Archive for janvier 2015

Appel à soutien du squat Chanti Ollin

source.

En signe de solidarité avec Chanti Ollin, je reproduit ci-dessous la traduction du communiqué des squatters publié initialement sur Indymedia Nantes.

Le communiqué original est à lire sur le blog de Chanti Ollin.

Le sⒶp

 

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Photo de @ValKphotos

 

 

 

Le 7 janvier le squat Chanti Ollin à Mexico s’est fait expluser et plusieurs de ses occupant-e-s ont été emprisonné-e-s. Relaché-e-s depuis, et ayant réussi à récupérer le lieu, illes lancent un appel à soutien afin de les aider dans les suites judiciaires et magouilles politico-foncières à venir.
Voici la traduction de leur appel. Merci de le faire circuler massivement.

 

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Photo de @ValKphotos

 

 

Communiqué de Chanti Ollin

NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE SIGNATURE POUR DÉFENDRE LE LABORATOIRE D’AUTONOMIE ET CHANTI OLLIN

source : https://chantiollinmx.wordpress.com/comunicado-chanti-ollin/

Au peuple du Mexique et au peuples du monde qui résistent et luttent
Aux médias libres indépendants et honnêtes

Le matin du mercredi 7 janvier 2015 s’est déroulé une agression et une tentative d’expulsion contre le collectif culturel Chanti Ollin,  instauré par le conflit de légalité autour de l’immeuble dans lequel il réside. Sans prévenir, sans un dialogue minimum, sans responsable qui se soit présenté, dans un acte d’invasion violente, de vol et destruction furieuse de bien collectifs et privés de la communauté de Chanti, avec un déploiement disproportionné de plus d’une centaine de force de l’ordre et plusieurs dizaines de destructeurs contre 15 compañeros et 3 enfants qui se trouvaient dans l’espace sans autre possibilité que de demander de manière insistante la présentation d’un ordre judiciaire et que s’arrête la violence considérant la présence de familles avec des mineurs (sans aucun résultat), une compañera et neuf compañeros ont été arbitrairement détenus et trompés, frappés, sans justification et accusés d’outrage, résistance à l’autorité et dommage à la propriété. Finalement ils ont été libérés avec des cautions imposées de près de 12.000 pesos et un processus judiciaire en cours.

Au retrait du siège policier, et grâce au soutien de dizaines de collectifs et personnes solidaires, la majorité des destructeurs ont abandonné l’immeuble laissant un groupe qui a été surpris en train de vandaliser et saccager les biens de la communauté, et qui, lorsqu’ils ont été interrogés, ont dit qu’ils appartenaient à l’assemblée des Barrios et ont été conduits aux forces de l’ordre et la CDHDF qui les ont arrêtés.

Durant la nuit, dans les alentours du Paseo de la Reforma et également sans aucune discussion, une caravane de plusieurs dizaines de compañeros solidaires, qui se dirigeaient au Ministerio Publico pour apporter des preuves de ce qui s’était passé, ont été attaqués par des agents de circulation et un contingent également disproportionné de forces de l’ordre et ce en présence d’autorités du gouvernement du GDF qui ont refusé tout dialogue. Des coups injustifiés et aveugles, qui ont frappé le sitting exigeant l’apparition des 43 normalistes d’Ayotzinapa, face à la procureure générale de la république, qui, dans les cas les plus graves ont impliqué la perte de connaissance de compañeros suite aux coups, la rétention dans les véhicules policiers et la maltraitance et l’extorsion dans l’agence du Ministère Public de San Cosme; dans certains cas ils ont du faire appel à l’aide médicale et à des traitements qui aujourd’hui encore continuent. Tout ça est une claire action irrégulière d’intimidation violente.

El Chanti a répondu avec son journal Queacer : mettant en place une barricade culturelle de garde avec des activités de bien être individuel et de collectifs artistiques, musicaux, théâtraux, de danse, d’arts plastiques, de soins thérapeutique et de fabrication de nourriture nutritive et saine, d’échanges justes, travail artisanal, conseils techniques pour l’habitat et la gestion durable de l’eau, l’installation de sanitaires et d’énergie , la production communicative, l’échange de savoir et de convivialité :  » l’habiter-travail » qui aspire à d’autres mondes avec l’espoir et l’allégresse, support aussi de nos droits de libre pensée, association et manifestation. Tout ça avec l’accompagnement et le soutien de collectifs, organisations et ami-e-s, expression solidaire du pays et du monde entier qui ont partagé et vu le Chanti comme un exemple qu’une vie différente est possible.

A l’agression nous rajoutons dans les jours passés, la criminalisation sortant des tiroirs obscurs du CISEM et la SEIDO, qui, par des moyens imprimés et radiophoniques, ont inclus Chanti dans les listes d’un inquiétant « anarchisme » assimilé comme menace sociale et crime organisé et que nous dénonçons car cela répond à leur stratégie d’inventer un ennemi public, en nommant comme anarchisme différentes luttes indépendamment de leurs orientations politiques pour pouvoir les réprimer sous ce prétexté.

Comme confluent et coexistence de la diversité vitale, culturelle, sociale, et politique que nous sommes, nous rejetons et condamnons fortement l’infondée criminalisation qui nous est destinée. Le Chanti Ollin est un espace avec une existence publique depuis 12 ans, ouvert au développement d’une diversité de projets autogérés et autonomes qui exercent les droits conquis et consacrés inclusivement pour la légalité existante. Face aux dénonciations qui disent que nous sommes violents, nous réitérons que notre lutte et nos activités ont toujours été civiles et pacifique et que ceux qui exercent réellement la violence c’est l’État comme il a su le démontrer amplement avec ses agissements à Iguala. Dans tous les cas, nous sommes un modeste reflet de la diversité de recherches d’alternatives de travail, possibilités créatives de recréation et d’échanges sous de nouvelles formes de convivialité, particulièrement jeunes , face à la carence et la négation de celles ci, par le régime et le capitalisme, au milieu des signes de prédation, d’opulence et de gaspillage d’une minorité criminelle autour d’un narco gouvernement au service des grandes entreprises.

Le Chanti réitère son ouverture et son appel a des projets collectifs et aux personnes qui contribuent au développement de la communalité et du bien-vivre, comme mode de rupture et de dépassement d’un régime et d’un système aux conséquences désastreuses pour l’immense majorité dans notre pays et dans le monde.

Nous exigeons le respect des libertés de pensées, expressions, associations et manifestations.

Nous exigerons le respect de nos droits, des projets culturels autonomes et exigeons qu’il n’y ait pas d’impunité face aux actes illégaux du pouvoir.

Nous appelons les organisations sociales, civiles, collectives et les autres personnes, en défense de nos droits fondamentaux, de continuer le soutien mutuel dans nos taches et luttes, à manifester notre digne rage face à la réalité de l’exploitation, de la spoliation, de la répression et des crimes d’en haut, depuis le pouvoir, et à ne pas abandonner la lutte pour un monde différent.

Non à la criminalisation de la dissidence et la protestation sociale !
Prisonniers politiques : Liberté !
Non à la spoliation et a la répression !
Vivants vous nous les avez pris, vivants nous les voulons !
Chanti Ollin, Chiapultepec, Mexico, le 21 janvier 2015

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Photo de @ValKphotos

Les signataires ci-dessous manifestons notre solidarité et soutien au collectif culturel Chanti Ollin Mexique et rejetons énergiquement la tentative de criminalisation de la part de l’État Mexicain à leur proposition culturelle, éducative, écologique et politique de transformation sociale et réitérons que des efforts comme cela doivent être soutenus et impulsé pour retrouver l’harmonie et la paix, la justice et la liberté, dont le Mexique, comme le monde entier, ont tellement besoin.

