Archive for avril 2015

RAPPORT SUR L’INSCRIPTION AU SÉMINAIRE « LA PENSÉE CRITIQUE FACE A L’HYDRE CAPITALISTE »

source.

 

Traduction collective (@ValKaracole, @EspoirChiapas, et moi) du communiqué de l’EZLN publié le 22 avril. Vous pouvez donc retrouver cette traduction sur le site d’Espoir Chiapas, ainsi que sur le site de Liaison Zapatiste.

Le sⒶp

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RAPPORT SUR L’INSCRIPTION AU SÉMINAIRE

« LA PENSÉE CRITIQUE FACE A L’HYDRE CAPITALISTE »

SUPGALEANO

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE

MEXIQUE.

21 avril 2015.

Aux [email protected] de la Sexta :

Aux présumé-e-s assistant-e-s au Séminaire « La Pensée Critique face à l’Hydre Capitaliste » :

Nous vous avisons que :

Jusqu’au 21 avril 2015, se sont inscrits pour assister au séminaire « La Pensée Critique face à l’Hydre Capitaliste », approximativement 1074 hommes, femmes, autres, filles, garçons, anciens, anciennes du Mexique et du monde. De ce total :

558 personnes sont adhérentes à la Sexta.

430 personnes ne sont pas adhérentes à la Sexta.

82 personnes disent être des médias libres, autonomes, indépendants, alternatifs ou comme ils se nomment.

4 personnes sont des médias de communication à gages (seule une personne des médias commerciaux, une des trois parrainées par le gouvernement de l’état du Chiapas pour ternir le nom du compa maître zapatiste Galeano et présenter ses assassins comme victimes, a été refusée).

Maintenant, bon, nous ne savons pas si dans ces 1074 personnes qui se sont inscrites jusqu’à ce jour, il y en a beaucoup qui se sont trompées et pensent s’être inscrites au mariage de mademoiselle Anahi (il semblerait qu’elle se marie avec quelqu’un du Chiapas, je ne sais pas, ne m’écoutez pas trop car la politique et la farandole sont très déroutantes ici… Ah ! Là-bas aussi ? Je n’en parle pas ?). Bon, je vous donne l’info car c’est bien plus que ceux que nous avions prévu qui assisteraient au semencier. Clairement, maintenant le problème est pour la bande du CIDECI, c’est ainsi : courage !

Quoi ? S’il est toujours possible de s’inscrire ? Je crois que oui, je ne sais pas. Interrogé par rapport à ça par les Tiers Compas, le doctor Raymundo a déclaré : « il n’y a pas de problème, de toute manière, ceux qui seront attentifs sont bien moins« . Ok ok ok il n’a pas dit ça, mais dans le contexte il aurait pu le dire. C’est plus, le doc ne sait même pas combien de personnes vont se rendre au CIDECI.

De toute manière, si vous êtes absorbé-e par la grande qualité des campagnes électorales et réfléchissez profondément sur les diaphanes propositions des candidat-e-s, vous ne devriez pas perdre votre temps à ça, à la pensée critique.

Bon, n’oubliez pas votre brosse à dent, savon et quelque chose pour vous coiffer.

Depuis la conciergerie du semencier, cherchant le chat-chien.

Sup Galeano.

Mexique, Avril 2015.

Le Chat-Chien lors du chat de « Attention zapatiste au client antizapatiste » :

(Vous êtes en ligne, dans un moment l’un de nos conseiller-e-s va vous répondre. Si ça tarde, c’est parce que c’est l’heure du pozol. Nous vous remercions de votre patience)

huella

– Bonjour ? Allô ?

 

huella

– Ah, allô, je veux m’inscrire.

 

huella  huella

– Allô, mais il y a toujours de la place ?

 

huella

– Bon, allô, parce que je veux un lieu très proche, vous comprenez ?

 

huella

– Allô, et y’aura la possibilité pour un selfie? autographes? tout ça ?

 

huella huella

– Oui allô, je me demande si dans l’inscription ils te donnent comme qui dirait un bonus.

 

huella

– Comment ! allô, c’est pas ici l’inscription pour le concert de Juan Gabriel ?

 

huella

– Merde ! Je le savais, allô. Je l’avais dit aux autres que si nous ne nous dépêchions pas, nous n’arriverions pas à avoir de place.

 

huella

– Bon, allô, s’il n’y a pas de place avec Juan Gabriel, ben alors avec Jaime Maussan.

 

huella

– Il n’y a pas de place non plus avec Maussan ! Bon, allo, ben dites moi où il y a de la place.

 

huella

– Allez ! Allô, vous voulez paraître très postmodernes non ? Très de MetaFukuyama et tout ça, non ?

 

huella

– Allô, ben laissez-moi vous dire que pour du postmodernisme, celui de José Alfredo Jimenez et son déjà très classique aphorisme de « la vie ne vaut rien ». Ça, écoutez, ce sont des coups de fouets et pas des bêtises comme le nihilisme avec préservatifs et serviettes féminines de couleurs.

