Archive for août 2013

Clotûre des travaux de la Chaire « Tata Juan »

Source.

Traduction de l’article de José Gil Olmos et Isaín Mandujano publié dans Proceso le 18 août.

 

L’EZLN offre de défendre les terres indigènes menacées par le gouvernement et les multinationales

SAN CRISTÓBAL DE LAS CASAS, Chis. Le commandement général de l’EZLN s’est engagé à défendre les terres des peuples indigènes menacées par le gouvernement et les entreprises multinationales « quelles qu’en soient les conséquences ».

La commandante Miriam a dit que l’EZLN assume comme sienne la défense des territoires indigènes, lors de la clôture des travaux du Congrès National Indigène mené à bien dans la Chaire “Tata Juan Chávez” réalisé à l’Université de la Terre.

Au nom de la direction zapatiste, la commandante Miriam a dit que les mauvais-gouvernements néo-libéraux et les entreprises multinationales « règnent par l’argent et pour cette raison imposent des projets de mort sur notre territoire. »

Elle a expliqué qu’en tant que peuples originaires ils se doivent de le défendre « sans qu’importent les conséquences ». Dans l’auditorium, plein de quelques 250 membres des communautés de base de l’EZLN et un millier de participants, la commandante Miriam a averti que les zapatistes ne renoncerait pas à ce qui leur appartient et que d’autres veulent s’approprier.

« Lorsque nous les défendons ils nous persécutent et nous tuent, ils nous accusent de transgresser la loi et pour ça ils nous condamnent à de nombreuses années de prison comme si nous étions des délinquants. En fait, ce sont eux les véritables assassins, délinquants, vendeurs de patries. Eux sont libres comme si ce qu’ils nous font n’était pas un délit. Avec les lois qu’ils ont ils se protègent », a prévenu Miriam au nom du commandement zapatiste.

Accompagnée des commandantes Hortensia, Susana et Yolanda, elle a dit qu’en tant que zapatistes, ils luttent également pour l’autonomie, mais que pour y parvenir il faut conscience et sacrifice, résister à toute agression

L’organisation a demandé aux participants du Congrès National Indigène d’unir leurs forces et leur rébellion.

Pendant les deux jours qu’a duré la rencontre de la Chaire Itinérante “Tata Juan Chávez”, des dizaines de regroupements indigènes ont principalement dénoncé quatre menaces contre leurs communautés et leurs peuples : le crime organisé, les entreprises multinationales, minières et les groupes politiques.

Concernant le crime organisé, ils ont expliqués qu’ils les menaçaient et se livraient à des extorsions afin de prendre le contrôle et la propriété de leurs terres.

Les peuples du Guerrero et du Michoacan qui ont leurs polices communautaires comme celles de Cherán ou les CRAC, ont affirmé qu’ils ne cèderaient pas à la pression des bandes de délinquants.

Mais pas non plus à celles en provenance des gouvernements fédéraux ou des états qui tentent de les acculer pour qu’ils vendent leurs terres riches en minéraux.

Concernant les indigènes nahuas du sud du Veracruz, ils ont annoncé penser à former eux aussi leurs polices communautaires inspirées de l’EZLN et d’autres expériences.

D’autres peuples, comme les totonacas, de Veracruz également, ont partagé leur expérience de création de leur propre monnaie appelée « tumin » avec laquelle ils paient dans quelques magasins créant un système monétaire indépendant de « l’argent sale » provenant du gouvernement ou du narcotrafic.

Ils ont expliqué que le Trésor Public dénonce au parquet le peuple totonaca pour contrefaçon de monnaie, mais ils ont réaffirmé que ce n’était pas le cas car ils ne font pas de faux « pesos » mais qu’ils créaient une nouvelle monnaie d’échange non côté à la Bourse des Valeurs et ne générant pas d’intérêts.

Les totonacas ont offert quelques « tumis » au commandement de l’EZLN mais leur ont recommandé de ne pas les emmené a Soriana car ils ne seront pas valides.

A la fin de l’événement, le commandant Tacho a mis fin aux travaux auxquels participaient des représentants de peuples indigènes de tout le pays, ainsi que du Guatemala, du Pérou et de Colombie.

 

La Petie école Zapatiste X.

Source.

Traduction du courrier envoyé par le collectif brésilien de São Paulo (Brésil) du Mouvement Passe Livre (Libre passage, ndt) à l’EZLN à l’occasion de l’organisation de la Petite école zapatiste.

 

Escuelita zapatista 2013

Salutations de MPL-SP à la Petite école Zapatiste

 

A nos compas Zapatistes,

Aux élèves de la Petite école Zapatiste,

Aux compas de la Sexta dans le monde entier,

Depuis São Paulo, Brésil, nous vous envoyons notre parole rebelle pour vous transmettre, avant tout, notre salut, notre soutien et solidarité. Nous sommes le Mouvement « Passe Livre » (quelque chose comme laissé-passé ou passage libre), une organisation qui lutte pour un système de transport collectif de qualité et réellement public ; c’est à dire, gratuit et gérer par les usagers et les travailleurs, un système intéressé par les besoins de la population, et non pour ceux des entreprises privées. Nous sommes anticapitalistes, autonomes, sans partis et horizontaux, et nous avons des collectifs indépendants dans plusieurs villes du pays.

Depuis notre naissance, qui a beaucoup à voir avec les manifestations altermondialistes des années 2000, la lutte zapatiste a été une grande source d’inspiration. Là-bas au Chiapas, nous reconnaissons l’autre forme de lutter à laquelle nous aspirons tant : en-bas et à gauche, sans les partis et leurs hiérarchies figées, avec plus de participation que de représentation.

En juin dernier nous avons obtenu une grande victoire : les manifestations que nous avons initiées, contre la hausse du prix des transports publics, se sont propagées à tout le pays et le gouvernement a du reculer et baisser le prix des tickets dans plus de cinquante villes, dont São Paulo et Rio de Janeiro. Nous avons réussi à attirer l’attention de tous sur les prix élevés et la précarité du système de transport, entièrement contrôlé par de véritables mafias ; des entreprises qui, pour garantir leurs gains, offrent de mauvaises conditions aux usagers et augmentent régulièrement les tarifs. De cette manière, les plus pauvres sont excluEs de la ville, et une ville n’existe que pour celles et ceux qui peuvent s’y déplacer.

En ce moment tellement unique et nouveau que vit notre mouvement, ce serait très important pour nous de renforcer nos liens avec les compañeros et compañeras qui, sur toute la planète, luttent pour un autre monde. Vous, au Chiapas, et en bien d’autres lieux, vous êtes un exemple dans la construction d’un avenir au présent pour nous.

Nous espérons jeter jusqu’au Chiapas un pont solide, forgé avec la tendresse et la joyeuse rébellion des frères de lutte. Nous avons été tristes en apprenant que toutes les places pour la Petite école d’août étaient prises – notre lutte ici ne nous avait pas laissé le temps de vous écrire plus tôt. Mais maintenant nous sommes heureux de savoir qu’ont commencé les inscriptions pour la session de décembre et janvier ! Avec les compas d’autres collectif du Mouvement Passe Libre du Brésil, nous nous enthousiasmons de la possibilité d’en apprendre plus avec les Bases de Soutien des territoires zapatistes. Nous voulons briser les barrières – ou les tourniquets, comme nous disons (et nous ne parlons pas seulement des tourniquets des bus et du métro, mais de tous) – qui séparent les nombreux mondes qui restent à construire en-bas et à gauche, avec beaucoup de travail et de patience, dans le sens d’un monde où beaucoup d’entre-eux ont leur place.