Nom du collectif / Organisation ou occupation / Pays ou lieu de résidence.

Si tu es d’accord avec ce qui est ci-dessus, tu peux nous envoyer un mail à l’adresse chantiollin.mexico[at]gmail.com avec tes références de soutien lesquelles seront uniquement utilisées pour donner des soutiens au document présent.

Réponse des proches des 43 d’Ayotzinapa au Procureur Général de la République

source.

 

Traduction du communiqué des proches des étudiants disparus d’Ayotzinapa en réponse aux déclarations du Procureur Général de la République qui fait de sa thèse une « vérité historique ». Communiqué trouvé sur le site de Proyecto Ambulante.

Le sⒶp

 

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Conférence de presse des proches des disparus d’Ayotzinapa le 27 janvier 2015.

COMMUNIQUÉ | Les pères et mères des normaliens disparus répondent au PGR

 

Mardi 27 janvier 2015,
Ce jour au Centre des Droits Humains Miguel Agustin Pro Juarez s’est tenue une conférence de presse pour répondre à l’information débitée par le Procureur Général de la République (PGR), au sujet de l’enquête concernant les normaliens victimes de disparition forcée les 26 et 27 septembre.
Ci-dessous nous présentons le communiqué officiel contenant la position qu’ont fait connaître les pères et mères de familles des étudiants et du Comité Étudiant d’Ayotzinapa face à l’information rendue publique peu avant par le PGR :

AVEC UNE HÂTE POLITIQUE LE PGR PRÉTEND CLORE L’ENQUÊTE SUR LES FAITS

Face aux déclarations du Procureur Général de la République aujourd’hui, les proches des 43 disparus nous affirmons :
1. Que nous exprimons notre rejet de la manière dont le Gouvernement Fédéral a informé prioritairement les médias de communication avant les victimes à propos des avancées de l’affaire. Il faut rappeler que le président de la République a signé une note par laquelle il s’engageait à informer les proches avant les médias afin d’éviter la revictimisation, ce qui n’a pas été le cas et qui s’est accentué ces dernières semaines.

2. Que l’information rendue publique aujourd’hui, nous, les porches, ne la connaissions pas à fond, que l’engagement n’a pas été tenu de nous fournir des copies de tous les agissements réalisées dans les dossiers consignés, bien que cela aussi ait fait partie d’un engagement assumé par le président de la République Enrique Peña Nieto.

3. Que l’enquête ne peut être déclarée close à propos de la disparition forcée des étudiants de la Normale Rurale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa, sachant que :
a) L’enquête ne peut être déclarée close car il n’existe aucune entière certitude scientifique sur ce qui s’est passé dans la décharge de Cocula. Le PGR fait savoir aujourd’hui que son hypothèse se base sur différents rapports de chimie, biologie et d’autres. Sachant qu’il est bien connu que les procureurs mexicains sont des spécialistes pour fabriquer des délits et reconnaissant que des scientifiques reconnus ont exprimé des doutes sur cette hypothèse, nous ne pouvons accepter ces résultats tant que n’auront pas été réalisé ces mêmes expertises par des experts indépendants des plus qualifiés. En ce sens, nous réaffirmons notre confiance en l’Équipe Argentine d’anthropologie légale et nous exigeons que tous les obstacles soient levés pour qu’ils puissent accomplir leur tâche dans les meilleures conditions.
b) L’enquête ne peut être déclarée close parce que la déclaration de Felipe Rodríguez Salgado, contrairement à ce que dit le Procureur, n’est pas déterminante pour éclaircir ce qui s’est passé à Cocula tel qu’accepté lors de cette même conférence, cette personne n’ayant pas déclaré être resté sur les lieux durant tout le temps qu’ont supposément duré les faits.
c) L’enquête ne peut être déclarée close parce que l’information rendue publique par le Procureur dépend bien trop de dépositions effectuées devant le ministère public, par des personnes ayant facilement pu être contraintes, tout le monde sait qu’au Mexique la torture est récurrente. À ce sujet, il a été rendu publique l’information sur la possible torture de certains inculpés sans que jusqu’à maintenant la Commission Nationale des Droits Humains ne soit intervenu pour éclaircir ces dénonciations.
d) L’enquête ne peut être déclarée close parce que le Procureur ni aujourd’hui ni en aucune autre conférence n’a éclairci comment il explique dans sa théorie sur le cas, le sanglant homicide de Julio César Mondragón, dont le jeune corps écorché fut retrouvé tout près du lieux où ont eu lieux les faits. Comment explique monsieur Murillo ce fait jusqu’à présent non éclairci ?
e) L’enquête ne peut être déclarée close parce que l’État mexicain, à quatre mois des faits, s’est montré incapable d’arrêter ceux qui selon sa théorie seraient responsables. Le Gouvernement Fédéral n’a pu arrêter le principal responsable de la police corrompue d’Iguala, Felipe Flores Velázquez, ni son complice et subalterne Francisco Salgado Valladares. Pas plus qu’il n’a été capable d’arrêter Gildardo Astudillo, alias le Cabo Gil, personnage auquel le propre PGR donne une grande importance dans sa version des faits. Ainsi que sont toujours en fuite onze des quinze personnes qui selon le procureur étaient à Cocula, comme le leader des Guerreros Unidos, Ángel Casarrubias Salgado El mochomo. Avec tant de fugitifs, comment le Procureur prétend-il clore l’enquête ?
f) L’enquête ne peut être déclarée close parce que le Procureur n’est pas parvenu à initier la moindre procédure pénale pour le délit de disparition forcée de personnes, sachant que c’est la forme juridique adéquate pour cerner les faits connu qui comme tout le Mexique l’a exprimé, c’est l’état qui a fait disparaître nos enfants. Tant que les procès ne seront pas traités dans les formes légales pertinentes, le cas ne peut être clos.
g) L’enquête ne peut être déclarée close parce que dans le même rapport où se trouvent les déclarations du supposé sicaire de Cocula, se trouvent aussi en plus les déclarations d’autres sicaires d’Iguala ayant avoué avoir attenté à la vie de nos fils non pas à Cocula mais à Pueblo Viejo et Cerro la Parota. Comment monsieur Murillo explique-t-il que dans un même rapport existent des aveux qui s’opposent et se contredisent entre elles ?
h) L’enquête ne peut être déclarée close parce que contrairement à ce qui a été dit lors de la conférence aujourd’hui, il n’y a de certitude que pour la mort d’un seul des étudiants disparus. Cette certitude n’implique pas la certitude de la mort des autres ni celle sur le lieux où ça aurait pu se dérouler. En ce sens, c’est une erreur juridique de parler de poursuites pour homicide, quand en réalité à nouveau ce devrait être pour séquestration avec la circonstance aggravante de privation de la vie, ce qui techniquement implique une grande différence.
i) L’enquête ne peut être déclarée close parce que la responsabilité de l’armée n’a pas été recherchée, bien que contrairement à ce qu’a affirmé le Procureur, il existe des indices de sa complicité avec la délinquance organisée, le Policer Salvador Bravo Bárcenas a affirmé devant le Ministère Public que l’Armée savait depuis 2013 que les Guerreros Unidos contrôlaient la police de Cocula, raison pour laquelle les Forces Armées n’ont pas enquêté sur ces présumés délinquants mais qu’elles leur offrirent plutôt leur protection.
j) L’enquête ne peut être déclarée close parce que n’a même pas commencé le dénouement des responsabilités au sujet de la corruption politique qu’ont révélé les faits du 26 septembre. Reste encore à enquêter sur d’autres maires, comme celui de Cocula, ainsi que sur d’autres autorités du gouvernement du Guerrero.

