Archive for novembre 2013

Don Durito de La Lacandona et le chat-chien

Source.

Traduction du communiqué de l’EZLN paru dimanche 17 novembre sur le site Enlace Zapatista.

 

gatoezlnMimile en soutien aux zapatistes.

REMBOBINER 3.

Où on explique le pourquoi de cet étrange titre et ceux qui suivront, qui narre l’exceptionnelle rencontre entre un scarabée et un être déconcertant (je veux dire, encore plus déconcertant qu’un scarabée), et les réflexions non-conjoncturelles et sans importance qu’on y trouve ; ainsi que la forme par laquelle, profitant d’un anniversaire, le Sup tente d’expliquer, sans y parvenir, la manière dont les zapatistes voient leur propre histoire.

 

Novembre 2013.

A qui de droit :

 

AVERTISSEMENT.- Comme annoncé dans le texte auto-intitulé « Mauvaises et pas si mauvaises nouvelles », les textes qui précèdent le susdit n’ont pas été publiés. Donc, ce qu’on va faire c’est « rembobiner » (ou, comme on dit, faire un « retour en arrière » du film) pour arriver à ce qui supposément devait apparaître le jour des morts. Ceci étant fait, vous pourrez remettre lecture dans l’ordre inverse de l’ordre inverse où les choses apparaissent et alors vous n’aurez qu’à… mmh… oubliez ça, je me suis embrouillé moi-même. Le truc c’est de comprendre l’idée de, comme on dit, « rétrospective », c’est à dire que quelqu’un va dans ce sens mais y retourne pour voir comment il a fait pour aller par là. C’est clair ? Non ?

AVERTISSEMENT DE L’AVERTISSEMENT.- Les textes qui suivent ci-dessous ne se réfèrent nullement aux situations actuelles, conjoncturelles, transcendantes, importantes, etc., n’ont pas non plus d’implications ou de références politiques, ni rien de tout ça. Ce sont « d’innocents » textes, comme sont « innocents » tous les écrits de celui qui s’appelle lui-même « le sous-commandant d’acier inoxydable » (c’est à dire moi-même). Toute ressemblance ou similitude avec des faits ou personnes de la vie réelle n’est que simple schizophrénie… oui, comme la situation internationale et nationale où l’on peut voir que… ok, ok, ok, rien de politique.

AVERTISSEMENT AU CUBE.- Dans le très improbable cas où vous vous sentiriez visé par ce qui suit, vous seriez catégoriquement dans l’erreur… ou vous seriez un fan honteux des théories de la conspiration ad hoc (que l’ont peut traduire par « à chaque faille correspond une théorie conspirationniste pour tout expliquer et recommencer les mêmes erreurs ».

Allez :

-*-

P.S. La première rencontre de Durito avec le chat-chien.-

Durito était sérieux. Mais pas avec la fausse imposture d’un fonctionnaire quelconque d’un gouvernement quelconque. Il était sérieux comme lorsqu’une grande peine nous cingle le visage et qu’il n’y a rien à faire, qui ne soit maudire… ou dire un conte.

Don Durito de La Lacandona allumait sa pipe, chevalier errant et erroné, réconfort des affligés, joie des enfants, aspiration impossible des femmes et des autres, inatteignable reflet pour les mâles, insomnie des tyrans et tyranneaux, thèse inconfortable pour ignorants pédants.

Contemplant avec ravissement la lumière de nos veillées, narrant presque dans un chuchotement, pour que moi je le retranscrive :

L’HISTOIRE DU CHAT-CHIEN

(De la manière dont Durito a connu le chat-chien et de ce qu’ils dirent ce matin-là sur les fanatismes).

A première vue, le chat-chien ressemble à un chien… enfin, plutôt à un chat… ou un chien… jusqu’à ce qu’il miaule… ou un chat… jusqu’à ce qu’il aboie.

Le chat-chien est une inconnue pour les biologistes terrestre et marin (dans quel tableau de classification des êtres vivants placer ce cas?), un cas insoluble pour la psychologie (une chirurgie neuronale ne révèle pas de centre cérébral définissant la caninité ou la félinité), un mystère pour l’anthropologie (des us et coutumes en même temps semblables et antithétiques?), un désespoir pour la jurisprudence (quels droits et devoirs émanent de l’être et du non être?), le saint Graal de l’ingénierie génétique (impossible de privatiser ce fuyant ADN). En résumé : le chaînon manquant qui mettrait à bas tout le darwinisme de laboratoire, de chaire, de symposium, de la réitérée mode scientifique.

Mais permettez-moi de vous raconter ce qui s’est passé :

Comme il se doit, c’était le matin. Une lueur suffit à définir l’ombre. Tranquille, je marche seul, du pas de la mémoire. J’entends alors clairement quelqu’un dire :

« Un fanatique est quelqu‘un qui, plein de honte, occulte un doute ».

