carte de visite, que maintenant il y a des « blogs », des « profils » et des équivalents cybernétiques. En réponse à mes objections, Durito m’a repris la carte, a griffonné dessus et me l’a rendue. Voilà ce qui y est écrit maintenant :

Don Durito Point Com.

Chevalier Errant et Graffeur cybernétique.

Arroba plus w (mais triple) point #jesuis69moijemoije.

(Décore les murs facebookien et les autres. Devis gratuit)

Version 7.7 bis.

Téléchargement gratuit seulement pour Linux.

Dites oui au software libre

Évidemment je ne lui ai pas demandé ce que tout ça voulait dire.

Enfin, le truc c’est que Durito m’a dit qu’il était temps, que quel meilleur moment pour faire sa réapparition que quand un petit, tout petit nombre de personnes, de géographies et de calendriers si divers, attendent le début des cours de la petite école zapatiste.

Pour ceux qui ne le connaissent pas ou ne l’ont pas reconnu (ou pour ceux qui, comme celui qui écrit ça, ont fait des efforts pour l’oublier), Durito est un scarabée. Bien sûr, ce n’est pas n’importe quel scarabée. Il se dit chevalier errant (et vas-y qu’il cite des passages entiers de « L’ingénieux Hidalgo Don Quijote de La Mancha »), il a un trombone mal déplié comme lance, un morceau de coquille de cacaté comme heaume, une capsule de bouteille de médicament comme bouclier, et comme épée, bon, oui ici c’est bien un grand mot, parce que son épée n’est rien de moins que « Excalibur » (bien que son apparence tienne plus d’une brindille). Pour finir, il a comme monture pas même une rosse, mais une petite tortue de la taille d’un pouce, qu’il nomme « Pégase » (« parce qu’on dirait qu’elle vole quand elle prend de la vitesse », explique Durito).

Durito ou Don Durito de La Lacandona, dit que sa mission est, je transcrit textuellement ce qu’il me dicte, défier le puissant, secourir le déshérité, arracher des soupirs aux femmes, être modèle de posters, et… et ce qui me passe par la tête parce qu’il n’est pas non plus question de se limiter, non ? Par exemple, je fais aussi de l’ingénierie – je suis maçon de demi-cuillère à café -, plomberie, peinture, conseiller matrimonial, boutiquier, webmaster, magicien, goûteur de glace aux noix, greffier, spécialiste en soin de beauté incluant le lavage, graissage, carrosserie et peinture, etc. N’oubliez pas de mettre de l’emphase dans le « etc ».

Et voilà que, profitant comme des milliers de personnes-, que la conjoncture historique ne tienne pas compte de nous, et alors qu’approche le jour fatidique où commenceront les cours de la petite école zapatiste, Durito va donner un cours propédeutique, dit-il, de « haute politique ».

Et pour faire ça, Durito se met en mode « Massively Multiplayer Online – MMO – » (pour que chacun se rende compte, dit-il, au moins dans Word of Warcraft et Call of Duty -) et commence avec… Un tweet ?!

« Les partis politiques institutionnels sont les « bioshackers » de la lutte pour la liberté »

(Durito sourit satisfait de sa capacité de synthèse, mais il sent la nécessité de s’étendre et donc… nous devons supporter…)

Pour comprendre le fonctionnement contemporain de la politique d’en-haut, il faut se rendre à son nouvel athénée : les médias de communication payant. Attention : notez qu’on n’utilise plus maintenant le traditionnel « médias de communication de masse » parce qu’il existe des médias alternatifs (ou libres ou quelque soit la façon de le dire) qui sont de masse et d’autres qui sont terrain de lutte (comme internet).

Prenons, par exemple, la télévision. Allumez votre appareil et vous distinguerez comment la réalité imite la publicité. Ici vous trouverez ces publicités avec des appareils merveilleux qui vous permettent non seulement de vider votre porte-monnaie, mais aussi de vous donner un visage de moijemoije, de cours-ou-je-t’attrape.

En acquérant l’un de ses appareils vous pouvez vous goinfrer de tortillas grasses, de farines, d’hydrates de carbone, d’hydrocarbures, de sucre, de benzoate de sodium en grande proportion, et en plus vous vautrer sur le lit ou le canapé ou le hamac ou sur le sol (il y a encore des classes sociales, qu’est-ce que vous croyez) devant un jeu-vidéo, un bouquin ou une série. En quelques jours, vous aussi aurez un visage comme le jeune homme ou la jeune femme qui en ce moment-même montre que l’appareil est facile d’utilisation, en plus d’être utile pour étendre le linge.

Bon, la politique d’en-haut est ainsi au moment où ils vous demandent votre vote. Il n’est pas nécessaire que vous vous organisiez, que vous luttiez partout et tous les jours, pour construire un destin. Pour cela, il n’y a besoin de rien d’autre, ce produit est là pour ça. Dans sa nouvelle version, nous avons inclus un bouton reset, et maintenant il inclus même un flacon de gel aux arômes de petites fleures. Il se charge de tout. Mettez-vous à l’aise et vous verrez comme abondent les offres d’emploi digne, les crédits à bas taux d’intérêt, les écoles laïques, scientifiques et gratuites, la culture à la portée de tous, les logements tout équipé et en état de marche et à petit prix, les aliments complets, les hôpitaux bien équipés et du personnel médical qualifié, les prisons pleines des vrais délinquants (c’est à dire, de banquiers, fonctionnaires et policiers), la terre à qui la travaille, les richesses naturelles propriétés de la Nation. Bref, le monde dont vous avez toujours rêvé profiter, mais sans avoir besoin de rien faire d’autre que de mettre une croix sur ce bulletin de vote. Non, vous n’aurez même pas à vous déranger pour vérifier qu’il n’y a pas de tricherie ou si on ne compte pas bien les votes. Nous le faisons pour vous !

Ah, le « bioshacker » de la liberté : il perd du poids sans se remuer (que l’appareil se remue pour eux) ; qu’il soit libre sans lutter (que le leader lutte pour eux).

Bien, maintenant n’éteignez pas vos téléviseurs : Voyons ce qu’il y a derrière ces publicités. Oui, ces jeunes hommes musculeux et ces frondeuses jeunes filles n’utilisent pas ces appareils. Si vous leur demandiez une fois descendu de scène ils vous diraient qu’ils sont inutiles, qu’il n’en achèteraient jamais un, qu’un corps sain ne s’obtient qu’avec une alimentation adéquate et en faisant de l’exercice. Vous me suivez ?

Et bien, c’est pareil en politique : ceux qui commandent vraiment dans ce monde ne croient pas en la démocratie électorale, ils savent bien qu’il ne s’y décide rien de fondamentale. Que le véritable commandement, le Pouvoir, n’est pas de ce côté, mais de LEUR côté.

Et comme ça, au moment où vous voudriez changer de chaîne ou mettre le dvd de « production alternative » pour voir « The Walking Dead », apparaît un autre monsieur, madame, mademoiselle qui vous dit de ne pas changer, que si vous votez pour lui/elle, maintenant oui vous allez avoir ce dont vous avez besoin et que vous méritez, que pour y arriver, vous voyez, vous n’avez qu’à cocher ce bulletin de vote ici sur ce logo qui, c’est vrai, ressemble à ceux de la mal-bouffe.