Face au manque de justice et de vérité au Mexique, nous, les proches, irons devant les instances internationales. Ainsi, rapidement une de nos délégations ira devant le Comité sur la Disparition Forcée des Nations Unies dénoncer ce qui se passe au Mexique.
De la même manière, nous n’oublions pas que la Commission Inter-américaine des Droits Humains a désigné un groupe d’experts qui devrait rapidement commencé à faire leur vérification technique sur l’enquête réalisée par le Mexique ; cette révision est indispensable car nous savons qu’ils trouveront de multiples irrégularités.
Au peuple du Mexique nous demandons qu’il ne nous laisse pas seuls et qu’il comprenne notre lutte. Face à un Gouvernement Fédéral qui est pressé de clore le cas Ayotzinapa, nous réaffirmons notre droit à douter des autorités qui ont l’une ou l’autre fois fabriqué des dossiers pour se sortir de crises qui révèle son inefficacité. Nous exigeons également le respect de notre dignité, le temps des victimes n’est pas le temps des politiques.
Aujourd’hui, lors de sa conférence le PGR a affirmé que la disparition de nos enfants était « un fait atypique ». Mais dans notre parcours durant ces quatre mois, nous avons constaté que la disparition forcée est aujourd’hui au Mexique une réalité généralisée à travers tout le pays. Le Procureur ment lorsqu’il affirme que la disparition de jeunes et les narco-gouvernements sont atypiques, au contraire c’est aujourd’hui le visage meurtri de notre Nation. Jusqu’à la fin de l’an dernier, le propre Registre National des Personnes Disparues comptait 26 000 personnes ; il s’agit de familles comme les nôtres, traversées par la douleur et l’incertitude. C’est pourquoi, nous continuerons de lutter pour la justice et la vérité jusqu’à ce que nous ayons des certitudes entières sur l’enlèvement de nos enfants et jusqu’à ce que nous transformions le Mexique pour qu’aucune famille n’ait à revivre ce que nous vivons.

Vivant ils les ont pris, vivant nous les voulons !
Vive Ayotzinapa !

Appel à solidarité du CNI avec San Sebastián Bachajón

source.

 

Traduction du communiqué du Congrès National Indigène suite à l’agression policière contre les indigènes tesltals de San Sebastian Bachajon, paru sur le site de liaison zapatiste le 10 janvier.

 

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Appel à solidarité du CNI avec San Sebastián Bachajón

 

À la Sexta Nationale et Internationale

Aux peuples du Mexique et du Monde

Le 21 décembre dernier, nos frères et sœurs, les femmes, les hommes et les enfants de la communauté indigène tseltal de San Sebastián Bachajón ont récupéré leurs terres ; terre d’une grande richesse naturelle à l’entrée des Cascades d’Agua Azul ; terre dont le mauvais gouvernement prétendait les déposséder afin d’imposer ses projet de mort, mais nos frères, qui savent bien comment le mauvais gouvernement veut nous faire disparaître en tant que peuples et communautés indigènes, n’ont pas permis ni ne permettront que le mauvais gouvernement construise ses hôtels et routes, qu’ils appellent pompeusement le Cancun Chiapanèque.

Aux moyens de menaces de groupes armés et d’ordres d’appréhension, ils prétendaient arrêter la digne et nécessaire défense fournie par nos frères. La colère qu’ils causent n’étant pas suffisante, aujourd’hui 9 janvier 2015, aux alentours de 6h30, quelques 800 policiers d’état ont envahi le campement de nos frères, puis a suivi une violente expulsion et la disparition pendant quelques heures de huit membres de la communauté.

Nous tenons pour responsables de toute agression contre nos frères les trois niveaux du mauvais gouvernement, car ce sont eux qui ont pris la tête des attaques contre nos frères et le peuple du Mexique, nous connaissons bien ces leaders paramilitaires qui ont des prénoms et des noms et que sont Enrique Peña Nieto, Manuel Velasco Coello et leurs serviteurs, tel Leonardo Guirao.

Nous lançons un appel à tous les compañeros et compañeras qui cheminent et ont cheminé avec le Congrès National Indigène, à être attentif à la difficile situation que vivent aujourd’hui les frères de San Sebastián Bachajón, à nous joindre dans nos temps et géographies à la solidarité avec nos frères de Bachajón et avec les autres peuples et communautés qui forment le Congrès National Indigène, car il suffit de nous écouter pour nous rendre compte que ces jours-ci les agressions du mauvais gouvernement ont augmenté contre ceux qui participent au CNI, nous ne pouvons pas vouer à l’oubli l’agression qu’ont subi les frères qui repartaient du Premier Festival Mondial des Résistances et Révoltes contre le Capitalisme. Ils prétendent nous faire peur, nous emprisonner comme ils l’ont fait avec les frères Yaquis, nous faire disparaître comme ils l’ont fait avec nos frères d’Ayotzinapa, nous assassiner comme ils l’ont fait avec les frères nahuas de Santa María Ostula et nous réprimer comme ils le font aujourd’hui avec les frères tseltals, mais nous leur disons une fois pour toute que nous n’arrêterons pas notre lutte pour la vie et contre le Capitalisme.

Jamais plus un Mexique sans nous

Congrès National Indigène

Mexique le 9 janvier 2015

Déclaration du Premier Festival des Résistances et Révoltes contre le capitalisme

source.

Traduction du communiqué de l’EZLN paru le 8 janvier 2015 sur le site de liaison zapatiste, faisant suite aux rencontres tenues lors du Premier Festival des Résistances et Révoltes contre le Capitalisme.

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Déclaration du Premier Festival des Résistances et Révoltes contre le capitalisme

Aux peuples du monde.

Depuis le Chiapas, Mexique, nous élevons notre parole afin de nous adresser aux femmes et hommes d’en-bas, du champ et de la ville, au Mexique et dans le monde, à celles et ceux, nous, qui semons les résistances et les révoltes contre le capitalisme néolibéral qui détruit tout.

Nous nous sommes réunis les 21, 22 et 23 décembre dans la communauté ñahtó de San Francisco Xochicuautla, État de Mexico ; les 22 et 23 décembre dans la communauté nahua d’Amilcingo, Morelos ; les 24, 25 et 26 décembre, dans l’espace du Front Populaire Francisco Villa Indépendant, dans la ville de Mexico ; les 28 et 29 décembre dans la communauté de Monclova, Campeche ; les 31 décembre et premier janvier dans le Caracol Zapatiste d’Oventic, Chiapas ; les 2 et 3 janvier au CIDECI de San Cristobal de las Casas, Chiapas. Nous nous sommes réunis pour faire des échanges, ce qui n’est pas juste échanger, mais apprendre et construire ensemble. Des échanges qui furent grands avec une profonde douleur qui est nôtre et une rage qui est nôtre, suite à la disparition et à l’assassinat des étudiants de la Normale Rurale Raul Isidro Burgos d’Ayotzinapa, Guerrero. Un acte criminel qui est aussi le reflet de la politique de mort que les mauvais gouvernements et les capitalistes ont projetée dans tous les coins du pays et du monde, et puis eux, ceux qui nous manquent sont nos disparus et nous ne cesserons de lutter jusqu’à les retrouver aussi petit que nous soyons à la Sexta Nationale et Internationale, au Congrès National Indigène, dans l’Armée Zapatiste de Libération Nationale.

Les capitalistes et leurs contremaîtres des mauvais gouvernements ont laissé dans le cœur des individus que nous sommes une destruction et ils ont laissé une grande destruction dans le cœur collectif que nous sommes, tels que nous sommes, les peuples, les pères et les mères des jeunes qu’ils nous ont arraché et les organisations solidaires décidées à reconstruire la vie là où les puissants n’ont semé que deuil et mort.