 

huella

– Bon, allô, laissez-moi vous dire que ce qui importe réellement c’est un pragmatisme illustré. Ou que ce soit avec de bonnes vibes, vous me comprenez ? Par exemple, allo, l’Araignée tissant des alliances inavouables, Menique investissant sa paie dans différents « scénarios », et la gauche institutionnelle doutant entre être de gauche ou être institutionnelle, le LauraBozzo de avant-gardisme du prolétaire pontifié, beaucoup de nus sveltes, pour leur rappeler la cellulites et les rides, Kirkman proposant le fascisme comme la meilleure option en temps de crise, Rick et Carol tels quels, Tyron changeant la Cercei en Khaleesi, le « journalisme d’investigation » cherchant qui lui ferait son travail avec comme consigne « dénonce, nous verrons si ça peut se vendre ». Si, ce dont Alejandria a besoin c’est moins de latinos et afro américains, et plus dans l’ambiance Justin Bieber et Miley Cyrus. Et voilà, jusqu’au putain de dragons qui ont changé de partis politique et les Stark avec des problèmes pour obtenir l’inscription. Et ensuite, le Mance Rider, qui a vraiment voulu se mettre dans l’ambiance libertaire et tout ça, et ils l’ont inculpé pour ne pas vouloir aller voter. Ah, mais dans le jeu des trônes qui importe, le tirage au sort est dans l’île de Braavos. Sept Royaumes sinon rien! L’hiver s’approche et « La Banque de Fer obtient ce qui lui appartient. »

 

huella

– Allô, je vous ferais bien plus de spoiler, mais non. Je vous laisse avec vos doutes ! Souffrez ! Allô.

 

huella

– Allô, vous êtes sûr qu’il n’y a pas de place ? Ni même pour Neil Diamond ? La Sonora Santanera ? Arjona s’il le faut ?

 

huella

– Allô, j’ai un doute : c’est pas ici où on s’inscrit pour des spectacles, vous savez, ciné, théâtre, concerts, le bar comique, les campagnes électorales, Don Francisco, cirques avec des animaux à la carte, candidatures, realitishow, spots vert sur l’écran Imax, « Arrête de Souffrir » avec charge du trésor, baisse de poids en trottant jusqu’aux urnes ?

 

huella

– Je le savais ! Écoutez ! Putain de Peñarobots ! Je suis sûr qu’ils sont abstentionnistes ! Vous ne comprenez pas que vous faites le jeu de la droite ? Vous ne voyez pas les grandes avancées des gouvernements progressistes dans le monde ? C’est sûr que vous louez ou que vous avez hypothéqué la maison, allô. Une personne ici, ayant sa propre maison, s’efforce de vous orienter et vous diriger, et vous êtes dans le sadomasochisme, allô. J’espère qu’on vous a donné le gâteau avec la salmonelle ! Là ils ont leur unlique, leur miute, leur blocage et leur unfolo ! Maintenant, à voir comment ils vivent, allô !

 

 huellahuellahuella
(L’usager a quitté la ligne. La session de chat est achevée. Fin de transmission).
(…)

(un liquide vert coule)

(…)

(voix off) : Qui a laissé le pozol aigrir sur le clavier ! Je vous ai déjà dit de ne pas laisser le chat-chien s’emparer de l’ordinateur ! Ah, mais laissez-moi le trouver et il va voir !

J’atteste.

SupGaleano

huellawouaf ! miaou ! (et vice versa).

Pourquoi cet air si sérieux ?

source.

 

Traduction collective (@ValKaracole, @EspoirChiapas, et moi) du communiqué de l’EZLN publié le 9 avril. Vous pouvez donc retrouver cette traduction sur le site d’Espoir Chiapas, ainsi que sur le site de Liaison Zapatiste.

Le sⒶp

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Pourquoi cet air si sérieux ?

(01001101 01110101 01100011 01101000 01100001 01110011 00100000 01000111 01110010 01100001 01100011 01101001 01100001 01110011 00100000 01000011 01101111 01101101 01110000 01100001 01110011 -attention : traduire en code binaire-)

 

Avril 2015

Nous ne savions rien. Nous avons su. Ils nous ont expliqué plus ou moins. Nous avons moins compris. Mais bon voilà, comme ils disent après, « nous avons capté le concept dans son contexte intégral ». Soit rien de rien. Mais c’était quelque chose comme quoi nous avions été victime d’une attaque cybernétique de « haut niveau ». Évidemment, nous avons pris nos airs de « pas de problème », de « il n’y aura qu’à prendre les mesures pertinentes », de « ça ira jusqu’aux ultimes conséquences ». Mais, en vérité, nous nous demandions si ce n’était pas le résultat des « clics » que nous faisons sur le site pour qu’augmente le nombre de visites. « Un enthousiaste de la souris », avons-nous pensé. Mais bon ceci est confidentiel, nous vous remercions donc de ne pas le rendre public.

Et puis ensuite ils nous ont dit qu’on estimait que, rien qu’aux États-Unis, le coût moyen annuel des cyberattaques a été de 12,7 millions de dollars en 2014. Nous n’avons pas compris, je me réfère à la quantité. Ils nous ont expliqué. Nous avons alors paniqué et, en courant, nous avons été vérifier si nos réserves de pozole avait diminué. Rien. « Niveau stable », a dit le garde (ceci veut dire qu’il y en a assez pour les hommages et le séminaire). Jusqu’ici tout va bien. Le problème c’est que, afin de célébrer le fait que la cyberattaque n’avait pas réussi à pénétrer les solides caves où nous accumulons « l’or du LXIXe siècle », nous avons fait la fête et dansé avec de la musique électro des dijis du peuple. Résultat ? Les réserves stratégiques ont significativement baissé et maintenant il faut les reconstituer.

Mais, comme on dit, voilà c’est officiel : le néozapatisme est entré dans le XXIe siècle. Ok, ok, ok, on a pris notre temps, mais tenez compte du fait que nous sommes à peine en 2015.

Vous pensiez que l’image moderne du Mexique était de faire du shopping à Beverly Hills, en voyageant en hélicoptère ou dans un spot électoral ? Wrong ! 404 Error ! Erreur ! Fehler ! Oшибка !