Bien, maintenant un questionnaire à choix multiple pour réussir ce cours propédeutique :

Sachant ce que nous avons vu antérieurement, vous…

a).- Faites confiance au monsieur-madame-mademoiselle et vous vous dites qu’il faut essayer, que peut-être cette fois-ci sera la bonne, qu’il faut faire un autre parti politique… avec les mêmes que toujours.

b).- Changez de chaîne ou faite « lecture » du dvd et commencez à commenter avec votre moitié ou votre chien ou votre chat, ou avec les 3, le fait que les zombies perdent toujours alors qu’ils sont la majorité écrasante : Bon, pas toujours, et même presque jamais / A la fin les zombies gagnent / C’est ce film de Romero, dans lequel joue celui du Mentaliste, où à la fin on voit que les zombies vont chercher un endroit à eux / Ah, il s’appelle « Zombie Land », « Le Territoire des Morts », / Oui, peut-être serez vous horrifiés par la sanguinaire cruauté des vivants / Mmh, tu voudrais dire que les zombies vont faire, comme qui dirait, leur municipalité autonome rebelle zapatiste ? / Ou qu’ils vont à la petite école zapatiste / Qui de fait sera pleine de gens bizarres / Oui, comme nous tous / Et toutes, idiot / Pschtt / Bon, bisou.

c).- Vous n’avez pas ou avez éteint la télévision et cherchez sur le réseau si quelqu’un a trouvé un autobus pour San Cristobal de Las casas, Chiapas, du 8 au 18 août, pour venir à la fête, aller à la petite école, et être dans la chaire des peuples originaires. Pendant que l’ordinateur s’allume, vous essayez ces horribles bottes dont quelqu’un vous a dit qu’elles vous serviraient quand vous irez au Chiapas.

d).- Je ne lis pas – ne comprend pas la question.

Auto-évaluation (ne trichez pas) :

Si vous avez choisi l’option a, ne venez pas, ça ne pourra que vous mettre en colère. Si vous avez opté pour la réponse b, ne vous inquiétez pas, nous toutes et tous aussi ressemblons à des zombies… bon, un coup de peigne ne vous ferez pas de mal. Si la c a été votre option, il est bon que vous sachiez que ces bottes ne vous serviront pas à grand chose. Si vous avez choisi la d, retournez au début du texte (non, pas celui-ci, mais celui qu’on a commencé à écrire il y a plus de 500 ans).

Ta-dam. Fin du cours propédeutique de Durito.

 -*-

Et les hommes et les femmes zapatistes, quel réponses avez-vous choisi ? Vous utiliseriez des appareils de gym ou une diète équilibrée, ou les deux ? Ou aucune – voyez comme tout de suite on présente les zapatistes comme ceux qui construisent leur propre option-.

Ah, peut-être verrez-vous ces réponses dans le cours « La Liberté selon les Zapatistes ». Je ne vous promets rien. Ce que vous devez tenir pour acquis c’est que, même si les réponses manquent, les questions abondent.

(Ah, Durito a aussi amené un conte, « l’histoire du chien-chat », mais ça on se le garde pour un autre jour).

Allez. Salut et, croyez-moi, ce qui en vaut la peine n’est pas facile, par exemple, monter sur cette colline pour, d’ici, voir comment la lumière s’abrite finalement à l’ombre de l’aurore.

( A suivre)

Depuis les montagnes du Sud-Est Mexicain.

SupMarcos

Mexique, juillet 2013.

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Écoutez et regardez les vidéos qui accompagnent ce texte.

« Images inédites de Durito. Top Secret. »

ici.

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Sur une idée de León Gieco et avec la voix de Carlos Karel, la chanson “Señor Durito”.

ici.

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Scénette où on parodie la série télévisée « The WalkingDead »

ici.

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De la populaire série « Hitler se rend compte », ici son chagrin pour les campagnes électorales au Mexique et les nouveaux candidats… comme le Chat Morris (Attention: contient des mots pompeux qui peuvent offenser, mais rien qui ne s’entende quotidiennement dans n’importe quel coin du monde):

ici.

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Le Petite école zapatiste VI.

Texte original ici.

Traduction du communiqué de l’EZLN, publié le 18 juillet, au sujet de la petite école zapatiste. Une version française a été publiée sur le site du CSPCL.

 

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Le Sous-commandant Marcos pendant une réunion de l’Autre Campagne à Aguascalientes,
en mars 2006. – photo @LeSerpentàPlumes

 

Nouvelles dates pour la petite école, information sur les vidéoconférences et autres choses.

 

Juillet 2013

A: Les compañeras et compañeros de la Sexta et étudiantEs de la Petite École Zapatiste.

De : Sous-commandant Insurgé Moisés.

Compañeras et compañeros.

Je vous transmets ici quelques informations sur la Petite École :

Premièrement.- Nous voulons vous dire camarades, hommes, femmes, enfants et anciens, ceux qui n’ont pas obtenu de place pour les débuts de la petite école zapatiste, au mois d’août 2013. Bien que les peuples zapatistes aient fait un effort pour que plus de gens puissent venir et arriver à 1700 étudiantEs, nous sommes au complet encore une fois. C’est à dire que nous avons donné des places supplémentaires à 200 personnes de plus et que nous les en avons informés, selon la liste de celles et ceux en attente. Mais pourtant beaucoup de ceux qui veulent venir continuent à demander. Bon, ce qu’on veut vous vous dire, c’est ne soyez pas tristes, ne continuez pas à vous mettre en boule ou en colère parce que vous n’avez pas eu de place.

Il en résulte que les camarades maîtres ont décidé que la classe se poursuivra, à la fin de l’année, c’est à dire en décembre 2013 et en janvier 2014. Concrètement :

Date du la deuxième session de la petite école :

Enregistrement les 23 et 24 décembre 2013.

Cours du 25 décembre au 29 décembre de cette année.

Fin le 30.

Et ceux qui veulent rester pour la fête du 20e anniversaire du soulèvement zapatiste, parce qu’ils sont d’accord aussi pour fêter et se souvenir du 1er janvier 1994, avec une fête les 31 décembre et 1er janvier.

Ou bien, comme il n’y aura pas de repos, parce qu’aussi c’est entendu que la fête terminé, le travail continue, c’est à dire la petite école :

Dates de la troisième session de la petite école :

Fête le 31 décembre 2013 et 1er janvier 2014.

Inscription les 1er et 2 janvier 2014.

Cours du 3 janvier au 7 janvier 2014.

Fin le 8 janvier 2014, retour de chacun de son côté.

Toute votre attention : Pour demander votre invitation et votre code d’inscription pour la deuxième et troisième session de la petite école, même si vous l’avez fait sur le site ou par mail, vous devez envoyer votre demande à l’adresse suivante (vous pouvez l’envoyer dès aujourd’hui) :

[email protected]

Nous faisons ça pour la bonne organisation et pouvoir vous prévenir à temps.

Deuxièmement.- Nous vous rappelons que la fête des 10 ans des caracoles et des Juntas de Buen Govierno est ouverte à toutes et tous. La fête commence le 8 et se poursuivra les 9 et 10. Les 9 et 10 il y aura un concert et des présentations de groupes artistiques de différentes parties du Mexique et du monde. Il y aura également un concert au CIDECI le 11 août, au moment des inscriptions.