Dans les communautés indigènes que nous sommes, les coups du systèmes capitalistes se souffrent par le sang et par la douleur des nos fils, qui sont aussi le seul futur possible pour cette planète que nous appelons Terre, sur laquelle au milieu des distances et des différentes couleurs qui nous font être et nous font exister nous maintenons la certitude qu’elle est notre mère et qu’elle est en vie, et que pour que ça continue ainsi, la justice est une revendication qui se tisse par les actions et les convictions de ceux que nous sommes, le monde d’en-bas, ceux qui n’aspirent pas à le gouverner mais à cheminer en le construisant.

Depuis les océans, les plages, les montagnes, les villes et les champs, nous construisons et reconstruisons ensemble par les assemblées, les organisations et collectifs qui tissent de formes diverses et autonomes les espaces, et les formes d’organisation et de solidarité qui sont capables non seulement de contenir cette destruction capitaliste qui ne fait pas de différences entre les peuples et les couleurs, et qui dans sa chronique aveugle ne reconnaît que tout ce qui alimente cette même destruction habillée de guerres permanentes, marchés injustes et des gains démesurés pour quelques-uns, des valeurs éloignées des peuples et contraires aux anciens accords passés avec notre terre mère qui donnent du sens à la vie dans le monde, qui nous donnent la liberté et nous rendent dignes, dignes de vivre et de défendre la vie.

Mais pour les capitalistes qui prétendent gouverner et qui en réalité ne cherchent qu’à dominer, administrer et exploiter, existe une limite, une grande barrière, en la dignité d’une personne, d’une famille, d’un collectif, d’une société, qu’ils ont blessé profondément, qu’ils ont arraché et dont ils ont tué une partie du cœur, faisant retentir une explosion de révolte comme celle qui a illuminé ce Festival Mondial des Résistances et Révoltes contre le Capitalisme que nous appelons « Là où ceux d’en-haut détruisent, nous, ceux d’en-bas, reconstruisons » parce que nous sommes en-bas, depuis le bas nous entendons le monde, d’en-bas nous en prenons soin, en-bas nous nous regardons les uns les autres et de là, ensembles, nous reconstruisons le destin que nous pensions nôtre jusqu’à ce que nous l’arrachent les puissants et alors seulement nous avons appris, seulement depuis nous savons que ce qui est vraiment nôtre c’est ce que nous pouvons construire ou reconstruire là où le capitalisme a détruit.

La douleur qui se convertie en digne rage des proches des étudiants assassinés et disparus de l’école normale rurale Raul Isidro Burgos, c’est la douleur qui nous séquestre et nous fait disparaître nous aussi, alors jamais nous ne cesserons de lutter jusqu’à nous rencontrer, ensemble avec le frère ou la sœur assassinés, disparus, torturés, exploités, méprisés ou spoliés en n’importe quel point de la sauvage géographie capitaliste, sur n’importe quelle frontière du monde, dans n’importe quelle prison.

Les chemins des peuples du monde aussi bien au champ qu’à la ville avec leur propre cap suivent la trace laissée par leurs propres ancêtres, chemins qui se divisent, s’entrecoupent et se croisent avec les nôtres, jusqu’à ce qu’ils trouvent un même cap, marqué par la dignité rebelle qui parle en tant de langues et est de tant de couleurs comme l’est la nature elle-même, qui se tissent de petites broderies pour pouvoir construire ce que nous avons besoin d’être.

Donc, frères et sœurs de ce monde endolori mais réjoui par la révolte qui nous nourrit, nous invitons à poursuivre la marche d’un pas petit mais ferme, à continuer de nous rencontrer, en partageant, en construisant et en apprenant, en tissant d’en-bas et à gauche l’organisation de la Sexta que nous sommes. De notre seule révolte et de notre seule résistance naîtra la mort du capitalisme, vivra un nouveau monde pour tous, pour toutes.

San Cristobla de las Casas, Mexique le 3 janvier 2015.

CONGRÈS NATIONAL INDIGÈNE

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE

SEXTA INTERNAIONALE

SEXTA NATIONALE

Point de vue extérieur sur l’attentat contre Charlie Hebdo

source.

 

En attendant que les idées, les sentiments, les doutes, les questions, cessent de tourner dans ma tête, emportés par le tourbillon des faits, en attendant donc que je trouve des mots pour dire ce que m’inspirent l’attentat contre le siège de Charlie Hebdo, la mort de ces dessinateurs, la médiatisation et la récupération écœurante autour d’une unité nationale qui me fait gerber, je vous propose ce texte qui permet de faire un pas de côté et voir autrement ce qui est arrivé ces derniers jours.

Traduction d’un article paru le 7 janvier sur le site hispanophone d’information anticapitaliste kaos en la red.

 

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Huit points urgent à propos de l’attentat terroriste en France.

 

Que tout cela ne nous mènent pas à la haine, mais à la réflexion, pour comprendre que la souffrance vécue aujourd’hui en France, est vécue quotidiennement dans beaucoup d’endroit dans le monde, dont nos propres frontières, et il semble que ce ne soit une information importante que lorsque ça « nous » touche.

 

1) Ma condamnation sans réserves de l’attentat terroriste en France. Une sauvagerie, incompréhensible et injustifiable, qui offre sur un plateau la tête des français au FN, parmi beaucoup d’autre choses. Ma plus grande solidarité aux victimes et leurs proches. Mon soutien total à la revue touchée et à la liberté d’expression.

2) On compte 12 morts. C’est encore trois de moins que les 15 personnes que l’état espagnol a ASSASSINÉ à la frontière de Ceuta, tirant des balles de caoutchouc contre des pauvres qui essayaient simplement d’arriver à la nage sur une plage à la recherche d’une vie meilleur. Il n’y eut pas alors un aussi grand scandale, évidemment. Ils essayèrent même de cacher ça par des mensonges et des tromperies, niant les tirs et parvenant à responsabiliser les victimes elles-mêmes de cette mort. Tellement assassins les terroristes d’aujourd’hui, comme ceux d’alors. Même si ça dérange.

3) Lorsqu’un fanatique, blond et fasciste, s’est rendu sur une petite île de Norvège et a assassiné des dizaines et des dizaines de personnes, jeunes et adolescents en majorité, arguant de raisons idéologiques et religieuses pour ça, personne n’a accusé le christianisme de ça.

4) En 2014 presque 5000 personnes ont perdu la vie dans des « tragédies » migratoires, causées de manière directe par les politiques migratoires des états capitalistes. Ça importe à peu de ceux qui aujourd’hui se scandalisent et hurlent au ciel contre l’Islam, et si nous parlons des différentes couvertures médiatiques, plutôt nous taire.

5) Les bombes continuent de tomber et de tuer des gens en Irak, en Syrie, en Afghanistan, au Pakistan, etc, etc, chaque jour, avec la complicité, entre autres, du gouvernement français, le rendant responsable direct du massacre de milliers et de milliers de libyens, entre autres. Ça n’a pas le même retentissement et il y en a même pour dire, lorsque ces bombes tombent d’avions « alliés », que c’est au nom de la « Liberté » et de la « Démocratie ». Sans oublier que les mêmes puissances occidentales ont financé des avortons comme ISIS et/ou maintiennent d’excellentes relations avec des gouvernements autoritaires qui les protègent et les financent. Fanatisme.

6) Les religions ne tuent pas, ce sont les personnes qui tuent. Ma plus grande solidarité à toute la communauté musulmane qui ne soutien ni ne soutiendra jamais que ces barbaries puissent être commises en leur nom, qui représentent l’immense majorité, de la même manière que la majorité des gens dans les états occidentaux, nous ne soutenons pas les barbaries commises en notre nom quotidiennement hors de nos frontières.