La page de l’ezetaelene a été l’objet d’une attaque c-y-b-e-r-n-é-t-i-q-u-e !

Ok, ok, ok, nous ne savons pas bien ce que tout ça veut dire, (nous, tellement pré-modernes, habitués seulement aux attaques de soldats, policiers, paramilitaires, et pisses-copies différents), mais on en entend beaucoup de ceux de là-bas, de beaucoup de cachés, de classe mon cher, de pays riches.

Ah ! J’ai pensé que ce jour n’arriverait jamais ! Que meurent d’envie Sony, Microsoft, et Apple ! Que souffrent de jalousie Obama, Poutine et Merkel ! Que ça renforce la rage de Wallmart, Carrefour, Tesco et Metro ! Qu’ils achètent leurs antiacides les Samsung, LG, et Motorola ! Agenouillez-vous boissons de coca, bouffe de chips et fast-food ! Ne dissimulez pas votre humiliation Fond Monétaire International, Banque Mondiale et Organisation Mondiale du Commerce !

Et nous le prenons pour ce que c’est : un minime hommage à notre humble et muet travail à donner des « clics » à la page web pour qu’augmente le « trafic web » et, bientôt, nous recevrons de l’argent pour annoncer des cours de dépassement de soi, des classes de langues d’elfe, dohtraki, haut valyrio, klingon et na’vi, et, bien sûr, des offres « online » de « Sandales Indiennes Rapide ».

Bon en réalité, et dans la Realidad, tout ça n’est rien d’autre qu’un prétexte pour vous envoyer une accolade et vous dire :

Merci à la bande, aux gens, au crew, au quartier, aux potos, à la fratrie, aux compas, ou comme ils se nomment, qui nous ont donné un coup de pouce, un soutien, un backup, un support et qui, comme on dit aujourd’hui « ont répliqué » le contenu dans leurs pages, tweets, face, et dans les chats les plus proches de leurs cœurs respectifs. Comme il est sûr que cela va de nouveau se passer, bon nous réitérons directement : Merci (s’il vous plaît utilisez la méthode scientifique du « copier – coller » avec ce remerciement car ce ne sera pas la dernière fois).

Depuis la cyber conciergerie, se protégeant avec l’hyper moderne firewall Pozolware 6.9.

Le Sup Galeano, luttant avec le chat-chien pour les droits du copyleft.

(Naaan, c’est pour les pop-corn… et je suis arrivé en premier !)

Mexique, Avril 2015.

 

Du cahier de note du Chat-Chien :

Cherchant qui accuser :

– Hypothèse en mode « Hystérie Modérée » : Sans doute ce furent les reptiliens-millénaire-illuminatis-narcomondialiste-des-partis-électoralistes.

– Hypothèse en mode « Haute Politique Misogyne » : C’était Frank Underwood, mais mal conseillé par Claire… ok, ok, ok, par Petrov alors ?

 

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 – Rapport du Big Brother, reçu au Pentagone : (Résumé de l’observation dans la « Situation Room » de la « East Wing » de l’Hexagone Zapatiste. Rapport : Système Échelon. 7 avril 2015. 2330 heure zoulou) : « Les opinions sont partagées : quelqu’un a dit que c’était une attaque de notre part -le Pentagone-. Un autre du Kremlin. Un autre du Palais de Buckingham, du Palais d’Hiver, Liverpool ou Sears. Personne de la Tour Eiffel (ce qui les rassure, parce qu’ils étaient inquiets pour leurs compas de Tamerantong).

Quelqu’un amer a signalé qu’il savait bien que la nouvelle saison de Game of Thrones n’apporterait rien de bon. Un personnage indescriptible, ressemblant à un chien… ou à un chat… ou vice versa, a brandi un écriteau sur lequel se lisait : Bientôt sera inaugurée notre section : « spoiler tant qu’à faire ».

Il semblerait qu’ils arrivent à un accord lorsque l’on entend le son d’une marimba accordée. Dans l’audio les voix deviennent chaotiques, confuses et on arrive juste à distinguer un espèce de cri : « Pozol Amer! ». Ce doit être une sorte de signal d’alarme car la « Situation Room » et toute l’aile de ce complexe reste déserte.

(Fin du rapport qui démontre que tout le budget destiné aux travaux d’espionnage est de l’argent jeté en l’air du cyberespace).

-Section: « Il y a un Trending Topic pour le futur » : Suggestion de hashtag solidaires:

#wewantbacklapáginadelezetaeleeneaunqueyanosregistramos

(en franglais : #wewantbacklapagedelezedelenpournousenregistrer)

#lapáginadeenlacezapatistasequedaonlainysilatirannoshaceelparolabanda

(en français : #lapagedeenlacezapatistaresteonlinesivouslajeteznousemprisonnonslabande)

#quelapaginadeenelacezapatistaosealabitacoradelacomisiónsextadelezlnnoseaatacada

(en français : #quelapagedenlacezapatistacestàdirelelivredeborddelacommissionsextadelezlnnesoitpasattaquée)

cybernétiquementparlantpourlecomplotàlamode

 

Je certifie :

(grognements et miaulements).

 

JokerCaricatura1

Les zapatistes attaqués sur le web!

Depuis le mardi 7 avril dans l’après-midi (heure de Paris), le site de Liaison Zapatiste subi une attaque par déni de service. A l’heure où j’écris ces lignes, le site est toujours indisponible.

Par ce post, je me joins à l’élan de solidarité demandé par nos [email protected] du Chiapas de reproduire le texte « La tempête, la sentinelle et le syndrome de la vigie » (ce qui a été fait précédemment), ainsi que les liens pour les pré-inscriptions pour le séminaire « La Pensée Critique face à l’Hydre Capitaliste ».