Non sans lui donner raison en moi-même, je m’approche et le vois. Sans plus de cérémonie, je lui demande :

Ah, ainsi donc vous êtes… un chien.

– Miaou – me répond-il.

– … Ou plutôt un chat – dis-je en doutant.

Ouaf – réplique-t-il.

Bon, un chat-chien – dis-je et me dis-je.

C’est ça – dit-il… ou je crois qu’il a dit.

Et la vie, ça va ? – je demande (et moi je retranscrivais sans douter, prêt à ne me laisser surprendre par rien, puisque c’était un scarabée qui me dictait cette singulière histoire).

Elle vaut parfois la peine – il répond dans une espèce de ronronnement -. Parfois elle est comme chien et chat – grogne-t-il.

C’est un problème d’identité ? – dis-je en allumant la pipe et en sortant mon smartphone-tablette multitactile pour écrire (en réalité il s’agit d’un cahier, de ceux à spirales, mais Durito veut se la jouer moderne – note du scribe -).

Nan, personne ne choisi qui est chien, si quelqu’un peut l’être – aboie dédaigneusement le chat-chien -. Et la vie n’est rien d’autre que ce compliqué passage, accompli ou inachevé, d’une chose à une autre – ajoute-t-il dans un miaulement.

Et donc, chat ou chien ? – je demande.

Chat-chien – dit-il sur le ton de l’évidence.

Et qu’est-ce qui t’amène sur ces terres ?

– Une elle, qui va être.

– Ah.

– Je vais la chanter, parce que certains chats savent.

– Hum… avant votre sérénade, dont je ne doute pas qu’elle soit un chant éminent à la femme qui vous préoccupe, pourriez-vous m’éclairer sur ce que vous avez dit en introduction à votre contribution à ce conte ?

– Sur le fanatisme ?

– Oui, c’était quelque chose comme il y en a qui cachent les doutes de leur foi derrière le culte de l’irrationnel.

– C’est ça.

– Mais, comment éviter de s’installer dans l’une des pièces ténébreuses de cette fuyante maison de miroirs qu’est le fanatisme ?

– Facile – dit, laconique le chat-chien – en n’entrant pas.

Construire de nombreuses maisons, chacun la sienne. Abandonner la peur de la différence.

Parce qu’il y a quelque chose d’égal ou de pire qu’un fanatique religieux, et c’est un fanatique anti-religieux, le fanatisme laïque. Et je dis qu’il peut être pire car ce dernier se sert de la raison comme d’un alibi.

Et, ses équivalents : l’homophobe et le machiste, la phobie de l’hétérosexuel et du féminisme. Et à vous d’ajouter le grand etc. de l’histoire de l’humanité.

Les fanatiques de la race, de la couleur, du credo, du genre, de la politique, du sport, etc, sont, en fin de compte, fanatiques d’eux-mêmes. Et tous partagent la même peur de la différence. Et ils cataloguent le monde entier dans la cage fermée des options exclusives : « Si tu n’es pas ainsi, alors tu es le contraire ».

– Vous voulez dire, mon cher, que ceux qui critiquent les fanatiques de sport sont pareil ? – interrompit Durito.

C’est pareil. Prenez, par exemple, la politique et le sport, tous deux professionnels : les fanatiques des deux pensent que la professionnalisation est ce qui compte ; tous sont de simples spectateurs qui applaudissent ou huent les adversaires, fêtant des victoires qui ne sont pas les leurs et pleurent sur des défaites qui ne leur appartiennent pas ; tous accusent les joueurs, l’arbitre, le terrain, l’inverse ; tous espèrent que « la prochaine sera la bonne » ; tous pensent qu’en changeant l’entraîneur, la stratégie ou la tactique alors tout sera résolu ; tous persécutent les supporteurs adverses ; dans les deux cas ils ignorent que le problème réside dans le système.

– Vous parlez de football ? – demande Durito tout en sortant un ballon dédicacé par lui-même.

Pas seulement de football. En tout, le problème est de celui qui donne les ordre, qui dicte les règles.

Dans les deux cas on méprise ce qui n’est pas professionnel : le foot des champs ou des rues, la politique qui ne converge pas en conjonctures électorales. « Si on ne gagne pas d’argent, à quoi bon ? », se demandent-ils.

– Ah, vous parlez de politique.

– Même pas. Encore que, par exemple, chaque jour qui passe rend plus évident que ce qu’ils appellent « l’État National Moderne » est un tas de ruines mis au clous, et que les classes politiques respectives s’appliquent à reconstruire, encore et encore, le sommet d’un château de cartes effondré, sans se rendre compte que les cartes de la base sont complètement pliées et usées, incapables de se maintenir debout, sans parler de soutenir quoi que ce soit.

– Mmh… ce serait difficile de dire ça en un tweet – dit Durito en comptant pour voir si ça tiendrait en 140 caractères.

