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Pendant ce temps-là, au Chiapas…

Femmes zapatistes en marche pour l'Autre Camapgne, janvier 2006.

Femmes zapatistes en marche pour l’Autre Camapgne, janvier 2006.

Les zapatistes s’apprêtent à recevoir 82 (confirmés) scientifiques de diverses spécialités et de divers pays pour des ateliers, discussions de vulgarisation, assemblées générales, entre le 25 décembre et le 4 janvier.
Je sais pas vous, mais moi je trouve ça intéressant. Je trouve que c’est, de la part des zapatistes, une nouvelle façon de s’ouvrir. depuis quelques temps les zapatistes annoncent une tempête à venir sur le monde. Plutôt que de se replier sur eux pour résister à la tempête, ils s’ouvrent: petite école zapatiste, soutien au mouvement pour les 43 disparus d’Ayotzinapa, participation à la présidentielle avec le Conseil National Indigène, cette rencontre avec des scientifiques.
Il me semble que cette rencontre pourrait marquer une nouvelle étape dans l’évolution du mouvement zapatiste. Même si je pense que cette évolution était déjà en germe dès les débuts de l’EZLN, ils savent avec intelligence épouser le mouvement, à certains moments, ou au contraire apparaître là où on ne les attend pas. Ils ont su muter, traversant différentes époques, passant de la guérilla de leurs débuts, comme un reliquat des années 70/80 en Amérique Latine, à un mouvement indigène accoucheur de l’altermondialisme au passage du 21e siècle. Ils ont réussi à s’inscrire dans l’éclatement des luttes qui a suivi – je veux ici parler de l’omniprésence aujourd’hui de luttes « catégorielles »: précaires, LGBT, féminisme, antifascisme, etc -, en participant à la renaissance des mouvements indigènes sur le contient américain. Il me semble que rencontrer des scientifiques va plus loin dans l’intrication du zapatisme dans le tissus social. Il ne s’agit plus de rencontrer – comme avec l’Autre Campagne – les gens qui luttent, pas plus qu’il ne s’agit – comme avec la Petite École Zapatiste – de rencontrer celles et ceux qui souhaitent apprendre des zapatistes, mais de rencontrer des scientifiques. C’est à dire une catégorie professionnelle précise. Bien sûr, on peut supposer que les scientifiques qui passeront en 2017 en compagnie des indigènes du Chiapas sont « engagés », ou au moins intéressés par la lutte zapatiste. Il n’empêche que les zapatistes ne choisissent pas d’échanger avec des « politiques », ou des philosophes, des artistes, des travailleurs sociaux. Non, ces paysans indigènes décident de rencontrer des scientifiques. Le mouvement zapatiste veut faire reconnaître les cultures indigènes, tout en cherchant à les ouvrir sur le monde. Dans les cliniques zapatistes les médecines traditionnelles et modernes se côtoient déjà et là ce sont des conceptions du monde, des cosmogonies qui vont dialoguer. Et moi je trouve qu’à une période de l’histoire humaine où bien des groupes se replient autour de leurs cultures, ça fait du bien. Les zapatistes vont là sur un terrain où on ne les attendaient pas forcément. Un peu comme avec leur participation, avec le CNI, à la présidentielle mexicaine.
Avec cette candidature – qu’ils ont impulsé – les zapatistes investissent le terrain politicien qu’ils n’ont de cesse de fustiger. Paradoxal? Pas tant que ça, car il faut bien comprendre que l’EZLN a su tirer des leçons de l’Autre Campagne. Cette initiative – lors de la campagne présidentielle de 2006 – avait fait sillonner le Mexique des luttes au « défunt » Marcos, rebaptisé pour l’occasion « délégué zéro ». Il me semble qu’en choisissant de présenter une candidate indigène à la prochaine élection présidentielle, ils sont passés à une nouvelle étape. Après avoir écouté celles et ceux qui luttent, pour tenter de faire prendre conscience de ce qui relie ces luttes éparses, ils vont certainement utiliser cette campagne pour faire des propositions.
À travers cette candidature, des propositions issues d’un mouvement indigène, ils vont tenter d’agréger celles et ceux, au Mexique, qui ne se reconnaissent plus dans la classe politique dans son ensemble. Cette candidature ne vise pas la victoire, elle vise à utiliser l’ouverture de l’élection à des candidats indépendants pour s’adresser à des mexicainEs qui habituellement ne prêtent pas attention aux indigènes, pour faire parler d’eux, d’elles. Et pour l’instant ça fonctionne. Les semaines qui ont suivi l’annonce de la participation du CNI/EZLN à la campagne, ils avaient créé le buzz. Journaux, éditorialistes, politiciens, parlaient – mal en général – de la future candidature d’une femme, indigène qui plus est, dans ce Mexique où les indigènes sont toujours plus assignés à un folklore profitable au tourisme pour mieux les nier dans leur réalité sociale; où les femmes sont elles aussi exhibées sous forme de clichés pour mieux disparaître sous la domination machiste. Présenter une femme, une indigène c’est un immense éclat de rire, une provocation, une manière de démontrer qu’un candidat, ou une candidate, ne sont intéressant qu’en étant un éclat de voix, un coup de pied dans la fourmilière des représentants autoproclamés des peuples. Ça nous dit qu’unE candidatE est avant tout porteur d’un projet, d’une vision du monde qui n’est pas tant les siens, que ceux que la base place entre ses mains.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit, il me semble, pour le CNI/EZLN: inscrire cette démarche électorale dans leur histoire propre, cette histoire qui n’est pas une simple lutte sociale, mais bien une lutte politique au sens noble du terme, c’est à dire d’organisation de la société. Une organisation basée sur les cultures politiques des peuples indigènes, sur leurs traditions, nourrie de leurs rencontres avec tous celles et toutes ceux qui luttent. Car il faut bien avoir en tête, que les peuples indigènes s’auto-organisent. Les zapatistes ont construit leurs cliniques, leurs écoles, forgés leurs propres mode de gouvernance. Ils ont, de ce point de vue, une expérience que peu d’entre nous peuvent se targuer de connaître, en tous cas sur un temps aussi long: l’expérience zapatiste coure maintenant sur sa 4e décennie! Combien d’autres mouvements peuvent en dire autant? Et en même temps, ils ne sont qu’un maillon de la chaîne qu’à imposer la colonisation à leur histoire. La résistance indigène à commencer il y a plus de 500 ans. Ils ne sont donc pas pressés, se permettent d’expérimenter, de se tromper, de recommencer, d’avancer, d’apprendre… dans une démarche finalement assez proche de la méthode scientifique.

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Vous trouverez le communiqué du Sous-Commandant Moisés, concernant l’avancée des préparatifs de la rencontre avec les scientifiques (en espagnol) sur la page de Liaison zapatiste.