Vous trouverez tout d’abord une traduction d’un bref communiqué explicatif concernant la cyber-attaque publié sur FaceBook.

Le sⒶp

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Information sur l’attaque cybernétique contre la page de Enlace Zapatista

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Aux adhérent.e.s de la Sexta.
Aux médias libres.


Information sur l’attaque cybernétique contre la page http://enlacezapatista.ezln.org.mx/
Ce matin, aux alentours de 10h30, est arrivé une attaque ddos (par déni de service).
Ce type d’attaques sont générées par des programmes automatisés lançant des milliers de requêtes simultanées vers le même domaine (l’adresse du site, dans ce cas), provoquant la saturation du serveur et son incapacité à répondre.


L’entreprise qui héberge le serveur nous a informé que l’attaque continuait à être faite depuis une grande quantité d’adresse IP. Quelques-unes des adresses identifiées sont :
• rang 80.78.20.24, du Cameroun
• rang 80.78.20.32 des États Unis
• rang 93.170.11.125, de Russie.


Face à ce type d’attaques, la seule solution est de déconnecter l’équipement.
Pendant que l’équipe technique cherche à résoudre le problème de l’attaque du serveur et étant donné que notre intérêt est que celles et ceux qui veulent assister au séminaire « La Pensée Critique face à l’Hydre Capitaliste » n’en soient pas empêchés.e.s, nous demandons aux adhérent.e.s de la Sexta et aux médias libres qui nous soutiennent de répliquer le texte La Tormenta, el Centinela y el Síndrome del Vigía et de partager les formulaires de pré-inscriptions pour le séminaire.


D’un autre côté, si l’un de vous a une proposition qui nous aide à éviter ce genre de problèmes, nous les remercions de nous filer un coup de main en envoyant leurs idées à l’adresse mail :
[email protected]


L’équipe d’administration du site.
SOURCE : https://www.facebook.com/enlacezapatista?ref=ts&fref=ts
Information envoyée par Radio Pozol : http://www.pozol.org/?p=10480

 

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Pour participer au séminaire « La Pensée Critique face à l’Hydre Capitaliste »:
Envoyer le formulaire à: [email protected]
Adhérent.es. à la SextaFormatoAdherentes
Non Adhérent.e.s à la SextaFormatonoadherentes
Medias Libres: FormatoMediosLibres
Medias à Gages: FormatoMediosdePaga
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La tempête, la Sentinelle et le Syndrome de la vigie

source.

 

Traduction collective (@ValKaracole, @EspoirChiapas, et moi) du communiqué de l’EZLN publié le 1er avril. Vous pouvez donc retrouver cette traduction sur le site d’Espoir Chiapas, ainsi que sur le site de Liaison Zapatiste.

Le sⒶp

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Chèr-e-s ? Ami-e-s et enemi-e-s : euh… bon… c’est que… c’est à dire… vous souvenez-vous qu’à la fin du texte du 19 Mars 2015 « Sur l’Hommage et le Séminaire » nous vous avions mit que l’organisation de ce séminaire était une pagaille ? Eh bien, nous  faisons ce que nous promettions : l’adresse électronique où vous envoyez vos données d’enregistrement est mauvaise, c’est pas ça,  c’est erroné, etc. 
L’adresse correcte est [email protected] 
Ok, ok, ok, c’est pour moi. Cordialement: Ma pomme à moi!

La tempête, la Sentinelle et le Syndrome de la vigie.

 

 

 

Avril 2015. 
Aux Companeroas de la Sexta :
Aux Intéressé-es :
En dépit des apparences, ceci est une invitation… ou un défi ?
Si vous êtes adhérents à la Sexta, si vous êtes un média libre, autonome, alternatif, indépendant ou comme vous vous présentez, si vous êtes intéressés par la pensée critique, donc, prenez pour vous cette invitation au Séminaire « La Pensée Critique face à l’Hydre Capitaliste ». Si, en plus d’accepter cette invitation, vous voulez y assister, s’il vous plaît, suivez ce lienhttp://enlacezapatista.ezln.org.mx/registro-al-seminario-de-reflexion-y-analisis-el-pensamiento-critico-frente-a-la-hidra-capitalista/ 
Si vous avez été invitée, invité, invité-e comme intervenant-e, une missive similaire à celle-ci arrivera par le même biais que celui par lequel on vous a contacté. La différence se trouve que dans la carte d’invitation aux intervenant-e-s se trouve une « clause secrète ».
Bien l’invitation est, comme qui dirait, l’enveloppe
Dedans, plus en bas et à gauche, se trouve…

Le Défi.

Oh je sais. Les classiques débuts des réflexions zapatistes: déconcertants, anachroniques, déplacés, absurdes. Comme réticents, comme juste comme ça, comme « on les pose là », comme « là, vous voyez », comme « ça va de soi ». Comme si vous jetiez une pièce de puzzle et que vous espériez qu‘il soit évident que ça ne décrit pas une partie de la réalité, mais qu’ils imaginent l’image complète. Comme si vous regardiez le puzzle déjà terminé, avec ses formes et couleurs parfaites, mais grâce aux bords des pièces visibles, comme en notant que l’ensemble l’est grâce aux parties, et, clairement que chaque partie prend son sens dans sa relation avec les autres.