Nous ferons passer le programme bientôt.

Troisièmement.- Nous voulons vous rappeler que, pour la première session de la petite école, en août de cette année :

.- L’inscription, avec votre code et une pièce d’identité, aura lieu les 10 et 11 août 2013 au CIDECI, San Cristobal de Las Casas, Chiapas, Mexique.

.- Vous devez amener $100.00 (cent pesos mexicains) qui est le coût du matériel d’étude qui comprend 4 livres de textes et 2 dvd (20 pesos par livre et 10 pesos pour chaque dvd).

.- Lors de l’enregistrement on va vous donner votre pass, on va vous remettre votre matériel scolaire et on vous dira dans quel caracol auront lieu vos cours. Si vous avez un véhicule on vous dira comment y aller et l’heure à laquelle partira la caravane avec un véhicule guide. Si vous n’avez pas de véhicule on vous dira quel bus ou camionnette vous devez prendre pour voyager en caravane. Si vous avez un véhicule, vous pouvez l’emmener au caracol où nous le garderons.

.- Le départ pour les caracoles se fera ce même jour du 11, en fonction du remplissage des camionnettes. S’il se fait tard, alors le départ aura lieu tôt le 12.

.- La classe commence le 12 août et finit le 16, les véhicules prendront le départ le 17 août et vous laisseront au CIDECI, San Cristobal de Las Casas, Chiapas. Là vous pourrez rester pour la Chair “Tata Juan Chávez Alonso” où donneront cours les dirigeants de différents peuples originaires de notre pays.

.- Temps de parcours :

Le plus éloigné des caracoles est : La Realidad et Roberto Barrios, en caravane de véhicules il faut compter 8 à 9 heures sans s’arrêter, sans se perdre et sans que les véhicules ne ne tombent en morceaux.

Le suivant en éloignement est : Le caracol de La Garrucha, en caravane de véhicules il faut compter de 5 à 6 heures sans s’arrêter.

Puis suit : Le caracol de Morelia, en caravane de véhicules il faut compter 4 à 5 heures sans arrêt.

Le dernier est : Le caracol de Oventik, en caravane de véhicules il faut compter d’une heure et demi à deux heures. Tous au départ de San Cristobal de Las Casas, Mexique, au CIDECI.

Une prochaine fois je donnerai les horaires des cours, mais avant cela le SupMarcos doit vous expliquer comment tout cela va se passer.

Quatrièmement.- Nous voulons aussi vous dire, prévenir nos camarades de la Sexta ceux qui ne vont pas pouvoir être à la petite école en août, qu’il y aura un moyen, parce que nous allons retransmettre des classes spéciales par vidéoconférences, avec un équipement spécial des compas zapatistes qui vont vous expliquer et éclaircir vos doutes concernant le « chat ».

Pour ça, vont nous aider les compas des médias libres Koman Ilel et d’autres médias libres.

De tout cela on reparlera dans un texte spécial. Mais je peux déjà vous dire que les vidéoconférences se dérouleront les 12, 13, 14, 15 et 16 août 2013. Et il y aura au moins deux horaires : l’un pour se connecter dans la soirée en Amérique et l’autre quelques heures plus tard pour pouvoir se connecter dans la soirée sur d’autres continents. Tout ceci en pensant que le soir vous rentrez du travail et pouvez suivre le cours, ou le suivre pendant la journée si vous travaillez de nuit.

Pour vous connecter à la vidéoconférence vous aurez besoin d’un code et d’un mot de passe. Ce mot de passe ne sera donné qu’à ceux qui ont été invités et qui ont demandé à suivre les cours ainsi. Si vous voulez suivre les cours par vidéoconférence et que vous n’avez pas d’invitations, veuillez écrire, pour qu’on vous prenne en compte pour la vidéoconférence, à l’adresse mail suivante :

[email protected]

Et alors on vous enverra le mot de passe pour vous connecter sur internet. De même, les compas qui vont organiser une session de vidéoconférences dans leur local dans le monde entier, doivent envoyer les inscriptions pour ceux qu’ils vont inviter dans leur local. Ceci pour nous donner une idée du monde qui suivra les cours de cette manière.

Voilà, c’est ce que nous avions à vous dire camarades de la sexta.

Sous-commandant Insurgé Moisés.

Mexique, Juillet 2013.

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Ecoutez et regardez les vidéos qui accompagnent ce texte :

La chanson « Soy el sol en movimiento » (Je suis le soleil en mouvement, ndt), avec le groupe “El Problema del Barrio”. Paroles de Orlando Rodríguez, Musique de Miguel Ogando.  Dessins de Juan Kalvellido. Édition de la video: Orlando Fonseca.

ici.

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Rock! Le groupe espagnol « Ilegales » avec la chanson « Tiempos Nuevos, Tiempos Salvajes » (Époque Nouvelle, Époque Sauvage, ndt). Édition de la vidéo: Zenodro 1000

ici.

 

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Reggae, depuis la Côte d’Ivoir, Afrique, avec Tiken Jah Fakoli et cette chanson qui s’appelle « Plus rien ne m’étonne ». Édition de la vidéo: Ben Magec.

ici.

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Répression contre la 2e Fête du Livre Anarchiste de Guadalajara

Texte original ici.

[Guadalajara Mexique] Les organisateurs anarchistes de la 2e Fête du Livre et des Publications Anarchistes 2013 réprimés et emprisonnés.

Par Kaos, Amérique Latine

Mardi, 9 juillet 2013 03:01

 

ferialibroanaCe type de harcèlement d’individus anarchistes et libertaires n’est pas neuf à Guadalajara, en de nombreuses occasions ils ont été l’objet d’enquêtes lors de réunions publiques, d’événements politiques et culturels.

 

Le jeudi 4 juillet deux camarades de la commission de propagande de la Deuxième Fête du Livre et des Publications Anarchistes Guadalajara 2013 ont été réprimés et emprisonnés.

Selon le témoignage du camarade Preck, les camarades intervenaient sur le pont de la Normal, qui se trouve très près du centre historique de la ville de Guadalajara. L’action menée par les camarades consistait à accrocher une banderole sur le pont de la Normal afin d’informer sur les activités qui auront lieux les 26 et 27 juillet à la Casa Arvol.

L’action se déroulait pacifiquement lorsqu’est arrivé un groupe de policiers de l’état, intimidant verbalement et exigeant des camarades qu’ils leur remettent la banderole, qu’ils ont refuser de donner parce qu’ils ne faisaient qu’exercer leur libre droit à manifester. Les policiers ont alors violemment arrêté et enfermé arbitrairement les jeunes pour 36 heures au motif d’un supposé délit « d’agression d’un passant », agression qui n’a jamais existé.

Ce type de harcèlement d’individus anarchistes et libertaires n’est pas neuf à Guadalajara, en de nombreuses occasions ils ont été l’objet d’enquêtes lors de réunions publiques, d’événements politiques et culturels. Il faut souligner que l’activité policière s’est intensifiée contre ces collectifs après les événements du 1er décembre à Guadalajara et dans le District fédéral.

Nous dénonçons les autorités policières et municipales pour la répression contre nos camarades et nous rendons responsables les mêmes de toute autre détention arbitraire dont pourrait être victime d’autres jeunes luttant pour la liberté et qui ne font que diffuser de l’information dans les rues, actions que les autorités évaluent à 36 heures de cellule.