Salut et liberté !

Mouvement Passe Livre – São Paulo

juillet-août 2013

 

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La Petite école zapatiste IX

Source sur l'Enlace Zapatista ou sur le site de la CGT espagnole.

Traduction du communiqué de la CGT espagnole en soutien à la Petite école zapatiste et à la création de la Chaire Itinérante « Tata Juan Chávez Alonso », publié le 15 août.

 

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Madrid, 15 août 2013

A la Petite école de la Liberté selon les Zapatistes

Aux Communautés Zapatistes

Aux Conseils de Bon Gouvernement

A l’EZLN

A la Chaire itinérante « Tata Juan Chávez Alonso »

Au CNI

En quelques de dix jours, dans les territoires rebelles zapatiste sont transmis ni plus ni moins que plus de 500 ans de rêves ancestraux. Une fascinante explosion d’instinct libertaire chevauche la moelle épinière de la Petite école de la Liberté. Expérience entre les expériences. 1700 élèves prêts à écouter et dialoguer avec leurs Votanes ou Gardiens Zapatistes, ainsi qu’avec la Communauté, et le tout avec un profond sens écologique de la vie et des relations qui tissent le tout.

Pendant 10 jours, du 9 au 18 août de cette année, nos frères et sœurs de lutte se sont proposés, et comme toujours ont accompli, de fêter dans les 5 Caracoles leurs 10 ans d’auto-gouvernement grâce aux Conseils de Bon Gouvernement, et d’offrir leur expérience de l’autonomie au monde au moyen de la Petite école, et d’être les hôtes d’exception pour la création de la Chaire « Tata Juan Chávez Alonso » de, par et pour les peuples indiens du Mexique (CNI) et d’Amérique, d’en-bas à gauche, avec la Sixième Déclaration (Sexta) de la Forêt Lacandona comme boussole rebelle.

Ce sont dix années d’auto-gouvernement qu’ont célébré les Compas les 9 et 10 août. Les organes de gouvernement civil qu’ils ont configuré, les Conseils de Bon Gouvernement, ont exercé au jour le jour l’art de gouverner depuis en-bas dans tous les aspects de la vie. Une expérience qui synthétise, comme nous le disions, plus de 500 ans d’aspirations à être libre et vivre en paix avec dignité. Mais rien ne termine ici. Toute la vie devant et une question qu’ils nous suggèrent habilement : comment nous organisons-nous chacun de son côté, pour, simplement, nous auto-gérer sans dépendre du Capital ni de l’État ?

Dix. Dix sur dix c’est la note juste pour la proposition de la Petite école avec laquelle, une fois de plus, les Compas nous ont surpris alors que commençait à peine cette année 2013. Du 12 au 16 août, les Communautés des 5 Caracoles avec l’Université de la Terre (CIDECI) à San Cristobal de las Casas, servent à rendre réel la possibilité de partager librement le trésor du savoir. Mais… Et si nous cessons de concevoir l’École avec des examens, des notes, des prix et des punitions ? Et si nous comprenons que les corsets, comme les frontières, ne sont rien de plus que des mauvaises inventions et qu’alors nous essayions, nous vérifiions et par-dessus tout, nous pratiquions l’utopie ? C’est justement ce qui est en train de se passer ici même. Bien que, malgré tout, il reste tant à faire. Manque ce qui manque.

Et pour finir, et au moment le plus opportun, arrive la Chaire Itinérante « Tata Juan Chávez ». A une année du moment où le grand frère Don Juan a à nouveau fusionner avec la Terre, avec ce cher et combatif enterrement dans son Nurio natal. Les 17 et 18, le Congrès National Indigène (CNI), de la main de l’EZLN, ouvre son cœur au Chiapas à une nouvelle et déterminante étape pour les Peuples Indiens de toute l’Amérique. Le grand arbre Fromager qui va vous accueillir au cri de salut et justesse : « Plus jamais un Mexique ni une Amérique sans nous ». Depuis notre géographie lointaine nous saluons l’initiative avec émotion et nous confirmons notre croyance et pari pour la profonde et transcendantale importance que ce soit les Peuples Indiens qui dirigent leur propre destin.

Nous sommes confiants et confiantes. Nous savons que si nous nous obstinons à nous organiser et à nous soutenir mutuellement nous sommes invincibles. Nous savons que le chemin est long et que nous avons les meilleurs compagnons. Nous savons que le Pouvoir ne le supportera pas. C’est pour ça que le président du pays, Enrique Peña Nieto, avec le clin d’œil complice du gouverneur de l’état, Manuel Velasco Coello, a envoyé des militaire survoler la Petite école de la Liberté les nuits des 12 et 13 août ainsi que l’a dénoncé le Commandant Tacho pour le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène – Commandement Général de l’EZLN.

C’est pour ça aussi que le gouvernement ne respecte même pas sa propre Loi dans sa guerre particulière contre la Tribu Yaqui pour la défense de l’eau et du territoire. C’est aussi pour ça qu’ils emmènent notre prisonnier politique Álvaro Sebastián Ramírez et le reste des prisonniers de conscience Loxicha dans des centres d’extermination bien loin de Oaxaca. C’est pour la même raison que Alberto Patishtán est séquestré depuis 13 ans et quelques jours depuis la décision du Tribunal de Tuxla. Le Pouvoir ne sait rien faire d’autre qu’essayer d’intimider. Telle est sa logique. C’est inutile. Nous avons la certitude. Nous sommes invincibles parce que la vie appartient à qui veut vivre, et non à qui veut imposer la mort. La démocratie radicale est notre chemin commun.

Recevez une accolade fraternelle et rebelle de toute la CGT.

Salut, Justesse et Liberté.

 

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Anarchie et prostitution

Source.

Voici la traduction d’un texte écrit par une prostituée italienne, qui a été traduit dans un fanzine allemand d’où il a été traduit à l’espagnol… avant que je ne le traduise en français!

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Texte élaboré par une prostituée italienne…

Je suis une prostituée. Mon nom professionnelle est Carmela et je travaille de nuit dans la périphérie d’une ville d’Italie. Mon premier contact avec les idées anarchistes s’est fait par hasard et par amour, et c’est comme ça que j’ai écouté pour la première fois une chanson anarchiste qui disait : « Les prostituées qui meurent du typhus à l’hôpital, celles-ci sont nos filles ». De jour la société nous condamne, mais la nuit elle nous cherche. Et ce ne sont pas seulement les hommes qui en cette époque moderne et avancée viennent à nous, maintenant que les « trios » sont à la mode depuis déjà quelques temps. Voilà pourquoi aujourd’hui nous sommes aussi enviées de nuit par les femmes qui aimeraient faire leur un peu de notre art amoureux, afin de pouvoir mieux baiser leurs hommes et s’élever dans leur carrière professionnelle.

L’état proxénète montre son visage hypocrite et démocratique et soupèse la décision de concéder à mon « secteur de travail » le droit à notre propre exploitation : payer des impôts, « nous intégrer » à la société est le mot magique et malheureusement, beaucoup de mes collègues mendient littéralement pour ça.