Comme si la réflexion zapatiste appelle à voir qu’il manque ce qu’il manque, et pas seulement ce qu’il y a, ce qui se perçoit immédiatement.
Un peu comme ce qu’a fait Walter Benjamin avec « l’Angelus Novus » de Paul Klee. En réfléchissant sur la peinture, Benjamin la « complète »: il voit l’ange, mais aussi il voit que l’ange voit, il voit jusqu’à ce qu’il soit frappé par ce qu’il voit, il voit la force qui l’agresse, il voit l’empreinte brutale. Il voit le puzzle complété : 
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Angelus Novus – Paul Klee

« Il y a une peinture de Klee qui s’appelle Angelus Novus. Dans celle-ci on voit un ange qui parait sur le point de s’éloigner de quelque chose qui le paralyse. Ses yeux regardent fixement, il a la bouche ouverte et les ailes étendues; c’est ainsi qu’on peut s’imaginer l’Ange de l’Histoire. Son visage est tourné vers le passé. Où nous percevons une chaîne d’évènements, lui voit une catastrophe unique qui amoncelle ruine sur ruine et les jette à ses pieds. Il voudrait bien rester, réveiller les morts et reconstruire ce qui est en pièce, mais depuis le Paradis souffle un ouragan qui s’enchevêtre dans ses ailes, et qui est tellement fort que l’ange ne peut plus les fermer. Cet ouragan le pousse irrésistiblement vers le futur, auquel il tourne le dos, alors que les débris s’élèvent face à lui jusqu’au ciel. Cet ouragan c’est ce que nous appelons progrès. » (X, « Thèse sur la philosophie de l’histoire »)

Donc c’est comme si nos réflexions étaient un défi, une énigme de Sphinx, un défi de Mr. Bane, un passe-partout dans les mains du Joker alors qu’il demande : « Pour quoi êtesvous si sérieux ? ».
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Comme si le chat-chien, super héros et super vilain, Sherlock et Moriarty, faisait irruption avec une avalanche de questions : que regardons-nous ? pour quoi ? jusqu’à quand ? depuis quand ? dans quel but ? 
C’est comme si nous pensions au monde, interrogeant sa tournure maladroite, débattant de sa course, défiant son histoire, contestant la rationalité de ses évidences.  
C’est comme si, pour un moment à peine, nous étions… 
-*-

La Sentinelle.

 

Vous pouvez voir que, d’habitude, dans une installation militaire il y a des postes en périphérie. On les appelle « Postes d’Observation », « Postes de Garde » ou « Postes de la Vigie ». Le travail de ces postes est de surveiller les alentours et les accès à l’établissement, de façon à savoir ce ou qui approche ou bouge ou reste aux alentours du lieu. Bien, ces postes de surveillance (dans les campements zapatistes on les appelle « le relais », j’en ignore la raison; par exemple, nous disons « t’es de relais à 00h00 », « la relève du relais est à 12h00 », etc.) prévient ou avertit le reste de l’installation, et retient ou détient qui tente de rentrer sans autorisation. Celui qui occupe le poste d’observation c’est le garde, la vigie, la sentinelle. En plus d’observer et d’être attentif à ce qui se passe, la sentinelle est celui qui donne l’alarme en cas d’attaque et face à toute éventualité.
Selon nous, femmes et hommes zapatistes, la réflexion théorique, la pensée critique fait ce travail de sentinelle. Celui qui travaille avec la pensée analytique, c’est son tour de garde au poste de vigie. Je pourrais m’étendre sur la place de ce poste dans le tout, mais pour l’instant il suffit de dire que c’est une partie aussi, rien de plus, mais rien de moins. Je dis ça pour celles, ceux et celleux (ne pas oublier l’égalité de genre et la reconnaissance de la diversité) qui prétendent :
.- Soit être au-dessus et en-dehors du tout, comme quelque chose à part, et se cacher derrière « l’impartialité », « l’objectivité », « la neutralité ». Et qui disent qu’ils analysent et réfléchissent depuis l’asepsie d’un impossible laboratoire matérialisé dans la science, la chaire, la recherche, le livre, le blog, le credo, le dogme, la consigne.
.- Soit qui détournent leur rôle de vigies et s’attribuent celui de nouveau grand-prêtres doctrinaires. Tout en étant à peine des sentinelles, ils se comportent comme s’ils étaient le cerveau dirigeant se changeant en tribunal pénal selon leur convenance. Et depuis là-bas ils ordonnent ce qui doit être fait, ils jugent et absolvent ou condamnent. Bien qu’il faille leur reconnaître que le fait que personne ne leur prête attention, démontrant que la réalité est toujours rebelle, ne les inhibe pas dans leur délire (éthylique, pas peu de fois).
La sentinelle a quelque chose à voir avec le poste de surveillance en question. Mais nous reviendrons là-dessus dans l’une ou l’autre de nos interventions durant le séminaire.
Pour l’instant, il suffit de dire que, accablé, dépassé par la tâche d’observation critique dans un monde trompeusement instantané, lors de son tour de garde, le vigile peut tomber dans…
-*-

Le Syndrome de la Vigie.