Par ce média nous vous remercions pour la diffusion et la solidarité, nous vous invitons aux activités et que la lutte ne décline dans aucun recoin de la planète.

Depuis un endroit à l’occident du pays.

Comité organisateur de la Deuxième Fête du Livre et des Publications Anarchistes Guadalajara 2013

Source : Cruz Negra Anarquista/Anarkagalactika

Tribu Yaqui: Bataille pour l’eau dans le Sonora

Texte original ici.

Traduction du communiqué de l’EZLN en soutien à la tribu Yaqui en lutte contre le détournement des eaux du fleuve yaqui dans l’état du Sonora.

 

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Communiqué du CCRI-CG de l’EZLN et du Congrès National Indigène en solidarité avec la Tribu Yaqui

A la Tribu Yaqui,

Au Peuple du Mexique,

A la Sexta nationale et Internationale

Aux gouvernements du Mexique et du Monde.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain en territoire rebelle zapatiste nous diffusons notre parole ensemble comme Peuples, Nations et tribus Indigène qui formons le Congrès National Indigène, à travers laquelle nous envoyons un salut fraternel de force et solidarité aux membres de la Tribu Yaqui, à son Gouvernement et sa Police Traditionnelle, en espérant qu’ils aillent tous bien.

Nous saluons la mobilisation historique de la Tribu Yaqui en défense de son existence et de son territoire, la même qui lors de ces 40 derniers jours s’est manifestée par l’établissement d’un campement en résistance sur la Route Internationale à Vicam, base avancée de la Tribu Yaqui, face au vol de l’eau que le mauvais gouvernement prétend concrétiser à travers l’Aqueduc Indépendance, le même qui touche non seulement au yaqui mais à tout le sud du Sonora ; tout ceci bien que la Tribu Yaqui ait suivi les voies légales nécessaires, grâce auxquels ils ont obtenu des victoires que le propre gouvernement n’a pas respecté. Votre lutte, camarades est la nôtre aussi, ben oui, comme vous, nous entretenons la certitude que la terre est notre mère et que l’eau qui coule dans ses veines ne peut se vendre, car d’elle dépend la vie qui est un droit et qui nous n’ont pas été donné par les mauvais gouvernements ni par les patrons.

Nous exigeons l’annulation immédiate des mandats d’arrêt et la fabrication de délits contre les membres de la Tribu Yaqui et nous condamnons la criminalisation de leur lutte, en disant aux mauvais gouvernements émanant des partis politiques que le fleuve Yaqui a historiquement été le porteur de la continuité ancestrale de la culture et du territoire de la Tribu Yaqui et que nous, qui formons le Congrès National Indigène, réaffirmons que s’ils s’en prennent à l’un d’entre-nous ils s’en prennent à nous tous, raison pour laquelle nous répondrons en conséquence devant toute tentative de réprimer cette lutte digne ou n’importe quelle autre lutte.

Enfin, nous lançons un appel à la communauté internationale et à nos frères et sœurs de la Sexta Internationale à rester vigilants face aux événements qui se produiront dans le futur sur le territoire de la tribu Yaqui, renforçant la solidarité avec la Tribu et ses exigences.

Veuillez agréer

le 7 juillet 2013

Depuis le Caracol Zapatiste numéro 2 – Résistance et rébellion pour l’Humanité, de Oventic, Chiapas

Plus jamais un Mexique sans nous

Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène – Commandement Général de l’EZLN

Congrès National Indigène

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Texte original ici.

Afin de mettre en perspective la position zapatiste, vous trouverez ci-dessous la traduction du communiqué de Mario Luna Romero du peuple yaqui, qui reprend l’historique de cette lutte contre un méga-projet.

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Illégale, l’opération de l’Aqueduc Indépendance : Autorités Traditionnelles

 

Territoire Yaqui, Mexique. Pour se protéger du vol de l’eau de son fleuve, le peuple yaqui tient depuis dix jours (au bouclage de cette édition) bloquée la route fédérale numéro 15. Mario Luna, secrétaire des Autorités Traditionnelles de Vicam, décrit pour Desinformémonos la stratégie juridique de défense de leur territoire et rappelle que seule une attitude digne et ferme a mené son peuple a vaincre les invasions successives et tentatives de pillage de ses ressources. Il appelle à rester vigilant face à l’utilisation annoncée de la force publique pour évacuer la route.

Depuis la route fédérale numéro 15, dans le village de Vicam, base avancée des huit peuples de la Tribu Yaqui – par une température de 45°C à l’ombre, les Autorités Traditionnelles réunies, expriment par ma voix ce qui suit :

La défense de notre territoire, terre et eau remonte à des centaines d’années en arrière, depuis l’arrivée de l’autre culture, faite d’ambition et de pillage. L’une s’est signalé par des faits héroïques et une défense glorieuse, et l’autre par des actions inhumaines de mépris total de la vie, ethnocide et lèse-humanité.

A voir les visages des hommes et des femmes, des anciens, des jeunes et des enfants avec la détermination et la fermeté inscrites sur leurs visages, on ne dirait pas que pour exister il leur fallut de nombreuses générations durant, supporter les incursions militaires accompagnées d’expulsion de masse – ils ont été déportés de l’autre côté du Mexique pour être vendus comme esclaves, dans le meilleur des cas -, quand ils n’ont pas été tués de la main des armées du gouvernement qui cherche à s’approprier le territoire en se basant sur la politique de Terra Nullius (territoire sans maître, ndt).

Seule cette attitude digne et ferme a permis à ce peuple indigène de repousser par la voie armée les colonisateurs à chaque étape historique de ce Mexique. Bien plus encore, elle a permis de sortir victorieux de batailles contrer les troupes d’invasion d’autres nations et même du mauvais gouvernement mexicain, comme ce fut le cas pendant la guerre d’Indépendance, la Révolution Mexicaine – parvenant même à prendre le Palais National de la ville de Mexico, en compagnie des caudillos – et la sanglante guerre du Yaqui.

En se concevant comme Nation Indigène, le peuple yaqui exige et exerce une autonomie de fait reconnue par les différents gouvernements et affirmée dans divers traités de paix et conventions de concertation pour le développement économique, social et culturel.

Ces dernières années et depuis l’inaccomplissement des accords de San Andrés Larrainzar (document qui élève au rang constitutionnel les droits indigènes) s’est intensifiée la campagne de pillage et d’extermination à l’encontre les peuples indigènes qui n’ont pas cédé et ont conservé leurs territoires autonomes, comme c’est le cas de beaucoup de peuples du Chiapas, Guerrero, Oaxaca, Michoacan et d’autres états des quatre coins du pays. Dans notre cas, toutes les forces de l’appareil gouvernemental se sont retournées contre nous avec l’intention de mener à bien le dernier grand pillage, appelé « Aqueduc Indépendance », qui prétend dévier les eaux du fleuve Yaqui jusqu’au bassin du fleuve Sonora afin de satisfaire l’énorme besoin en eau de la zone industrielle de Hermosillo – où se trouvent des usines grandes consommatrices d’eau, telle l’usine de montage Ford et les usines de Coca-Cola, Pepsi, Big Cola et les brasseries Tecate et Heineken, par exemple. De la même manière, les grands patrons de l’industrie immobilière espèrent obtenir de fructueux gains avec de grandes extensions de terrains monopolisés, lesquels n’ont aujourd’hui aucune valeur commerciale mais qui avec l’arrivée de l’eau verront leur prix augmenté jusqu’à 2000 %.