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la présidentielle n’aura pas lieu

Poésie des meutes:
collage de slogans, entendus en manif, glanés sur les vitres, les murs, les banderoles.
Murs blancs, peuples muet ! dit-on. Depuis le début du mouvement contre la loi « travaille », le peuple pose ses couleurs sur les façades de ses cellules grises…

 

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À l’assaut du ciel.
Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce…
Nous sommes le peuple qui manque,
L’être et le néon.
Arrache la joie aux jours qui filent…
Nous sommes l’étoffe dont sont tissés les rêves.
Nous sommes de ceux qui font l’amour l’après-midi,
Nous naissons de partout, nous sommes sans limite!
Le ciel sait que l’on saigne sous nos cagoules contre la loi « travaille » !
Accommodez-vous de nous, ne nous accommodons pas de vous.
Ne nous vouons pas au pouvoir, dévouons-nous à pouvoir !
Donnons du sens à nos actes, ne soyons plus automates !
Et qu’il vienne! Le temps dont on s’éprenne !
Nos nuits sont plus belles que vos jours !
La révolte est notre seule boussole.
Paillettes et barres à mine…
Nos casseurs ont du talent,
Nos vies contre votre béton.
Nos éboueurs ont du talent.
L’enfance est notre seule patrie !
On veut 100 balles et le mois de mars !
On passera en avril quand on le décidera…
Nos banderoles ont de la gueule et des dents !
Si c’est eux qui ont raison, je ne suis pas raisonnable.
Nique les porsches, on veut des faucons millenium !
Si on se jette dehors avec le diable au corps,
c’est qu’on refuse de vivre comme des morts!
Se salarier pour étudier ou étudier pour se salarier?
Je veux vivre de grève si vivre c’est travailler.
Travailleurs de tous pays qui repasse vos chemises?
Nous sommes de celles qui s’organisent :
on ne repassera plus jamais vos chemises !
Notre éducation nous prépare à la soumission.
Arrêtons d’être des copies qu’on forme !
Ne vivons plus comme des esclaves !
On a rien et on en veut encore.
Notre sport préféré: l’émeute!
Organizadons-nous !
Spinozad partout !
Grèce générale !
Occupons tout!
Bloquons tout!
À très vitre…

 

Les banks pillent les états,
l’état ruine le peuple.
caca pipi talisme
Paradis pour les uns,
pas un radis pour les autres…
Une chaîne de télé ça reste une chaîne,
Ouvre les yeux éteins la télé !
Retrait de la loi travail
ou on spoil
Game Of Thrones !
Leurs règles ont toutes une tombe.
Néolibéralisme mange tes morts !
Le travail est en crise, achevons-le!
Ni loi ni travail, de la révolte en pagaille !
La bourgeoisie au RMI, le patronat au RSA.
Le lacrymo gène, le fumi gène… on ne vous dérange pas trop?
Ils ont du sang sur les mains, on a que nos colères et nos poings!
Le travail est la pire des polices… détruisons les 2!
Que fait la police? Ça crève les yeux!
Qui sème le gaz récolte le pavé.
Arrêtez de nous arrêter!
Embrasons la police…
Tout le monde déteste la police.

 

1789 les casseurs prennent la Bastille !
Une pensée aux familles des vitrines…
Dites-le avec des pavés !
acabadabra nous revoilà!
Je pense donc je casse,
L’émeute reforme la meute,
Nous sommes un peuple de casseur-cueilleurs!
Agir en primitif, prévoir en stratège…
kass kass bank bank !
Blackbloquons tout !
Paris est une fête…
Paris soulève-toi avec rage et joie !
Sans pétrole la fête est plus folle.
Paris, on nasse très fort à vous,
Pour l’unité il faut des ennemis communs.
Il est grand temps de rallumer les molotov.
Si en mai il n’y avait pas eu de pluie, le feu aurait déjà pris.
Il pleut des perles d’espoir ! 50 nuances de bris.
La liberté se prend comme se donne la vie…
avec violence et dans le bruit !
L’action est la sœur du rêve.
Et si le casseur, c’était ta sœur ?
Mort au symbolique, vive le réel.
Rêve général!
Ceux qui rêvent sans agir, cultivent le cauchemar…
Si vous nous empêchez de rêver, nous vous empêcherons de dormir.
C’est pas la manif qui déborde, c’est le débordement qui manifeste!
Deux émeutes par semaines, oh mon dieu qu’elles sont belles!
On n’entre pas dans un monde meilleur sans effraction !
Valls prend ton temps on s’amuse énormément.
Quand le gouvernement ment, la rue, rue…
Le vrai désordre c’est l’injustice.
En cas de 49.3 brisez la vitre!
Ça passe et ça casse!
Jusqu’ici tout va bien,
c’qui compte c’est pas la loi travail,
c’est l’insurrection qui vient!
La barricade ferme la rue mais ouvre la voie !
Il est l’heure de destituer le gouvernement,
Dernière sommation avant l’insurrection.
En cendres tout devient possible!
Pour la suite du monde
Demain est annulé !
Le monde ou rien,
Demain c’est plus très loin !
L’avenir ne nous dit rien et c’est réciproque…
La fin d’un monde s’annonce par des signes contradictoires.
Renverser l’irréversible et rendre l’éphémère permanent.
Une autre fin du monde est possible ;
Quand tout s’arrête, tout commence.
Demain s’ouvre au pied de biche.
Dans saboter il y a beauté.
Sans vous la vie est belle.
Tout bloquer devient vital !
Soyons ingouvernable!
Continuons le début !
Vainqueurs par chaos !
À ceux qui se soulèvent tôt…
2017, les urnes en miettes !
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Hommage au FTP-MOI

Le 21 février 1944, il y a 70 ans, 23 membres des Francs-Tireurs et Partisans, Main-d’œuvre Immigré (FTP-MOI) de Paris, groupe dit Manouchian, sont exécutés sur le Mont-Valérien par les Nazis.

Afin de démontrer que les résistants n’étaient que des étrangers, des juifs, des communistes, « l’armée du crime », les Nazis placardent « l’affiche rouge » dans Paris. L’affiche deviendra au contraire, le symbole de la résistance au nazisme, une résistance qui mêle les nationalités, les religions face à la barbarie.

 

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Liste des 23 du groupe Manouchian condamnés le 15 février 1944 par le tribunal militaire allemand du Grand-Paris:

La seule femme du groupe, Olga Bancic, est décapitée à Stuttgart le .

En 1955, Louis Aragon leur dédie l’un de ses poèmes, Strophes pour se souvenir:

Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit, hirsutes, menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants.

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie Adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

 

En 1959, Léo Ferré met en musique le poème d’Aragon:

EGO ET ALTER-EGO D’UN LIBERTAIRE

Ce texte se veut une réponse, ou une manière d’ouvrir un débat, suite à la chronique mensuelle (août 2013) de Michel Onfray intitulé « Heurs et malheurs du libertaire » dans laquelle il donne sa définition « du » libertaire. A moins que ce n’ait été que le prétexte pour moi de mettre en mots mes pensées…

J’ai mis du temps avant de me décider à publier ce texte, mais les dernières prises de position du philosophe se revendiquant libertaire me pousse, bien des mois après, à le publier ici.