 

Bon, en fait il se trouve que la sentinelle « épuise » sa capacité de vigilance après un temps.
Cet « épuisement » (que nous, femmes et hommes zapatistes appelons « le syndrome de la vigie ») consiste, grosso modo, en ce que la personne qui est au poste de surveillance développe, après un temps où il est de garde, une espèce de « perception en boucle » ou « constance de la perception ». C’est-à-dire qu’il reproduit dans sa perception consciente encore et encore la même image, comme si rien ne changeait, ou comme si les changements faisaient partie de la normalité même de l’image. Cela a à voir, je suppose, avec quelque chose de la perception visuelle, mais aussi avec le désir que rien ne vienne altérer la routine. Ainsi, par exemple, le vigile ne souhaite pas qu’un danger survienne, et ce désir il le projette sur ce qu’il surveille. « Tout va bien, il ne va rien arriver de mal », se répète-t-il encore et encore, et ce désir se projette sur son évaluation de la réalité. Son objectif est de pouvoir remettre un rapport de surveillance laconique: « rien de nouveau« .
Ce que je vous explique est le fruit d’une observation empirique, pas d’une étude scientifique. Après des années et des années de vigilance, c’est ce que nous concluons de notre propre (et réduite) expérience. Avec le doute persistant de science ou us et coutumes, nous demandons à quelqu’un s’il en est question en neuroscience. Il nous a dit que le phénomène existe, bien que ne soit pas précisé le mécanisme qui le provoque (avant que vous ne vouliez me mettre en travers de la gorge les différents courants ou positions en psychologie, je précise que la seule chose confirmée c’est que le phénomène est réel, vérifiable). Bon maintenant, pourquoi ça arrive ? bon, voyez vous-même – il serait bon que,  par rapport à ça, vous vous mettiez d’accord sur ce qu’est l’objet de connaissance de la « science » de la psychologie -.
Bon, cette personne nous a expliqué ce qu’est « l’attention sélective » et nous a envoyé un livre de ceux d’avant (c’est-à-dire qu’on comprend ce qui est expliqué). En quelques mots, il s’agit du fait que nous ne portons attention seulement qu’à une petite partie de ce que nous voyons à un moment donné et que nous ignorons le reste. Bon, hé bien ce reste que nous ignorons c’est la « cécité au changement » ou « cécité par inattention ». C’est comme si, en filtrant les parties de l’image que nous voyons, nous devenions aveugles à ce que nous n’avons pas sélectionné comme important.
Pour l’instant nous n’allons pas développer ceci, mais, en résumé, le « syndrome de la sentinelle » consiste en ce que:
a).- Tout n’est pas surveillé, mais juste une partie de ce tout. 
b).- Lorsqu’il se « fatigue », le garde ne perçoit plus les changements qui se présentent dans la zone surveillée parce qu’ils lui sont imperceptibles (c’est-à-dire, ils ne sont pas dignes d’intérêt).
Pour compenser cela, nous utilisons divers moyens :
L’un d’eux c’est la surveillance non directe, la « vision périphérique » ou, en langage courant, « regarder du coin de l’œil ». C’est que le regard indirect permet de détecter les altérations de la routine. Il doit aussi y avoir une explication de cela dans la neuroscience, mais je crois que nous manquons d’études.
Les autres manières de parer à la fatigue de la sentinelle, sont : mettre deux vigiles ou plus couvrant le même point; ou réduire le temps de surveillance et augmenter la fréquence de la relève.
Il peut et il y a d’autres manières pour que la tâche de la sentinelle soit accomplie.
Mais l’important c’est qu’il faut être attentif à tout signal de danger. Il ne s’agit pas alors d’avertir du danger lorsqu’il est déjà là, mais de regarder les indices, les évaluer, les interpréter, en somme, les penser de façon critique.
Par exemple: ces gros nuages à l’horizon, est-ce qu’ils signifient que vient une pluie passagère ? quelle est son intensité ? elle se dirige vers ici ou elle s’éloigne
Ou est-ce quelque chose de plus grand, de plus terrible, de plus destructeur ? S’il en est ainsi, il faudra alerter tout le monde de l’imminence de…

La Tempête.

 