La classe politique moderne se dispute pour savoir qui sera le pilote d’un avion qui s’est écrasé il y a longtemps sur la réalité néolibéral – juge le chat-chien et Durito remercie avec acquiescement.

Alors que faire ? – demande Durito tout en rangeant avec pudeur son fanion des Jaguars du Chiapas.

Éluder le piège qui prétend que la liberté c’est pouvoir choisir entre deux options imposées.

Toutes les options catégoriques sont un piège. Il n’y a pas seulement deux voies, de la même façon qu’il n’y a pas deux couleurs, deux sexes, deux croyances. Ni ici, ni ailleurs. Plutôt tracer un nouveau chemin qui va là où quelqu’un veut aller

– Conclusion ? – demande Durito.

Ni chien, ni chat. Chat-chien, pour ne pas vous servir.

Et que personne ne juge ni ne condamne ce qu’il ne comprend pas, parce que la différence est une preuve que tout n’est pas perdu, qu’il y a toujours beaucoup à regarder et à écouter, qu’il y a d’autres mondes qui restent à découvrir…

Le chat-chien est parti lui qui, comme son nom l’indique, a les désavantages du chien et ceux du chat… et sans en avoir les avantages, pour autant qu’ils en aient.

Le soleil se levait quand j’entendis un mélange de miaulement et d’aboiement sublime. C’était le chat-chien qui chantait, désaccordé, au clair de nos plus beaux rêves.

Et un certain matin, peut-être encore lointain dans le calendrier et dans une géographie incertaine, elle, la lumière qui fait se lever le jour et le voile, découvrira qu’il y eut des traits cachés et pour elle réels, qui peut-être alors seulement vous seront révélés, ou les reconnaissez-vous maintenant entre ces mots, et vous saurez à ce moment que peu importe quels chemins mes pas auront foulés : parce qu’elle était, est et sera, toujours, la seule destination qui vaille la peine.

Ta-da.

P.S.- Là où le Sup essaye d’expliquer, en mode multimédia postmoderne, la façon dont les hommes et les femmes zapatistes voient et se voient dans leur propre histoire.

Bien, pour commencer il faut expliquer que pour nous, notre histoire n’est pas uniquement ce que nous avons été, ce qui nous est arrivé, ce que nous avons fait. C’est aussi, et surtout, ce que nous voulons être et faire.

Maintenant bon, dans cette débauche de moyens audiovisuels qui vont du ciné 4D et des télévisions LED 4K, jusqu’aux écrans polychromes et multitactiles des cellulaires (qui montrent la réalité en couleurs qui, excusez la digression, n’ont rien à voir avec la réalité), nous pouvons situer, sur un improbable « fil du temps », notre façon de voir notre histoire avec… le kinétoscope.

Oui, je sais que je suis remonté un peu loin, aux origines du cinéma, mais avec l’internet et les multiples wikis qui abondent et débordent, vous n’aurez pas de problèmes pour savoir de quoi je parle.

Parfois, on pourra avoir l’impression de se rapprocher des formats 8 et super 8, et même comme ça le format de 16 millimètres demeurera lointain.

Je veux dire, notre façon d’expliquer notre histoire ressemble à une image d’un mouvement continu et répétitif, avec certaines variations qui donnent cette sensation de mobilité immobile. Toujours attaqués et persécutés, toujours résistant ; toujours anéantis, réapparaissant toujours. Peut-être est-ce pour ça que les dénonciations des bases de soutien zapatistes, faites par leurs Conseils de bon gouvernement, sont si peu lues. C’est comme si quelqu’un avait lu ça avant et que seuls avaient changé les noms et les géographies.

Mais ici aussi nous nous montrons. Par exemple, là :

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2013/11/13/la-jbg-corazon-del-arco-iris-de-la-esperanza-caracol-iv-torbellino-de-nuestras-palabras-denuncia-hostigamiento-y-agresiones/

Et oui, c’est un peu comme si dans ces images en mouvement d’Edison, de 1894, sur son kinétoscope (« Annie Oackley »), nous ayons été la pièce lancé en l’air, pendant que la demoiselle civilisation nous canarde encore et encore (oui, le gouvernement serait l’employé servile qui lance la pièce). Ou comme si dans « L’arrivée du train » des frères Lumière, de 1895, nous ayons été ceux qui restent à quai alors que le train du progrès arrive et s’en va. A la fin de ce texte vous trouverez quelques vidéos qui vous aideront à comprendre ça.

Mais voilà que le collectif que nous sommes prend et fait chaque photogramme, le dessine et le peint en regardant la réalité de ce que nous avons été et de ce que nous sommes, bien souvent avec les noirs des persécutions et des prisons, avec les gris du mépris, et avec le rouge de la spoliation et de l’exploitation. Mais aussi avec la couleur marron et le vert qui sont de la terre dont nous sommes.