7) Mon plus profond mépris pour le fanatisme irrationnel qui, tant pis pour la redondance, méprise la valeur de la vie humaine, que ce soit au nom d’une religion, que ce soit au nom de la « démocratie » ou que ce soit au nom du Dieu-Marché et de ses lois migratoires.

8) Que tout cela ne nous mènent pas à la haine, mais à la réflexion, pour comprendre que la souffrance vécue aujourd’hui en France, est vécue quotidiennement dans beaucoup d’endroit dans le monde, dont nos propres frontières, et il semble que ce ne soit une information importante que lorsque ça « nous » touche.

Parole de l’EZLN pour le 21e anniversaire du début de la guerre contre l’oubli

source.

Traduction du communiqué de l’EZLN paru le 1er janvier sur le site de liaison zapatiste à l’occasion du 21e anniversaire du soulèvement zapatiste et du Premier festival Mondial des Résistances et Révoltes contre le Capitalisme.
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Parole de l’EZLN pour le 21e anniversaire du début de la guerre contre l’oubli. Sous-commandant Moisés.

 

Armée Zapatiste de Libération Nationale.

Mexique.

 

31 décembre 2014 et 1er janvier 2015.

Compañeras et compañeros proches des étudiants d’Ayotzinapa assassinés et disparus par la faute du mauvais gouvernement et de ce système capitaliste :

Compañeras et compañeros du Congrès National Indigène :

Compañeras et compañeros et compañeroas de la Sexta du Mexique et du monde :

Compañeras et compañeros Base de soutien de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale :

Compañeras et compañeros commandants et commandantes, chefs du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène-Commandement Général de l’EZLN :

Compañeras et compañeros miliciennes et miliciens :

Compañeras et compañeros insurgés et insurgées :

Compas :

Par ma voix parle la voix de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale.

Recevez tous, toutes et tout.e.s qui ont été et sont présents, le salut des hommes, des femmes, des enfants, des anciens et anciennes zapatistes.

Que soit bienvenu le pas, la voix, l’écoute, le regard, le cœur collectif d’en-bas et à gauche.

Nous avons comme invités d’honneur les familles de ceux qui nous manquent à Ayotzinapa, au Mexique et dans le monde.

Nous vous remercions de tout cœur de l’honneur que vous nous faites en étant présents ici aux côtés des peuples zapatistes que nous sommes.

Vos silences et vos mots nous honorent également.

Votre douleur et votre rage nous rapprochent.

Nous, les hommes et les femmes zapatistes, ne perdons pas de vue ni ne refusons l’écoute à la peine et à la colère d’Ayotzinapa que nous montrent et dont nous parlent les proches.

La peine pour les morts et les disparus. La colère pour les mauvais gouvernements qui cachent la vérité et nient la justice.

Ce que nous savons et ce dont nous nous souvenons de cette lutte d’Ayotzinapa c’est que seulement comme des peuples organisés nous trouverons la vérité.

Non seulement la vérité disparue à Ayotzinapa, mais aussi toutes les vérités qui ont été séquestrées, emprisonnées et assassinées dans tous les recoins de la planète Terre.

Sur cette vérité aujourd’hui absente nous pourrons construire la justice.

Parce que nous, hommes et femmes zapatistes, nous pensons qu’il ne faut plus avoir confiance dans les mauvais gouvernements qu’il y a partout dans le monde.

Ces mauvais gouvernements qui ne servent que les grands capitalistes.

Ces mauvais gouvernements qui ne sont que les employés du capital. Les contremaîtres, les majordomes et les caporaux de la grande hacienda capitaliste.

Ces mauvais gouvernements ne feront jamais rien de bien pour les peuples.

Peu importent toutes les paroles qu’ils peuvent dirent, ces gouvernements ne commandent pas, parce que le véritable Commandeur est le capitalisme néo-libéral.

C’est pourquoi il ne faut rien croire des mauvais gouvernements.

Tout ce que nous pouvons vouloir en tant que peuples nous devons le construire entre nous.

Tout comme les proches des assassinés et disparus d’Ayotzinapa construisent leur recherche de vérité et de justice.

Tout comme vous construisez votre propre lutte.

Nous voulons dire aux pères et mères des compagnons disparus de ne pas se fatiguer de lutter et de ne pas cesser de lutter pour la vérité et la justice pour les 43.

Cette lutte des proches d’Ayotzinapa est l’exemple et l’aliment que vous nous donnez, à nous, ceux qui veulent vérité et justice sur toutes les terres de la planète.

Elle veut que nous prenions exemple sur les papas et les mamans, délaissant la maison et la famille pour travailler et rencontrer d’autres familles qui connaissent les mêmes douleurs, rages et résistances.

L’espoir n’est pas dans un homme ou une femme individuellement, comme ils nous font croire en disant « votez pour moi » ou « venez dans cette organisation parce que nous allons gagner la lutte ».

C’est comme ça qu’ils disent.

Mais, quelle lutte ? Oh, nous savons que ce que eux veulent c’est arriver au Pouvoir et après ils oublient tout et tout le monde.

C’est pour ça qu’il vaut mieux que nous prenions exemple des proches d’Ayotzinapa dans la manière de nous organiser.

Il faut construire et faire grandir des organisations dans chaque lieux où nous vivons.

Imaginons comment pourrait être une nouvelle société.

Pour ça nous devons étudier comment nous sommes dans cette société dans la quelle nous vivons.

Nous, hommes et femmes zapatistes, nous disons que nous sommes dans une société où nous sommes exploités, réprimés, méprisés et dépouillés depuis des siècles par des patrons et des leaders, et jusqu’à maintenant, à la fin de 2014 et aux débuts de 2015, la société continue comme ça.

Et depuis lors ils ont voulu nous tromper en nous disant que eux, ceux d’en-haut, sont les plus cool et que nous, nous ne servons à rien.

Que nous sommes idiots et idiotes, comme ils disent.

Qu’eux savent penser, imaginer, créer, et que nous ne sommes que les péons de ce qu’ils font.

« Qu’ils aillent se faire foutre avec ça ! » « Ça suffit ! », comme nous avons dit nous, hommes et femmes zapatistes, en 1994, et nous avons alors dû nous gouverner de manière autonome.

C’est ainsi que nous le voyons, nous, hommes et femmes zapatistes, que cet effort dans le travail et dans la lutte avec révolte et dans la résistance avec dignité des proches des compagnons étudiants disparus, c’est qu’ils nous appellent à nous organiser pour qu’il ne nous arrive pas la même chose.

Ou pour que nous sachions quoi faire avant qu’il ne nous arrive la même chose.

Ou quoi faire pour que n’arrive jamais à personne ce qui leur est arrivé par la faute de ce système dans lequel nous vivons.

Parce que les proches d’Ayotzinapas l’ont très bien expliqué. En tant que bons professeurs les proches ont expliqué que le responsable du crime est le système par l’entremise de ses contremaîtres.

Et le système a aussi ses écoles de contremaîtres, de majordomes et de caporaux, et à ces écoles appartiennent les partis politiques qui ne cherchent que responsabilités, postes, même de petits postes.

C’est là que se préparent les serviteurs des mauvais gouvernements. Là ils apprennent à voler, à tromper, à imposer, à commander.

De là, sortent ceux qui font les lois, que sont les législateurs.

De là, sortent ceux qui obligent à obéir à ces lois avec violence, que sont les grands présidents, les moyens et les petits, avec leurs armées et leurs polices.

De là, sortent ceux qui jugent et condamnent ceux qui n’obéissent pas à ces lois, que sont les juges.