Mais voilà longtemps que mes droits je les ai pris par moi-même, et la vie comme j’en ai envie, sans demander la permission à personne. Être un membre de plus (dans la société, ndt) ? Voir, comme je le fais tout au long de la journée, les membres me suffit. Pour moi la société est basée sur une énorme prostitution : les hommes et les femmes qui, chaque jour, à la même heure, se rendent à leur poste de travail, avec le même ennui, avec le même fatalisme, qui se prostituent en solo ou en groupe (l’esprit d’équipe!) afin que toute cette merde continue de tenir. Petits employés ou bobos, touTEs les citoyenNEs décents ont finalement quelque chose en commun : ils méprisent les putes immorales comme moi, qui vont bien travailler de leur propre décision ou par besoin d’argent. Mais qui ne travaille pas par besoin d’argent ?

Certainement que le monde de la nuit, bien qu’il puisse vous sembler si attractif, a aussi ses aspects négatifs. Il ne cesse de refléter votre violence, qui se cache hypocritement pendant le jour derrière la façade d’une culture moraliste. Nos clients ne sont personnes d’autres que vos maris, vos collègues de travail, vos connaissances, vos voisins et chaque fois plus, vos femmes et amies.

Mais ce qui me dérange le plus, plus encore que cette ignorante, envieuse et hypocrite société, ce sont ces discussions psychologiques, qui ont lieux aussi en partie dans la « scène » de gauche ou féministe. Là on nous traite de « pauvres » prostitués, frappées par leurs macs et violées par leurs mauvais et pervers clients (en ce qui concerne les clientes il semblerait que ce soit consciemment tu, ou que l’existence n’en soit pas connu).

Souvent je me demande d’où ces gens sortent leur connaissances, alors qu’aucunE de ces camarades n’a profité d’une soirée avec moi, ni ne m’a jamais demandé pourquoi je préfère travailler debout dans la rue plutôt qu’assis dans un bureau.

Pour moi ça invalide le discours de ceux qui disent lutter pour la liberté et la révolution, parce que ils ne me reconnaissent pas en tant qu’individu le droit et la capacité de prendre mes propres décisions, et me prennent pour une idiote, faible et digne de compassion. La prostitution infantile est quelque chose de déplorable, parce qu’un enfant ne peut dire ce qu’il veut ou ne veut pas faire. Mais pourquoi personne ne parle des enfants qui sont quotidiennement rendus idiots dans les collèges et garderies afin qu’une fois devenus grands ils se convertissent en joyeux consommateurs et en efficaces prostitués du système productif pour le souteneur de l’état ? Pourquoi personne ne parle de ces enfants qui voient le jour dans les (démocratiques) prisons où sont enfermées leurs mères ? Ça ne vaut pas le coup de parler d’eux ? Bien, peut-être que beaucoup de ces super-révolutionnaires de pacotille ne savent même pas que beaucoup d’enfants passent leurs premières années de vie en prison, et qu’ensuite, d’un jour à l’autre, ils sont arrachés à la tendresse de leur mère, et tout cela au nom d’attentions que n’importe lequel d’entre-nous refuserait.

Il y a aussi une autre grande différence : nous autres les putes nous écartons les cuisses et nous laissons un membre de cette société faire ce que nous voulons, et rien de plus. Une société qui grâce à votre travail salarié rend possible un système qui torture et tue des personnes et des animaux, qui avec l’argent de vos impôts finance des guerres, détruit l’environnement et bon, tout le reste que vous devriez savoir mieux que moi, moi qui ne suis rien d’autre qu’une pute stupide, immature et inutile. Et la morale, ou petite morale de cette histoire n’existe pas, puisque votre morale est dégueulasse : Allez vous faire foutre avec votre morale !

Extrait du fanzine allemand Freiraum n°26

 

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Dénonciations du survol par l’armée des Caracoles zapatistes

Source: communiqué audio du CCRI-CG, Proceso et Enlace Zapatista.

 

Par la voix du commandant Tacho, l’EZLN a dénoncé mercredi les survols de leurs caracoles par des avions militaires les 12 et 13 août, alors que près de 1700 élèves venus de différents pays sont présents pour suivre les cours de la Petite école zapatiste. Certains élèves ont, eux aussi, dénoncé ces survols comme des intimidations.

Voici les traductions d’un article paru le 14/8 sur le site de l’hebdomadaire Proceso, signé de José Gil Olmos et Isaín Mandujano, suivi du texte signé par des élèves de la Petite école, daté du 15/8.

 

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« Tacho » dénonce les vols militaires sur les « Caracoles »

Le commandant Tacho, l’un des dirigeants de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), a dénoncé aujourd’hui les vols rasants réalisés par des hélicoptères et des avions militaires sur les cinq Caracoles, où près de 1700 élèves suivent les cours de la Petite école zapatiste.

« Nous vous avisons que les 12 et 13 août des avions militaires ont effectué des survols des zones des cinq Caracoles zapatistes, lieux où se donne le cours « La liberté selon les zapatistes », a déclaré Tacho cette après-midi sur un enregistrement audio mis en ligne sur le site de l’Enlace Zapatista.

« Peut-être est-ce que servant leur maître, les militaires mexicains espionnent pour le gouvernement gringo. Ou bien des avions nord-américains font-ils directement le travail d’espionnage. Ou peut-être les militaires veulent-ils voir ce qu’on enseigne dans les communautés zapatistes qu’ils ont tellement attaqué sans jamais pouvoir les détruire », a-t-il fait remarqué.

« Nous disons au gouvernement de Peña Nieto que sis ses soldats veulent apprendre à la Petite école, qu’ils demandent à être invités. Mais peu importe, nous ne les inviterons pas. Mais ainsi auront-ils un prétexte pour nous espionner puisque nous ne les invitons pas », a expliqué Tacho.

Le communiqué a été lu par le coordinateur de la Petite école Zapatiste, le commandant Tacho lui-même, un indigène tojolabal fondateur de l’EZLN. Tacho est membre du Commandement Général du Comité Clandestin de l’EZLN, auquel sont subordonnés des leaders comme Marcos et le sous-commandant Moisés.

Le dimanche 11 août, quelques 7700 hommes et femmes de différents états du pays et d’autres pays du monde se sont répartis dans les communautés des cinq Caracoles zapatistes, sièges des Conseils de Bon Gouvernement (JBG) qui ont fêté le week-end dernier leurs 10 ans.

La Petite école Zapatiste terminera ses cours vendredi et samedi, et le dimanche 18 les élèves se réuniront une nouvelle fois à San Cristobal de Las Casas, où aura lieu la réunion du Congrès National Indigène (CNI), intitulée Chaire Juan Chávez, en honneur de l’indigène purépecha fondateur de cette organisation, qui est mort il y a quelques mois.

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Les élèves du premier cycle du cours de « La Liberté selon les zapatistes » protestent énergiquement contre les vols rasants des avions militaires

Nous, hommes et femmes, élèves du premier cycle du cours de « La Liberté selon les Zapatistes » (au Centre Indigène de Capacitation Intégrale – Unitierra, Chiapas), protestons énergiquement contre les vols rasants d’avions militaires ces derniers jours sur les territoires des Conseils de Bon Gouvernement où ont lieu les cours autour des expériences communautaires dans la construction de l’autonomie. Nous exigeons que cessent ces actions d’intimidation immédiatement.