Quand quelqu’un d’extérieur s’arrête pour regarder notre « film », la plus part du temps il dit : « quelle tireuse habile ! » Ou « quel audacieux employé qui lance la pièce en l’air sans craindre d’être blessé ! », mais personne ne dit rien sur la pièce.

Ou, devant le train des Lumières, ils disent : « mais quels idiots, pourquoi restent-ils sur le quai et ne montent-ils pas dans le train ? ». Ou « voilà une preuve supplémentaire que les indigènes sont ce qu’ils sont parce qu’ils ne veulent pas progresser ». Quelques plus aventureux «Vous avez vu quels vêtements ridicules ils portaient à cette époque ? ». Mais si quelqu’un nous demandait pourquoi nous ne montons pas à bord de ce train, nous dirions « parce que les stations suivantes sont « décadence », « guerre », « destruction », et la destination finale est « catastrophe ». La bonne question n’est pas pourquoi nous ne montons pas, nous, mais pourquoi vous, vous ne descendez pas ».

Ceux qui sont venus pour être avec nous, pour nous regarder nous regardant, pour nous écouter, pour nous connaître à la Petite école, découvrent que, sur chaque photogramme, nous, hommes et femmes zapatistes, nous avons ajouté une image qui n’est pas visible au premier coup d’œil. Comme si le mouvement apparent des images occultait la particularité que chaque photogramme renferme. Ce qui ne se voit pas dans le transvasement quotidien c’est l’histoire que nous serons. Et il n’y a aucun smartphone qui puisse capturer ces images. On ne peut les apprécier qu’avec un cœur très grand.

Bien sûr il y a toujours quelqu’un qui vient et nous dit qu’il y a des tablettes et des cellulaires avec des objectifs devant ou derrière, avec des couleurs plus vivantes que celles de la réalité, que maintenant il y a les appareils photo et les imprimantes en trois dimensions, le plasma, le cd et le led, la démocratie représentative, les élections, les partis politiques, la modernité, le progrès, la civilisation.

Que nous devons abandonner le collectivisme (qui en plus rime avec primitivisme) : que nous abandonnions cette obsession de veiller sur la nature, le discours de la terre-mère, l’autogestion, l’autonomie, la rébellion, la liberté.

Ils nous disent tout ça en faisant paraître maladroitement que c’est dans leur modernité que se commettent les crimes les plus atroces ; où les enfants sont brûlés vifs et les pyromanes sont députés et sénateurs ; où l’ignorance fait semblant de régir les destinés d’une nation ; où sont détruites les sources du travail ; où les professeurs sont persécutés et calomniés ; où un grand mensonge est occulté par un autre plus grand encore ; où est récompensé et vanté l’inhumain et où n’importe quelle valeur éthique ou morale est le symptôme d’un « retard culturel ».

Pour les grands médias payants, eux sont les modernes, nous les archaïques. Eux sont les civilisés, nous les barbares. Eux sont ceux qui travaillent, nous les fainéants. Eux sont les « gens biens », nous les parias. Eux les savants, nous les ignorants. Eux sont propres, nous sommes sales. Eux sont les mignons, nous les affreux. Eux sont les bons, nous sommes les méchants.

Et ils oublient, elles et eux, le plus important : ceci est notre histoire, notre manière de la voir et de nous voir, notre manière de nous penser, de tracer, nous, notre chemin. Elle est à nous, avec nos erreurs, nos chutes, nos couleurs, nos vies, nos morts. Elle est notre liberté.

Notre histoire est ainsi.

Car quand hommes et femmes zapatistes, nous dessinons une clé en-bas et à gauche de chaque photogramme de notre film, nous ne pensons pas à la porte elle peut ouvrir, mais plutôt quelle maison et quelle porte il faut dessiner pour que cette clé ait un motif et un destin. Et si la bande-son de ce film a un rythme de polka-balade-corrido-ranchera-cumbia-rock-ska-metal-reggae-trova-punk-hip-hop-rap-et-tous-ce-qui-suit ce n’est pas parce que nous n’avons pas de notion musicale. C’est parce que cette maison aura toutes les couleurs et toutes les sonorités. Et il y aura alors des regards et des oreilles neufs qui comprendront notre acharnement… bien que nous ne soyons que silence et ombre dans ces mondes à venir.

Ergo : nous, nous avons l’imagination, eux n’ont que des schémas avec des options concluantes.

C’est pourquoi leur monde s’écroule. C’est pour ça que le nôtre resurgit, juste comme cette lueur que sa petitesse ne rend pas mineur quand elle abrite l’ombre.

Allez. Salut et que nous les fêtions avec bonheur, c’est à dire, en luttant.

Le Sup qui s’embrouille dans les vidéos qu’il doit mettre pour, comme on dit, mettre sur le gâteau la bougie qui ne dise rien, mais dont on sait qu’elle est trentenaire.

Mexique, 17 Novembre 2013.

Trentième anniversaire de l’EZLN.