Et puis bon, on voit bien que ça n’a pas d’importance que ces contremaîtres, ces majordomes et ces caporaux soient des hommes ou des femmes, ni qu’ils soient blancs, noirs, jaunes, rouges, verts, bleus, cafés, ou n’importe quelle couleur.

Leur travail à ceux d’en-haut est de ne pas nous laisser respirer, nous, ceux qui sont en-bas.

Parfois celui qui ordonne de tuer a la même couleur de peau que celui qui est tué.

Parfois l’assassin et la victime ont la même couleur et la même langue.

Et ni le calendrier ni la géographie n’ont d’importance.

Ce à quoi nous fait penser la lutte des familles et camarades d’Ayotzinapa c’est que ceux qui séquestrent, assassinent et mentent sont les mêmes.

Que celui qui prêche le mensonge ne cherchera pas la vérité.

Que celui qui impose l’injustice ne rendra pas justice.

Et c’est que nous pensons que cela ne peut pas durer ainsi et toujours, de toutes parts et à tous les niveaux.

Et c’est ce que nous enseignent les proches d’Ayotzinapa, qu’il vaut mieux que nous nous cherchions et que nous nous trouvions, nous qui souffrons de cette maladie qu’on appelle capitalisme.

Par la main des proches d’Ayotzinapa nous cherchons les disparues qu’il y a dans tous les mondes que nous sommes.

Parce que les disparues et les assassinées de chaque jour et de chaque heure et de toute part ce sont la vérité et la justice.

Par la main des proches des 43 nous comprenons qu’Ayotzinapa n’est pas dans l’état mexicain du Guerrero, mais que c’est partout dans le mode d’en-bas.

Par leur main nous comprenons que l’ennemi commun au champ et à la ville c’est le capitalisme, non seulement dans un pays mais dans le monde entier.

Mais cette guerre mondiale capitaliste trouve dans tous les recoins des gens qui se révoltent et qui résistent.

Ces gens en révolte et en résistance s’organisent selon leur propre pensée, selon leur lieux, selon leur historie, à leur manière.

Et dans leurs luttes de révolte et de résistance ils apprennent à se connaître entre eux et ils trouvent des accords pour parvenir à ce qui est voulu.

Ils se connaissent mais ne se jugent pas entre eux.

Ils n’entrent pas en compétition pour voir qui est meilleur. Ils ne se demandent pas qui en a fait le plus, qui va devant, qui est l’avant-garde, qui commande.

Ce qu’ils se demandent entre eux c’est si il existe quelque chose de bien dans ce que fait le capitalisme.

Et comme la réponse qu’ils trouvent c’est que NON il n’y a rien de bien, mais tout au contraire, qu’il nous fait souffrir mille maux, il est donc logique que nous ayons mille formes de répondre à ce mal.

C’est à dire que la question devient : comment on fait pour se révolter contre le mal ? Comment on résiste pour que ce mal du capitalisme ne détruise pas ? Comment on fait pour recommencer à construire ce qui a été détruit de façon à ce que ça ne soit pas pareil mais mieux ? Comment se relève celui qui est tombé ? Comment retrouve-t-on le disparu ? Comment se libère le prisonnier ? Comment vivent les morts ? Comment se construisent la démocratie, la justice, la liberté ?

Il n’y a pas une seule réponse. Il n’y a pas de manuel. Il n’y a pas de dogme. Il n’y a pas de credo.

Il y a de nombreuses réponses, de nombreuses manières, de nombreuses formes.

Et chacun avance en regardant ses résultats et en apprenant de sa propre lutte et d’autres luttes.

Pendant que ceux d’en-haut s’enrichissent en paies, ceux d’en-bas s’enrichissent d’expériences de lutte.

Et, frères et sœurs, nous vous disons clairement que nous, les hommes et les femmes zapatistes, nous avons appris en nous regardant et en nous écoutant, et en regardant et écoutant le monde.

Ça n’a jamais été, ce n’est pas et ce ne sera pas par un ou une individu.e que nous viendra le cadeau de la liberté, de la vérité, de la justice.

Parce que finalement, amis et ennemis, la liberté, la vérité et la justice ne sont pas des cadeaux, mais des droits qu’ils faut conquérir et défendre.

Et ce sont les collectifs qui font ça.

Nous sommes les peuples, les femmes, les hommes et les autres du champ et de la ville nous sommes ceux qui devons prendre par la main la liberté, la démocratie et la justice pour une société neuve.

Voilà ce que nous proposent les pères et mères des camarades disparus.

De mille formes nous allons devoir lutter pour conquérir cette nouvelle société. Avec différents degré d’engagement nous allons devoir participer à cette société neuve.

Nous devons tous accompagner dans la lutte les proches d’Ayotzinapa dans la recherche de la vérité et de la justice, juste et simplement parce que c’est le devoir de n’importe qui étant d’en-bas et à gauche,

Et nous disons accompagner, parce qu’il ne s’agit pas de les diriger, de les manipuler, de les utiliser, de les mépriser.

Il s’agit de lutter à leurs côtés.

Parce qu’aucun être humain honnête ne peut se réjouir de cette douleur et de cette rage, de cette injustice.

Sœurs et frères proches des absents d’Ayotzinapa :

Les zapatistes, hommes et femmes, nous vous soutenons parce que votre lutte est juste et vraie. Parce que votre lutte doit être celle de toute l’humanité.

C’est vous et personne d’autres qui avez mis le mot « Ayotzinapa » dans le vocabulaire mondial.

Vous, avec votre parole simple. Vous sans autre caudillo que votre cœur endolori et indigné.

Et ce que vous avez montré nous a donné beaucoup de force et de courage à nous les gens simples d’en-bas et à gauche.

Parce que là-bas dehors ils se dit et se crie que seules les grosses têtes savent comment, que seulement avec des leaders et des caudillos, que seulement avec des partis politiques, que seulement avec les élections.

Et ils sont là dans leur cris sans s’écouter entre eux, sans écouter la réalité.

Et alors est apparue votre douleur à vous, votre rage à vous.

Et vous nous avez alors appris que c’était et que c’est aussi notre douleur, que c’était et que c’est aussi notre rage.

C’est pour ça que nous vous avons demandé d’endosser notre représentation en ces jours du Premier Festival Mondial des Résistances et Révoltes contre le Capitalisme.

Nous désirons non seulement que soit atteint le noble objectif du retour en vie de ceux qui nous manquent encore.

Nous continueront également à soutenir de nos petits forces.

Comme zapatistes nous sommes sûrs que vos absents, qui sont les nôtre aussi, lorsqu’ils seront à nouveau présent ne s’émerveilleront pas tant de voir leurs noms repris dans bien des langues et en de nombreuses géographies. Pas plus que parce que leurs visages ont parcouru le monde. Ni parce que la lutte pour leur réapparition en vie a été et est globale. Ni parce que leur absence a fait tomber le mensonge fait gouvernement et dénoncé la terreur faite système.

Oui ils s’émerveilleront, mais en se rendant compte de la stature morale de leurs proches, de vous, qui à aucun moment n’avez laissé tomber leurs noms. Et que, sans se rendre, sans se vendre, sans faillir, vous avez continué à les chercher jusqu’à les retrouver.

Alors, ce jour ou cette nuit-là, vos absents vous donneront la même accolade que celle que nous, les hommes et femmes zapatistes, nous vous donnons maintenant.

Une accolade tendre, respectueuse, d’admiration.