Fatiguée de vivre dans un état de guerre de basse intensité depuis le traité de paix de 1927, la tribu yaqui a appris par différents médias de communication l’existence de ce méga-projet. Dans le village de Vicam, les Autorités Traditionnelles ont décidé de passer par une défense légale en utilisant les moyens juridiques et institutionnels pour présenter un nouveau front dans la bataille. Premièrement on a commencé une procédure de restitution de l’eau au Tribunal Unitaire Agraire numéro 35, siégeant à Ciudad Obregon, en août 2010. Grâce à ce recours nous avons obtenu une mesure préventive qui devait empêcher que soit entreprise des actions de fait ou de droit impliquant ou engageant l’extraction de volumes d’eau, spécifiquement du barrage « El Novillo ». En 2011 a été demandée la protection de la justice fédérale contre la déclaration d’impact environnemental autorisé par le Ministère de l’Environnement et des Ressources Naturelles (SEMARNAT) au profit du « Fond d’Opérations Sonora S.I. » pour la construction de l’Aqueduc Indépendance. Après que la protection nous fut refusée par de nombreux tribunaux, le cas fut résolu en faveur de la tribu yaqui par un tribunal auxiliaire siégeant dans la ville de Culiacan, Sinaloa, et fut avalisé et publié par le dixième tribunal du district siégeant à Hermosillo, Sonora.

En appel de cette protection, pour sa révision initié par la SEMARNAT, et motivée par la série d’irrégularités dénoncées par de nombreuses rapports d’enquête de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et la Commission Plurielle (composée par la Chambre des Sénateurs et des Députés des différents partis politiques), la Cour Suprême de Justice de la Nation a usé de son habilitation d’attraction et résolution, en un fait historique pour les peuples indigènes et pour la tribu yaqui, ratifier l’autorisation de la protection de la tribu, reconnaissant son caractère de peuple indigène et la pleine validité du droit constitutionnel et international du peuple yaqui à une libre consultation, préalable et informée, respectant ses normes propres, représentations, usages et coutumes. Avec le jugement de la Cour Suprême du 8 mai 2013 la déclaration d’impact environnemental reste sans effets concernant l’Aqueduc Indépendance. Par ce fait a été ratifié le statut d’illégalité qui soutenait jusqu’à aujourd’hui la construction et l’opération de l’Aqueduc.

Avec l’expérience acquise par les années de lutte du peuple yaqui, et face à l’impunité affichée par le gouverneur du Sonora, Guillermo Padres Elias, commençant la soustraction d’importants volumes d’eau du barrage « EL Novillo », les autorités traditionnelles ont décidé de renforcer les actions de résistances civiles en s’alliant au Mouvement Citoyen pour l’Eau – composé de producteurs agricoles, de petits paysans cultivant un terrain commun et de la société civile des sept communes du sud du Sonora qui seraient affectées par le manque de liquide transvasé dans les réserves de l’Aqueduc.

Le 28 mai, après une manifestation de la multitude à Ciudad Obregon (plus de 30 000 manifestants selon les organisateurs), il fut décidé de prendre les routes en commençant l’après-midi même par le blocage des entrées nord et sud de la ville. A ces protestations se sont ajouté ensuite les manifestations sur les voies vicinales des localités de Bacum et Esperanza. Après n’avoir vu aucune avancée dans les intentions gouvernementales quant à l’arrêt des pompes qui subtilisent illégalement les eaux accumulées par le barrage, l’autorité traditionnelle, avec les troupes de plusieurs villages de la tribu yaqui et des autorités de Potam et Belem, ont lancé l’actuelle manifestation sur la route internationale 15 à la hauteur de Vicam.

Le 11 juin, après plusieurs jours de blocage continu en trois points de la route (Cajeme, Bacum et Vicam), le représentant du Ministère des Transports et Communications (SCT) du Sonora a annoncé avoir déposé plainte devant les services du Procureur Général de la République (PGR) à l’encontre de plusieurs leaders du Mouvement Citoyen pour l’Eau et de la tribu yaqui. Le procureur de justice du Sonora, Carlos Navarro Sugich, annonça cela comme une victoire du gouvernement de l’état et lança une campagne médiatique contre ceux qui, avec nous, composent la commission de défense de l’eau de la Tribu.

En prétendant recevoir l’approbation des autorités traditionnelles des autres peuples de la tribu yaqui, le gouvernement de l’état fut contrarié dans son intention d’orchestrer l’usage de la force publique contre les blocages de routes. Le principal problème étant que les manifestants ont comme seules demandes l’application de l’état de droit au Sonora – mis à mal par le pouvoir exécutif de l’état – et la fin de l’extraction illégale des eaux du barrage « El Novillo » – qui se trouve protégées par la résolution conférée par la Cour Suprême de Justice de la Nation à la tribu yaqui.

C’est dans ce climat de tension et de rébellion que nous nous trouvons ces jours-ci, partageant notre situation avec tout le peuple mexicain et international. Nous avons trouvé un écho favorable chez les peuples indigènes qui, comme nous, forment le Congrès National Indigène, dans la solidarité des maîtres de la Coordination Nationale des Travailleurs de l’Éducation (CNTE) et de la représentation populaire de la majorité des députés locaux des districts du sud du Sonora. Il existe un accord politique pour faire un appel commun à Guillermo Padrés de la part de députés locaux et de sept maires de localités du sud de l’état (présent à la police traditionnelle du peuple de Vicam le 15 juin) pour que cesse le vol d’eaux et que règne l’état de droit au Sonora.

Face à la constante menace et aux rumeurs d’usage de la force publique contre les manifestants, l’appel sert à vous tenir en alerte et que nous évitions que l’application de la justice soit sélective, prompte et expéditive contre ceux qui défendent notre droit à la vie et à l’usage et la jouissance de nos eaux. Évitons que prévalent l’impunité et l’intolérance de la part d’un gouvernement d’état qui fomente par ses actions la division et l’affrontement entre le sud du Sonora et la région nord de l’état.

Depuis le territoire de la tribu yaqui, juin 2013

Mario Luna Romero

Secrétaire traditionnel du peuple de Vicam

Base avancée des huit peuples yaquis

Publié le 17 juin 2013

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En rouge l’état du Sonora, au nord-ouest du Mexique.
(image Wikipedia)
 
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Liberté pour Patishtán

Texte original ici.

Alberto Patishtán est un indigène tzotzil engagé dans la défense de sa communauté, El Bosque au Chiapas. Il purge actuellement une peine de 50 ans de réclusion au Centre de Réadaptation Social n°5 de San Cristobal de las Casas.

Emprisonné depuis 13 ans pour le meurtre de sept policiers, pour port d’armes réservées à l’armée, vol, délinquance en bande organisée, etc, il est devenu un symbole pour ses partisans qui clament son innocence et voient en lui un prisonnier politique. Selon les organisations sociales qui le soutiennent, son arrestation et son procès sont entachés d’irrégularités et les accusations de meurtre infondées! Les autorités auraient également reconnu l’innocence du professeur mais la justice persiste à le maintenir derrière les barreaux. Régulièrement la société civile se mobilise afin de rappeler aux gouvernements qu’ils n’oublient pas Alberto Patishtán.