 

Prénoms et noms:

Pablo González Casanova, Luis Villoro, Neil Harvey, Mercedes Olivera Bustamante, Gustavo Esteva Figueroa, Fernanda Navarro, Jean Robert, Sylvia Marcos, Alicia Castellanos Guerrero, Gilberto López y Rivas, Carlos Aguirre Rojas, Paulina Fernández Christlieb, Bárbara Zamora, Martín Esparza Flores, Nicolás Falcoff, Francisco Barrios “El Mastuerzo”, Ángel Luis Lara Rodríguez, Sergio Rodríguez Lazcano, Beatriz Aurora, Enrique Ávila Carrillo, Jerôme Baschet, Alejandro Varas, Salvador Castaneda O’connor, Alma Padilla García, Miguel Esparza, Héctor de la Cueva, Silvia Perez-Vitoria, Priscila Pacheco, John Gibler, Elvira Madrid Romero, Fabiana Hivsch, Oralba Castillo Nájera, José Humberto Montes De Oca, Mariana Selvas Gómez, Eduardo Almeida, Nataniel Hernández Núñez, Julio C. Ortega, Lenin Andrés Fonseca García, Gaspar Morquecho Escamilla, José Samuel Porras Rugerio, Fran Ilich, Jennifer Flores Sterazo, Benjamín Sandoval Cedano, Miguri A. Marina, Rodrigo Cortés A., Mavritania Figueroa Rodríguez, Sonia Maribel De la Rosa Villa, Estela Anagueda, Cecilia Bojorquez, David Avendaño Mendoza, Teresa González Cárdenas, Rodolfo Ambriz, Adolfo Millán Ruiz, Aureliano Lecca Céspedes, Meztli Yoalli Rodríguez Aguilera, Francisco Javier Gómez, Ma. Martina Salazar R., Martha Valdez I., Beatriz Amor, Cecilia Zeledón, Guillermina Acosta, Victoria Espino, Carlos Andrade, Ana Lidya Flores Marín, Victorina Santiago Cisneros, Eduardo Nachman, Francisco Segovia, Iván Trueta, Juan José Gómez Bersaín, Gustavo Beltrán Fuentes, Gloria López Pérez, Carmen Domínguez Arévalo, Diego López Domínguez, Santiago Medina Maldonado, José Daniel Murphy Ruiz, Fernando Cáceres Cintra, Yolanda Suárez Velázquez, Inés Díaz Kuxhause, Luis Alfonso Vargas Silva, Arturo Rubio Gómez, Liberato Muñoz Elías, J. Alfredo Arroy Pardo, José Manuel Sánchez Bermúdez, Marina González López, Lao Tse López Lozano, Ariadna Flores Hernández, Edgar Daniel Escalante Contreras, Vasandhara Jairath, Guillermo Villaseñor, Iris Montoya Constantino, Ileana Gordillo, Carlos Ayala, Francisco Tapia Trujillo, Sebastián Batanero, Gabriela Castillo R., Leonarda Patricia Soto Madrid, Wendy Harvey, Manuel Cillashan, Pablo Flores Marín, José Luis San Miguel Espejel, Vicente Baschet Martínez, Odín Ávila Rojas, Isaac López, Ignacio Cera Molina, Patricia Vega, Ma. de Lourdes Guillén Partida, Concepción Hernández Hernández, Norberto Flores Elioso, José Andrés Fuentes González, Mariana Fabela Calvillo, Isis Ordóñez Linares, Jaime Alberto Montejo, Francisco I. Gómez Carpinteiro, Ma. Martínez S. R., María de la Luz Almeida Ruiz, Hipólito Tristán Salárces, María Guadalupe Preciado Ponce, Irasema Lucila Galindo Enciso, Josefina Batanero Bastida, Adela m., Solares Zenteno, Luz María Rojas Tapia, Guillermina Acosta, Italia Méndez Moreno, Norma Aidé Jiménez Osorio, Rosalía Curiel Jiménez, Carlos Alberto Ríos Gordillo, Ramsés Arturo Cruz Arenas, Centonio Rodríguez Gómez, Juan Carlos Carvajal García, Tamara San Miguel Suárez, Andrea Heinrichs, Rafael Castañeda Pineda, Inés Salinas Jardón, María Isabel Osorio Martínez, Jorge Salinas Jardón, Sebastián López Martínez, Sara Jardón, Flavio B. Martínez, Martha Juárez Orenday, Víctor Pérez Marín, Tomasa A., René Pastrana Moreno, Rocío Martínez, Catalina López Gómez, Haydee Karina de La Cruz, Marco Antonio de Jesús López

Dixième anniversaire des caracoles zapatistes

Source.

A la fin de la semaine dernière, les zapatistes fêtaient les dix ans de la création – sur les cendres des aguascalientes – des caracoles et la formation des Conseils de Bon Gouvernement (CBG). Ces conseils font partie des trois niveaux d’auto-gouvernement, avec le gouvernement local et le municipal.

Le passage des aguascalientes aux caracoles a aussi, d’une manière, était un passage d’un pouvoir militaire à un pouvoir civil au niveau de la coordination des zones rebelles, avec la formation des Conseils de Bon Gouvernement. L’instance militaire des zapatistes, l’EZLN, a en partie passé le relais aux bases de soutien zapatistes pour leur auto-gouvernement.

A l’occasion des festivités, le CBG de chaque caracol s’est exprimé. Voici la transcription en français de la parole de celui du caracol Resistancia y Rebeldia por la Humanidad (Résistance et rébellion pour l’humanité, ndt).

Pour écouter le texte original et voir le portfolio de la fête, vous pouvez visiter le site desinformemonos et la page en question ici.

 

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La parole du Conseil de Bon Gouvernement portée par une compa :

 

Dixième anniversaire

Août 2013

 

Compañeros et compañeras des différentes communautés et villages de cette zone, autorités municipales autonomes, responsables locaux, régionaux, maîtresses et maîtres du peuple, promoteurs et promotrices de santé et d’éducation, autorités culturelles et religieuses, compañeras et compañeros insurgés et insurgées, miliciennes et miliciens, où que vous vous trouviez, compañeras et compañeros de la Sexta nationale et internationale, compañeras et compañeros adhérents nationaux et internationaux, sœurs et frères de la société civile nationale et internationale…

Le Conseil de Bon Gouvernement, Cœur central des Zapatistes devant le monde fait connaître sa parole :

Aujourd’hui, 9 août 2013.

Nous sommes réunis ici, dans le Caracol II, Resistancia y Rebeldia por la Humanidad, zone Altos du Chiapas, afin de célébrer le dixième anniversaire de la naissance des Caracoles et la formation des Conseils de Bon Gouvernement, qui existent aujourd’hui sur les territoires rebelles zapatistes, dans les différentes zones de notre état du Chiapas, Mexique.