Et en plus, nous vous donnons 46 baisés, un pour chacun des absents :

– Abel García Hernández

– Abelardo Vázquez Peniten

– Adán Abraján de la Cruz

– Antonio Santana Maestro

– Benjamín Ascencio Bautista

– Bernardo Flores Alcaraz

– Carlos Iván Ramírez Villarreal

– Carlos Lorenzo Hernández Muñoz

– César Manuel González Hernández

– Christian Alfonso Rodríguez Telumbre

– Christian Tomás Colón Garnica

– Cutberto Ortiz Ramos

– Dorian González Parral

– Emiliano Alen Gaspar de la Cruz.

– Everardo Rodríguez Bello

– Felipe Arnulfo Rosas

– Giovanni Galindes Guerrero

– Israel Caballero Sánchez

– Israel Jacinto Lugardo

– Jesús Jovany Rodríguez Tlatempa

– Jonás Trujillo González

– Jorge Álvarez Nava

– Jorge Aníbal Cruz Mendoza

– Jorge Antonio Tizapa Legideño

– Jorge Luis González Parral

– José Ángel Campos Cantor

– José Ángel Navarrete González

-José Eduardo Bartolo Tlatempa

-José Luis Luna Torres

-Jhosivani Guerrero de la Cruz

-Julio César López Patolzin

-Leonel Castro Abarca

-Luis Ángel Abarca Carrillo

-Luis Ángel Francisco Arzola

-Magdaleno Rubén Lauro Villegas

-Marcial Pablo Baranda

-Marco Antonio Gómez Molina

-Martín Getsemany Sánchez García

-Mauricio Ortega Valerio

-Miguel Ángel Hernández Martínez

-Miguel Ángel Mendoza Zacarías

.-Saúl Bruno García

.- Julio César Mondragón Fontes

.- Daniel Solís Gallardo

.- Julio César Ramírez Nava

.- Alexander Mora Venancio

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Compas, tous, toutes, et tout.e.s :

Vous êtes ici avec nous, les frères et les sœurs des peuples originaires qui luttent dans la grande entente que l’on nomme Congrès National Indigène.

Depuis plus de 500 ans nous nous sommes cherchés comme peuples originaires sur les chemins de la révolte et de la résistance,

Depuis plus de 500 ans ont été la douleur et la rage et la nuit sur notre chemin.

Depuis plus de 500 ans notre acharnement a été de conquérir la liberté, la vérité et la justice.

Depuis plus de 18 ans nous nous sommes rencontrés en tant que Congrès National Indigène par la main de la défunte Commandante Ramona.

Depuis lors nous avons essayé d’être les élèves de son savoir, de son histoire, de son acharnement.

Depuis lors nous révélons, ensemble, l’avancé du funeste carrosse du capitalisme sur nos os, notre sang, notre histoire.

Et nous nommons l’exploitation, la spoliation, la répression et la discrimination.

Et nous nommons le crime et le criminel : le système capitaliste.

Mais pas seulement, avec nos os, notre sang, notre histoire aussi, nous nommons la révolte et la résistance des peuples originaires.

Avec le Congrès National Indigène nous levons la digne couleur de la terre dont nous sommes.

Avec le Congrès National Indigène nous avons appris que nous devons savoir nous respecter, que nous aurons tous notre place dans nos revendications.

Nous comprenons qu’en ce moment le plus urgent est la vérité et la justice pour Ayotzinapa.

Aujourd’hui le plus douloureux et le plus indignant c’est que les 43 ne sont pas avec nous.

Nous ne voulons pas que demain il nous arrive la même chose, c’est pour ça que nous en parlons ici dans nos peuples, nos nations, nos quartiers et tribus.

Nous appelons nos peuples à ne pas permettre qu’ils continuent à nous tromper avec de misérables miettes, seulement pour nous maintenir muets et que les Commandeurs continuent à s’enrichir à nos frais.

Nous unissons nos rages et nous organisons et luttons dignement sans nous vendre, sans nous rendre et sans faillir pour nos prisonniers politiques, qui pour avoir lutter contre les injustices dans lesquelles nous vivons sont en prisons.

En tant que peuples originaires nous nous battons pour ce qui est notre droit, nous savons comment faire cela, ainsi que nous l’ont enseigné nos trisaïeuls qu’ils n’ont pu achever en tant qu’originaires que nous sommes de ces terres.

C’est pour ça que nous existons dans tant de langues, parce qu’ils surent, nos aïeux, comment ne pas se laisser achever, maintenant c’est à notre tour.

Nous devons tous dire NON aux transnationales.

Dans nos peuples, nations, quartiers, tribus, nous devons tous penser à ce que nous allons faire, comment nous allons le faire, nous devons penser comment nous devons communiquer sur ce que nous font les mauvais gouvernements.

Souhaitez que nous nous organisions et que nous veillions les uns sur les autres.

Parce qu’ils vont vouloir nous acheter, ils vont nous offrir des miettes, ils vont nous offrir de petits postes.

Ils vont chercher toutes les façons de nous diviser et de faire que nous nous battions et que nous nous tuions entre nous.

Ils vont vouloir nous dominer et nous contrôler avec d’autres idées.

Ils vont nous espionner et ils vont vouloir nous insuffler tous types de peurs.

Et ils vont nous tendre mille pièges, de ceux qui nous feront tomber et arrêter de lutter pour notre peuple.

Mais peut-être allons-nous permettre qu’ils continuent encore 520 ans à nous traiter comme leurs ordures ?

Nous voulons seulement vivre en paix, sans exploitation de l’homme par l’homme, nous voulons l’égalité entre hommes et femmes, le respect de la différence, et que nous décidions ensemble de notre destin, le monde que nous voulons au champ et à la ville.

Certainement sommes-nous ceux qui sauront la meilleur façon de vivre que nous voulons différente de celle qu’ils nous imposent.

Nous, les hommes et les femmes zapatistes, nous voulons demander aux peuples originaires du Congrès National Indigène qu’ils embrassent les proches d’Ayotzinapa en les recevant sur leurs territoires.

Nous leur demandons d’inviter leurs pas et leurs cœurs.

Nous leur demandons pour eux de nous faire l’honneur de leur parole et de leur écoute.

Grande est la sagesse qui habite dans les cœurs des peuples originaires, et elle grandira plus en partageant la parole de la douleur et de la rage avec ces personnes.

En tant que gardiens et gardiennes que nous sommes de la terre mère, nous savons bien que notre pas est long et qu’il nécessite de la compagnie.

Il y a encore tant à marcher et nous ne pouvons pas nous arrêter.

Nous continuerons donc à avancer.

En tant que peuples originaires nous connaissons bien la terre, nous travaillons la terre mère, vivons de ce qu’elle nous donne, sans que nous n’exploitions.

Nous veillons, nous aimons et nous reposons en paix en elle.

Nous sommes les gardiens et gardiennes de la terre mère.

Avec elle nous pouvons tout, sans elle tout se meurt inutilement.

Comme peuples originaires notre heure est venue maintenant et à jamais.

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Compañeras, compañeros et compañeroase de la Sexta nationale et internationale :

Ces jours-ci, en étant là ou en n’y étant pas, a été réalisée un échange qui n’est qu’un pas de plus que nous devons faire ensemble en tant que Sexta et chacun en son propre espace de lutte, à sa façon, avec son histoire.

Parfois l’histoire qui avance nous met face à quelque chose qui nous unit, sans que compte la géographie où marchent nos rêves et sans que ne compte le calendrier de notre lutte.

Ayotzinapa a été un point où nous nous sommes réunis.

Ça ne suffit pas.

Nous travaillons, nous nous organisons et nous luttons pour nos camarades disparu.e.s et nous luttons pour nos prisonnier.e.s.

Nous formons un tourbillon de vents dans le monde, pour qu’ils nous rendent nos disparus vivants.

Oui nous ne formons qu’un. Nous ne sommes qu’un en tant qu’êtres humains, mais il y a quelques bêtes qui nous font disparaître, ce sont les capitalistes.