D’ici à la mi-juillet le tribunal Collégial Fédéral de Tuxtla Gutiérrez (capital du Chiapas) doit rendre son verdict. Son avocat Sandino Rivera explique: « Juridiquement, c’est le dernier recours, s’ils ne reconnaissent pas son innocence, il n’y aura plus aucun recours national et il ne restera plus qu’un recours en grâce. »

Pour en savoir plus vous pouvez visiter le blog qui est consacré au combat d’Alberto: ici (en espagnol).

Dans la deuxième partie de leur communiqué, « les condisciples« , l’EZLN invite Alberto Patishtán à la Petite école zapatiste. Ci-dessous la traduction de sa réponse, suivi de celle d’un article évoquant son cas:

 

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Réponse d’Alberto Patishtán Gómez à l’invitation de la petite école zapatiste

 

Prison No.5, San Cristobal de las Casas, Chiapas le 30 Juin 2013

 

FRERES SOUS-COMMANDANTS INSURGES

MARCOS ET MOISES

Depuis ce lieu de notre tranchée, recevez mon salut combatif, en même temps recevez les bénédictions de Dieu.

Compañeros c’est un honneur pour moi d’avoir eu le privilège d’être invité à la petite école, parce que nous en avons vraiment besoin pour continuer à cheminer ensemble, merci pour tout de cette grande opportunité qui sera d’un grand intérêt. Comme vous le savez il n’y a pas meilleur voie que l’Amour. L’Amour unifie, partage, se met au service, il est compatissant, cherche le bien commun, il est sincère, honnête, il sait écouter, il est patient, il dit la vérité quelle qu’elle soit, il exècre le mensonge, il se réjouit de la justice, il parle peu et quand il parle, il parle jusqu’à ce que les adversaires tremblent, il s’oublie lui-même, enfin l’Amour fait fuir la peur. Bien mes frères, merci pour vos leçons et avec le peu que j’ai vécu moi aussi j’enrichis mes connaissances pour continuer à livrer bataille à l’ennemi ; tout ça nous fait un pour tous et tous pour un dans l’exigence de justice. Compas, bientôt Dieu les bénira et recevez les salutations de mes frères de la Voz del Amate et solidaires de la Voz del Amate.

 

FRATERNELLEMENT.

Prisonnier politique de la Voz del Amate

Adhérent de la Sexta

Alberto Patishtán Gómez

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Texte original ici.

Traduction d’un article de l’hebdomadaire Proceso

La libération de Patishtán « serait un acte de justice » : gouverneur du Chiapas.

Isaín Mandujano
4 de julio de 2013

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TUXTLA GUTIÉRREZ, Chis. Le prisonnier indigène Alberto Patishtán Gómez a reçu une nouvelle fois dans sa cellule le gouverneur Manuel Velasco Coello, qui une fois encore a affirmé que « sa libération serait un acte de justice ».

Velasco Coello était arrivé à la prison numéro 5 de San Cristobal de las Casas pour libérer un groupe d’indigènes qui, depuis trois jours, avait reçu leur bon de sortie et leurs familles qui attendaient leur sortie devant la prison sous la pluie et le soleil.

Dans ce contexte le responsable avait demandé au maître bilingue Alberto Patishtán de l’accompagner à la cérémonie de libération du groupe d’indigènes.

« Nous vous serons toujours reconnaissant et nous vous souhaitons le meilleur dans la vie, agissez de manière responsable », a dit Velasco Coello aux libérés, après avoir officiellement remis les papiers de remise de peine en présence des familles des libérés.

De même, il a souligné qu’il continuera à lutter pour obtenir la libération de Alberto Patishtán, qui par son initiative a aidé à rendre la liberté aux personnes inculpées.

De son côté, Alberto Patishtán a remercié le gouverneur pour le soutien qu’il lui a apporté et toutes les autorités qui ont rendu possible cette cérémonie de justice.

« Moi je sais que ces hommes qui sortent sont tous des personnes qui n’ont réellement commis aucun délit, mais qui ont passé de nombreuses années en prison et qui aujourd’hui vont à nouveau intégrer la société ; nous ne devons pas perdre l’espoir de sortir tous », a-t-il souligné.

Les prisonniers libérés étaient : Juan Collazo Jiménez, Pedro López Jiménez, Enrique Gómez Hernández, Juan López González, Benjamín López Aguilar, Rosa López Díaz, Alfredo López Jiménez, Juan Díaz López y Rosario Díaz López.

La Petite école zapatiste V.

Texte original ici.

 

Traduction de la cinquième partie du communiqué de l’EZLN intitulé « Les Condisciples ».

Une version du texte est également disponible – comme l’intégralité des communiqués des zapatistes – sur le site du Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL).

 

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Le SupMarcos à Aguascalientes dans le cadre de l’Autre Campagne,
16 mars 2006 – photo @LeSerpentàPlumes

 

 

 

 

Les condisciples V.

Les étudiantEs

Juin 2013.

Aux adhérents et adhérentes de la Sexta du Mexique et du Monde :

Aux invitéEs de la petite école zapatiste :

Compañeros, compañeras y compañeroas:

Je vous mets ici quelques infos pour que vous vous fassiez une idée du genre de populo… humm, de personnes qui seront vos condisciples, ou camarades de classe, à la Petite école zapatiste. Allons-y :

.- Invitations envoyées : aux alentours de 3000.

.- Ont répondu affirmativement : aux alentours de 2500.

.- N’ont toujours pas répondu : aux alentours de 500.

.- Ont décliné l’invitation : 1.

Parmi ceux qui ont déjà rempli le formulaire, un peu plus de la moitié sont des hommes, un peu moins de la moitié sont des femmes (autrement dit les mecs gagnent – note du Supmarcos qui apporte comme qui dirait, la « perspective de genre » –), en plus d’un nombre indéterminé d’autres se revendiquant comme telLEs.

.- Elèves qui assisteront à la petite école en communauté, en août 2013 : 1500. Plus de la moitié sont des hommes (hum, hum), moins de la moitié sont des femmes et 9 se revendiquent autres.

.- De ces 1500 étudiantEs, plus de 60 sont des petits garçons et des petites filles de moins de 12 ans. De ces plus de 60 enfants, 19 ont moins de 4 ans. Notez la chose suivante : Pour chaque fillette qui vient, viennent deux petits gars : autrement dit chez les mineurs aussi on gagne – nouveau commentaire avec « perspective de genre » du Supmarcos-.

Des plus de 1400 adultes qui viendront dans la communauté, plus de 200 ont plus de 50 ans.

.- Près de 200 personnes assistent, au mois d’août 2013, au cours au CIDECI, à San Cristobal de la Casas, Chiapas.

.- Plus de 200 personnes suivront les cours par vidéo-conférence.

.- Plus de 130 personnes ont demandé le matériel parce qu’elles ne pourront y assister en communauté.

