COMMUNIQUÉ DE L’ÉQUIPE ARGENTINE D’ANTHROPOLOGIE LÉGALE (EAAF)

source 1 et 2.

 

Traduction des éléments du communiqués de l’équipe argentine d’experts travaillant sur le cas d’Aytotzinapa. La traduction recoupe les éléments publiés par Desinformemonos sur sa page Facebook et par l’hebdomadaire Proceso, dans un article plus détaillés.

Le sⒶp

 

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COMMUNIQUÉ DE L’ÉQUIPE ARGENTINE D’ANTHROPOLOGIE LÉGALE (EAAF) LE 7 FÉVRIER 2015

L’Équipe Argentine d’Anthropologie Légale (EAAF), qui depuis le 4 octobre 2014 fait office d’experts indépendants auprès des proches des 43 jeunes normaliens disparus les 26 et 27 septembre derniers, continue d’analyser les preuves physique collectées par les experts du PGR et par eux-mêmes, dans la décharge et le fleuve San Juan, à Cocula, Guerrero.

Face aux déclarations faites par le Procureur Jesús Murillo Karam le 27 janvier dernier et qui les impliquent, ils considèrent opportun de diffuser le « Document Initial sur les investigations dans la décharge de Cocula et le Fleuve San Juan » qui fait référence aux problèmes rencontrés au cours de l’enquête d’Ayotzinapa, tel que le fait que, sur le site que le PGR indique comme la zone utilisée où furent brûler les corps, il y a eu des incendies à des dates antérieures, comme l’indiquent les images contenue dans le rapport.

Dans leurs conclusions et recommandations le document cité établit les points suivants :

CONCLUSIONS.

1.- Les images satellites de la Décharge de Cocula obtenues par l’EAAF – et également disponibles pour le public sur Google Earth – montrent que la zone d’incendie dans la partie inférieur de la décharge de Cocula, que le PGR pointe comme celle utilisée pour brûler les restes des 43 normaliens, a été utilisée en réalité lors d’incendies antérieurs depuis au moins 2010.

Ainsi, les photos satellites indiquent qu’interpréter la preuve recueillie sur la zone basse de la Décharge par les experts du PGR et de l’EAAF comme un événement unique d’incendie ayant eu lieu selon le PGR le 26 septembre 2014, reflète une lecture partiale de la preuve récoltée en ce lieu.

2.- Lors de l’analyse des restes osseux récupérés dans la décharge de Cocula et analysés jusqu’à présent, l’EAAF a trouvé des preuves suggérant fortement la possibilité que dans la zone d’incendie analysée dans la décharge se trouvent présents des restes humains n’appartenant pas aux normaliens.

3.- L’EAAF souhaite réitérer que ceci n’exclut pas la possibilité que certains des normaliens aient subi le sort indiqué par le PGR ; bien que, à notre avis, il n’y ait aucune preuve scientifique à ce sujet dans la décharge de Cocula.

4.- L’enquête sur Ayotzinapa ne peut être déclarée terminée alors qu’il y a encore a analyser une quantité importante d’indices aussi bien par les experts du PGR que de l’EAAF. Il y a besoin de plus de temps pour analyser les restes osseux et tous les indices qui leur sont associés. Cette tâche nécessitera plusieurs mois de travail.

Jusqu’à maintenant, ont été analysé en profondeur près de 30 des 137 parcelles qui composent la zone de recherche de la Décharge de Cocula. Les experts de chaque institutions doivent encore examiner plus de 100 parcelles supplémentaires.

5.- La preuve physique doit être interprétée dans toutes ses possibilités, sans donner de préférence à telle ou telle interprétation qui incluent seulement une possible coïncidence avec les témoignages des personnes mises en cause.

6.- Pour résumer : selon l’avis de l’EAAF, les expertises du PGR doivent être évaluées par des experts indépendants, établissant leur rigueur scientifique. L’envoie de 20 profils génétiques des proches des étudiants disparus d’Ayotzinapa avec des problèmes ne permettant pas leur utilisation, l’interprétation du site de la décharge comme un unique événement d’incendie quand il est possible de prouver que ça ne l’est pas, la collecte d’indices hors des accords de travail conjoint établis avec l’EAAF, l’abandon de la surveillance de la décharge, site clé dans l’enquête de ce cas, entre autres sérieuses difficultés, en témoignent.

L’équipe d’experts travaillant pour l’EAAF sur l’enquête d’Ayotzinapa et les cas connexes regroupe à ce jour 30 professionnels provenant des pays suivants : Mexique, Argentine, Uruguay, Colombie, Canada, États Unis d’Amérique, France et Espagne. Ces professionnels recouvrent les spécialités suivantes : anthropologie légale, médecine légale, archéologie légale et criminologie, criminologues spécialisés en incendie, génétique légale, botanique et entomologie légale.

 

RECOMMANDATIONS

1.- Garantir la protection du site de la Décharge de Cocula ;

2.- Garantir la protection, la centralisation et l’accès aux indices récoltés, aussi bien biologiques (restes osseux) que non biologiques (fils de fer, planches, verres, etc) récoltés dans la Décharge de Cocula et selon le PGR, provenant du Fleuve San Juan ;

3.- L’accès à tous les rapports légaux qui se trouvent dans l’Enquête Préliminaire correspondant à Ayotzinapa ;

via CDH Tlachinollan.

 

4.- Garantir la continuité du travail des experts indépendants dans l’enquête sur la cas d’Ayotzinapa ;

5.- Une fois finalisée l’analyse des indices de la Décharge de Cocula, l’EAAF invite à une réunion d’experts les médecins légistes du PGR afin d’analyser et comparer les résultats obtenus ;

6.- Maintenir une politique de communication sur les avancées de l’enquête sur le cas d’Ayotzinapa qui préfère informer les proches des normaliens disparus avant l’opinion publique ;

7.- La liaison de l’enquête légale d’Ayotzinapa avec le Groupe Interdisciplinaire d’Experts de la Commission Inter-américaine des Droits Humains de l’Organisation des États Américains qui s’installera prochainement au Mexique.

Via Proceso

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