Il y a dix ans de ces 8, 9 et 10 août 2013, les peuples indigènes rebelles zapatistes décidèrent de renforcer et mieux organiser la construction de cette autonomie, formant ces Conseils de Bon Gouvernement comme leurs représentants devant tous les peuples et autorités nationales et internationales. Cette année-là où les peuples eux-mêmes et le processus même de notre lutte de libération ont mis au jour la nécessité de faire un nouveau pas dans notre lutte pour continuer à résister et exercer nos droits comme peuples originaires de ces terres. C’est pour ça que le Conseil de Bon Gouvernement fête aujourd’hui les 10 ans de sa formation et 10 ans de son humble service avec comme seul but d’aider et servir les peuples zapatistes et non zapatistes qui habitent à l’intérieur et à l’extérieur de notre territoire rebelle.

Compañeros et compañeras, nous savons parfaitement que pendant ces dix années de pratique de la construction de notre autonomie, c’est à dire notre propre manière de vivre, de penser, de nous organiser et de nous gouverner, ça n’a pas été facile pour diverses raisons, par manque d’expérience, manque de plus de préparation pour gouverner et nous gouverner. Bien que ce que nous avons réalisé soit peu, c’est très important car en tant que peuple nous avons appris, nous continuons à apprendre, à résister et à affronter tout le mal que nous font les trois niveaux de gouvernement, qui chaque jour amplifient leurs agressions à tous les niveaux contre les peuples.

Bien que ces trois niveaux de mauvais gouvernement parlent tellement de justice, de liberté, démocratie et respects des droits de l’Homme, ils sont les principaux responsables des violations des droits de l’Homme et sont complices des crimes commis dans notre état et notre pays.

C’est pourquoi les mauvais gouvernements, précédents et actuels, cherchent toutes les manières de nous attaquer et de détruire notre lutte et notre résistance. C’est par exemple ce qu’ils appellent la Croisade Nationale contre la Faim, qui n’est rien d’autre qu’un plan de contre-insurrection avec comme objectif de diviser et provoquer des affrontements au sein des communautés et de détruire la résistance des peuples zapatistes. Car c’est une attaque économique, politique, idéologique, sociale et culturelle contre la construction de l’autonomie des peuples originaires dans notre pays.

Le plan national de Pena Nieto n’apportera que plus de faim, de misère, de maladies et de morts pour nos peuples. La militarisation et la para-militarisation de tous les territoires indigènes causent plus d’insécurité, de peur, de terreur et de mécontentement pour nos peuples parce qu’ils ne sont pas d’accord de voir leurs villages envahis par des milliers de soldats fédéraux, de policiers, de para-militaires, qui favorisent la violation des droits de l’Homme. Et malgré cette guerre de destruction, d’extermination que nous mènent les mauvais gouvernants de notre pays, les peuples zapatistes et leurs gouvernements autonomes, nous essayons de continuer à organiser et renforcer toutes les aires de travail dans les municipalités autonomes et dans toutes les zones zapatistes, bien que nous reconnaissions avoir failli parce que nous apprenons et qu’il nous reste encore beaucoup à faire, à apprendre et améliorer notre travail à tous les niveaux d’une vie plus juste, plus digne, et plus humaine. Nous continuons à croire qu’un monde meilleur est possible, un monde dans lequel beaucoup de mondes tiennent.

C’est pourquoi compañeras et compañeros, bases de soutien de tous les peuples, de toutes les municipalités autonomes de toutes les zones, nous voulons vous dire que nous continuons à avancer dans notre lutte, que nous ne reculons pas, que nous ne perdons pas courage dans la lutte, que nous ne perdons pas l’espoir qu’un jour nous atteindrons notre objectif. Parce que notre lutte ne se terminera pas tant que nous vivrons une situation d’injustice, d’exploitation, de discrimination, de persécution, de pillage et destruction de nos richesses naturelles en tant que peuples originaires de ces terres.

Compañeros et compañeras de la Sexta nationale et internationale, compañeras et compañeros adhérents nationaux et internationaux, frères et sœurs de la société civile nationale et internationale, nous voulons vous remercier de votre présence et de nous accompagner dans ces festivités du dixième anniversaire. Et nous voulons vous dire que les grandes injustices, les persécutions et la mort sont partout sur notre planète et c’est pourquoi il est nécessaire que les personnes bonnes et honnêtes de tous les continents, nous unissions nos efforts, nos rebellions, nos luttes, nos voix. Assez de tant d’injustices et de morts dont nous et des millions de personnes souffrons de par le monde. Notre lutte est pour que la démocratie, la liberté et la justice triomphent.

Voilà notre parole. Et merci beaucoup.

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La Petite école zapatiste VIII

Page original ici.

Don Félix Serdán Nájera, invité spécial de la Petite école, envoie ses salutations (et ceux de son dindon) aux zapatistes, en vidéo.

Figure importante au Mexique, Don Félix a combattu aux côtés de Jaramillo qui dès ses 14 ans avait rejoint l’Armée de Libération du Sud du Général Emiliano Zapata et poursuivi le combat après la mort de Zapata, dans son état du Morelo. Don Félix a continuer tout au long de sa vie à organiser les paysans et défendre les peuples dans leur lutte pour la liberté.

Don Félix, héritier direct de la lutte de Jaramillo et Zapata a été décoré par l’EZLN du titre de « Insurgé Major Honoraire ». Il a fêté ses 96 ans en janvier dernier.

Salut à la Petite école zapatiste du Major Honoraire Don Félix Serdán Nájera

 

Transcription de la vidéo:

GlouGlou… ça c’est le premier salut de Monsieur Dindon… (Rires)

« Bon, alors… Mes salutations tendres et respectueuses au groupe de camarades zapatistes qui écoutent ce message.

Tout d’abord, je les félicite pour les changements qu’ils mettent en place, pour l’organisation qu’ils essayent de mettre en place entre personnes prêtes à la lutte, des gens qui ont l’idée de changer la façon de vivre des gens, du peuple mexicain. Je les félicite et… qu’ils réussissent!

C’est tout. »

Le Petite école zapatiste VII.

Texte original ici.

Comme d’autres figures de la lutte pour la liberté, Mumia Abu-Jamal a été invité à participer à la Petite école par les zapatistes. Voici sa réponse:

 

Mumia vous remercie pour l’invitation à la Petite école zapatiste

 

Message au Mexique: Vive John Africa!

Chers frères et sœurs, cher Sous-commandant Insurgé Moisés, cher Sous-commandant Insurgé Marcos et tous les Zapatistes, chers fils et filles de la Petite École Zapatiste:

Bonjour.

Bravo pour le Mouvement Zapatistes, pour les pauvres, les paysans, les peuples des montagnes du Mexique!

Je m’appelle Mumia, un ami afro-américain d’Amérique du Nord.

Merci pour l’invitation à la Petite école. Vos maîtres vous dispenseront une vision du monde de lutte et de révolution.

Mes amis, l’histoire de l’Afroamérique est aussi votre histoire. Aux sombres jours de la captivité, le Mexique fut une maison de liberté pour les Africains et les indigènes échappés des États-Unis, maison de l’esclavage.

Fils et filles d’Emiliano Zapata, lisez, étudiez et apprenez le monde dont vous hériterez.

Mes amis, des prisonniers du capitalisme, je suis Mumia Abu-Jamal

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Action antifasciste en Espagne

Texte original ici.

Communiqué publié le 31 juillet sur le site de la revue de la coordination antifasciste de Madrid ¡No Pasarán!