Vous trouverez le texte de Michel Onfray sur son site.

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« La liberté sans le socialisme c’est le privilège et l’injustice et le socialisme sans la liberté c’est l’esclavage et la brutalité. »

Bakounine

 

Camarade*, j’weareyou_1ai bien lu ton billet intitulé « Heurs et malheurs du libertaire » et j’aimerais revenir dessus, parce que le sujet me tient à cœur, me définissant moi-même comme libertaire. Si je ne suis pas certain de toujours vivre en libertaire, je pense par contre en être un militant sincère. Et sur ce point je ne peux que rejoindre ton introduction : « Se dire libertaire est assez facile, tâcher de vivre en libertaire s’avère plus difficile. » Tu nous expliques ensuite que ce n’est pas tant de vivre en libertaire qui est difficile que le fait que vivre ainsi parmi celles et ceux qui ne sont pas libres, reviendrait à être le reflet de leur propre servitude.

Fichtre, ne saurait-il y avoir de liberté ailleurs que dans les cœurs purs des libertaires ? La liberté ne serait-elle pas plutôt une image, l’obscur objet d’un désir – et donc d’un agencement ainsi que le dirait Deleuze – autour duquel nous tournons sans cesse pour en saisir les milles facettes ? Chacun n’en dévoile-t-il pas un fragment lorsque, depuis sont point de vue, il cherche l’émancipation ?

La domination est partie intégrante des « jeux » à l’œuvre dans nos relations interpersonnelles : jeux de séduction, de défiance, d’apprentissage, de dépendance etc. qui sont les piments de la vie, ce qui fait que nous aimons, nous détestons, nous restons indifférents… Ce qui fait de la domination une oppression c’est de l’ériger en système, d’en constituer nos institutions à qui nous déléguons le pouvoir d’agir sur nos vies. Je ne pense pas qu’une société libertaire puisse être le fait des seuls libertaires. Mais si j’ai bien compris ce texte, « le » libertaire tel que tu le définis ne se soucie pas de « faire société », il veut vivre en libertaire dans la société dans laquelle il évolue… sans se soucier de l’agencement de la liberté de ses contemporains.

Et c’est là que nous en revenons à la première partie de ton introduction : vivre en libertaire ne serait pas si difficile. Dans la suite du texte tu nous donnes en quelque sorte les grandes lignes de cette « éthique pratique, ou pratique éthique », que rend difficile à vivre l’autre, celui qui n’est pas libre. Je passe rapidement sur les « manques », les non-dits de ta démonstration, puisqu’à aucun moment il n’est fait référence aux luttes des femmes par exemples, pas plus d’ailleurs qu’aux luttes des minorités… Pourtant, la majorité c’est personne, la minorité c’est tout le monde est une idée qui me semble proche de la révolte libertaire. Sans oublier que tu passes sous silence l’un des fondement de la pensée anarchiste: l’anticapitalisme! Bref…

 

commune_de_parisTu commences avec un paragraphe assez obscure pour moi au sujet de vivre un maximum de liberté sans que « ce projet existentiel coûte à autrui en désagrément ». Jusque là je suis sans problème, reconnaissant ici la conception « classique » de la liberté, vue comme s’arrêtant là où commence celle de l’autre. Je comprends encore lorsque tu uses de la métaphore des châteaux de servitude, opposés à la chaumière libertaire. Encore que je ne sois pas certain de comprendre à quels termes ni à quel contrat tu fasses référence. Mais ensuite lorsque tu parles de la stigmatisation de « la cruauté ou l’égoïsme du libertaire » j’avoue ne pas très bien comprendre. La cruauté fait-elle référence aux attentats ou à ce qu’on a appelé « la propagande par le fait »? Peut-être les libertaires sont-ils cruels dans leurs dénonciations de tous les abus (et de celles et ceux qui les commettent), pour ceux qui en sont les victimes plus ou moins volontaires ? (je crois comprendre que cette seconde option est la tienne, en référence aux reflets de la servitude des autres). Mais là encore, je ne pense pas que la Liberté soit l’apanage des libertaires.

Mais pour l’égoïsme, je ne vois pas. Dans mes activités militantes – depuis 1995 j’évolue dans les milieux libertaires d’ici et même d’ailleurs – il m’est arrivé en tant que libertaire d’être taxé de bien des maux mais l’égoïsme n’en a jamais été. Il faut dire que dans ma pratique militante, la solidarité est une arme, l’égoïsme un suicide! Mais c’est vrai que je suis libertaire tendance « béru », ou anarcho-punk, comme certains marxistes sont de tendance Groucho. Les feuilles de l’arbre de ma généalogie politique porteront, lorsqu’elles se ramasseront à la pelle, plus de noms d’artistes, de poètes, de troubadours et des milliers d’anonymes qui ont vécu jusqu’au bout leur engagement que de philosophes et de théoriciens… L’anarchie est née chez moi dans la pratique du DIY (Do It Yourself), même si elle s’est ensuite bien sûr nourrie des écrits de nos illustres prédécesseurs, Bakounie, Proudhon, Kropotkine… Même si souvent ce sont leurs écrits sur d’autres thèmes qui m’ont marqué, plus que leur pensées directement politiques. Mais surtout j’ai puisé dans les expériences révolutionnaires d’esprit libertaire : la commune, la révolte de Krondstadt, la Makhnovtchina, l’Espagne de 36, mai 68, l’insurrection zapatiste et toutes les résistances créatrices d’autres possibles : squats, ZAD, TAZ de toutes sortes.

Je sais que dans chacune de ces luttes les libertaires étaient présents et que dans chacune de ces luttes, d’autres aussi étaient présents. Parce que lorsqu’on se confronte au réel, nos propres divergences – entre synthésistes et plate-formistes, anarcho-communistes et fédéralistes-libertaires, anarchistes individualistes et collectivistes, autonomes et organisés – s’estompent, ou plutôt convergent. Et même avec les courants d’autres familles politiques, le faire permet souvent de dépasser le prêt-à-penser. Mais à aucun moment dans ma vie je n’ai eu l’impression qu’il était facile de « se construire liberté »… surtout quand on pense que la liberté des autres, loin de limiter la nôtre, l’étend encore, comme dans la conception bakouninienne du terme, dans un monde où la liberté « est la chose la moins bien partagée » comme tu le fais justement remarquer. Surtout quand les institutions de la société capitaliste nous élèvent en batterie pour faire de nous de la chair-à-pognon, et que la liberté est alors d’abord révolte. Et se révolter, me semble-t-il, n’a rien d’évident.