.- Près de 500 personnes ont demandé leur inscription pour le cours de décembre-janvier prochain. Attention: si l’invitation ne vous est pas parvenu c’est à cause de la capacité d’accueil, mais bien sûr nous allons vous inviter. Vous n’avez qu’à envoyer un mail sur le site web pour qu’on en prenne note, si ça n’a pas été fait, pour le prochain cours.

.- Il y aura des étudiantEs des 5 continents. Quelques-uns des pays d’origine des étudiantEs du cours La liberté selon les Zapatistes : Argentine, Bolivie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, Équateur, Union Américaine, Honduras, Nicaragua, Panamá, Pérou, Puerto Rico, République Dominicaine, Uruguay, Venezuela, Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Slovénie, État Espagnol, France, Grèce, Hollande, Italie, Pays Basque, Royaume Uni, Suède, Suisse, Corée du Sud, Inde, Iran, Sri Lanka, Australie, Nouvelle Zélande, Afrique du Sud, Îles Canaries.

Le lieu d’origine des étudiants le plus éloigné est le Sri Lanka, à plus de 17000 km du territoire zapatiste. Suivent : l’Inde (plus de 15000 km) ; l’Australie (plus de 13000 km) et la Nouvelle Zélande (plus de 11000 km).

.- Les étudiants les plus âgés ont plus de 90 ans.

.- Les étudiants les moins âgés auront 11 mois en août 2013. ET ce sont, of course, deux garçons. Leurs noms : Brian et Eduardo.

.- Parmi ceux qui participent à la petite école en tant qu’étudiantEs, au moins 34 ont fait des doctorats dans diverses branches : philosophie, sociologie, histoire, anthropologie, littérature, science politique, physique, mathématiques, psychologie, économie, urbanisme, et théologie.

.- Plus de 50 étudiantEs sont professeurs-chercheurs universitaires.

.- Plusieurs étudiantEs ont gagné des tournois de Mortal Kombat sur les machines. Nous ne donneront ni leur noms ni leurs « surnoms » pour protéger les innocents (c’est à dire les mecs, parce que ici aussi on est en majorité. Amen).

.- Quelques institutions d’Éducation Supérieur où certainEs camarades, maintenant étudiants de la petite école zapatiste, étudient, ont étudié, travaillent ou ont été professeurs-chercheurs :

Escuela Normal Superior.

Universidad Nacional Autónoma de México, México.

Facultad Latinoamericana de Ciencias Sociales, México.

Escuela Nacional de Antropología e Historia, México.

Universidad Nicolaíta de Michoacán, México.

Universidad Autónoma de Puebla, México.

Universidad de Ciencias y Artes de Chiapas, México.

Centro de Estudios de México y Centroamérica, México.

Universidad Autónoma Metropolitana, México.

Instituto Nacional de Antropología e Historia, México.

Universidad Iberoamericana, México.

Universidad Autónoma de Chiapas, México.

Instituto Tecnológico de Monterrey (TEC-Monterrey), México.

Universidad Autónoma de Sonora, México.

Universidad de Chapingo, México.

Universidad de la Tierra Chiapas, México.

Universidad de la Tierra Oaxaca, México.

Universidad Autónoma de la Ciudad de México (UACM), México.

Universidad Autónoma de Zacatecas (UAZ), México.

Universidad Autónoma de Aguascalientes (UAA), México.

Instituto Politécnico Nacional (IPN), México.

Escuela Superior de Guerra, México.

Instituto Maurer, México.

University of Cambridge, Inglaterra.

University of Oxford, Inglaterra.

École Nationale de Sciencie Politique, París, Francia.

Universidad de las Naciones Unidas, de la UNESCO.

University of California, Berkeley, USA.

Stanford University, Calfornia, USA.

University of Chicago, USA.

University of Maryland, USA.

Columbia University, New York, USA.

Yale University, USA.

National Humanity Center, Carolina del Norte, USA.

Université de Toulouse, Francia.

Universidad Nacional Mayor de San Marcos de Lima, Perú.

State University of New York at Binghamton: Fernand Braudel Centre, USA.

Centro ‘Juan Marinello’ de La Habana, Cuba.

Columbia’s Institute for Scholars at Reid Hal, París. Francia.

Universidad de Antioquia, Colombia.

Claremont Graduate University, California, USA.

City University of New York, USA.

Smith University, USA.

Mount Holyoke College, USA.

University of Massachusetts Amherst, USA.

New Hampshire University, USA.

Humanities Research Institute de la Universidad de California, USA.

Drew University, USA.

Harvard University, USA.

Univerza V Ljubljana, Eslovenia.

University of California Riverside, USA.

University of Utah, USA.

Universidad de La Habana, Cuba.

CIMI, Brasilia, Brasil.

University of Edimburgo, Gran Bretaña.

McGill University, Canadá.

Duke University, USA.

École des Hautes Études en Sciences Sociales, París, Francia.

University of New Mexico, USA.

Universidade Federal do Río de Janeiro, Brasil.

Université Paris- Sorbonne, Francia.

Universidad del País Vasco, País Vasco.

Universidad de la Laguna, Canarias.

.- CertainEs de ces maintenant étudiantEs de la petite école zapatiste ont vu leurs écrits traduits en : Allemand, Catalan, Chinois, Coréen, Espagnol, Français, Galicien, Grec, Anglais, Italien, Polonais, Portugais, Roumain, Russe et Turque.

.- Consoles de jeux-vidéos sur lesquelles quelques-uns de nos imbattables camarades ont confirmé leur suprématie avec le combo « mega-super-duper-hiper fatality-machoman » (Ah voilà ! Rien à voir avec angry birds et autres trucs de filles) : Petites machines de la petite épicerie du coin de la rue, Atari, Sega, Xbox, GameCube, GameBoy, Xbox360, PSP, PS1, PS2, PS3, PS4, PS5… hein?… y’a pas de PS5?… ok, ok, ok, faute de frappe. Je poursuis: PSVita. Nintendo 64, Wii, WiiU, Nintendo 3DS.

.- Plus de 100 étudiantEs sont acteurs, actrices, metteurs en scène, musiciens, producteurs, peintres, dessinateurs, photographes, promoteurs culturels, écrivains, éditeurs, militants politiques, avocats, syndicalistes et lutteurs sociaux.

.- En général, après analyse par les plus pré-modernes équipements de renseignement, à propos des étudiantEs je peux vous dire qu’un nombre indéterminé de personnes qui assisteront à la petite école – reste à les voir pour les compter –, sont sales, moches et méchants.

Quelque soit leur âge, leur credo, leur couleur, leur poids, leur jugeote et leur sexe, elles se sont conduites, pendant toute leur vie, avec une absolue irresponsabilité face au Pouvoir sous toutes ses formes ; elles ont reçu le désaveu de leurs cercles sociaux respectifs pour leur anticonformisme acharné ; elles ont scandalisé les bonnes consciences et les polices du comportement ; elles ont réitéré leur révolte et leur passion pour la liberté malgré les modérés, et elles ont milité selon leur conscience et non selon les modes du moment. En résumé : elles ne se sont pas vendu, elles n’ont pas cédé, elles ne se sont pas rendu.

Je vous préviens pour qu’après vous ne veniez pas vous plaindre qu’on parle mal de vous à cause de vos « mauvaises fréquentations ».