[Espagne] Action antifasciste: « Nettoie Vicálvaro des symboles fascistes »

La nuit dernière, Acción Kombativa Vicálvaro (AK-32) a mené à bien une action de décrochage de plaques de l’Institut National du Logement, ornées du symbole phalangiste du joug et les flèches.

Nous, Ak-32, considérons que ce type d’éléments sont un patrimoine, mais pas historique ou culturel, mais patrimoine de la barbarie fasciste qui pendant 40 ans a teinté de sang et opprimé les peuples de tout l’état.

Nous ne tolérerons pas à Vicálvaro des symboles qui rappellent et rendent hommage aux bourreaux.

Assez de symboles fascistes dans nos quartiers et villages!

 

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VOTÁN IV.

Texte original ici.

Traduction de la quatrième partie de « Votán », communiqué de l’EZLN publié le 4 août.

 

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Sur un mur d’Oventic, Chiapas, janvier 2006 -photo @LeSerpentàPlumes

 

VOTÁN IV.

J -7

Où se dévoile quelque chose de ce que chez les autres le cœur zapatiste admire, on prévient qu’il y a des dispenséEs et on donnent des conseils oisifs que personne ne devra suivre.

 

Août 2013.

Bien, il ne manque plus grand chose. Je me réfère aux jours qui restent avant que ne commence la petite école, pas à ce qu’on veut ou qu’on a à dire.

Si vous cherchez une quelconque école qui vous attribue un maître, une maîtresse, à chaque élève individuellement, 24h/24, qui soit gratuite et laïque, et qui vous fournisse la nourriture et l’hébergement durant l’apprentissage-enseignement, ben nous vous souhaitons bonne chance.

Comme vous le savez, la scolarité de celles et ceux qui la suivent va de la maternelle jusqu’au doctorat à l’étranger (et par « étranger » nous ne faisons pas référence à d’autres pays différents du nôtre, mais au fait d’être différent, étrange et donc beaucoup d’institutions éducatives de nôtre pays sont étrangères). Et les calendriers s’agrandissent depuis les mois de vie jusqu’au-dessus de 90 ans. Tous et toutes seront accueiliEs dans le cœur collectif que nous sommes, sans qu’importe que vous veniez dans la communauté, ou que vous soyez au CIDECI, ou dans une autre géographie grâce à la vidéoconférence, ou que vous receviez le matériel de soutien, ou que vous soyez dans l’attente de votre tour.

Peut-être êtes-vous parvenu à vous rendre compte de l’effort d’organisation que ce truc de la petite école représente pour les peuples zapatistes.

Mais vous ne vous demandez pas pourquoi et comment un groupe de communautés indigènes a décidé d’héberger, de nourrir, de cohabiter et de partager ses connaissances avec un groupe d’étrangers, de différents, d’autres. Ou comment se fait-il que l’objet d’aumône, de pitié, de peine et ces autres mots derrières lesquels se cache le racisme, la discrimination et le mépris, c’est à dire, les indigènes zapatistes, ont l’audace de déclarer qu’ils ont quelque chose à enseigner et que pour ça ils construisent, comme avant un bateau absurde en pleine jungle, une petite école si grande qu’elle embarque le monde entier.

Ou peut-être que si, mais demandez-vous aussi comment il est possible que des personnes des 5 continents, des nationalités les plus variées (ce truc bon marché des drapeaux, des frontières et des passeports), avec de grandes ou petites connaissances, décident que oui, ils ont quelque chose à apprendre de personnes qui sont cataloguées dans les grands livres et dans les discours gouvernementaux comme « ignorants », « attardés », « marginalisés », « pauvres », « analphabètes », et les etc que vous pouvez trouver dans les « études » de l’INEGI (Institut National de Statistique, Géographie et Informatique, ndt), dans les manuels d’anthropologie, et dans les mots et les gestes de dégoût de ceux qui disent gouverner le monde.

Pourquoi des gens de renom ou sans noms, prennent de leur temps et l’utilisent pour écouter, et dans la majorité des cas voyager aussi, pour apprendre des peuples zapatistes ?

Parce que pour ce qu’il en est de nous, hommes et femmes zapatistes, ne nous émerveille pas notre continue et persistant haut et bas dans la lutte pour la vie, c’est à dire pour la liberté. Ce qui nous surprend vraiment c’est qu’existent des personnes comme vous qui, pouvant choisir des destins plus enviables, confortables et réconfortants, décident de poser leur cœur dans les montagnes rebelles du sud-est mexicain pour de cette manière, avec nous, illuminer d’un éclair, un mois d’août dans le plus reculé recoin, dans le plus petit.

Pourquoi ? Serait-ce que peut-être vous avez l’intuition, vous comprenez, vous savez, que la lumière ne vient pas d’en-haut, mais qu’elle naît et grandit d’en-bas ? Qu’elle n’est pas le produit d’un leader, d’un chef, d’un caudillo, d’un savant, mais des gens du commun ? Serait-ce que dans vos additions le grand commence petit et que ce qui secoue le monde de temps à autre, commence avec à peine un murmure, tranquille, bas, presque imperceptible ? Ou peut-être imaginez-vous ce qu’est le vacarme d’un monde qui s’écroule. Peut-être savez-vous que les mondes nouveaux naissent des plus petits.

Finalement, que ce qui doit véritablement surprendre, c’est vous ici et avec nous, de ce côté-ci, quoi. Et je crois qu’ils est clair que je ne parle pas ni de calendrier ni de géographie.

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Les dispenséEs

Nous, hommes et femmes zapatistes, avons eu la chance de pouvoir compter sur l’écoute, les paroles et les mains complices d’hommes et de femmes que nous regardons jusqu’en-haut pour leur grandeur morale. CertainEs d’entre-elles, d’entre-eux, n’ont rien dit directement à notre propos, ni contre, ni en faveur. Mais leurs mots sur la manière dont tourne le monde, le font.

Et il y a des personnes qui pourraient bien être de l’autre côté, avec ceux d’en-haut, ou avec ceux qui de différents endroits, voient en nous des concurrents, un obstacle, une gêne, un ennemi, un animal impossible à dresser et à domestiquer. Là-bas, depuis de tels endroits, ils pourraient obtenir des honneurs, des hommages et des salutations. Pour les obtenir, il suffit qu’ils prennent leurs distances d’avec nos pas ou d’adjoindre leur silence à celui, complice, des autres.

Certaines de ces personnes ont accepté l’invitation à la petite école par générosité. Sur le détour de du chemin de leur digne marche, ils ont toujours maintenu des ponts vers le passage le plus étroit, vers le plus oublié, le nôtre.

Y en a-t-il eu d’autres pour nous soutenir avant ? Oui, beaucoup d’hommes et de femmes, qui après, sur la crête de la nouvelle vague à la mode, nous ont demandé soumission et asservissement à la nouvelle tenue que portaient nos oppresseurs de toujours, mais aujourd’hui « de gauche ». Ils ont exigé de nous que, abattus, nous remerciions leur soutien en nous taisant face aux injustices de toujours, ornées de paroles mensongères. Tel celui qui ordonne, ils ont exigé de nous obéissance. Comme à celui qui ordonne, nous leur avons répondu avec rébellion.