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Écoutez et regardez les vidéos qui accompagnent ce texte:

Vidéo qui raconte l’histoire du « Chien qui était un chat à l’intérieur », de Siri Melchoir. Royaume-Uni, 2002.

ici.

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Un chat-chien en action. Notez comme il revient à son identité secrète quand il est découvert

ici.

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Brève référence aux débuts du cinéma. Regardez bien le mini court « Annie Oackley », de la 20e à la 26e seconde.

ici.

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« L’arrivée du train », des frères Lumière, 1895.

ici.

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Pour un anniversaire aussi différent que l’ezedelen, les Otras Mañanitas (las Mañanitas est le chant traditionnel des anniversaire au Mexique, ndt), avec Pedro Infante et Les Beatles.

ici.

Anarchistes

Un dessin que j’ai vu passé sur twitter parmi mes followers hispanophones (@Cazatalentos) et que je traduis ici:

ANARCHISTES

20 et 30 ans de l’EZLN

source.

Traduction de l’appel lancé par le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité à fêter les anniversaires de l’armée zapatiste.

 

ESCUELITA ZApatista 4La Petite école zapatiste: On ne recrute pas, pas plus qu’on ne prône la lutte armée, mais l’organisation et l’autonomie pour la liberté.

 

APPEL À CONTRIBUTION GRAPHIQUE

ET JOURNÉES GLOBALES POUR

LES ANNIVERSAIRES DE L’EZLN

 

Aux camarades adhérents de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandona

Aux femmes, hommes, ancienNEs et enfants d’en-bas et à gauche

Aux élèves de la Petite école Zapatiste

A tous nos frères et toutes nos soeurs

 

Nous sommes sur le point de fêter les 30 ans de la fondation de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) et les 20 ans du soulèvement armé du premier janvier 1994 qui a fait vibrer la planète entière. Ce sont deux dates qui pour les gens humbles et simples du Mexique et du monde représentent l’espoir et la confirmation qu’un monde autre est possible.

A cette occasion, nous appelons à réaliser des journées globales de mise en lumière de la lutte zapatiste, aux dates, à la manière et de la forme qui convient à chacun dans n’importe quel coin de la planète ; et à exprimer graphiquement le joie de célébrer la dignité rebelle qui ne se rend ni ne se vend.

Les axes proposés pour les activités et l’appel graphique sont :

  • L’AUTONOMIE ZAPATISTE
  • CONTRE LE HARCÈLEMENT DES BASES DE SOUTIEN ZAPATISTES
  • LA PETITE ÉCOLE ZAPATISTES

Avec les œuvres reçues seront réalisés des affiches, tracts et autocollants pour continuer à diffuser la lutte de nos frères et sœurs zapatistes, pour continuer à dénoncer la guerre d’extermination que le mauvais gouvernement impose jour à jour à nos compas et pour la construction zapatiste d’un autre monde depuis en-bas et à gauche.

A leur arrivée elles seront publiées sur la page du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (http://www.redcontralarepresion.org) et pourront être utilisées par qui le désire.

Le 17 novembre aura lieu un premier recueil, mais nous continuerons à recevoir les œuvres postérieurement. Les photos, vidéos, compte-rendu des différentes activités et matériel graphique sont à envoyer aux adresses suivantes :

[email protected]

[email protected]

Cette modeste initiative accompagne toute la tendresse et le respect que nous avons pour les compas zapatistes. Comme compagnes et compagnons de lutte, nous restons attentifs à leurs paroles et à leurs pas.

Pour la joie de vous voir dans la lutte après tant d’années et tant d’injustices.

Des milliers de rages : Un cœur…

VIVE LA PETITE ÉCOLE ZAPATISTE !

VIVENT LES COMMUNAUTÉS ZAPATISTES !

VIVE L’ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE !

Contre la spoliation et la répression : la Solidarité !

Réseau contre la Répression et pour la Solidarité !

La Petite école Zapatiste XI

Source.

Traduction du communiqué de l’EZLN en date du 3 novembre.

 

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Soutien rouge et noir pour le lancement de l’Autre Campagne,
le 1er janvier 2006 à San Cristobal de Las Casas – photo @LeSerpentàPlumes

 

Mauvaises et pas si mauvaises nouvelles

 

NOVEMBRE 2013

Aux étudiants qui ont suivi ou veulent suivre le premier niveau de la Petite école Zapatiste :

A qui de droit :

Compañeros, compañeras et compañeroas

Bon comme d’habitude, ils m’ont désigné pour vous apporter les mauvaises nouvelles. Donc, les voilà.

Premièrement.- Les comptes (je vous invite à bien vérifier les additions, les restes et les divisions parce que les mathématiques c’est pas mon fort, enfin j’veux dire, c’est pas non plus mon fort) :

A).- Coût du premier niveau en août 2013 pour 1281 élèves :

.- Matériel de cours (4 livres de textes et 2 Dvd) pour 1281 élèves : $100 000 (cent milles pesos).