 

makhnovtchinaTu évoques ensuite l’athéisme. Oui, le combat libertaire se livre aussi contre l’emprise des religions et ce combat attire en effet bien des inimitiés de la part de celles et ceux qui tirent profit du pouvoir religieux et de certains croyants fanatisés. Et comme tu le dis : « On peut préférer la liberté à n’importe quel dieu sans insulter ceux qui croient à leurs divinités. »

En effet, il est même souhaitable de ne pas insulter les croyants, même au nom de la raison. Parce que l’insulte n’est jamais l’arme de la raison, mais plus sûrement de la déraison. Mais il doit être possible également de critiquer les religions sans que cela soit pris comme une insulte. Pour cela, le mieux est peut-être de ne pas tomber dans un catéchisme athée.

De plus, lorsque le climat est à la stigmatisation des croyants d’une religion – comme le sont en ce moment les musulmans ou comme le furent les juifs en d’autres temps – il n’est peut-être pas judicieux de hurler avec les loups. Mais si on le fait, encore faut-il savoir prendre ses distances très clairement d’avec la meute, en s’en prenant non aux croyants mais aux croyances, aux Églises établies bien plus qu’à celles et ceux qui y prient. Parfois, quand ce qu’on a à dire, même si on a le droit de le dire, n’est pas plus pertinent qu’un silence, il vaut mieux se taire.

Alors non, il n’est pas facile de vivre en athée, sans réciter son catéchisme ou faire du prosélytisme… et pas seulement à cause du regard de l’autre, des croyants, mais aussi parce qu’être athée c’est traquer en soi les réflexes de la ritualisation, de la superstition. Le fait de se préparer pour un événement ou de se mettre en condition pour écrire, par exemple. Ces moments où la raison fait place à la pensée magique, quand la raison nous laisse seul face à une situation inédite ou qu’au contraire elle nous abandonne à un état qui s’apparente à la transe recherchée. Lutter contre les croyances c’est aussi lutter contre nos propres facilités… ce qui doit aider à comprendre que l’autre peut lui aussi lutter contre ses propres « démons », ses propres dieux. (Sur le sujet, lire le texte de Brasiers & Cerisiers) Alors il me semble qu’il est loin d’être facile de vivre en remettant en cause nos croyances, ces petits rituels que nous nous constituons comme autant de raccourcis dans nos raisonnements.

 

 espagne1936Tu abordes ensuite le terrain politique. Si je ne me soucie guère en effet « de droite et de gauche » – encore que, et bien que je lui préfère l’opposition entre émancipation et réaction – ce n’est pas tant par soucie de la justice ou de la vérité que par méfiance vis à vis de la politique politicienne. Je doute de la pertinence de l’organisation politique de la société autour de partis basés sur une idéologie.

Il y a peu j’ai regardé le web-documentaire sur le NPA et j’ai été choqué par un échange entre une militante et un maire auprès de qui elle cherchait un parrainage pour la présidentielle. Pendant la discussion le maire en question expliquait qu’il ne voulait parrainer personne car dans les petits villages comme le sien « on ne fait pas de politique ». On ne fait pas de politique ? La politique se résumerait à choisir son parti ? Je ne le pense pas ! Le fait politique n’est pas cette politique politicienne mais bien s’occuper de la « chose publique ». Or, il s’agit bien pour les élus de terrain, dans notre démocratie représentative, de gérer – chacun à son niveau – la chose publique et le vivre ensemble.

En tant que libertaire, je suis pour une démocratie directe. Je pense que ce qui concerne la chose publique doit être débattue directement par les gens. Que le peuple reprenne ses affaires en main. Toutefois on ne peut faire abstraction du poids de la structure politicienne dans nos représentations politique, ni du découpage droite-gauche, à moins de dédaigner la réalité et de ne vivre que dans le monde des idées. Ce qui a été de l’ordre de l’idéologie s’est déposé au fil du temps aussi dans nos comportements et nos actions. Il est donc difficile de balayer d’un revers de main l’histoire de la lutte pour l’émancipation et la justice sociale, ce que tu reconnais, timidement, toi-même quand tu écris: « la droite a moins souvent fait que la gauche pour la justice sociale ».

Venons-en à cette phrase : « La droite le récuse parce qu’il est de gauche ; la gauche le refuse parce qu’on le classe à droite quand il affirme préférer une vérité de droite à une erreur de gauche. » Intéressons-nous à la seconde partie de la sentence. Selon toi, les libertaires doivent préférer une vérité de droite à une erreur de gauche.

Déjà, je trouve étrange d’opposer vérité et erreur. Ça donne un drôle de sens à « vérité ». Alors que j’entends par « vérité » tout ce qui est vrai, lorsque le mot est opposé à mensonge ; lorsqu’il est opposé à erreur je comprends « vérité », comme unique bonne réponse, ce qui est juste, correct. Un peu comme lorsqu’à l’école les profs parlent de fautes (lexique de la morale, la religion) dans un devoir de maths ou une dictée, alors que ce ne sont là que des erreurs…

Quant à moi je préfère une erreur de gauche à une « vérité » de droite parce qu’on apprend de nos erreurs. Par contre je pense qu’une vérité ne peut être ni de droite ni de gauche, qu’une vérité de droite n’est qu’une vérité vue depuis un point de vue de droite. Et puis que peut-on apprendre d’une vérité ? Une vérité est un fait établi. On apprend de ce qui nous a mené à établir cette vérité, des erreurs qui nous ont fait trébucher sur le chemin de cette vérité. En ce sens non plus je n’ai pas l’impression qu’il soit facile de fouler en libertaire le terrain politique…

sagahonDans le dernier paragraphe, tu mets en garde contre toutes les tribus « construites sur la classe sociale, le sol natal, le sang du lignage, la caste institutionnelle, la secte religieuse, l’appartenance politique sur le papier, la préférence sexuelle, l’esprit de corps, la profession… ». J’approuve car ce que j’apprécie dans le courant de pensée libertaire, c’est justement qu’il existe une pensée individualiste. Un réflexe d’être humain attaché à rien de plus grand que lui-même… Réflexe précieux dès lors que la puissance collective créée devient oppression pour celles et ceux qui la constituent. Si le collectif peut décupler l’intelligence, il peut aussi n’être que la caisse de résonance de nos plus vils instincts. C’est ce qui fait que les libertaires, les anarchistes, se sont élevés contre le fascisme et contre le totalitarisme rouge. Je pense là en particulier aux révoltés de Krondtstadt, à la makhnovtchina et aux révolutionnaires espagnols qui ont eut à lutter à la fois contre les rouges et les blancs.

Tu listes ensuite quelques vieilles branches (dans le sens amical, genre « hé, salut vieille branche ! ») de l’arbre généalogique « du » libertaire. Liste qu’il est difficile de renier vu le prestige des noms, même si il n’est pas ici question pour moi de prétendre suivre chacun de ces auteurs dans toute la complexité de leurs pensées. De plus je dois bien avouer ma totale ignorance d’Aristippe (certainement un oubli dans ma culture, mais il y en a tant) que ton texte aura eu le mérite de me faire rencontrer.