Bon, l’affaire c’est que nous, hommes, femmes, zapatistes, nous voyons et nous entendons que s’approche une catastrophe dans tous les sens du terme, une tempête.
Mais…, il se trouve que nous, femmes, hommes, zapatistes, nous voyons et entendons aussi que des personnes ayant de grandes connaissances disent, parfois en livrant leur parole, toujours avec leur comportement, que tout continue comme avant.
Que ce que nous présente la réalité ne sont que de petites variations qui n’altèrent en rien d’important le paysage.
C’est-à-dire que nous, femmes, hommes, zapatistes, nous voyons une chose, et eux une autre.
Parce que nous voyons que sont toujours utilisées les mêmes méthodes de lutte. On continue avec les marches, réelles ou virtuelles, les élections, les enquêtes, les meetings.  Et, de façon concomitante, surgissent et se développent les nouveaux paramètres du « succès », une espèce d’applaudimètre qui, dans le cas des marches de protestation, est inversé: mieux tu te portes (c’est-à-dire moins tu protestes), plus grand est sont succès. Et des organisations des partis politiques, se font, des plans sont tracés, des stratégies et des tactiques, en faisant de véritables tour d’adresse avec les concepts.
Comme si étaient équivalents État, Gouvernement et Administration.
Comme si l’État était le même, comme s’il avait les mêmes fonctions qu’il y a 20, 40, 100 ans.
Comme si le système était aussi le même et de même les formes de soumissions, de destruction. Ou, pour le dire à la manière de la Sexta: les mêmes formes d’exploitation, répression, discrimination et spoliation.
Comme si en haut le Pouvoir avait maintenu son fonctionnement invarié.
Comme si l’hydre n’avait pas régénéré ses multiples têtes.
Nous pensons donc que chez nous ou chez eux, il y a le « syndrome de la sentinelle ».
Et nous, hommes, femmes, zapatistes, nous regardons du coin de l’œil ces mouvements dans la réalité. Nous portons alors une plus grande attention, nous montons au plus haut de l’arbre fromager pour essayer de voir plus loin, non pas ce qui se passe, mais ce qui vient.
Bon, hé bien ce que nous voyons n’a rien de bon.
Nous voyons qu’arrive quelque chose de terrible, plus destructeur si c’était possible.
Mais d’autres fois nous voyons que celles et ceux qui pensent et analysent ne disent rien de tout ça. Ils continuent de répéter la même chose qu’il y a 20 ans, 40 ans, un siècle.
Et nous voyons que des organisations, des groupes, des collectifs, des personnes, continuent de même, présentant de fausses options excluantes, jugeant et condamnant l’autre, le différent.
Et plus : nous méprisant pour ce que nous disons voir.
Bon alors, vous voyez, nous sommes zapatistes. Et cela veut dire beaucoup de choses, tellement que dans les dictionnaires de votre langue il n’existe pas de mot pour ça.
Mais ça veut aussi dire que nous pensons toujours que nous pouvons nous tromper. Que peut-être tout continue sans changements fondamentaux. Que peut-être le Commandeur continue de commander de la même manière qu’il y a des décennies, des siècles, des millénaires. Qu’il se peut que ce qui vient ne soit rien de grave, mais à peine une décompensation, un réarrangement de ce qui ne vaut même pas la peine.
Donc ou bien aucune pensée, analyse, théorie, ou bien la même chose que toujours.
Alors nous, hommes, femmes, zapatistes, nous pensons que nous devons demander à d’autres, d’autres calendriers, de géographies différentes, ce qu’ils voient.
Je crois que c’est comme quand à un malade on lui dit que oui en effet, c’est très grave, c’est-à-dire qu’il est « foutu », comme on dit ici. Et donc bon, comme on dit, il faut chercher une deuxième opinion.
Nous disons alors que la pensée, la théorie, sont en train d’échouer. Que ce soit la nôtre qui échoue, que ce soient les autres pensées qui échouent. Ou peut-être que ce sont les deux qui échouent.
Bon donc, nous sommes méfiants, méfiantes, bien évidemment. Mais oui nous faisons un peu confiance aux compañeras, compañeros et compañeroas de la Sexta. Mais nous savons bien que le monde est très vaste, qu’il existe des autres qui elles, eux, elleux aussi se dédient à ça, penser, analyser, regarder.
Nous pensons alors que nous avons besoin de penser le monde, et aussi de penser de cette manière chacun son calendrier et sa géographie.
Et nous pensons que ce serait encore mieux si nous faisions maintenant une sorte d’échange de pensées. Pas comme on parle d’échange de marchandises, comme dans le capitalisme, mais comme si nous faisions un marché moi je te dis ce que je pense et toi tu me dis ce que tu penses. Ou comme un réunion de pensées.
Mais nous ne pensons pas alors qu’il s’agit d’une réunion et rien d’autre, mais qu’elle doit être grande, très grande, mondiale dit-on.
Et bon, nous, hommes, femmes, zapatistes, nous ne savons pas grand chose. Enfin peut-être en luttant savons-nous quelque chose de nos compañeroas, compañeras y compañeros de la Sexta.
Nous voyons alors que ces réunions de pensées sont appelées en certains lieux « séminaires », nous croyons que parce que « séminaire » veut dire « pépinière » c’est-à-dire qu’ici se trouvent des graines qui parfois grandissent vite et parfois prennent leur temps. 
Et donc nous disons que nous faisons une pépinière d’idées, d’analyses, de pensées critiques de « où en est actuellement le système capitaliste ».
Alors le séminaire ou pépinière n’est pas un lieu unique ni dans un temps unique. Mais qu’il dure et qu’il est en plein d’endroits.
Et alors, hé bien c’est pour ça que nous disons que c’est disloqué, c’est-à-dire pas tout en un seul lieu, mais en plein de morceaux et en plein d’endroits. Et nous disons que c’est mondial, bon, hé bien parce que dans tous les mondes il y a des pensées critiques, qui se demandent ce qui se passe, pourquoi, quoi faire, comment, et ces choses qui se pensent dans la théorie.
Mais alors, nous pensons, ça commence en un lieu et en un temps.
Alors, hé bien, commence quelque part cette pépinière collective, et ce lieu est un escargot zapatiste. Pourquoi? Et bien parce qu’ici les peuples zapatistes, nous utilisons l’escargot pour alerter et pour appeler le collectif.
Et donc, par exemple, s’il y a un problème de la communauté, ou une affaire à résoudre, hé bien on joue de l’escargot et hop tout le village sait qu’il y a une réunion du collectif pour que la pensée dise sa parole.
Ou pour voir comment faire pour résister.
Nous disons donc que l’escargot est un instrument de la sentinelle. Avec lui il prévient qu’il y a un danger.
Le lieu est donc, hé bien, un escargot zapatiste: le caracol d’Oventik, montagnes du sud-est mexicain, Chiapas, Mexique.
Et la date du commencement c’est le 3 mai. Pourquoi le 3 mai ?
Bon, chez nos peuples c’est le jour des semis, de la fertilité, de la récolte, de la graine. C’est le jour de la Sainte Croix.
Les peuples ont pris l’habitude de planter une croix là où naît la rivière, le ruisseau ou la source qui donne vie au village. C’est comme ça qu’on signale que c’est un lieu sacré. Et c’est sacré parce que c’est l’eau qui donne la vie. Alors le 3 mai c’est le jour pour demander de l’eau pour la semence et la bonne récolte. Les habitants vont alors là où naît l’eau pour lui faire des offrandes. C’est-à-dire qu’en parlant à l’eau, ils lui donnent leurs fleurs, ils lui donnent leur tasse d’atole, leur encens, leur bouillon de poulet sans sel. Chez d’autres peuples ils lui donnent un petit verre de gnôle, mais chez les peuples zapatistes l’alcool est interdit et donc ils donnent à l’eau un rafraîchissement. Le bouillon de poulet qu’on donne à l’eau est sans sel, pour que l’eau ne se dessèche pas. En même temps qu’ils sont dans cette cérémonie d’offrande, ils jouent de la musique et tou-te-s, enfants, jeunes, ancien-ne-s commencent leur danse. Et quand l’offrande prend fin, commence la communion du peuple. Ils répartissent la nourriture qu’ils ont amenée : atole aigre, poulet, haricots, calebasse. Tout ce qui est nourriture, ils le mangent là collectivement, près de la naissance de l’eau. Et quand c’est fini, ils rentrent chez eux. Et alors par une pure allégresse, ils continuent de danser dans le village et ils mangent ensemble et ils prennent un café avec du pain. Il y a aussi des [email protected] zapatistes qui sont maçons, et alors ils le fêtent aussi et ils racontent qu’ils font une croix de n’importe quel bois qu’ils trouvent et qu’ils la posent quand ils commencent la construction. Ils disent que c’est parce que c’est de la responsabilité du travailleur. C’est-à-dire que le travailleur devient ainsi responsable de la construction et que ça lui donne l’envie que ce soit bien, parce que c’est à lui qu’on doit que ce soit bien.
Alors bon voilà vous savez. Là vous voyez. Accepter ou non le défi, à vous de jouer.
Attention : ce qui suit est seulement pour les intervenant-e-s. C’est-à-dire que ça ne sera que sur les invitations formelles que nous envoyons aux intervenant-e-s. Ne le publiez donc pas parce que c’est une…