.- Transport et nourriture pour 1281 élèves du CIDECI à la communauté où ils ont suivi les cours et le retour : $ 339 778,27 (trois cent trente neuf mille sept cent soixante dix-huit pesos et 27 centavos), réparti comme suit :

Coût de chaque zone pour emmener les élèves du CIDECI et les déposer dans chaque village en voiture et les ramener au CIDECI, en plus de l’alimentation des jeunes hommes et femmes qui ont conduit les élèves,

    Realidad      $ 64 126,00

    Oventik       $ 46 794,00

     Garrucha      $ 122 184,77

    Morelia        $ 36 227,50

Roberto Barrios $ 70 446,00

  Total général    $ 339 778,27

Note : Oui bien sûr, moi aussi ça m’a fait bizarre les « 77 centavos » , mais c’était comme ça dans les comptes qu’on m’a remis. Peut-être ne sommes-nous pas très au fait des arrondis.

.- Transport des 200 gardiens et gardiennes au CIDECI où ils ont donné leur cours et le retour : $ 40 000 (quarante mille pesos). Leur nourriture a été couvert par les camarades du CIDECI-Unitierra. Merci au Doc Raymundo et à tous et toutes les compas du CIDECI, spécialement à celles et ceux de la cuisine (attention : vous me devez les tamales).

Total des coûts des communautés zapatistes pour le cours de premier niveau en août 2013 pour 1281 élèves : $ 479 778,27 (quatre cent soixante dix-neuf mille sept cent soixante dix-huit pesos et vingt sept centavos).

Coût moyen par élève : $ 374,53 (trois cent soixante quatorze pesos et cinquante trois centavos).

B).- Revenu de la Petite école zapatiste :

Revenu de l’enregistrement (la boîte qui était au CIDECI) : $ 409 955 (quatre cent neuf mille neuf cent cinquante cinq pesos).

Monnaie nationale : $ 391 721

Dollar : $ 1 160

Euros : $ 175

Revenu moyen par paiement à l’enregistrement de chaque élève : $ 320,02 (trois cent vingt pesos et deux centavos).

Deuxièmement.- Résumé et conséquences :

En moyenne, nous avons soutenu chaque élève à hauteur de $54,51 (cinquante quatre pesos et cinquante et un centavos), somme couverte grâce aux dons solidaires. C’est à dire, que les élèves se sont soutenu les unEs les autres.

Enfin bon, comme on dit, on ne présente pas la note, camarades. C’est grâce à certains et certaines élèves qui ont donné plus des cent pesos obligatoires (certainEs n’ont rien donné) et aux dons de personnes généreuses, qu’on arrivent à peine à l’équilibre.

Celles et ceux qui ont donné plus et celles et ceux qui ont fait ces dons extraordinaires, nous les remercions de tout cœur. Et peut-être qu’aussi devraient les remercier celles et ceux qui n’ont pas payé les cent pesos entièrement ou qui n’ont absolument rien donné.

Mais nous savons bien qu’il sera difficile que ça se répète et que certainEs participants paient les cours d’autres, ce qui nous place face à trois options :

a).- Nous fermons la petite école.

b).- Nous réduisons le nombre de place à ce que nous zapatistes pouvons couvrir. Le Sous-commandant Insurgé Moisés me dit que ce serait une centaine par Caracol, 500 au total.

c).- Nous augmentons le prix et on le rend obligatoire.

Nous pensons que nous ne devons pas fermer la petite école parce qu’elle nous a permis de connaître et de nous faire connaître de gens qu’avant nous ne connaissions pas et qui ne nous connaissez pas.

Nous pensons que si nous réduisons le nombre de place, eh bien beaucoup vont être tristes ou avoir la haine parce que voilà ils avaient tout prêt pour venir, et voilà qu’ils restent à la porte. Et surtout maintenant que vous savez que l’essence du cours est dans les communautés et les gardiennEs. Et bon, comme c’est moi qui devrais apporter la nouvelle, et bien vous recommenceriez à me traiter de tous les noms.

Voilà il ne reste plus qu’à demander que vous payiez ce qui concerne votre transport-alimentation. Nous savons que, en plus de déranger certainEs, ça pourra empêcher plusieurs autres de venir. C’est pourquoi nous vous prévenons à l’avance pour que vous trouviez le moyen de compléter votre addition et/ou celui de vos compas qui veulent et peuvent assister au cours mais à qui il manque de l’argent.

Le coût est maintenant de $ 380 (trois cent quatre vingt pesos) par élève qui devront être payés au moment de l’enregistrement au CIDECI les jours prévus. Si en plus vous voulez apporter un kilo de haricots ou de riz, eh bien nous vous en remercierions.