Ne pas faire partie de tribus, « repliées sur elle-même, élitistes et électives, actives en promotion du même et en éviction du dissemblable, intrigantes et utiles à leur propre promotion ». Mais quel cercle social ou réseau ne correspond pas, plus ou moins, à cette définition ? Vouloir s’abstraire du monde ne correspond-il pas aussi à cette définition ? Plus replié sur soi-même dans sa tribu ou en retrait du monde ? Plus élitiste en restant entre personnes qui partagent un point commun ou en ne partageant rien avec le monde ? Est-ce plus électif de former une association, ou d’estimer qu’il ne peut y avoir d’élu digne de soi ? Je ne pose même pas la question concernant l’éviction du dissemblable poussé à l’extrême dans la vie solitaire (dans ton texte il est écrit « la vie SOLAIRE du libertaire », j’y ai lu, mais peut-être ne suis-je pas assez poétique, « la vie solitaire », dis-moi si je me trompe). Le prosélytisme, faire sa promotion, ne peut-il être le fait d’un individu isolé ? N’est-il qu’un effet de groupe ? Pour moi c’est l’appartenance à diverses tribus – du groupe d’un atelier d’écriture à une tribu culturelle comme le punk, ou être membre d’une SCOOP ou d’une association quelconque -, la multiplication des points de vue sur le monde qu’elles offrent, qui est porteur de richesses et parfois de déceptions ou de luttes.

Alors c’est vrai, nous devons nous méfier de cet entre-soi si confortable, cet entre-soi bâtisseur de liens qui se renforcent et dont l’élasticité des débuts fait place à la rigidité des habitudes et qui parfois finissent en temples à défendre face aux « pas comme nous ». Car, tout comme la myéline renforce certains chemins à travers nos neurones pour fluidifier des réponses maintes fois éprouvées, les liens d’un groupes peuvent amener à ces raccourcis de la pensées, à ce confort intellectuel, à nos certitudes élevées sur nos vieux doutes. Et il sera d’autant plus difficile de sortir de nos schémas pour inventer d’autres réponses, que notre environnement nous replongera dans le même substrat… dans la société telle qu’elle est.

Peut-on être quelqu’un sans les autres ? Certainement! Pourrait-il en être autrement? Mais l’oiseau qui vole libre dans l’azur du ciel doit-il envier la vie de l’oiseau en cage, cette cage aux barreaux de solitude qui le protège des autres ? Bien sûr, l’oiseau en entrant dans la cage ne perd pas toute personnalité, il devient autre… autre que celui qu’il serait devenu en volant entre les nuages. Est-il plus lui-même dans la solitude de sa cage ou soumis à l’influence de ces semblables et dissemblables ? Sartre et son « l’enfer c’est les autres » me semble convenir, paradoxalement pour le camusien que tu dis être, à ce que tu développes dans ton texte. Huis clos m’a beaucoup marqué lorsque je l’ai étudié à l’adolescence et aujourd’hui encore une partie de moi le trouve pertinent. Mais j’y ajouterais « L’enfer c’est aussi Je » puisque comme l’a si bien dit Rimbaud « Je est un autre ». Une fois encore, je pense qu’il est dur de vivre en libertaire, sans que les autres ne soient les seuls à paver l’enfer de leurs bonnes intentions.

 

krondstadtSi les libertaires doivent savoir prendre de la hauteur, ils doivent aussi se garder de devenir hautains pour autant. Car si prendre de la hauteur permet d’élargir le champ visuel, ça ne doit pas faire oublier que ce qu’on a vu depuis les hauteurs doit être rapporté, partagé « en-bas et à gauche » comme disent les zapatistes.

Je ne l’ai compris qu’il y a peu, l’importance de ces deux termes. Mais ça a fini par me sauter aux yeux. Pourtant, il y avait eut les communiqués sur la géographie et le calendrier zapatistes. Et cette façon de se situer « en-bas et à gauche ». Car se repérer sur un plan nécessite au minimum deux axes. Or tout notre spectre politique ne se base que sur une abscisse, allant de droite à gauche – à mois que ce ne soit l’inverse – en passant par le centre, sans oublier les extrêmes. C’est ici le règne de l’idéologie, de l’organisation théorique. Mais il y l’ordonnée, celle qui va de bas en haut, ou inversement, le terrain de l’organisation pratique, le règne du concret.

En-bas donc, à la base de la pyramide, pas avec l’élite d’en-haut. Certainement parce que ce sont celles et ceux de la base qui supportent le plus grand poids des injustices de nos sociétés. Mais plus encore parce que cette base symbolise l’horizontalité, la coopération (autre mécanisme de la sélection naturelle, que Kropotkine a opposé en son temps à la concurrence darwinienne), face à la verticalité et la division en strates sociales.

Il me semble que ces deux axes sont indispensables pour se situer et analyser les phénomènes politiques. Prenons l’exemple de la mort de Clément Méric. Pierres Carles et Brice Couturier se sont essayé à une analyse classiste des faits… et ils n’ont réussi qu’à faire gerber celles et ceux pour qui – comme moi – le combat antifasciste est indissociable de leur engagement pour un monde plus juste. Parce que si l’analyse classiste, sur l’ordonnée haut/bas, est pertinente bien souvent pour comprendre la société, elle se trouve incapable de donner sens à ce genre d’événement car elle est purement matérialiste et rejette toute possibilité d’interaction idéologique. De même, analyser le fascisme avec le seul filtre idéologique droite/gauche n’aide pas à comprendre le phénomène de l’actuelle montée en puissance de l’extrême-droite. Mais dès lors que l’on se place en-bas – donc dans un rapport de classe matérialiste – et à la fois à gauche – qui marque le rapport idéologique – on récupère une vision stéréoscopique sur la société.

 

ZAD-badge-noir_et_rouge-00ed2Pour conclure, peut-être est-il aisé de vivre sa liberté sans que « ce projet existentiel coûte à autrui en désagrément » lorsque cette liberté s’envole dans les éthers de la théorie. Certainement que dans ce monde des idées, il n’est pas difficile d’être un athée se riant de la superstition des croyants. Sûrement est-il aisé de vivre sans tribu, ni groupe plus ou moins repliés sur lui-même lorsqu’à l’être solidaire on préfère l’être solitaire.

Comme tu l’a fait remarquer, l’égoïste est souvent « celui qui ne pense pas assez à nous », mais il est aussi, ne l’oublions pas, celui qui pense surtout à lui (question de point de vue). Comme l’utilisation du « je » lorsqu’on s’exprime peut revêtir deux réalités : comme mise en avant de son propre égo – « moi je, moi je, moi je »; et le « je » comme le refus de généraliser, de parler pour l’autre, dans le sens deleuzien « parler à la place de l’autre »… plutôt qu’en s’adressant à l’autre, dans une reconnaissance de l’alter-ego. Et finalement, comme l’a écrit Oscar Wilde, « l’égoïsme n’est pas vivre comme on le désire, mais demander aux autres de vivre comme on veut qu’ils vivent ».