Mais ces autres personnes compas, hommes et femmes de divers calendriers et géographies, jamais n’ont exigé ni soumission ni abandon. Et bien que leur regard fut et soit, bien souvent, critique avec notre démarche, il a toujours été et est complice. Elles et eux, sont la preuve que soutien n’est pas subordination (quelque chose que la gauche mondiale n’a toujours pas compris).

Elles et eux, nous les invitons, oui. Mais pas en tant qu’élèves. Dans notre raisonnement, ils/elles comprennent bien ce qu’est la liberté selon nous, hommes et femmes zapatistes. Nous les invitons pour qu’ils participent de cette joie de voir que notre démarche, bien que posée et déconcertante, continue et avance vers une seule destination, qui est également la leur.

Je vais écrire un certain nombre de noms. Ils n’y seront pas toutes et tous. Mais en les nommant, elles et eux, nous nommons celles et ceux qui devraient apparaître à nos côtés et, aussi, celles et ceux qui ne seront pas là parce qu’ils ont croisé la mort sur leur chemin. Mais ils sont dans notre mémoire, qui est la meilleure arme et le meilleur bouclier que nous ayons. Nous manqueront, par exemple : l’infatigable activité de la compañera et sœur Chapis ; la fermeté de la compa Rosa du Querétaro ; le regard-pont de Beverly Brancroft ; le rire joyeux de Helena, la lutte obstinée de Martha de Los Ríos ; la parole limpide de Tomás Segovia ; l’écoute savante de José Saramago ; les sentiments fraternels de Mario Benedetti ; l’ingéniosité de Manuel Vázquez Montalbán, la sérénité conséquente de Adolfo Sánchez Vázquez ; la profonde connaissance de Carlos Montemayor ; l’accolade fraternelle de Andrés Aubry et Angélica Inda, entre beaucoup d’autres.

Elles et eux, et quelques autres, bien qu’apparaissant sur la liste des invitéEs comme élèves, ne le sont pas. Ils sont, pour utiliser le jargon scolaire, dispenséEs.

Ce serait bon de les accueillir et de leur donner l’accolade, ici ou dans la géographie depuis laquelle, avec générosité, ils nous observent et nous écoutent. Qu’ils viennent ou qu’ils ne viennent pas, ils seront avec nous, tel qu’ils sont : nos compañeras et compañeros.

Je ne mets maintenant que quelques noms. Il y en a plus. A elles toutes et à eux tous nous feront parvenir, avec nos baisers, notre admiration et respect réitérés, la lettre de dispense qui n’est qu’un faux académique pour leur faire connaître notre gratitude. Voici donc quelques-unEs de celles et ceux qui sont dispenséEs, avec honneur, du cours « La Liberté selon les hommes et les femmes zapatistes » :

.- Nos grands-mères et mères bien-aimées, les Doñas du Chihuahua et du Sinaloa, du Mexique d’en-bas et à gauche.
.- Nos grands-mères et mères de la Place de Mai, dans la digne Argentine.
.- María Luisa Tomasini, notre grand-mère au Chiapas.
.- Pablo González Casanova.
.- Luis Villoro.
.- Adolfo Gilly.
.- Paulina Fernández C.
.- Óscar Chávez.
.- John Berger.
.- Carlos Aguirre Rojas.
.- Antonio Ramírez Chávez.
.- Domi.
.- Vicente Rojo.
.- Immanuell Wallerstain.
.- Gilberto López y Rivas.
.- Noam Chomsky.
.- María Luisa Capella.
.- Ernesto Cardenal.
.- Neus Espresate Xirau.
.- Marcos Roitman.
.- Arturo Anguiano.
.- Gustavo Esteva Figueroa.
.- Jorge Alonso Sánchez.
.- Hugo Blanco Galdós.
.- Miquel Amorós.
.- Neil Harvey.
.- John Holloway.
.- Malú Huacuja del Toro.
.- Armando Bartra.
.- Michael Hardt.
.- Greg Ruggiero.
.- Raúl Zibechi.
.- Eduardo Galeano.
.- Daniel Viglietti.
.- León Gieco.
.- Sylvia Marcos.
.- Jean Robert.
.- Juan Villoro.
.- Mercedes Olivera.
.- Bárbara Jacobs.
.- Le plus grand insurgé honoraire Félix Serdán.
.- María Jesús de la Fuente Viuda de O’Higgins.
.- Inés Segovia Camelo.
.- Obispo Raúl Vera.
.- Bárbara Zamora.
.- El Mastuerzo.
.- Rocko Pachukote.
.- Francisco Segovia.
.- Zach de la Rocha.
.- Centre des Droits de l’Homme Fray Bartolomé de Las Casas.
.- Juan Carlos Mijangos Noh.
.- Syndicat Mexicain des Électriciens (SME), Mexique.
.- Ignacio Del Valle.
.- Confederation Générale des Travailleurs, État Espagnol.
.- Víctor Flores Olea.
.- Magdalena Gómez.
.- Brigade Ambulante “Elisa Martínez”.
.- la bande twittos.
.- la bande des médias alternatifs.

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Conseils oisifs (parce que je sais bien que vous n’allez pas m’écouter).

Au sujet des échecs et des cauchemars.

Si, par exemple, votre petite école à vous, se trouve dans la zone du Caracol de la Realidad. Après une journée harassante, avec des ampoules aux mains et aux pieds, mais avec cette douleur joyeuse que seul donne l’apprentissage, vous vous asseyez à l’extérieur de la cassine. Vous sortez une cigarette et l’allumez tout en regardant comment la lumière du soir cède la place aux ombres de la nuit. Vous voyez ce qui vous entoure comme si tout bougeait au ralenti. Il y a comme un silence du quotidien, qui vous permet d’apprécier l’obstiné crépitement des grillons, les petites lumières joueuses des lucioles, les bzzz des moustiques. Alors vous vous décidez et sortez votre jeux d’échec portable. Vous mettez en place les pièces, quand s’approche un petit garçon ou une petite fille (vous calculez : entre 8 et 10 ans) qui se colle à vous en s’accroupissant. Le gamin-gamine regarde avec curiosité ce que vous faites et vous demande, avec une innocence sans le moindre soupçon : « Qu’est-ce que c’est ? » Vous vous sentez alors flatté de pouvoir enseigner quelque chose, surtout que depuis votre arrivée vous n’avez pas cessé de vous faire corriger par votre Votán et par la famille avec laquelle vous vivez maintenant. Vous tirez donc une taffe sur la cigarette et dites : « Ah, c’est un jeux, ça s’appelle les échecs ». Et arrive maintenant le moment décisif. Vous avez la tentation de dire ce que vous ne devez pas dire. Vous pensez, qu’après tout, ce n’est qu’unE gamin-gamine et que ce sera amusant de lui apprendre ce mystérieux jeux d’intelligence, de tactique et de stratégie. Vous prononcez alors les paroles maudites  : « Tu veux que je t’apprenne à y jouer ? » Et voilà. Votre chance s’en est allée. Le gamin, la gamine dira, en toute innocence, « D’accord, voyons si j’y arrive. » Ensuite: le cauchemar. Une fois passées les premières explications « ça, ça s’appelle un pion », « ça un fou », « ça un cavalier » et donc, le gamin ou la gamine, s’assoira face à vous et hop. Vous passerez toute la soirée et une partie de la nuit à vous entendre dire « échec et mat », encore et encore. Et plus tard, un peu avant que le sommeil rêvé prenne la place du sommeil réel, vous murmurerez : « Maudit Sup, j’aurais dû l’écouter ». Et moi, à la fois proche et lointain, j’allumerai ma pipe, piocherai une nouvelle fois dans mon sac de biscuits en forme de petits animaux et je penserai : « je déteste dire que je vous l’avais bien dit, mais je vous l’avez bien dit ». J’ai entendu médire dans des dizaines de langues différentes, quand les « maîtres » des échecs se font écraser par les enfants de la zone de la Realidad. Après tout, ce n’est pas pour rien qu’on appelle ce lieu la Realidad (Realité, ndt), non ?