S’il vous plaît, nous vous supplions, nous vous prions, nous vous implorons de nous dire clairement avec qui vous venez. Combien vous êtes et vos âges, parce que parfois on reçoit des lettres qui disent « je viens avec mes enfants » et quand ils arrivent, c’est bienvenu au casting pour « The walking dead ». Tous ceux et toutes celles qui participent doivent être enregistré avant, que ce soient des enfants, des adultes, des plus anciens, des morts vivants.

Et dites bien à quelle date vous venez. Il y a 2 dates pour le moment, l’une fin décembre et l’autre début janvier. Il est important de savoir à laquelle vous vous inscrivez parce que, comme vous le savez maintenant, il y a une famille indigène qui se prépare à vous recevoir et à s’occuper de vous, un gardien ou une gardienne qui se prépare pour vous orienter, un chauffeur ou une chauffeuse qui prépare son véhicule pour vous transporter, un peuple entier qui vous reçoit. Et précisez aussi si vous venez dans les communautés ou si vous assisterez au cours au CIDECI de San Cristobal de Las Csas, Chiapas.

Ah et venez écouter et apprendre, parce que il y en a qui viennent donner des leçons de féminisme, de végétarianisme, de marxisme et autres « ismes ». Et maintenant ils sont dégoûtes parce que nous les zapatistes nous n’obéissons pas à ce qu’ils sont venus nous apprendre : que nous devons changer la loi révolutionnaire des femmes comme elles veulent et pas comment le décident les femmes zapatistes, que nous ne comprenons pas les avantages de la marijuana, que nous devons pas faire des maisons en ciment parce que c’est mieux avec de l’adobe et de la paille, que nous ne devrions pas utiliser de chaussures parce qu’en marchant pieds nus on est plus en contact avec la terre-mère. Finalement, que nous obéissions à ce qu’ils sont venus ordonner… que nous ne soyons plus zapatistes quoi.

CAS SPECIAUX : les Anarchistes.

Au vu de la campagne Anti Anarchisme menée par les bonnes consciences et la gauche bien portante, unis pour une sainte croisade avec la droite ancestrale afin d’accuser des jeunes et des vieux et vielles anarchistes de défier le système (comme si l’anarchisme avait une autre option), en plus de détruire leur mise en scène (le coup d’éteindre la lumière c’est pour pas voir les anarchistes?), et qu’on atteint des sommets de délire avec des qualificatifs comme « anarco-halcones » (Los halcones étaient un groupe paramilitaire impliqué dans le massacre du 2 octobre 1968, ndt), « anarco-provocateurs », « anarco-porros » (les porros sont des gens payés pour faire le coup de poing contre des mouvements étudiants par exemple, ndt), « anarco-etc » (j’ai lu quelque part le qualificatif « anarco-anarchiste », n’est-ce pas sublime?), nous, femmes et hommes zapatistes ne pouvons ignorer le climat d’hystérie qui, avec tant d’aplomb, demande et exige qu’on respecte les vitrines (qui ne montrent rien mais occultent ce qui se passe juste derrière le comptoir : conditions de travail proche de l’esclavage, aucune hygiène, mauvaise qualité, faible niveau nutritif, blanchiment d’argent, fraude fiscale, fuite de capitaux).

Parce que dorénavant il se trouve que toutes ces saloperies mal dissimulées appelées « réformes structurelles », que les attaques contre le travail des professeurs, que la vente « outlet » du patrimoine de la Nation, que le vol perpétré par le gouvernement au dépend des gouvernés par les impôts, que l’asphyxie fiscale – qui ne favorise que les grands monopoles -, que tout est de la faute des anarchistes.

Que les gens biens ne sortent plus protester dans la rue (écoutez, pourtant si c’est là que sont les manifestations, les piquets, les occupations, les affiches, les tracts. Oui, mais ce sont ceux des professeurs-transporteurs-vendeurs-ambulants- étudiants-ou-bien-bouseux-et-bouseuses-de-province, je veux dire des gens bien-bien-du-df (le DF, district fédéral, surnom de Mexico, ndt). – Ah, la mythique classe moyenne, tellement courtisée et en même temps méprisée et déçue par tout le spectre médiatique et politique-), que la gauche institutionnelle évacue elle aussi les lieux de manifestations, que « l’unique opposant au régime » a été occulté par les sans-noms encore et encore, que l’imposition arbitraire se nomme maintenant « dialogue et négociation », que les assassinats de migrantEs, de femmes, de jeunes, de travailleurs, d’enfants, que tout est la faute des anarchistes.

Pour celles et ceux qui militent et se revendiquent du « A », bannière sans nation ni frontières, et qui font partie de la SEXTA, mais qui militent vraiment et pas simplement par un effet de mode vestimentaire ou de calendrier, nous avons, en plus d’une accolade camarade, une demande spéciale :

Compas anarchistes : nous, les hommes et les femmes zapatsites, nous n’allons pas vous imputer nos faiblesses (le manque d’imagination inclus), pas plus que nous n’allons vous rendre responsables de nos erreurs, et moins encore nous n’allons vous persécuter pour être ce que vous êtes. Mais ça va plus loin, je vous le dis plusieurs invités en août ont annulé parce que, ont-ils dit, ils ne pouvaient pas partager la classe avec « de jeunes anarchistes, déguenillés, punks, percés, et plein de tatouages », qu’ils attendaient (ceux qui ne sont ni jeunes, ni anarchistes, ni déguenillés, ni punks, ni percés, ni plein de tatouages) des excuses et que le registre soit épuré. Ils attendent encore inutilement.