Quant aux heurs et malheurs du titre de ta chronique, ils sont bien moins à porter au (dis)crédit des « autres » que du système d’exploitation de notre société. Oh bien sûr, les heurs et malheurs de ma propre vie militante ont souvent revêtu l’uniforme de l’ordre du pouvoir. Oui, le système lui-même ne fonctionne que parce que des individus tirent des ficelles, poussent des manettes, appuient sur des boutons. Les visages de la pression et de la répression peuvent être remplacés et le système lui-même peut évoluer. La lutte pour l’émancipation ne peut porter, à mon sens, que sur le système, l’organisation de la société et l’éducation qu’elle promeut. Que moi, en tant qu’être humain, je tente de faire évoluer ma conscience, et que cette évolution m’aide dans l’analyse du monde matériel est mon choix. Un choix que je ne peux imposer aux autres, justement parce que je me méfie des tribus qui cherchent le semblable et rejettent le dissemblable.

Nous évoluons dans cet équilibre dynamique entre solitude et solidarité, entre théorie et pratique. Une dualité qui, il me semble, fait défaut à ton texte et à la pensée que tu y déploies… comme dans ton utilisation du terme « Le libertaire » – comme une abstraction hors-vie, une fleur poussant hors-sols – auquel je préfère le pluriel: les libertaires!

Et comme le disent les zapatistes: « tout pour tous, rien pour nous » !

 

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* N’étant pas de ceux qui délivrent les diplômes de bon libertaire, je te fais ici crédit de ta volonté de te rattacher à ce mouvement de pensée, quelque puisse être mes propres réserves sur ce fait.

 

Action antifasciste en Espagne

Texte original ici.

Communiqué publié le 31 juillet sur le site de la revue de la coordination antifasciste de Madrid ¡No Pasarán!

[Espagne] Action antifasciste: « Nettoie Vicálvaro des symboles fascistes »

La nuit dernière, Acción Kombativa Vicálvaro (AK-32) a mené à bien une action de décrochage de plaques de l’Institut National du Logement, ornées du symbole phalangiste du joug et les flèches.

Nous, Ak-32, considérons que ce type d’éléments sont un patrimoine, mais pas historique ou culturel, mais patrimoine de la barbarie fasciste qui pendant 40 ans a teinté de sang et opprimé les peuples de tout l’état.

Nous ne tolérerons pas à Vicálvaro des symboles qui rappellent et rendent hommage aux bourreaux.

Assez de symboles fascistes dans nos quartiers et villages!

 

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Pourquoi je rejoins antifa-net

Dans Une journée particulière, le film d’Ettore Scola, Mastroianni, poursuivi jusque dans son sixième par les gros bras mussoliniens, s’écrie judicieusement à l’adresse du spadassin qui l’accuse d’anti-fascisme : « Vous vous méprenez, monsieur : ce n’est pas le locataire du sixième qui est anti-fasciste, c’est le fascisme qui est anti-locataire du sixième. »

Extrait du réquisitoire de Desproges contre Jean-Marie Le Pen, 28 septembre 1982

 

Ce petit rappel est important car de plus en plus la charge semble s’inverser quand on parle d’antifascisme. Il devient même de plus en plus fréquent dans la bouche et sous la plume de gens de gauche de voir traiter celles et ceux qui se revendiquent de l’antifascisme… de fascistes !

Éclaircissons donc un premier point avant d’entrer dans le vif du sujet. L’antifascisme est, tout autant que le « fascisme » que nous combattons, divers. Pour en avoir une idée plus précise je ne peux que vous enjoindre à lire le texte publié sur le site de La Horde: Petite histoire de l’antifascisme contemporain.

L’antifascisme dont je me revendique est issu du mouvement antifasciste radical, un mouvement qui n’appréhende la lutte contre le fascisme que comme une des bases d’un mouvement révolutionnaire et émancipateur… et même pour tout dire franchement libertaire!

De même, ce que nous pouvons classer sous le vocable de « fascisme » mériterait certainement une analyse plus précise tant les différences entre les mouvements catholiques intégristes, les royalistes, les néo-païens, les nationalistes révolutionnaires, l’extrême droite électoraliste, etc, peuvent apparaître importantes. Toutefois, entre ces différents mouvements il existe quelques constantes qui les démarquent de partis démocratiques, même réactionnaires tels que l’UMP. N’oublions pas non plus que les mouvements qui ont mené le monde à la guerre dans les années 30 étaient loin d’être unifiés idéologiquement. Entre le nazisme, le fascisme historique italien et le franquisme il y a des divergences significatives… Mais ce n’est pas le propos de ce billet.

A lire les attaques dont celles et ceux qui ici et ailleurs se revendiquent d’un antifascisme radical sont l’objet, de la part d’hommes et de femmes de gauche, il semble que ces derniers oublient cette évidence que la citation de Desproges nous rappelle fort à propos : c’est bien le fascisme, cette vision autoritaire et totalitaire de la société qui désigne celles et ceux qui sortent du cadre stricte de leur vision du monde à la vindicte : immigrés, juifs, homosexuels, drogués, prostituées, etc.

Et si en temps de crise, les partis de la réaction (et même certains partis de gauche institutionnelle) ont une fâcheuse tendance à reprendre cette rhétorique avec plus ou moins de facilité, c’est plus par peur d’un peuple autonome, par opportunisme ou calcul électoraliste… voir même selon certains discours afin de siphonner l’électorat extrémiste ! (Reprendre les idées des fachos pour les empêcher de prendre le pouvoir découle d’une logique partidaire à laquelle je suis totalement étranger.)

S’il peut s’habiller au grès des situations d’une parure plus ou moins sociale, le fascisme s’oppose de toutes ses tripes à l’idée d’émancipation sociale. La vision autoritaire que développe la pensée fasciste ne conçoit pas que le peuple puisse gérer la société, que le prolétariat puisse prendre son destin entre ses mains. Dans cette vision du monde, les organisations sociales, féministes, les syndicats, l’ensemble des secteurs où le peuple s’organise par lui-même et pour lui-même sont perçus comme dangereux pour l’ordre social. Le peuple n’est pensé qu’en tant que masse devant obéir à un chef traçant la voie du pays, grâce à une vision claire au service de la puissance de la nation. En cela, il n’est pas d’essence démocratique, même si tactiquement, il peut utiliser le jeux électoral pour accéder au pouvoir.

Ce recours à un dieu, à un césar, à un tribun va à l’encontre du mouvement émancipateur dont l’antifascisme radical se revendique. Oui, nous pensons que les prolétaires sont capables d’organiser la société, sans recours aux présidents, directeurs et autres généraux… qu’ils soient de droit divin ou de droit électoral.

L’acceptation de cette idée d’un guide suprême n’est possible dans le peuple qu’en adéquation avec une exaltation de la nation, de la patrie. En effet, le chef représente le garant de l’intérêt national, dépassant les intérêts de classe. Un discours qui s’évertue, parfois subtilement pour s’ouvrir quelques portes à gauche, à confondre souveraineté populaire et souveraineté nationale. Mais derrière cette tromperie linguistique c’est encore une fois une tentative de récupération du mouvement social et de son émancipation. Car cette confusion sémantique se révèle dans les faits un renversement total de la logique. En confondant ainsi intérêts du pays et du peuple, on valide par là-même cette idée que patrons et travailleurs doivent composer pour l’intérêt supérieur de la nation. Là encore aucune volonté émancipatrice pour le peuple dans l’idéal fasciste. L’idée que les travailleurs ne peuvent se passer des patrons est la continuité de l’idée que le peuple a besoin d’un chef ou que la famille s’organise autour de l’homme. On en vient alors logiquement à préférer les patrons de son pays, discours d’autant plus audible que l’esprit d’entreprise vanté par les tenants libéraux de nos économies, qu’ils soient de droite ou de gauche, finit par nous faire croire que l’important est de produire, toujours plus, toujours moins cher afin de relancer la croissance… toujours dans l’intérêt supérieur de la nation. Sans aucune considération à la base des besoins des hommes et des femmes, ni prise en compte de l’environnement. Aucune réflexion sur le pourquoi et le comment de nos productions! Le fascisme ne se distingue en cela qu’aux marges des politiques économiques actuelles.

En cela aussi, lorsqu’à gauche certains tentent de surfer sur le patriotisme économique ils se trompent de combat. Que signifie de vouloir taxer par exemple Total ? Total exploite les ressources des sous-sols d’un certain nombre de pays. Ce qui revient, dans un système concurrentiel à spolier ces pays d’une partie de leurs richesses. Les retombées pour les pays hôtes sont de deux ordres : des taxes et des salaires. Les unes vont dans les caisses de l’état, les autres dans les poches des travailleurs. Rapatrier les bénéfices d’une entreprise comme Total revient à valider l’idée que l’entreprise appartient à ses dirigeants et pas aux travailleurs. Car sinon, il n’y a aucune raison que les bénéfices produits par les travailleurs dans un pays servent les intérêts des travailleurs du pays des dirigeants. C’est soumettre la valeur ajouté du travail à la nationalité de l’entreprise, de ses capitaux ou de ses dirigeants. Rien ici qui puisse se revendiquer d’une vision pour l’émancipation des travailleurs.

Cette confusion est aussi la conséquence d’un discours répandu à gauche qui prétend que les frontières seraient les garantes des intérêts des travailleurs, que la mondialisation économique tend à abolir les frontières. Quoi de plus faux quand on voit comme le patronat et les grandes entreprises jouent des différences de protection sociale de chaque pays pour maximiser leurs bénéfices? Les gouvernements quant à eux jouent des délocalisations pour attaquer nos droits. Car si les barrières se lèvent pour les marchandises et les capitaux, il n’en va pas de même pour les droits sociaux ni pour les hommes et les femmes. Poussé à l’extrême ce raisonnement valide l’antienne fasciste « le travail pour les nationaux », que l’on décline ensuite sur les allocations sociales, les soins, l’accès au logement, le droit de vote… Les peuples n’ont décidément rien à espérer d’un repli nationaliste!

L’antifascisme que j’espère partager avec vous sur antifa-net est avant tout une lutte pour l’émancipation, pour la reconnaissance de la diversité, un combat pour l’égalité économique, politique et social, pour la liberté des peuples à s’organiser horizontalement dans une société sans classes, ni gouvernement centralisé, ni normes imposées.

Si aujourd’hui certains à gauche préfèrent dialoguer avec les fascistes, tout en désignant les « antifas » comme des inquisiteurs, c’est peut-être bien le signe le plus inquiétant du glissement à droite de l’échiquier politique. Car, à part quelques putschistes en puissance, la plupart des partis fascistes ont opté, dans une Europe pacifiée, pour une conquête du pouvoir par les urnes. Et dans toute élection, les voix ne se portent pas toujours sur un candidat par choix, mais aussi par dépit, par repoussoir, etc. Ce n’est donc pas un peuple majoritairement fasciste qui porte au pouvoir un parti fasciste… mais des calculs électoraux qui échappent à toute tentative d’explications simplistes.

Si des partis fascistes doivent arriver au pouvoir, ce sera plus certainement par la perméabilité de certains thèmes entre l’extrême droite et une partie de la gauche, et la faillite d’une gauche libérale. Jouer avec les thèmes de l’extrême droite est non seulement un pari risqué dans le jeux démocratique, plus encore en période de crise, mais c’est surtout un renoncement à cette idée d’émancipation, cette volonté d’aller au-delà des contraintes de l’époque en inventant un nouveau vivre ensemble.

Cette porosité rouge-brune naît plus encore des passerelles que tissent certains entre une partie de la gauche anti-libérale et des individus de droite plus ou moins extrême. C’est au travers des thèses conspirationnistes, d’une écologie plus kaki que verte ou d’un socialisme teinté de nationalisme, que les solutions fascistes infusent aujourd’hui dans la société, bien au-delà du cercle restreint de l’influence des mouvements d’extrême-droite.

Les antifascistes seraient donc devenus les pourfendeurs de la liberté d’expression ? Mais la mouvance fasciste n’a-t-elle pas tout le loisir de s’exprimer dans sa presse, et même plus largement dans les médias dominants ? Pour quelles raisons devrions-nous leur donner la parole dans les quelques espaces où ils n’ont pas tribunes ouvertes ? Ceux qui accusent les antifas de sectarisme en prétextant notre refus de joindre nos voix à celles des fascistes, en leur ouvrant les colonnes de notre presse militante, portent une responsabilité dans le confusionnisme idéologique actuel.

Quant à dialoguer avec l’extrême-droite, sous prétexte à la fois d’ouverture à toutes les idées pour sortir de la crise, ou en espérant pouvoir convaincre les électeurs de partis fascisants, cette stratégie est vouée à l’échec. Car, en dialoguant avec des fachos dans le cadre de débats, qui peut-on espérer convaincre ? Les contradicteurs de l’extrême-droite, dont on peut penser qu’ils sont idéologiquement formés ? Le public de ces débats organisés par des mouvements fascisants ? Ils ne constituent de toute façon pas la majorité des électeurs susceptibles de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Au contraire, c’est délivrer une caution démocratique à des écoles de pensée que l’idée du peuple organisé révulse… dès qu’il a glissé son bulletin dans l’urne, pour les mouvements fascistes qui ont fait le choix des urnes. Si vraiment ceux qui prônent le débat avec les fascistes souhaitent convaincre celles et ceux qui peuvent tendre du « côté obscur de la force », ils devraient se battre pour que la liberté d’expression qu’ils défendent pour des mouvements fascistes soit donnée aux forces de l’émancipation social qui combattent le capitalisme et qui ne bénéficient pas de cette même exposition médiatique.

Quant à trouver des idées de justice sociale, d’égalité politique ou de libertés individuelles et collectives dans les thèses fascistes ça ne peut résulter que d’une grande confusion mentale nourrie de longues soirées à refaire non pas le monde, mais les nations, avec les débatteurs de l’extrême-droite. Les attaques d’une certaine gauche contre l’antifascisme radical ressemble moins à une attaque contre l’antifascisme que contre la radicalité dont nous sommes porteurs… une attaque en règle contre l’émancipation du peuple !

Non, décidément on ne dialogue pas avec le fascisme, on le combat !

Le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève !

Derrière le fascisme se cache le capital, la lutte antifasciste est mondiale!

No pasaran!

 

 

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Le Pen: fracture diplomatique?

Ce samedi près de 250 personnes ont manifesté à Limoges, sous une pluie fine et froide, contre Marine Le Pen, heu non contre Jean-Marie Le Pen… enfin, contre le FN!

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C’est bien la président du FN qui était attendue pour une réunion avec les militants dans la salle municipale Blanqui, située derrière la mairie de Limoges. Mais il y a quelques jours, le FN nous apprenait que Jean-Marine, heu Marie, remplacerait sa fille dans son excursion sur les terres limousines. On parlait d’un problème de santé qui empêcherait la présidente frontiste de faire le trajet en voiture.

Jean-Marie Le Pen était également invité pour une interview dans les locaux de France3 Limousin mais a lamentablement planté le présentateur qui après avoir annoncé l’interview, après l’avoir repoussé en excusant le retard du vieux chef du FN, a finalement du faire sans. Ce sont des choses qui arrivent et par temps de pluie, on ne peut que louer la prudence du chauffeur qui a certainement préférer faire rater une apparition cathodique à son patron que de lui faire risquer un accident et une éventuelle fracture.

Papa Le Pen en commençant son discours, vers 13h, a tenu a expliquer aux quelques 200 bas-du-frontistes limougeauds venus l’écouter que sa fille avait une fracture de la colonne vertébrale. Mazette! Une telle fracture explique en effet que sa fifille n’ait pu faire le déplacement. Puis dans l’après-midi, le FN se fendait d’un communiqué de presse rassurant, la chute – dans une piscine vide selon papa – n’a pas fracturé la colonne mais le sacrum. Ouf, nous voilà rassurés! Comme l’a dit par la suite MLP sur son compte twitter, « ce sera long, c’est douloureux, mais rien de dramatique ».

Le communiqué du Front évoquait aussi « un léger allègement de son emploi du temps mais ne l’empêchant pas de continuer ses activités ». Un allègement qui semble en effet n’avoir eu de conséquence que sur le déplacement à Limoges. D’ailleurs, la présence de Marine sur le plateau de LCP mercredi pour dénoncer les hordes de sauvages descendues de leurs banlieues pour mettre à feux et à sang la capitale française est un premier élément qui nous rassure sur la santé de Marine. D’autant que, bravant une fois encore la douleur, la présidente du front qui se rêve présidente du pays, sera dès demain dimanche sur le plateau de l’émission CPolitique de France5. Elle aura tout le loisir pour nous parler de sa hausse dans les sondages et de sa chute… dont on ne saurait imaginé qu’elle ait été le fait des merdes virtuelles déposées par de vilains farceurs sur sa page FaceBook – page qui a du être fermée temporairement afin de nettoyer… Bref, un accident banal, un père dévoué qui, bon pied bon œil, remplace sa fille pour un déplacement en province. Selon l’agenda du Front, Marine sera avec son père au parlement européen à Strasbourg dès mardi. Tout est bien qui finira bien avec un peu de repos… sauf que!

Sauf que, lors de cette charmante escapade en Haute-Vienne, le président d’honneur du FN a confirmé l’actuel secrétaire départemental, Vincent Gérard, dans ses fonctions. Or, et c’est là que le doute commence à fissurer l’image bucolique de Marine, le cul cassé, et de son vieux père qui reprend le temps d’un samedi pluvieux, le flambeau qu’il lui avait lui-même transmis… Le Vincent Gérard en question a été condamné en septembre dernier à quatre mois avec sursis pour violence avec usage ou menace d’une arme.

Le 2 avril 2012, quatre militants du FN, dont Gérard, après une réunion du parti, décident d’une balade bucolique dans les rues de Limoges avec une batte de base-ball. Leur déambulation nocturne et alcoolisée (ce fut la défense de Gégé) les mènent au Duc Etienne, bar oh combien sympathique mais dont les habitués sont plus souvent situés à l’autre bout de l’échiquier politique. Et là, les clients du bar prennent peur en voyant ce frontiste rigolard et alcoolisé brandir sa batte. La police intervient rapidement et l’homme est arrêté, les trois autres frontistes repartent. Pourtant d’eux d’entre-eux, dont Gégé, ne tardent pas à revenir au Duc, armés cette fois-ci d’un couteau et d’une matraque. Le patron du bar aura le nez fracturé. Décidément, c’est une histoire où les os craquent beaucoup! « Rien de politique » clame haut et court, ah non haut et fort, Vincent Gérard lors du procès.

Sa mise en cause dans l’histoire de l’agression lui avait coûté, avant même sa condamnation, sa candidature aux législatives. Quelques jours après les faits, la fifille de son papa avait déclaré qu’une condamnation lui vaudrait d’être démis de ses fonctions… Dédiabolisation oblige, faut lisser. Le temps du FN à papa, avec ses outrances verbales, les courses après les roux, les saluts nazi… tout ça c’est fini! D’ailleurs au lendemain de sa condamnation, Maxime Labesse, le prédécesseur de Gégé, affirmait : « Il devrait tirer les conclusions qui s’imposent et prendre l’initiative. » Seulement six mois plus tard, l’initiative tarde à venir.

Et tout au contraire, voilà que Jean-Marie le confirme dans ses fonctions! Diable! Cet homme condamné par la justice et par la présidente de son parti est confirmé dans ses fonctions de secrétaire départemental. Alors peut-être ais-je l’esprit mal tourné, mais il me semble que la fracture évoquée par Marine est peut-être plus à chercher entre son père et elle, qu’entre son cul et sa colonne. Le vieux lion frontiste a-t-il pesé de tout son poids pour protéger un militant un peu plus vieille que jeune garde? Après tout, faire le coup de poing contre le patron d’un rade gauchissss n’est pas une tare pour tout le monde. Alors, en bonne fille Marine a-t-elle fini par céder au caprice de son papa? Marine, afin de garder la tête haute et les mains propres, s’est pas cassé le cul et à envoyer papa à Limoges? La dédiabolisation n’est pas chose aisée, lorsqu’on est la fille du « diable ».

Alors Marine, sincèrement, que ton sacrum ait été fracturé ou non… On t’emmerde, toi, ton père, le FN et tous les fachos d’ici et d’ailleurs!

Le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève!

 

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