Au sujet du football.

Si, par exemple, vous êtes dans la zone du Caracol de La Garrucha. Même situation qu’antérieurement. C’est maintenant un gamin qui vient avec un ballon en en jouant avec les mains. Il vous dit-demande-défie maintenant d’un « Et de là où tu viens on sait jouer au football ? ». Vous sentez alors que dans vos veines se rassemblent Pelé et Garrincha, Maradona et Cruyff, Ronaldo et Messi (pas à une soirée table dance, on se comprend), Puskas et Di Stéfano (je suis remontée bien loin dans le calendrier?), ou ceux qui correspondent à votre géographie et à votre calendrier. Moi, je vous conseille de simplement sourire et de parler du temps ou de n’importe quoi d’autre, mais… vous commencez à voir rouge et, bon, vous avez toujours pensé que le chauvinisme sportif a toujours été bien toléré même chez la gauche la plus radicale, et donc, sans tenir compte de mes conseils, vous remettez vos bottes-bottines-tennis-sandales-orteils et vous mettez debout avec un « Si on sait jouer au foot là d’où je viens ? Tu vas bien voir. Allons-y ». Et dans la nuit, lorsque vous serez dans la langueur d’un bon repos, vous referez le match et vous direz que c’est la faute du gardien, de la défense, des milieux, des avants, de l’arbitre, du terrain en pente, de la boue et de la merde du bétail, qu’après tout la raclée reçue n’est pas si terrible que ça, qu’il y aura la revanche un de ces jours. Mais, dans un dernier bâillement, vous murmurerez : « Maudit Sup, j’aurais dû l’écouter ». Et moi, à la fois proche et lointain, j’allumerai ma pipe et je m’appuierai en pensant : « je déteste dire que je vous l’avez bien dit, mais je vous l’avez bien dit ». J’ai vu des équipes multinationales d’authentiques « cracks » du ballon-pieds sombrer sur les « terrain de foot » du Caracol de la Garrucha. Dans cette zone, même les vaches savent tout de la magie de faire rouler un ballon.

Le Pozol Aigre. (le pozol est une sorte de soupe à base de maïs concassé, ndt)

Quelque soit la zone des 5 Caracoles où vous serez. Vous entendez « C’est la fête ! ». Vous vous levez, bien que tout votre corps vous fasse souffrir comme si vous aviez passé la journée à essayer de monter dans les transports publics, à l’heure de pointe dans votre géographie. Vous vous approcherez d’où provient le raffut. Et vous entendrez crier avec jubilation : « Pozol aigre ! ». Écoutez-moi : faites demi-tour et retourner à la cassine qu’on vous a attribuée. Si on vous en offre, excusez-vous d’un « merci, mais j’ai le ventre plein » et frottez-vous la panse avec une satisfaction affectée. Mais, double contre-sens, peut-être vous direz-vous « Bon, je suis venu partager, alors je dois aussi partager la joie que semble provoquer ce qu’ils appellent pozol aigre », et vous allez demander qu’on vous serve un verre-une tasse. Lorsque vous passerez la nuit entière assis sur les toilettes, vous aurez besoin d’allumer une cigarette, même si vous ne fumez pas, et à la lumière fugace du briquet, vous penserez : « Maudit Sup, j’aurais dû l’écouter ». Et moi, pas si près et bien loin, j’allumerai ma pipe et, tout en murmurant « je déteste dire que je vous l’avez bien dit, mais je vous l’avez bien dit », j’irai encore un peu plus loin, parce que, croyez-moi, il n’y a aucun tabac pour couvrir cette odeur.

La nourriture.

Si vous pensez que quelque chose peut vous faire du mal, ou si vous savez que vous le sentez mal, ou que c’est pas du goût de votre estomac, ne le mangez pas. Ne vous sentez pas obligéE de manger ce que vous ne pouvez pas manger. On ne vous regardera pas de travers, vous ne serez pas expulsé de la petite école, on ne vous critiquera pas, ni rien de tout ça. Par contre on vous donnera des médicaments pour le ventre et on vous demandera ce que vous pouvez manger qui ne vous fasse pas vous sentir mal. Parce que nous savons bien nous autres, que de l’aliment, ce qui réjouie et nourrit se trouve dans les mots qui l’assaisonne. Et bien sûr, vous pouvez amener ce que vous aimez manger, tout le temps et quand vous le partager.

Je ne parle pas de donner à chacun un morceau, mais de partager la façon de le préparer, la façon de le manger, et son histoire. Et non, partager ses maux d’estomac ne fait pas partie de la vie communautaire.

La Récréation.

Bien sûr, vous pouvez emmener un ballon, une guitare, une pièce de théâtre, un film, une histoire à raconter. Mais souvenez vous : tout doit être collectif. Non, pas le collectif duquel ou avec lequel (colectivo/collectif, nom donné aux camionnettes qui relient les villages et communautés isolées, ndt) vous êtes venus, mais votre collectif d’ici : votre famille et votre Votán. Si vous entendez quelqu’un dire « quel joie cette tonne », ne pensez pas qu’il s’agisse du poids du tiers de bois ou du bidon d’eau. Ce n’est qu’une de ces étranges traductions qui abondent ici : par « tonne » il faut comprendre « vent ». De rien.

Les slogans.

« Abandonnez tout espoir de rime », devrait-on lire à l’entrée des communautés zapatistes. Si quelqu’un près de vous répète un « slogan » pour la fête de bienvenue ou de fin des cours, et que vous l’entendez dire « non de non, si mais si, nous sommes super nombreux et nous allons gagner ». Qu’il ne vous vienne pas à l’idée de dire que ça ne va pas ou que ça ne rime pas, parce que vous serez alors criblé de « Pourquoi ? Par hasard on est pas super nombreux ? Peut-être qu’on ne va pas gagner ? » Et finalement un « Mais tu m’as compris, non ? ».

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Allez. Et n’oubliez pas d’empaqueter trois choses basiques : un truc pour le froid, un truc pour la pluie et un truc dans lequel amasser les souvenirs.

Depuis les montagnes du Sud-est Mexicain.

SupMarcos.

Mexique, Août 2013.

 

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De Alí Primera, le classique “No basta rezar” (Il ne suffit pas de prier, ndt) par la voix d’un zapatiste lors du dernier Festival de la Rage Digne, au Chiapas, Mexique.

ici.

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Groupe musical de compas zapatistes de Los Altos du Chiapas.

ici.

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Chanson dansante régionale interprétée par des petites filles zapatistes au Chiapas, durant le Festival de la Rage Digne.

ici.