Ce que nous voulons vous demander c’est que, au moment de l’enregistrement, vous donniez un texte, une feuille maximum, où vous répondez aux critiques et accusations qui vous sont faites dans la presse payante. Ce texte sera publié dans une partie spéciale de notre nouvelle page web (enlacezapatista.ezln.org.mx) et dans une revue-fanzine-comme-on-dit qui sortira prochainement dans le monde mondialement mondial, dirigé et écrite par des indigènes zapatistes. Ce serait un honneur pour nous que ,dans notre premier numéro se trouve votre parole jointe à la nôtre.

Hein ?

Oui, oui c’est bon une feuille avec un seul mot qui recouvre tout l’espace : quelque chose comme « Mensonges ! ». Ou quelque chose d’un peu plus développé comme « Je vous expliquerez ce qu’est l’Anarchisme si je pensais que vous puissiez comprendre », ou « L’Anarchisme est incompréhensibles pour les nains de la pensée », ou « Les transformations réelles apparaissent d’abord dans les faits divers » ; ou « Je chie sur la police de la pensée » ; ou la citation suivante du livre « Coups et contrecoups » de Miguel Amorós : « Tout le monde devrait savoir que le Black bloc n’est pas une organisation mais une tactique de lutte urbaine semblable à la «  kale borroka », qu’une myriade de groupes libertaires, « autonomes » ou alternatifs, pratiquent depuis les luttes des squats dans les années 80 dans diverses villes allemandes » et ajouter quelque chose comme « si vous voulez critiquer quelque chose, d’abord renseignez vous bien. L’ignorance bien rédigée est comme une bêtise bien dite : pareillement inutile ».

Bref, je suis sûr que vous ne manquerez pas d’idées.

Troisièmement.- Une pas si mauvaise nouvelle : je vous rappelle les dates et la manière de solliciter son invitation et demander son enregistrement :

Date de la deuxième session de la petite école :

Enregistrement les 23 et 24 décembre 2013.

Cours du 25 au 29 décembre de l’année. Départ le 30.

Restent qui veut pour la fête du 20e anniversaire du soulèvement zapatiste, pour fêter et se souvenir du matin du 1er janvier 1994, avec une fête le 31 décembre et le 1er janvier.

Date de la troisième session de la petite école :

Enregistrement les 1er et 2 janvier 2014.

Cours du 3 au 7 janvier 2014. Départ le 8 janvier, chacun retournant de son côté.

Pour demander son invitation et son enregistrement, envoyez un mail à :

 [email protected]

Quatrièmement.- Autre pas si mauvaise nouvelle, c’est qu’il se disait que j’allais ouvrir cette étape avec un texte très différent, saluant nos mortEs, le SubPedro, Tata Juan Chávez, la Chapis, les enfants de la garderie ABC, les prof en résistance, et avec un conte de Durito et le Chat-chien. Mais comme on m’a fait comprendre que les comptes et les dates ça urgeait, et bien ce sera pour une autre fois. C’est clair : l’urgent n’a pas de temps à perdre avec l’important. C’est pourquoi vous avez été délivrés de la lecture de choses qui ne sont pas « transcendentes-pour-la-présente-conjoncture »… pour le moment.

Allez. Salut et, croyez-le ou pas, le monde est plus vaste que le titre médiatique le plus scandaleux. Manière d’allonger le pas, la vue, l’ouïe… et les baisers.

Depuis les montagnes du Sud-est Mexicain.

Le SupMarcos.

Concierge de le Petite école et chargé d’apporter les mauvaises nouvelles.

Mexique, novembre 2013.

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Ecoutez et regardez les vidéos qui accompagnent le texte:

Kenny Arkana avec ce rap intitulé « V pour Vérités ». A un moment elle dit: « Bénis soient ceux qui s’interposent, ceux qui construisent autre chose ».

ici.

 

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Extrait du film « V pour Vendetta » sur la relation entre la peur et l’obéissance, et une autre manière de comprendre les mots « justice » et « liberté ».

ici.

 

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Pedro Infante avec la chanson « Yo soy quien soy » (Je suis qui je suis, ndt), de Manuel Esperón et Felipe Bermejo, dans le film “La Tercera Palabra” (Le troisième mot, ndt) avec Marga López, Sara García et Prudencia Grifell, 1955, dirigé par Julián Soler. Je le mets seulement pour emmerder celles et ceux qui nous voudraient à leur façon ou à la mode.

ici.