Clause secrète :

 

Tout ça pour que vous compreniez, comme on dit, le contexte du séminaire. 
Qu’attendons-nous de vous ? 
Eh bien, il faut comprendre que des gens viennent de loin, qui font le sacrifice de leur salaire et leur temps pour venir écouter ce que vous allez exposer. Ils ne viennent pas pour le plaisir, ni parce qu’ils vont gagner quelque chose. Ils ne viennent pas pour la mode ou par ignorance. Ils viennent peut-être parce qu’ils voient les nuages dans leurs horizons, parce que les pluies et les vents les frappent déjà, parce que la famine ne se soucie pas d’essayer de comprendre, parce qu’ils sentent l’orage approcher.
Tout comme nous, hommes, femmes, zapatistes, nous vous respectons, nous vous demandons de respecter ces personnes. Il y aura des infiltré-e-s bizarre, mais la plupart sont nos [email protected]. Ce sont des gens qui vivent et meurent en luttant, personne, à part nous, hommes, femmes, zapatistes, n’en garde la trace. Pour elleux, il n’y a ni musées, ni statues, ni chansons, ni poèmes, et leurs noms ne sont ni sur les rames de métro, ni les rues, ni les quartiers. Ils ne sont personne, c’est sûr. Et ce n’est pas en dépit de cela, mais c’est précisément pour ça que, pour nous, femmes, hommes, zapatistes, ils sont tout.
Ainsi donc, ne vous offensez pas, mais n’apportez pas de slogans, de dogmes, actes de foi, modes; ne répétez pas ce que d’autres ont déjà dit avant ou ailleurs; n’encouragez pas la pensée paresseuse; n’essayez pas d’imposer la pensée dogmatique; ne diffusez pas la pensée mensongère.
Nous vous demandons d’apporter votre parole et qu’elle provoque la pensée, la réflexion, la critique. Nous demandons que vous prépariez votre message, que vous l’aiguisiez, que vous lui donniez du lustre. Qu’avec l’honneur, non du milieu universitaire et de ses pairs, mais de celui qui le reçoit, il soit comme un tremblement ou une gifle, ou un cri. 
La graine qu’appelle ce séminaire ou pépinière nous disions, est celle qui questionne, provoque, encourage, pousse à continuer à penser et à analyser. Une graine pour qu’il y ait d’autres graines qui entendent qu’il faut pousser et fassent à leur manière, en fonction de leur calendrier et de leur géographie.
Oh, oui, nous le savons : cela ne va pas accroître votre prestige, ni votre compte bancaire, ni votre côte de popularité. Mais on verra si vous avez de nouveaux adeptes, disciples, troupeaux.
En effet, le seul signe de réussite ne se verra pas, et ce sera que dans de nombreux endroits, dans d’autres calendriers et diverses zones géographiques, d’autres hommes, d’autres femmes, d’autres autres, défient tout et discutent, débattent, questionnent, critiquent, imaginent, croient.
C’est ce que nous demandons. Seulement ça !
Depuis la conciergerie de la Petite École, accréditée maintenant comme « Office du protocole, de la conception et impression des invitations pour les mariages, les XV ans, les divorces, les baptêmes, les avancements frustrés, les séminaires et autres », en accrochant des enseignes qui disent « Ne te fies pas à aujourd’hui, pas plus que demain » , « Bouées de sauvetage sur demande  » ,  » Prenez votre lorgnette, pirate, barrez-barrez-le-tout-juridique-mon-cher-qu’est-ce-qui-se-passsssssssse » ,  » Dans cet établissement  pas de discrimination fondée sur la myopie ».
Le SupGaleano.
Mexique, avril 2015. 
Hep, hep. Arrêtez votre voiture. L’adresse électronique où vous envoyez vos informations d’enregistrement n’est pas correcte. Elles doivent être envoyées à : [email protected] Pour votre compréhension, merci (que les injures soient à l’amande, elles n’ont pas lieu d’être).
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