Ah, c’est sûr, l’immense majorité des personnes qui assistent comme étudiantEs sont des hommes, des femmes, des petits garçons, des petites filles, des vieux, des vieilles, des jeunots et des jeunettes, qui ont quelque chose d’extraordinaire dont nous, hommes et femmes zapatistes, les remercions : elles sont nos camarades.

Et je ne les ai pas tous et toutes misES, parce qu’il ne manque jamais unE quelconque balance venu voir si nous ne serions pas en train de faire de l’entraînement militaire, plutôt que d’enseigner notre cœur.

Allez. Salut et que soit bienvenu le cœur généreux qui nous ouvre ses fenêtres.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.

SupMarcos

Mexique, juin 2013.

P.S. Quel célébration.- Pour célébrer le fait que, pour la première fois en presque 20 ans de vie publique zapatiste, les hommes dépassent les filles… hein ?… ok, ok,ok, nous les battons seulement en quantité… pour l’instant… Quoi ? Bien sûr que je n’ai pas triché ! J’en suis incapable… Non, ce que je dis c’est que les comptes, c’est une femme de l’équipe de soutien qui l’a fait… quoi ?… Non, elles ne sont pas majoritaires dans l’équipe de soutien… Ou, si ?… Enfin, ça n’est pas le sujet, le point ou la question.

Je poursuis : pour célébrer ce fait qui confirme la supéri… hein ?… ok, ok, ok… pour célébrer le fait que l’équité de genre nous avantage au score, nous avons intitulé le prix « LES CANARDS FLINGUENT LES FUSILS », qui peut seulement être gagné par des enfants mâl… hein ?… ok, ok, ok… par des gamins et des gamines infantiles chronologiquement (parce que là j’ai vu la liste et il y en plusieurs d’âge mental infantile). Le prix c’est un bon que les petits garçons… ok, aussi les petites filles… peuvent remettre à leurs maîtres… oui, bon… ou maîtresses de la petite école. Avec ce bon ils pourront punir leurs mômans… quoi ?… aussi les pôpas ?… Mais si, c’est toujours les mômans qui donnent les punitions ! et ça c’est un bon, comment je peux dire ? De revanche, de « un retour pour tous les allers », de « tu l’as voulu, tu l’as », etc. Bon, et aux pôpas aussi… mais avec des circonstances atténuantes… ok, ok, ok, sans circonstances atténuantes.

Bref, le maître… ou la maîtresse, punira les mômans des enfants qui ont gagné le prix. Pourquoi ? Pour s’être mal comporté. Oui, même sans s’être mal comporté, parce que et bien oui parfois elles nous punissent sans que nous nous soyons mal conduit… Et aussi après elles nous font des piqûres, alors, que par définition, nous sommes innocents. Oui, les mecs, parce que les filles sont toujours coupables. Hein ? Bon, maintenant ne m’interrompez plus parce que je dois finir ça pour l’envoyer.

Pour gagner le prix, les enfants doivent choisir l’une des réponses selon les références de la vidéo ci-dessous et qui s’appelle « Carlitos Lechuga y el Drama del Globito » (Carlitos Lechuga et le Drame du Ballon, ndt). La question est :

A qui la faute si Carlitos Lechuga a perdu son ballon ?

a).- Du Ballon, ou disons la globalisation néolibérale.

b).- Des femmes.

c).- De la télévision et des mauvais gouvernements.

L’enfant qui répond correctement (sans copier et sans demander l’aide de personne) recevra un bon de « LES CANARDS FLINGUENT LES FUSILS », valable seulement en territoire zapatiste et une seule fois dans la période du 12 au 17 août 2013 (permis du Conseil de Bon Gouvernement numéro 696969). Aux petites filles, sans qu’importe la réponse qu’elles auront donné, on leur donnera une tape… Nan, c’est une blague, on va pas les frapper, mais, à la place du bon, on leur donnera un graphique statistique, taille poster, où on voit que nous, les garçons, on est en majorité… oui, pour les aider dans leur formation, comme qui dirait, de « genre ».

Attention mômans, pôpas, tuteurs et tutrices : pas le droit de souffler (pas de « la C mon bébé, la C ») ; ni d’échanger le bon contre un autre qui dispense de manger la soupe à la citrouille.

J’ai dit.

Pour l’équité de genre avec un score de 2-1 en faveur de, nous, les gars, c’est à dire les vrais mecs.

Le SupMarcos.

Études de Pilote d’Avion et Natation Synchronisée par correspondance (ah ah, c’est pour ça la Force Aérienne Zapatiste) et diplômé, avec les plus grands honneurs académiques, du Machist Institute Aplogy Research (MIAR, pour son acronyme anglais), dont le siège est dans les montagnes du Sud-Est mexicain, dernier bastion en résistance contre la domination de la femme dans le monde mondialement mondial. Le sus-dit (c’est à dire moi, andouilles) donne actuellement, dans le prestigieux institut, le cours : « Le problème a commencé quand notre mère Ève a manipulé notre père Adan… » Inscriptions ouvertes, nombre de places illimité. La devise du MIAR est « Nous récupérerons le contrôle, même si ce n’est que celui de la télé ou Pas question femme, tu as un poignard » Hein ? L’hymne ? Bien vu si vous pensez que c’est «  Que te ha dado esa mujer », de Gilberto Parra Paz, interprété par Pedro Infante dans le film du même nom. Allez-y ! Chantez ou je vous écrabouille le nid ! Oh, yeah !

J’atteste… hein ?… mais si il pleut !… ok, ok, ok,… après avoir lavé mes fringues, j’atteste… héhéhé, j’ai pas dit que j’allais les laver en les gardant sur moi, il ne pleut pas pour rien, ou quoi ?… mmh… ça me sert à me laver et comme ça j’économise le savon…

Hein ? Non, si vous m’avez vu me cacher… mais vous m’avez trouver. Bonjourrrr ma cousine. Faisez quelque chose. Vive les nordisss, vi môssieur !

Maintenant oui : j’atteste.

Moimême.

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Ecoutez et regardez les vidéos qui accompagnent ce texte:

Du meilleur JT qui ait existé à la Tv mondiale, « 31 Minutes », la séquence « Carlito Lechuga et le Drame du Ballon ». Attentions les enfants de moins de 12 ans: il est nécessaire de voir cette vidéo pour pouvoir concourir pour le prix « Les canards flinguent les fusils ».

ICI

 

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Pedro Infante et Luis Aguilar interprètent l’hymne du MIAR, « Que te ha dado esa mujer », de Gilberto Parra Paz, dans le film du même nom, de 1951:

ICI

 

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De Manuel Esperón “Mi Cariñito”, avec Pedro Infante dans le film “Dicen que soy mujeriego” [On dit que je suis un homme à femme, ndt] (mensonge, c’est rien que des bavardages, ne les croyez pas). Chanson dédicacée à la grand-mère des zapatistes, María Luisa Tomassini (qui a dit qu’elle viendrait), à nos admirables Grand-mères de la Place de Mai et à toutes les mères de disparuEs et de prisonniers et prisonnières politiques. Regardez la Tucita appuyant le « que souffre le condamné » (Qu’est-ce que j’avais dit? Bien sûr qu’on les éduque mal depuis toutes petites):

ICI

 

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Ok, j’ai pas réussi le combo fatality, mais ici vous verrez ce que j’ai réussi comme, of course, “Sub-Zero”:

ICI

et ICI