Nous ne formons qu’une vague et nous enveloppons ces bêtes et nous noyons ces méchants qui nous ont fait tant de mal dans le monde.

Nous comptons les uns pour les autres comme nous l’enseigne les proches d’Ayotzinapa.

Sans repos comme eux, sans en profiter pour en remettre une couche pour d’autres intérêts.

Compañeros et compañeras, enlevons de nos têtes le mauvais sens du mot « profiter ».

Nous pensons au bon sens du mot, nous profitons de notre bien commun. Nous avons bien vu le mal que font ceux qui ont profité en nous exploitant.

Et toujours ils nous font disparaître, nous torturent, nous emprisonnent.

Liberté, justice, démocratie et paix est notre destinée.

Il est temps maintenant que nous les pauvres du monde commencions à construire un autre monde plus juste, où nous laissions prêtes les générations qui n’ont pas permis que revienne le sauvage capitalisme néo-libéral.

Nous entendons le cri des 43 camarades jeunes étudiants, qui nous disent « cherchez-nous et trouvez-nous, ne permettez pas qu’ils couvrent notre cri, nous les 43 qui sommes les mêmes que vous, qui fumes privés de notre liberté, qui voyons si vous luttez pour nous et si vous ne luttez pas, ça veut dire que vous ne lutterez pas pour ce qui va arriver d’autres aux vôtres ».

Le cri des 43 camarades nous dit « aidez, accompagnez, luttez, organisez, travaillez, bougez avec nos proches, qu’on laisse seuls maintenant qu’approchent les élections, c’est ce qui fait qu’on nous oublie ».

Nous ajoutons aux luttes que nous avons, la lutte pour les disparus et disparues.

Nommons les absents. Signalons clairement le crime. Signalons le criminel.

Les proches d’Ayotzinapa ont nourrit notre force de révolte et de résistance, ils ont ouvert nos yeux un peu plus et ont fait grandir notre digne rage.

Eux sont en train de montrer un chemin et nous disent que donner leur vie ne compte pas pour eux si c’est nécessaire pour leurs disparus.

Et ils nous montrent également qu’il faut nous organiser, nous tous qui avons des disparus et aussi ceux qui n’ont pas encore de disparus, mais qui vont en avoir si nous ne nous organisons pas, parce que c’est comme ça que fonctionnent les narco-gouvernements.

Ils nous montrent qu’il faut lutter, que ça n’a pas d’importance si nous n’apparaissons pas dans les médias de communication à gages, ce qui compte c’est la vie et qu’il n’y ait plus de morts et de disparus.

Ils nous montrent qu’il est temps de nous organiser.

Qu’il est temps que nous décidons, nous, de notre destin.

Comme ça, aussi simple que compliqué.

Parce que ça demande organisation, travaille, lutte, révolte et résistance.

Seulement avec des mouvements et des organisations, nous, ceux d’en-bas, pourrons nous défendre et nous libérer.

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Compañeras et compañeros de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale :

Ce fut une année difficile.

La guerre continue contre notre volonté de paix.

Le Commandeur continue à vouloir tuer notre liberté.

Le mensonge continue de vouloir cacher notre acharnement.

Notre sang et notre mort continuent à abonder dans nos montagnes.

Comme depuis un bon bout de temps, la douleur et la mort qui avant n’étaient que pour nous continuent de s’étendre à d’autres partie et touchant d’autres du champ et de la ville.

L’obscurité se fait plus ample et pesante sur le monde qui touche chacun de nous.

Oui nous le savions.

Oui, nous le savons.

C’est pour ça que nous nous sommes préparés durant des années, des décennies, des siècles.

Notre regard ne porte pas seulement au plus près.

Il ne porte pas seulement sur le présent, ni non plus sur notre seul sol.

Nous regardons loin dans le calendrier et la géographie et ainsi nous nous pensons.

Nous nous unissons à toujours plus d’autres par la douleur, mais aussi par la rage.

Parce que maintenant et depuis longtemps, nous voyons que dans bien des recoins s’allument des lumières.

Lumières de révolte et de résistance.

Parfois petite comme la nôtre.

Parfois grandes.

Parfois elles tardent.

Parfois seulement par une étincelle qui s’éteint rapidement.

Parfois elles tiennent et tiennent, sans s’éteindre dans la mémoire.

Et de toutes ces lumières on devine que le lendemain qui vient sera très différent.

Oui, nous le savions il y a 21 ans, il y a 31 ans, il y a 100 ans, il y a 500 ans.

Oui, nous savons que nous devons lutter chaque jour, à toute heure, en tous lieux.

Oui, nous savons que nous ne nous rendrons pas, que nous ne nous vendrons pas et que nous ne faillirons pas.

Oui, nous savons que manque ce qui manque.

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Compas, tous, toutes, tout.e.s :

Ces prochains jours, semaines, mois, nous ferons connaître plus de nos paroles, de notre pensée sur comment nous voyons le petit monde et le grand monde.

Ce seront des paroles et des pensées difficiles tant elles sont simples.

Car nous voyons clairement que le monde n’est plus le même qu’il y a 100 ans, et bon même plus le même qu’il y a 20 ans.

En tant que zapatistes que nous sommes, bien que petits et petites, nous pensons le monde.

Nous l’étudions dans ses calendriers et ses géographies.

La pensée critique est nécessaire à la lutte.

Théorie disent-ils de la pensée critique.

Pas la pensée fainéante, qui se conforme à ce qui existe.

Pas la pensée dogmatique, qui se fait Commandeur et impose.

Pas la pensée tricheuse, qui argumentent à coup de mensonges.

Mais la pensée qui interroge, qui questionne, qui doute.

Pas même dans les conditions les plus difficiles il ne faut abandonner l’étude et l’analyse de la réalité.

L’étude et l’analyse sont aussi des armes pour la lutte.

Mais ni seulement la pratique, ni seulement la théorie.

La pensée qui ne lutte pas, ne fait rien de plus que du bruit.

La lutte qui ne pense pas, répète les erreurs et ne se lève plus après être tombée.

Et lutte et pensée s’unissent dans les guerrières et guerriers, dans la révolte et la résistance qui secouent aujourd’hui le monde bien que son bruit ne soit silencieux.

Nous pensons et nous luttons, nous, les hommes et les femmes zapatistes.

Nous luttons et nous pensons au sein du cœur collectif que nous sommes.

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Compañeras, compañeros, compañeroas:

Il n’y a pas un unique chemin.

Il n’y a pas un pas unique.

Tous ceux qui luttent n’ont pas la même manière de le faire.

Le marcheur n’est pas un.

Les temps et les lieux sont divers et nombreuses les couleurs qui brillent en-bas et à gauche sur la terre qui souffre.

Mais le destin est le même : la liberté. La Liberté. LA LIBERTÉ.

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Compañeros, compañeras, compañeroas:

Sœurs et frères :

21 ans après le début de notre guerre contre l’oubli, telle est notre parole :

VÉRITÉ ET JUSTICE POUR AYOTZINAPA !

VÉRITÉ ET JUSTICE POUR LE MEXIQUE ET LE MONDE !

QUE MEURT LA MORT QU’IMPOSE LE CAPITALISME !

QUE VIVE LA VIE QUE CRÉE LA RÉSISTANCE !

POUR L’HUMANITÉ ET CONTRE LE CAPITALISME !

RÉVOLTE ET RÉSISTANCE !

Depuis les montagnes du Sud-Est Mexicain.

Pour le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène-Commandement Général de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale.

Sous-commandant Insurgé Moisés.

Mexique, janvier 2015

 

 

Vidéo de la rencontre entre l’EZLN et les proches des disparus d’Ayotzinapa: