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ET ELLE TREMBLA ! RAPPORT DEPUIS L’ÉPICENTRE…

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Traduction du communiqué du Congrès National Indigène et de l’EZLN, annonçant la formation d’un Conseil Indigène de Gouvernement dont la porte-parole, une femme indigène, sera candidate à l’élection présidentielle mexicaine de 2018. Le communiqué a été publié le 2 janvier 2017, sur le site de Liaison Zapatiste.

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ET ELLE TREMBLA !

RAPPORT DEPUIS L’ÉPICENTRE…

 

Aux Peuples Originaires du Mexique

À la Société Civile du Mexique et du Monde

À la Sexta Nationale et Internationale

Aux Médias de Communication Libres

Frères, sœurs

Le moment des peuples est venu, de semer ce que nous sommes et de nous reconstruire. Le moment est venu de passer à l’offensive et voici l’accord qui se dessine sous nos yeux, dans les individus, dans les communautés, dans les peuples, dans le Congrès National Indigène ; le temps est venu que la dignité gouverne ce pays et ce monde et qu’à son passage fleurisse la démocratie, la liberté et la justice.

Nous annonçons que lors de la deuxième étape du Ve CNI, nous avons minutieusement évalué les résultats de la consultation des peuples que nous sommes, le Congrès National Indigène, qui a eu lieu les mois d’octobre, novembre et décembre 2016, résultats qui de toutes les manières, formes et langues qui nous représentent dans la géographie de ce pays, nous émettons les accords des assemblées communales, des terres collectives, des collectifs, municipales, inter-municipales et régionales, qui une fois de plus nous amène à comprendre et assumer avec dignité et révolte la situation que traverse notre pays, notre monde.

Nous saluons les messages de soutien, d’espoir et de solidarité qu’ont envoyés des intellectuels, des collectifs et des peuples qui reflètent l’espérance face à notre proposition que nous avons nommé « Que Tremble la Terre Jusque dans Ses Entrailles » et que nous avons rendue publique lors de la première étape du Ve CNI, nous saluons également les voix critiques, nombre d’entre elles avec des arguments fondamentalement racistes, qui reflètent une indignation rageuse et le mépris à la pensée qu’une femme indigène prétende non seulement concourir à l’élection présidentielle, mais envisager de changer réellement, depuis en-bas, ce pays endolori.

À eux tous, nous disons qu’en effet tremble la terre et nous avec elle, et que nous prétendons secouer la conscience de la nation, qu’en effet nous prétendons que l’indignation, la résistance et la rébellion figurent sur les bulletins électoraux de 2018, mais que notre intention n’est d’entrer en rien en compétition avec les partis et toute la classe politique qui nous doit encore beaucoup ; chaque mort, chaque disparu, chaque prisonnier, chaque expulsion, chaque répression et tout le mépris. Ne vous méprenez pas sur nous, nous ne prétendons pas rivaliser avec eux parce que nous ne sommes pas les mêmes, nous ne sommes pas leurs discours mensonger et pervers.

Nous somme la parole collective d’en-bas et à gauche, celle qui secoue le monde lorsque la terre tremble avec des épicentres d’autonomie, et qui nous rend si orgueilleusement différents que :

1. Alors que le pays est submergé de peur et de terreur qui naissent des milliers de morts et de disparus, dans les municipalités de la montagne et de la côte du Guerrero, nos peuples ont créé les conditions pour la sécurité et la véritable justice ; à Santa Maria Ostula, Michoacan, le peuple Nahua s’est uni à d’autres communautés indigènes afin de maintenir la sécurité entre les mains des peuples, où l’épicentre de la résistance est l’assemblée communale de Ostula, garante de l’étique d’un mouvement qui a imbibé les municipalités de Aquila, Coahuayana, Chinicuila et Coalcomán. Sur le plateau purépecha la communauté de Cheran a démontré que par l’organisation, en sortant les politiciens de leurs structures du mauvais gouvernement et en exerçant leurs propres formes de sécurité et de gouvernement on peut non seulement construire la justice, mais aussi comme dans d’autres géographies du pays depuis en-bas, depuis la rébellion se reconstruisent de nouveaux pactes sociaux, autonomes et justes, et nous ne cesserons pas de construire depuis en-bas, la vérité et la justice, niée pour les 43 étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa, Guerrero, disparus, pour les 3 compagnons étudiants qui ont été assassinés et pour les compagnons blessés, tous par le narco-gouvernement mexicain et ses forces répressives.

Pendant ce temps, les mauvais gouvernements criminalisent la lutte sociale, la résistance et la rébellion, persécutant, traquant, faisant disparaître, emprisonnant et assassinant des hommes et des femmes accomplies qui luttent pour des causes justes.

2. Alors que la destruction gagne tous les coins du pays, sans connaître de limites, éloignant l’appartenance à la terre et au sacré, le peuple Wixarika, avec les comités de défense de la vie et de l’eau de l’altiplano de la région de San Luis Potosi ont démontré que peuvent être défendus un territoire, son environnement et équilibres, en se basant sur la reconnaissance que nous ne formons qu’un avec la nature, avec une vision sacrée qui renouvelle chaque jour les liens ancestraux avec la vie, la terre, le soleil et les ancêtres, incluant 7 municipalités sur le territoire sacré cérémonial de Wirikuta à San Luis Potosi.

3. Alors que les mauvais gouvernements déforment les politiques de l’État en matière éducative en la mettant au service des entreprises capitalistes afin que ça cesse d’être un droit, les peuples originaires créent des écoles primaires, des collèges, des lycées et des universités avec leurs propres systèmes éducatifs, basés sur la protection de note terre mère, la défense du territoire, la production, les sciences, les arts, sur nos langues et bien que la majorité des ces processus se développent sans soutien d’aucun niveau du mauvais gouvernement, ils sont au service de toutes et tous.

4. Alors que les médias de communication à gages, porte-voix de ceux qui prostituent chacun des mots qu’ils répandent et qu’ils trompent les peuples du champ et de la ville en les endormant, faisant passer pour des délinquants ceux qui pensent et défendent ce qui leur appartient et sont toujours présentés comme des méchants, des vandales, des inadaptés. Alors que ceux qui vivent de l’ignorance et de l’aliénation sont présentés comme socialement bons, et ceux qui oppriment, répriment, exploitent et spolient sont toujours les bons, ceux qui méritent d’être respectés et qui gouvernent pour se servir. Et pendant que cela se passe, les peuples ont créé leurs propres médias de communication élaborant diverses formes afin que la conscience ne soit pas occulté par les mensonges que les capitalistes imposent, les utilisant en plus pour renforcer l’organisation d’en-bas, où naît la parole vraie.

5. Alors que la « démocratie » représentative des partis politiques est devenue une façon de moquer la volonté populaire, où les votes s’achètent et se vendent comme une marchandise de plus et se manipulent par la pauvreté dans laquelle les capitalistes maintiennent les sociétés des champs et des villes, les peuples originaires continuent à prendre soin et à renforcer des formes de consensus et des assemblées en tant qu’organes de gouvernement où la voix de toutes et tous deviennent des accords profondément démocratiques, incluant des régions entières à travers des assemblées concernant les accords d’autres assemblées et ceux-ci à leur tour surgissant de la volonté profonde de chaque famille.

6. Alors que les gouvernements imposent leurs décisions bénéficiant à quelques-uns, supplantant la volonté collective des peuples, criminalisant et réprimant ceux qui s’opposent à leurs projets de mort qu’ils imposent sur le sang de nos peuples, comme pour le Nouvel Aéroport de la Ville de Mexico, feignant de consulter pendant qu’ils imposent la mort, nous, peuples originaires, possédons les manières et les formes constante de consultation préalable, libre et informée pour des sujets, grands ou petits.

7. Alors qu’à travers leurs privatisations les mauvais gouvernements remettent la souveraineté énergétique du pays à des intérêts étrangers et que les hausses du prix de l’essence dénoncent le mensonge capitaliste qui trace uniquement des voies inégalitaires, et que la réponse rebelle des peuples indigènes et non-indigènes du Mexique, que les puissants ne pourront ni occulter ni faire taire ; nous, les peuples, faisons front et luttons pour arrêter la destruction de nos territoires par le fracking, les parcs éoliens, les mines, les puits de pétrole, les gazoducs et les oléoducs dans des états tel le Veracruz, le Sonora, le Sinaloa, La Basse Californie, le Morelos, l’Oaxaca, le Yucatan et tout le territoire national.

8. Alors que les mauvais gouvernements imposent une alimentation toxique et transgénique à tous les consommateurs des champs et des villes, les peuples Mayas maintiennent une lutte infatigable afin d’arrêter la culture de transgéniques dans la péninsule du Yucatan et dans tout le pays afin de conserver la richesse génétique ancestrale, qui, en plus, représente notre vie et l’organisation collective et la base de notre spiritualité.

9. Alors que la classe politique ne fait que détruire et promettre, nous, les peuples, construisons non pour gouverner mais pour exister dans l’autonomie et la libre détermination.

Nos résistances et rébellions constituent le pouvoir d’en-bas, elles n’offrent ni promesses ni bons mots, mais des processus réels de transformation radicale où toutes et tous participent et qui sont tangibles dans les diverses et gigantesques géographies indigènes de cette nation. C’est pourquoi en tant que Congrès National Indigène, réuni pour ce Ve Congrès, 43 peuples de ce pays, nous nous sommes ACCORDÉS pour nommer un Conseil Indigène de Gouvernement avec des représentants, hommes et femmes, de chacun des peuples, tribus et nations qui le composent. Et que ce conseil se propose de gouverner ce pays. Et qui aura comme voix une femme indigène du CNI, c’est à dire ayant du sang indigène et une connaissance de sa culture. C’est à dire qui aura comme porte-parole une femme indigène du CNI qui sera candidate indépendante à la présidence du Mexique lors des élections de l’année 2018.

C’est pour ça que le CNI, en tant que Maison de Tous les Peuples, nous sommes les principes qui configure l’étique de notre lutte et dans laquelle tiennent tous les peuples originaires de ce pays, ces principes auxquels se réfèrent le Conseil Indigène de Gouvernement sont :

Obéir et non commander

Représenter et non supplanter

Servir et non se servir

Convaincre et non vaincre

Descendre et non monter

Proposer et non imposer

Construire et non détruire

C’est ce que nous avons inventé et réinventé non par goût, mais comme l’unique forme que nous avons de continuer à exister, c’est à dire ces nouveaux chemins sortis de la mémoire collective de nos propres formes d’organisation, qui sont les produits de la résistance et de la révolte, du faire front chaque jour à la guerre qui n’a jamais cessé et qui n’a jamais pu en finir avec nous. Dans ces formes il n’a pas seulement été possible de tracer la voie pour la reconstitution intégrale des peuples, mais aussi de nouvelles formes plus civilisées, des espoirs collectifs qui deviennent communautaires, municipales, régionales, d’état et qui apportent des réponses précises aux problèmes réels du pays, loin de la classe politique et de sa corruption.

Depuis ce Ve Congrès National Indigène nous appelons les peuples originaires de ce pays, aux collectifs de la Sexta, aux travailleurs et travailleuses, fronts et comités de lutte du champ et des villes, à la communauté étudiante, intellectuelle, artistique et scientifique, à la société civile non organisée et à toutes les personnes de cœur à serrer les rangs et passer à l’offensive, à démonter le pouvoir d’en-haut et nous reconstituer non seulement comme peuple, mais aussi comme pays, depuis en-bas et à gauche, à nous unir en une seule organisation où la dignité sera notre dernier mot et notre première action. Nous vous appelons à nous organiser et arrêter cette guerre, à ne pas avoir peur de nous construire et de nous semer sur les ruines laissées par le capitalisme.

C’est ce que nous demande l’humanité et notre mère qui est la terre, en cela nous découvrons qu’est venu le temps de la dignité rebelle que nous matérialiserons en convoquant une assemblée constitutive du Conseil Indigène de Gouvernement pour le Mexique au mois de Mai 2017 et dès ce moment-là, nous jetterons des ponts aux compañeros et compañeras de la société civile, les médias de communication et les peuples originaires afin de faire trembler la terre jusque dans ses entrailles, vaincre la peur et récupérer ce qui appartient à l’humanité, à la terre et aux peuples, pour la récupération des territoires envahis ou détruits, pour le retour des disparus du pays, pour la liberté de toutes et tous les prisonniers politiques, pour la vérité et la justice pour les assassinés, pour la dignité du champ et de la ville. C’est à dire, n’ayez aucun doute, nous y allons pour tout, après tout nous savons que nous avons face à nous peut-être la dernière chance, en tant que peuples originaires et en tant que société mexicaine, de changer pacifiquement et radicalement nos propres formes de gouvernement, en faisant que la dignité soit l’épicentre d’un monde nouveau.

Depuis Oventik, Territoire Zapatiste, Chiapas, Mexique

Plus Jamais un Mexique Sans Nous

Congrès National Indigène

Armée Zapatiste de Libération Nationale

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Pendant ce temps-là, au Chiapas…

Femmes zapatistes en marche pour l'Autre Camapgne, janvier 2006.

Femmes zapatistes en marche pour l’Autre Camapgne, janvier 2006.

Les zapatistes s’apprêtent à recevoir 82 (confirmés) scientifiques de diverses spécialités et de divers pays pour des ateliers, discussions de vulgarisation, assemblées générales, entre le 25 décembre et le 4 janvier.
Je sais pas vous, mais moi je trouve ça intéressant. Je trouve que c’est, de la part des zapatistes, une nouvelle façon de s’ouvrir. depuis quelques temps les zapatistes annoncent une tempête à venir sur le monde. Plutôt que de se replier sur eux pour résister à la tempête, ils s’ouvrent: petite école zapatiste, soutien au mouvement pour les 43 disparus d’Ayotzinapa, participation à la présidentielle avec le Conseil National Indigène, cette rencontre avec des scientifiques.
Il me semble que cette rencontre pourrait marquer une nouvelle étape dans l’évolution du mouvement zapatiste. Même si je pense que cette évolution était déjà en germe dès les débuts de l’EZLN, ils savent avec intelligence épouser le mouvement, à certains moments, ou au contraire apparaître là où on ne les attend pas. Ils ont su muter, traversant différentes époques, passant de la guérilla de leurs débuts, comme un reliquat des années 70/80 en Amérique Latine, à un mouvement indigène accoucheur de l’altermondialisme au passage du 21e siècle. Ils ont réussi à s’inscrire dans l’éclatement des luttes qui a suivi – je veux ici parler de l’omniprésence aujourd’hui de luttes « catégorielles »: précaires, LGBT, féminisme, antifascisme, etc -, en participant à la renaissance des mouvements indigènes sur le contient américain. Il me semble que rencontrer des scientifiques va plus loin dans l’intrication du zapatisme dans le tissus social. Il ne s’agit plus de rencontrer – comme avec l’Autre Campagne – les gens qui luttent, pas plus qu’il ne s’agit – comme avec la Petite École Zapatiste – de rencontrer celles et ceux qui souhaitent apprendre des zapatistes, mais de rencontrer des scientifiques. C’est à dire une catégorie professionnelle précise. Bien sûr, on peut supposer que les scientifiques qui passeront en 2017 en compagnie des indigènes du Chiapas sont « engagés », ou au moins intéressés par la lutte zapatiste. Il n’empêche que les zapatistes ne choisissent pas d’échanger avec des « politiques », ou des philosophes, des artistes, des travailleurs sociaux. Non, ces paysans indigènes décident de rencontrer des scientifiques. Le mouvement zapatiste veut faire reconnaître les cultures indigènes, tout en cherchant à les ouvrir sur le monde. Dans les cliniques zapatistes les médecines traditionnelles et modernes se côtoient déjà et là ce sont des conceptions du monde, des cosmogonies qui vont dialoguer. Et moi je trouve qu’à une période de l’histoire humaine où bien des groupes se replient autour de leurs cultures, ça fait du bien. Les zapatistes vont là sur un terrain où on ne les attendaient pas forcément. Un peu comme avec leur participation, avec le CNI, à la présidentielle mexicaine.
Avec cette candidature – qu’ils ont impulsé – les zapatistes investissent le terrain politicien qu’ils n’ont de cesse de fustiger. Paradoxal? Pas tant que ça, car il faut bien comprendre que l’EZLN a su tirer des leçons de l’Autre Campagne. Cette initiative – lors de la campagne présidentielle de 2006 – avait fait sillonner le Mexique des luttes au « défunt » Marcos, rebaptisé pour l’occasion « délégué zéro ». Il me semble qu’en choisissant de présenter une candidate indigène à la prochaine élection présidentielle, ils sont passés à une nouvelle étape. Après avoir écouté celles et ceux qui luttent, pour tenter de faire prendre conscience de ce qui relie ces luttes éparses, ils vont certainement utiliser cette campagne pour faire des propositions.
À travers cette candidature, des propositions issues d’un mouvement indigène, ils vont tenter d’agréger celles et ceux, au Mexique, qui ne se reconnaissent plus dans la classe politique dans son ensemble. Cette candidature ne vise pas la victoire, elle vise à utiliser l’ouverture de l’élection à des candidats indépendants pour s’adresser à des mexicainEs qui habituellement ne prêtent pas attention aux indigènes, pour faire parler d’eux, d’elles. Et pour l’instant ça fonctionne. Les semaines qui ont suivi l’annonce de la participation du CNI/EZLN à la campagne, ils avaient créé le buzz. Journaux, éditorialistes, politiciens, parlaient – mal en général – de la future candidature d’une femme, indigène qui plus est, dans ce Mexique où les indigènes sont toujours plus assignés à un folklore profitable au tourisme pour mieux les nier dans leur réalité sociale; où les femmes sont elles aussi exhibées sous forme de clichés pour mieux disparaître sous la domination machiste. Présenter une femme, une indigène c’est un immense éclat de rire, une provocation, une manière de démontrer qu’un candidat, ou une candidate, ne sont intéressant qu’en étant un éclat de voix, un coup de pied dans la fourmilière des représentants autoproclamés des peuples. Ça nous dit qu’unE candidatE est avant tout porteur d’un projet, d’une vision du monde qui n’est pas tant les siens, que ceux que la base place entre ses mains.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit, il me semble, pour le CNI/EZLN: inscrire cette démarche électorale dans leur histoire propre, cette histoire qui n’est pas une simple lutte sociale, mais bien une lutte politique au sens noble du terme, c’est à dire d’organisation de la société. Une organisation basée sur les cultures politiques des peuples indigènes, sur leurs traditions, nourrie de leurs rencontres avec tous celles et toutes ceux qui luttent. Car il faut bien avoir en tête, que les peuples indigènes s’auto-organisent. Les zapatistes ont construit leurs cliniques, leurs écoles, forgés leurs propres mode de gouvernance. Ils ont, de ce point de vue, une expérience que peu d’entre nous peuvent se targuer de connaître, en tous cas sur un temps aussi long: l’expérience zapatiste coure maintenant sur sa 4e décennie! Combien d’autres mouvements peuvent en dire autant? Et en même temps, ils ne sont qu’un maillon de la chaîne qu’à imposer la colonisation à leur histoire. La résistance indigène à commencer il y a plus de 500 ans. Ils ne sont donc pas pressés, se permettent d’expérimenter, de se tromper, de recommencer, d’avancer, d’apprendre… dans une démarche finalement assez proche de la méthode scientifique.

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Vous trouverez le communiqué du Sous-Commandant Moisés, concernant l’avancée des préparatifs de la rencontre avec les scientifiques (en espagnol) sur la page de Liaison zapatiste.

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Programme du Séminaire zapatiste « La pensée critique face à l’hydre capitaliste »

source.

 

Traduction du communiqué de l’EZLN, diffusé le 30 avril sur le site de Liaison Zapatiste. Cette traduction a été faite par @EspoirChiapas. Vous pouvez retrouver cette traduction sur le site d’Espoir Chiapas et sur le site de Liaison Zapatiste.

Le sⒶp

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ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE.

MEXIQUE.

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PROGRAMME ET AUTRES INFORMATION SUR L’HOMMAGE ET LE SÉMINAIRE.
29 avril 2015.
Compas:
Je vous donne les dernières informations sur la célébration en hommage aux Compas Luis Villoro Toranzo et le Maître Zapatiste Galeano, la journée du 2 mai 2015 et du séminaire qui se célébrera du 3 au 9 mai 2015.
Premièrement.- Un groupe d’artiste graphiques participera aussi au Séminaire « La Pensée Critique face à l’hydre Capitaliste » avec une exposition intitulée « Signes et Signaux » avec une œuvre artistique propre et spécialement créée pour cette exposition participent:
Antonio Gritón
Antonio Ramírez
Beatriz Canfield
Carolina Kerlow
César Martínez
Cisco Jiménez
Demián Flores
Domi
Eduardo Abaroa
Efraín Herrera
Emiliano Ortega Rousset
Felipe Eherenberg
Gabriel Macotela
Gabriela Gutiérrez Ovalle
Gustavo Monroy
Héctor Quiñones
Jacobo Ramírez
Johannes Lara
Joselyn Nieto
Julián Madero
Marisa Cornejo
Mauricio Gómez Morín
Néstor Quiñones
Oscar Ratto
Vicente Rojo
Vicente Rojo Cama
La présentation de l’exposition sera le matin du 4 mai 2015 au CIDECI.
Deuxièmement:
– Nous vous donnons le programme des activités et participations pour le séminaire. Il pourra y avoir quelques changements (attention: tous les horaires sont à l’heure nationale).
HOMMAGE:
Samedi 2 mai. Caracol de Oventik. 12:30 hrs.
Hommage aux compañeros Luis Villoro Toranzo et Maestro Zapatiste Galeano.
Participent:
Pablo González Casanova (un écrit).
Adolfo Gilly.
Fernanda Navarro.
Juan Villoro.
Mère, Père épouse et fil-le-s du compañero maestro Galeano.
Compañeros et compañeras de lutte du compañero maestro Galeano.
Comandancia General – Comisión Sexta del EZLN.
Note: La journée du 2 mai on autorisera l’accès au caracol avant 12:30. Quand arrivera l’heure, nous vous demanderons de vous installer à l’extérieur, pour la cérémonie de réception des familles des « hommagés et invité-e-s d’honneur, et que tou-t-e-s entrés derrière eux au lieu précis de l’hommage. En terminant l’acte, vous devrez vous retirer tou-t-e-s parceque le caracol sera occupé dans sa totalité par les compañeras et compañeros bases d’appui zapatiste. Vous ne pourrez pas rester passer la nuit dans le caracol. On calcule que l’hommage se terminera au plus tard entre 16:00hrs et 17:00hrs de façon à ce que vous puissiez rentrer en sécurité et confort à San Cristobal de Las Casas.
SÉMINAIRE « LA PENSÉE CRITIQUE FACE A L’HYDRE CAPITALISTE »
Dimanche 3 mai. Caracol de Oventikl 10:00-14:00. On vous demande d’arriver un peu avant cette heure.
Inauguration à la charge de la Comandancia Générale de l’EZLN.
Don Mario González et Doña Hilda Hernández (video).
Doña Bertha Nava et Don Tomás Ramírez.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Juan Villoro.
Adolfo Gilly.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Transfert aux installations du CIDECI à  San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, à partir de 14:00 hrs.
Dimanche 3 mai. CIDECI. 18:00-21:00.
Sergio Rodríguez Lazcano.
Luis Lozano Arredondo.
Rosa Albina Garavito.
Participation de la Comissión Sexta de l’EZLN.
Lundi 4 mai. CIDECI. 10:00 a 14:00.
María O’Higgins.
Oscar Chávez (enregistrement).
Guillermo Velázquez (enregistrement).
Antonio Gritón. Présentation de l’Exposition Graphique “L’Hydre Capitaliste ».
Efraín Herrera.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Lundi 4 mai. CIDECI. 17:00 a 21:00.
Eduardo Almeida.
Vilma Almendra.
María Eugenia Sánchez.
Alicia Castellanos.
Greg Ruggiero (écrit).
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Mardi 5 mai, CIDECI. 10:00 a 14:00.
Jerónimo Díaz.
Rubén Trejo.
Cati Marielle.
Álvaro Salgado.
Elena Álvarez-Buylla.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Mardi 5 mai. CIDECI. 17:00 a 21:00.
Pablo Reyna.
Malú Huacuja del Toro (écrit).
Javier Hernández Alpízar.
Tamerantong (video).
Ana Lidya Flores.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Mercredi 6 mai. CIDECI. 10:00 a 14:00.
Gilberto López y Rivas.
Immanuel Wallerstein (écrit).
Michael Lowy (écrit).
Salvador Castañeda O´Connor.
Pablo González Casanova (écrit).
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Mercredi 6 mai. CIDECI. 17:00 a 21:00.
Karla Quiñonez (écrit).
Mariana Favela.
Silvia Federici (écrit).
Márgara Millán.
Sylvia Marcos.
Havin Güneser, du Kurdish Freedom Movement.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Jeudi 7 mai, CIDECI. 10:00 a 14:00.
Juan Wahren.
Arturo Anguiano.
Paulina Fernández.
Marcos Roitman (écrit).
Participation de la Commission Sexta del EZLN.
Jeudi 7 mai, CIDECI. 17:00 a 21:00.
Daniel Inclán.
Manuel Rozental.
Abdullah Öcalan, du Kurdish Freedom Movement (participation écrite).
John Holloway.
Gustavo Esteva.
Sergio Tischler.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Vendredi 8 mai. CIDECI. 10:00 a 14:00.
Philippe Corcuff (video).
Donovan Hernández.
Jorge Alonso.
Raúl Zibechi.
Carlos Aguirre Rojas.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Vendredi 8 mai. CIDECI. 17:00 a 21:00.
Carlos González.
Hugo Blanco (video).
Xuno López.
Juan Carlos Mijangos.
Óscar Olivera (video).
Participation de la Commission Sexta del EZLN.
Samedi 9 mai. CIDECI. 10:00 a 14:00.
Jean Robert.
Jérôme Baschet.
John Berger (escrito).
Fernanda Navarro.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Clôture…
Troisièmement.
– Jusqu’au 29 avril 2015 nous avons confirmé l’inscription de 1 528 personnes. Parmi elles: 764 disent être adhérentes à la Sexta, 693 disent ne pas être adhérentes, 117 disent être des médias libres autonomes alternatifs ou comme ils s’appellent, et 8 collaborent avec les médias commerciaux.
Quatrièmement.
– Ceux qui n’arrivent pas à s’enregistrer pour la journée du 2 mai 2015, pourront le faire directement au CIDECI à San Cristobal de Las Casas, Chiapas.
C’est tout pour l’instant.
Bon voyage.
Depuis la conciergerie.
SupGaleano.
Avril 2015.
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EZLN: À propos de l’Hommage et du Séminaire

source.

Traduction collective (@ValKaracole, @EspoirChiapas, et moi) du communiqué Sobre Homenaje y Seminario, publié sur le site de Liaison Zapatiste le 19 mars.

Vous pouvez donc retrouver cette traduction sur le site d’Espoir Chiapas, ainsi que sur le site de Liaison Zapatiste.

Le sⒶp

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ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE.

MEXIQUE

Mars 2015

Aux Compas de la Sexta au Mexique et dans le monde

Comp@s:

Ils m’ont chargé de vous informer que…

Malgré l’augmentation significative de l’activité militaire dans les alentours des Caracoles Zapatistes (patrouilles agressives, contrôles intimidants, survols menaçants) – particulièrement dans les Caracoles de La Realidad et de Oventik (dans le premier on vient d’inaugurer une école-clinique, et dans le second se réalisera l’hommage à Don Luis Villoro Toranzo)…

Malgré la belligérance croissante des groupes paramilitaires parrainés par le gouvernement chiapanèque…

Malgré les vieux « nouveaux » mensonges dans les médias à gages » / non, il n’y a pas et il n’y a eu aucune proposition de dialogue, non, depuis l’année 2001, c’est à dire, depuis 14 ans aucun fonctionnaire fédéral ne s’est approché de l’EZLN, à moins que ce ne soit avec l’intention d’assassiner la direction zapatiste; non les gouvernements fédéral et de l’État ne cherchent pas à améliorer les conditions de vie des indigènes au Chiapas, mais ils essayent de diviser les communautés, non les uniques rapprochements gouvernementaux, de ceux que peut compter Jaime Martinez Veloz, n’ont pas été aux côtés des zapatistes, mais par des paramilitaires parrainés, avant lui, par Luis H. Alvarez, Juan Sabines Guerrero et Felipe Calderon Hinojosa et maintenant par Manuel Velasco Coello, Rosario Robeler Berlanga et Enrique Pena Nieto, l’un de ces groupes (la CIOAC-H) est matériellement responsable de l’assassinat du Compagnon maître Galeano, non, etcétera /…

Bien que manque toujours vérité et justice pour Ayotzinapa…

Bien que là-bas, en dehors, ils soient occupés, entre autres choses (plus importantes, vraiment?) et que se succèdent vertigineusement les modes de « mobilisation », qui démontrent seulement que la frivolité est un grand stratège…

Bien que la dignité découvre, une fois et une fois encore, la réalité / et dans les hauteurs du nord du Mexique on découvre que subsistent les méthodes d’exploitation de l’époque profiriste. « Dans le nord on travaille et nous entretenons les paresseux du sud » dit le puissant; alors que les champs sont cultivés par des hommes, femmes, enfants et anciens indigènes triquis et mayas, le puissant ne dit rien, et se met à genoux devant le pouvoir étranger. Dans la vallée de San Quintin, Basse Californie, dans ce qu’on surnomme Oaxacalifornia, les journaliers demandent des salaires justes et des droits du travail, « nous voulons seulement la justice » résument ils. Le gouvernement les réprime « pour faits de révolte ». 200 détenus. Le gouverneur paniste (parti du PAN) se réunit avec les chefs militaire du 67e bataillon d’infanterie de l’armée fédérale « pour garantir la paix sociale ». L’info principale dans les médias à gages est: « 007 sur le zocalo de la capitale ». Le hashtag #SanQuintinEnLucha n’arrivera pas à être la tendance du moment /…

Malgré tout…

Ou précisément pour tout…

L’EZLN entérine la célébration de :

– L’hommage aux compagnons Luis Villoro Toranzo et au Maître Zapatiste Galeano, la journée du 2 mai 2015, dans le Caracol d’Oventik, Chiapas, Mexique. Pour cet hommage, en plus de compañeras et compañeros des bases d’appui zapatistes, ont confirmé leur participation : Juan Villoro Ruiz, Fernanda Navarro, Adolfo Gilly, Pablo González Casanova, Don Mario González Contreras, père de César Manuel González Hernández, un des 46 disparus d’Ayotzinapa et Doña Bertha Nava, mère de Julio César Ramírez Nava, un des 46 disparus d’Ayotzinapa, ainsi que les familles du Compañero Maître Galeano et les autorités autonomes zapatistes des 5 zones.

– Le coup d’envoi du séminaire « La Pensée Critique face à l’Hydre Capitaliste », organisé  par le CIDECI-Unitierra et la commission Sexta de l’EZLN, du 3 au 9 mai 2015, dans les montagnes du Sud Est Mexicain.

Ils me disent qu’ont confirmé leur participation au Séminaire :

Doña Bertha Nava, Don Mario González Contreras y Doña Hilda Hernández Rivera, (familles des 46 disparus d’Ayotzinapa). Pablo González Casanova. Adolfo Gilly. Juan Villoro Ruiz. Elena Álvarez-Buylla. Catherine Marielle. Álvaro Salgado. Alicia Castellanos. Óscar Olivera (Bolivie). Margarita Millán. Sylvia Marcos. Mariana Favela. Karla Quiñonez (USA). Xuno López. Jean Robert. Carlos González. María Eugenia Sánchez Díaz de Rivera. Eduardo Almeida Acosta. Vilma Almendra (Colombie). Philippe Corcuff (France). Luis Lozano Arredondo. Juan Wahrem (Argentine). Rosa Albina Garabito. Jerónimo Díaz. Rubén Trejo. Manuel Rosenthal (Colombe). Hugo Blanco (Perou). Juan Carlos Mijangos Noh. Greg Ruggeiro (USA). Ana Lydia Flores Marín. Javier Hernández Alpízar. Pablo Reyna. Christine Pellicane (France). Efraín Herrera. Domi. Antonio Ramírez. John Berger (Grande Bretagne). Donovan Hernández. Sergio Rodríguez. Raúl Zibechi (Uruguay). Sergio Tischler Visquerra (Guatemala). Jorge Alonso. Jerome Baschet (France). Paulina Fernández C. Carlos Aguirre Rojas. Gilberto López y Rivas. Daniel Inclán. Enzo Traverso (Italie). Silvia Federici (Italie). Immanuel Wallerstein (USA). John Holloway (Irlande). Michael Lowy (Bresil-France). Marcos Roitman (Chili-Etat Espagnol).

Depuis la conciergerie de la petite école, en empilant des caisses et des caisses qui disent « RECALÉ-E-S ».

SupGaleano

Mexique, Mars 2015.

 

SECTION « DU CAHIER DE NOTES DU CHAT-CHIEN » :

En option:

Vous êtes en train de faire un cauchemar. Vous vous trouvez au milieu d’une communauté désolée. Pas comme si c’était après une guerre, mais avec son horreur qui continue. Sur le côté droit du chemin qui coupe en deux la communauté, se trouve un complexe d’édifices modernes. A l’entrée, un panneau prévient ou averti : « Centre Commercial Visions de la Réalité ». Deux imposantes et modernes constructions se distinguent. Sur l’une d’elles, sur le auvent on lit « Cours de journalisme éthique et reportage objectif. Donnés par: Ciro Gomez Leyva, Ricardo Aleman, Joaquín López Dóriga, Javier Alatorre et Laura Bozzo ». Sur le bâtiment d’à coté s’annonce: « Cours de reportage éthique et journalisme objectif. Donnés par: Jacobo Zabludovski et 4 autres des derniers et uniques espaces libres et indépendants ».

Vous, clairement, vous êtes une personne sensée, clairement, tolérante, clairement, inclusive, clairement, civilisée, clairement, raisonnable, clairement, avec des arguments, clairement, avec des études, clairement, avec é-d-u-c-a-t-i-o-n, clairement. Dans les cauchemars aussi, on doit rester calme, manquerait plus que ça.

C’est pour ça que vous comprenez pourquoi il y a de longues queues pour rejoindre un côté comme l’autre.

Vous vous félicitez qu’il y ait des options informatives pour tous les goûts, quand se fait entendre, dans le coin gauche, une fillette essayant de jouer à la flûte scolaire, non sans difficulté, les notes de « the long and winding road” des Beatles.

Vous, sans pouvoir dissimuler votre gêne face aux fausses notes de la fillette, vous vous rendez compte que, de ce côté gauche du long et tortueux chemin, se trouve un groupe d’êtres (incompréhensibles, clairement), construisant des baraques (un peu mal foutues, clairement), et ses panneaux n’offrent ni cours ni promesses, clairement, elles osent seulement balbutier « médias libres, autonomes, alternatifs ou comme ils se nomment ».

Vous vous trouvez donc devant une alternative : ou bien, généreux, clairement, vous élargissez un peu vos critères, votre tolérance, votre inclusivité, votre civilité jusqu’à ce coté du chemin, ou bien vous remerciez qu’il y ait des choses qui ne passent pas de mode (comme le bulldozer, la matraque, la police, les équipements anti émeutes).

Vous vous paralysez face au complexe dilemme. Alors que vous ne savez pas quoi faire, votre smartphone, grâce à une application moderne qui donne un zap quand on configure le disque dur (le vôtre, clairement) s’active pour vous réveiller.

Vous vous réveillez donc, mais tout reste pareil : le lieu en guerre, les luxueuse constructions du coté droit, les misérables du coté gauche. Ah mais au lieu de la flûte non accordée avec « the long and winding road », vous écoutez un rythme déconcertant, un mélange de balade-cumbia-corrido-ranchera-tropical-hiphop-ska-heavy-metal qui, avec une marimba, commence par « Ya se mira el horizonte… » (Début de l’hymne zapatiste, ndt)

Dans cette terrible situation vous savez que vous devez prendre une mesure drastique. Mais vous ne vous décidez pas : devez-vous changer de téléphone ou actualiser le système d’exploitation ? »

Cela, mon cher, c’est un dilemme, et pas d’échappatoire. Voter ou non? Alors?

Des médias à gages :

– Et ils content que ce furent donc ces hommes et femmes sages, avec de grandes études et connaissances, qui surent qu’ils étaient sûrs de ce que disaient les indigènes ignorants, analphabètes et pré-modernes : « dans le capitalisme : celui qui paie, commande ».

– Concernant les « cinq espaces libres et indépendants » et Molotov : Oh, oh il semblerait que quelqu’un s’est fait Bobo Jacobo.

De la post modernité :

– Attention plongeurs : la piscine n’a pas d’eau, seulement de la merde. Soyez prude…..splash!

– Dialogue de rupture d’un couple post moderne: « C’est pas toi. C’est le contexte. »

Du séminaire :

– D’Italie nous vient ce qui suit: « Untel a dit qu’il assisterait (au séminaire) seulement s’il pouvait parler personnellement avec le Sous-Commandant Insurgé Marcos ». Quand le défunt a entendu ça, pensant que le message était de Monica Belluci, il a commencer à s’étirer au fond de sa tombe. Ensuite ils lui ont dit de qui était le message et désillusionné, il s’est fait à l’idée. Le SupMoy a juste demandé de dire « il supmarcos e morto, se volete, potete cercare in inferno » et il a envoyé un calendrier à l’expéditeur. Interrogé à propos des Tercios Compas S.A. (sans) C. (ni) V. de (i) R. (i) L. (attention: ne pas faire usage de la marque sans autorisation de ceux qui (n’)ont (pas) les droits), le SupMoy a déclaré « c’est qu’après y a des gens qui ne se rendent pas compte qu’on est en 2015 ».

– Pst. Pst. L’organisation du séminaire est un bordel. Mais vous, faites comme si vous ne le saviez pas. Mettez-vous en harmonie avec l’univers. Et maintenant répétez avec moi « ommmh, le séminaire est déjà organisé, ommmh ».

Je certifie : miaou-ouaf (et vice versa)

LA CONSTRUCTION LA PLUS CHÈRE DU MONDE

source.

 

Traduction collective (@ValKaracole, @EspoirChiapas, et moi) du communiqué Gracias III, publié sur le site de Liaison Zapatiste le 5 mars.

Vous pouvez donc retrouver cette traduction sur le site d’Espoir Chiapas, ainsi que sur le site de Liaison Zapatiste.

Le sⒶp

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MERCI III.

LA CONSTRUCTION LA PLUS CHÈRE DU MONDE.

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Sous-commandant Insurgé Moisés.   Sous-commandant Insurgé Galeano.

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Février-Mars 2015.

La veille. Au petit matin. Le froid mord sous les vêtements des ombres. Sur la table qui, solitaire, meuble la baraque (qui n’a aucun panneau, mais on sait que maintenant c’est le quartier général du commandement zapatiste) se trouve le papier froissé avec des lettres manuscrites où l’on trouve les détails de la construction de l’école-clinique dans La Realidad zapatiste. La voix résume les regards, les silences, la fumée, les rages :

Bon, les comptes ne sont pas du tout justes ! La vie de n’importe quel zapatiste vaut plus que la maison blanche de Pena Nieto et que toutes les maisons des riches du monde réunies. Ni tout l’argent que cela coûte de faire les grands édifices où les puissants se cachent pour réaliser leurs vols et leurs crimes n’arriverait à payer une seule goutte de sang indigène zapatiste. C’est pour cela que nous avons le sentiment que cette construction est la plus chère qu’il y ait dans le monde.

Ainsi, nous devons le dire clairement, ce qui n’apparaît pas dans les comptes d’argent, c’est le sang du Compagnon Galeano. Tous les papiers de l’histoire du monde ne suffiraient pas à écrire ces comptes.

Et donc, qu’ainsi vous le mettiez quand dans vos listes, dans les médias de communication, vous mettez qui est le plus riche, où est le plus pauvre. Car le riche a un nom et prénom, sa lignée son pedigree. Mais le pauvre a seulement une géographie et un calendrier. Mettez-le donc que la construction la plus chère de toute la planète est à La Realidad Zapatiste, Chiapas, Mexique. Et que les filles et les garçons indigènes zapatistes assistent à l’école la plus chère du monde. Et que les hommes, femmes, filles, garçons, anciens, anciennes, indigènes zapatistes, mexicaines et mexicains, lorsque l’on tombe malade à la Realidad, ils se font soigner dans la clinique la plus chère de la Terre.

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Mais l’unique façon de rendre des comptes justes c’est de lutter pour détruire le système capitaliste. Ne pas le changer. Ne pas l’améliorer. Ne pas le rendre plus humain, moins cruel, moins meurtrier. Non. Le détruite totalement. Annihiler toutes et chacune des têtes de l’Hydre.

Et malgré tout, en manquerait, puisqu’ici nous voulons lever quelque chose de nouveau et de bien mieux : construire un autre système, un sans maîtres ni patrons, sans autoritarisme, sans injustice, sans exploitation, sans mépris, sans répression, sans expulsion. Un système sans violence contre les femmes, les enfants, les différents. Un système où le travail est payé à sa juste valeur. Un système où ne règne pas l’ignorance. Un système où la faim et la mort violente seraient de mauvais souvenirs. Un système où personne n’est en haut parce que d’autres sont en bas. Un système raisonnable. Un système bien meilleur.

Alors, et alors seulement, nous hommes et femmes zapatistes pourrons dire que le compte est bon.

 

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Merci beaucoup aux autres, hommes, femmes, filles, garçons, anciennes et anciens, groupes, collectifs, organisations et comme on dit de la Sexta et pas de la Sexta, du Mexique et du monde, pour l’appui que vous nous avez donné. Cette clinique et école est aussi la vôtre.

Du coup, vous savez que vous avez une clinique de santé autonome et une école autonome à La Realidad zapatiste.

Nous savons pour l’heure que vous êtes un peu loin, mais on ne sait jamais, le monde est rond, il tourne et il peut advenir, peut-être, qui sait … que quelqu’un, un matin, comprenne que, c’est ça lutter pour que les comptes soient justes, et ainsi rentrer dans ses comptes.

 

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Depuis les montagnes du sud-est Mexicain

Sous-commandant Insurgé Moisés.        Sous-commandant Insurgé Galeano.

La Realidad Zapatiste, Chiapas, Mexique.

Mars 2015.

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SECTION « DU CAHIER DE NOTES DU CHAT-CHIEN » :

Notes de genre :

.- (…) C’est pourquoi, en tant que femmes de ce pays, nous avons besoin de nous organiser, parce qu’on voit bien qu’il y a de nombreuses disparitions. Nous sommes de nombreuses femmes à être mères, de celles qui subissent cette douleur, cette grande tristesse pour nos fils disparus, nos filles mortes. Parce que maintenant, au sein de ce mauvais système, en plus d’être humiliées, de nous faire disparaître, d’être exploitées, en plus de tout ça, ils viennent encore nous tuer et faire disparaître nos enfants. Tel le cas de ABC(1) et aujourd’hui celui des 43 disparus d’Ayotzinapa, les femmes disparues de Ciudad Juárez, le cas d’Aguas Blancas, et tout ceci est le système. Il ne résoudra pas nos problèmes, nous n’obtiendrons aucune réponse de ce système actuel. C’est pourquoi frères et sœurs, nous avons besoin de nous organiser car c’est ici, au sein du peuple lui-même, que nous allons décider, que nous allons trouver le chemin que nous voulons en tant que peuple. En tant que peuples d’hommes et de femmes, non seulement ceux des champs et les indigènes, mais vous aussi sœurs qui vivaient à la ville, car c’est entre nous que nous allons nous gouverner, et c’est ici, ensemble avec nos hommes, entre hommes et femmes, que nous allons construire un nouveau système, où nous serons réellement, en tant que femmes, prises en compte et peut-être qu’ici, compagnes, sœurs, trouverons-nous le soulagement à cette douleur qui nous tient aujourd’hui et de cette rage collective qui aujourd’hui nous unit.

 

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(…) Maintenant que nous sommes au XXIe siècle, pas plus de quelques femmes pour jouir de la richesse, soit rien de plus que les femmes de riches, rien de plus que les femmes de présidents, des gouverneurs et rien de plus que les députées, les sénatrices, mais dans notre cas de femmes indigènes nous continuons d’endurer la douleur, la tristesse, l’amertume, le viol, l’exploitation, l’humiliation, la discrimination, l’emprisonnement, le mépris, la marginalisation, la torture, et bien plus, car pour nous, femmes, il n’y a pas de gouvernement. C’est pour ça que pour le reste des femmes du pays tout demeure égale, à la manière dont vivaient les femmes avant, comme au temps de ejidos (2), des colonies, de cette mauvaise culture que les grand-pères ramenèrent de leur vie avec les patrons, qui les commandaient, comme s’ils étaient les patrons de la maison, et qui disent encore: « Je commande » et ça, d’être le père de famille. Et à qui commandaient-ils, à leurs femmes, et c’est ainsi qu’est apparu le plus horrible, que les femmes, ou soit les filles, les compagnes bien avant été obligées de se marier parce que les papas étaient ceux qui choisissaient qui leur convenait comme gendre. Ils choisissaient celui qui offrait le plus de verres à boire ou le plus d’argent et c’est comme ça que ça se passait au temps des ejidos, la femme n’était jamais prise en compte, comme lorsque les hommes s’organisaient, comme ils se sont organisés au travail, mais ici jamais n’était prise en compte la femme.

 

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(…) Combien de femmes disparues, mortes, violées, exploitées et personne ne dit rien pour elles. Parce que ces femmes riches, ne sont que quelques-unes à jouir de la richesse des autres femmes exploitées. Ces femmes riches ne souffrent pas, elles ne ressentent pas la douleur, l’humiliation d’être exploitées parce que pauvres. Mais ce n’est pas pour ça que nous allons renoncer à nous organiser et à lutter en tant que femmes, parce que pour les femmes, dans le système il n’y a que douleur, tristesse, emprisonnement, humiliation, viol. Comme les mères des 43 étudiants disparus, de la garderies ABC et de la mine Pasta de Conchos. De la même manière à Acteal, mais ce n’est pas pour ça que nous renoncerons à nous organiser et à lutter, au champ et à la ville. C’est pour ça que pour la première fois dans l’histoire, nous partageons ça avec vous.

 

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(…) et donc comme dans le système, il y a ici des hommes qui font des travaux que font les femmes mais ce n’est pas pour le bien d’une nouvelle société comme nous le faisons, comme femmes zapatistes; nous avons un exemple, eh bien dans certains lieux, dans les grands restaurants ce sont les hommes, très élégants hein, qui font le travail, ce que font les femmes, mais ici ils sont exploités et elles sont exploitées et pendant ce temps les femmes qui occupaient ces postes sont emmenées ailleurs, dans d’autres lieux pour leur donner un autre usage, comme des marchandises, les photographier pour les mettre dans des revues, sur les affiches des films, les publier sur internet, et comme nous le voyons donc, la vie dans ce système dans lequel nous sommes est des plus dures, eh bien, comme depuis 520 ans, parce que la situation, eh bien, ce que nous fait le mauvais gouvernement, eh bien, ce sont les propres petits-fils, ce sont les propres fils, hein, des propriétaires terrien qui continuent de nous exploiter, eh bien, c’est comme ça aujourd’hui dans ce pays et donc nous voyons qu’il n’y a jamais de changement dans le système et donc les sœurs et les frères continuent de subir cette souffrance dans cette douleur que provoque, eh bien, le mauvais gouvernement aujourd’hui. (Notes prises à la rencontre des femmes zapatistes lors du Premier Festival Mondial des résistances et des Révoltes contre le Capitalisme. La version intégrale dans la prochaine parution de « Rebeldia Zapatista. No.4 »)

 

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.- Dans ce système, naître, grandir, vivre et mourir peut être comme ramper longuement dans un enchevêtrement de fils barbelés. Mais cette douleur n’en est qu’une parmi les nombreuses souillures de l’histoire. Ce qui soulage, c’est qu’elles, toujours plus elles, décident de se lever et de marcher ainsi dressées. Pas comme si les barbelés étaient des fleurs, mais comme si les éraflures, et même les plus mortelles, les rendaient plus fortes… pour aller ouvrir le chemin. Non pas pour changer le genre de la domination, mais pour qu’il n’y ait plus de domination. Non pas pour avoir ainsi une place dans l’histoire d’en-haut, mais pour que l’histoire d’en-bas cesse d’être une blessure qui ne cicatrise pas. Ni autoritaire ni commandée. Ni reine ni plébéienne. Ni Khaleesi ni Jhiqui. Ni patronne ni employée. Ni maîtresse ni esclave. Ni propriétaire ni servante. Mais ce qui est terrible ce n’est pas que chaque être née femme le fait avec cette escroquerie comme calendrier de ce qui vient, dans n’importe quelle géographie politique. Ce qui est terrifiant c’est que ceux qui s’obstinent pour un monde meilleur, tissent bien souvent de leurs propres mains ces pièges blessants. Mais de temps à autres la réalité, qui est féminine, donne une claque au calendrier d’en-haut dans toutes les géographies d’en-bas. J’y crois.

 

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{notes des traducteurices}

(1) : l’incendie de la garderie ABC, qui a coûté la vie à 49 enfants, en juin 2009, à Hermosillo. http://www.lepetitjournal.com/mexico/breves-mexico/60176-justice-laffaire-de-la-garderie-abc.html

(2) : ejidos : terres communes

 

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COMMUNIQUÉ DE L’ÉQUIPE ARGENTINE D’ANTHROPOLOGIE LÉGALE (EAAF)

source 1 et 2.

 

Traduction des éléments du communiqués de l’équipe argentine d’experts travaillant sur le cas d’Aytotzinapa. La traduction recoupe les éléments publiés par Desinformemonos sur sa page Facebook et par l’hebdomadaire Proceso, dans un article plus détaillés.

Le sⒶp

 

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COMMUNIQUÉ DE L’ÉQUIPE ARGENTINE D’ANTHROPOLOGIE LÉGALE (EAAF) LE 7 FÉVRIER 2015

L’Équipe Argentine d’Anthropologie Légale (EAAF), qui depuis le 4 octobre 2014 fait office d’experts indépendants auprès des proches des 43 jeunes normaliens disparus les 26 et 27 septembre derniers, continue d’analyser les preuves physique collectées par les experts du PGR et par eux-mêmes, dans la décharge et le fleuve San Juan, à Cocula, Guerrero.

Face aux déclarations faites par le Procureur Jesús Murillo Karam le 27 janvier dernier et qui les impliquent, ils considèrent opportun de diffuser le « Document Initial sur les investigations dans la décharge de Cocula et le Fleuve San Juan » qui fait référence aux problèmes rencontrés au cours de l’enquête d’Ayotzinapa, tel que le fait que, sur le site que le PGR indique comme la zone utilisée où furent brûler les corps, il y a eu des incendies à des dates antérieures, comme l’indiquent les images contenue dans le rapport.

Dans leurs conclusions et recommandations le document cité établit les points suivants :

CONCLUSIONS.

1.- Les images satellites de la Décharge de Cocula obtenues par l’EAAF – et également disponibles pour le public sur Google Earth – montrent que la zone d’incendie dans la partie inférieur de la décharge de Cocula, que le PGR pointe comme celle utilisée pour brûler les restes des 43 normaliens, a été utilisée en réalité lors d’incendies antérieurs depuis au moins 2010.

Ainsi, les photos satellites indiquent qu’interpréter la preuve recueillie sur la zone basse de la Décharge par les experts du PGR et de l’EAAF comme un événement unique d’incendie ayant eu lieu selon le PGR le 26 septembre 2014, reflète une lecture partiale de la preuve récoltée en ce lieu.

2.- Lors de l’analyse des restes osseux récupérés dans la décharge de Cocula et analysés jusqu’à présent, l’EAAF a trouvé des preuves suggérant fortement la possibilité que dans la zone d’incendie analysée dans la décharge se trouvent présents des restes humains n’appartenant pas aux normaliens.

3.- L’EAAF souhaite réitérer que ceci n’exclut pas la possibilité que certains des normaliens aient subi le sort indiqué par le PGR ; bien que, à notre avis, il n’y ait aucune preuve scientifique à ce sujet dans la décharge de Cocula.

4.- L’enquête sur Ayotzinapa ne peut être déclarée terminée alors qu’il y a encore a analyser une quantité importante d’indices aussi bien par les experts du PGR que de l’EAAF. Il y a besoin de plus de temps pour analyser les restes osseux et tous les indices qui leur sont associés. Cette tâche nécessitera plusieurs mois de travail.

Jusqu’à maintenant, ont été analysé en profondeur près de 30 des 137 parcelles qui composent la zone de recherche de la Décharge de Cocula. Les experts de chaque institutions doivent encore examiner plus de 100 parcelles supplémentaires.

5.- La preuve physique doit être interprétée dans toutes ses possibilités, sans donner de préférence à telle ou telle interprétation qui incluent seulement une possible coïncidence avec les témoignages des personnes mises en cause.

6.- Pour résumer : selon l’avis de l’EAAF, les expertises du PGR doivent être évaluées par des experts indépendants, établissant leur rigueur scientifique. L’envoie de 20 profils génétiques des proches des étudiants disparus d’Ayotzinapa avec des problèmes ne permettant pas leur utilisation, l’interprétation du site de la décharge comme un unique événement d’incendie quand il est possible de prouver que ça ne l’est pas, la collecte d’indices hors des accords de travail conjoint établis avec l’EAAF, l’abandon de la surveillance de la décharge, site clé dans l’enquête de ce cas, entre autres sérieuses difficultés, en témoignent.

L’équipe d’experts travaillant pour l’EAAF sur l’enquête d’Ayotzinapa et les cas connexes regroupe à ce jour 30 professionnels provenant des pays suivants : Mexique, Argentine, Uruguay, Colombie, Canada, États Unis d’Amérique, France et Espagne. Ces professionnels recouvrent les spécialités suivantes : anthropologie légale, médecine légale, archéologie légale et criminologie, criminologues spécialisés en incendie, génétique légale, botanique et entomologie légale.

 

RECOMMANDATIONS

1.- Garantir la protection du site de la Décharge de Cocula ;

2.- Garantir la protection, la centralisation et l’accès aux indices récoltés, aussi bien biologiques (restes osseux) que non biologiques (fils de fer, planches, verres, etc) récoltés dans la Décharge de Cocula et selon le PGR, provenant du Fleuve San Juan ;

3.- L’accès à tous les rapports légaux qui se trouvent dans l’Enquête Préliminaire correspondant à Ayotzinapa ;

via CDH Tlachinollan.

 

4.- Garantir la continuité du travail des experts indépendants dans l’enquête sur la cas d’Ayotzinapa ;

5.- Une fois finalisée l’analyse des indices de la Décharge de Cocula, l’EAAF invite à une réunion d’experts les médecins légistes du PGR afin d’analyser et comparer les résultats obtenus ;

6.- Maintenir une politique de communication sur les avancées de l’enquête sur le cas d’Ayotzinapa qui préfère informer les proches des normaliens disparus avant l’opinion publique ;

7.- La liaison de l’enquête légale d’Ayotzinapa avec le Groupe Interdisciplinaire d’Experts de la Commission Inter-américaine des Droits Humains de l’Organisation des États Américains qui s’installera prochainement au Mexique.

Via Proceso

Réponse des proches des 43 d’Ayotzinapa au Procureur Général de la République

source.

 

Traduction du communiqué des proches des étudiants disparus d’Ayotzinapa en réponse aux déclarations du Procureur Général de la République qui fait de sa thèse une « vérité historique ». Communiqué trouvé sur le site de Proyecto Ambulante.

Le sⒶp

 

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Conférence de presse des proches des disparus d’Ayotzinapa le 27 janvier 2015.

COMMUNIQUÉ | Les pères et mères des normaliens disparus répondent au PGR

 

Mardi 27 janvier 2015,
Ce jour au Centre des Droits Humains Miguel Agustin Pro Juarez s’est tenue une conférence de presse pour répondre à l’information débitée par le Procureur Général de la République (PGR), au sujet de l’enquête concernant les normaliens victimes de disparition forcée les 26 et 27 septembre.
Ci-dessous nous présentons le communiqué officiel contenant la position qu’ont fait connaître les pères et mères de familles des étudiants et du Comité Étudiant d’Ayotzinapa face à l’information rendue publique peu avant par le PGR :

AVEC UNE HÂTE POLITIQUE LE PGR PRÉTEND CLORE L’ENQUÊTE SUR LES FAITS

Face aux déclarations du Procureur Général de la République aujourd’hui, les proches des 43 disparus nous affirmons :
1. Que nous exprimons notre rejet de la manière dont le Gouvernement Fédéral a informé prioritairement les médias de communication avant les victimes à propos des avancées de l’affaire. Il faut rappeler que le président de la République a signé une note par laquelle il s’engageait à informer les proches avant les médias afin d’éviter la revictimisation, ce qui n’a pas été le cas et qui s’est accentué ces dernières semaines.

2. Que l’information rendue publique aujourd’hui, nous, les porches, ne la connaissions pas à fond, que l’engagement n’a pas été tenu de nous fournir des copies de tous les agissements réalisées dans les dossiers consignés, bien que cela aussi ait fait partie d’un engagement assumé par le président de la République Enrique Peña Nieto.

3. Que l’enquête ne peut être déclarée close à propos de la disparition forcée des étudiants de la Normale Rurale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa, sachant que :
a) L’enquête ne peut être déclarée close car il n’existe aucune entière certitude scientifique sur ce qui s’est passé dans la décharge de Cocula. Le PGR fait savoir aujourd’hui que son hypothèse se base sur différents rapports de chimie, biologie et d’autres. Sachant qu’il est bien connu que les procureurs mexicains sont des spécialistes pour fabriquer des délits et reconnaissant que des scientifiques reconnus ont exprimé des doutes sur cette hypothèse, nous ne pouvons accepter ces résultats tant que n’auront pas été réalisé ces mêmes expertises par des experts indépendants des plus qualifiés. En ce sens, nous réaffirmons notre confiance en l’Équipe Argentine d’anthropologie légale et nous exigeons que tous les obstacles soient levés pour qu’ils puissent accomplir leur tâche dans les meilleures conditions.
b) L’enquête ne peut être déclarée close parce que la déclaration de Felipe Rodríguez Salgado, contrairement à ce que dit le Procureur, n’est pas déterminante pour éclaircir ce qui s’est passé à Cocula tel qu’accepté lors de cette même conférence, cette personne n’ayant pas déclaré être resté sur les lieux durant tout le temps qu’ont supposément duré les faits.
c) L’enquête ne peut être déclarée close parce que l’information rendue publique par le Procureur dépend bien trop de dépositions effectuées devant le ministère public, par des personnes ayant facilement pu être contraintes, tout le monde sait qu’au Mexique la torture est récurrente. À ce sujet, il a été rendu publique l’information sur la possible torture de certains inculpés sans que jusqu’à maintenant la Commission Nationale des Droits Humains ne soit intervenu pour éclaircir ces dénonciations.
d) L’enquête ne peut être déclarée close parce que le Procureur ni aujourd’hui ni en aucune autre conférence n’a éclairci comment il explique dans sa théorie sur le cas, le sanglant homicide de Julio César Mondragón, dont le jeune corps écorché fut retrouvé tout près du lieux où ont eu lieux les faits. Comment explique monsieur Murillo ce fait jusqu’à présent non éclairci ?
e) L’enquête ne peut être déclarée close parce que l’État mexicain, à quatre mois des faits, s’est montré incapable d’arrêter ceux qui selon sa théorie seraient responsables. Le Gouvernement Fédéral n’a pu arrêter le principal responsable de la police corrompue d’Iguala, Felipe Flores Velázquez, ni son complice et subalterne Francisco Salgado Valladares. Pas plus qu’il n’a été capable d’arrêter Gildardo Astudillo, alias le Cabo Gil, personnage auquel le propre PGR donne une grande importance dans sa version des faits. Ainsi que sont toujours en fuite onze des quinze personnes qui selon le procureur étaient à Cocula, comme le leader des Guerreros Unidos, Ángel Casarrubias Salgado El mochomo. Avec tant de fugitifs, comment le Procureur prétend-il clore l’enquête ?
f) L’enquête ne peut être déclarée close parce que le Procureur n’est pas parvenu à initier la moindre procédure pénale pour le délit de disparition forcée de personnes, sachant que c’est la forme juridique adéquate pour cerner les faits connu qui comme tout le Mexique l’a exprimé, c’est l’état qui a fait disparaître nos enfants. Tant que les procès ne seront pas traités dans les formes légales pertinentes, le cas ne peut être clos.
g) L’enquête ne peut être déclarée close parce que dans le même rapport où se trouvent les déclarations du supposé sicaire de Cocula, se trouvent aussi en plus les déclarations d’autres sicaires d’Iguala ayant avoué avoir attenté à la vie de nos fils non pas à Cocula mais à Pueblo Viejo et Cerro la Parota. Comment monsieur Murillo explique-t-il que dans un même rapport existent des aveux qui s’opposent et se contredisent entre elles ?
h) L’enquête ne peut être déclarée close parce que contrairement à ce qui a été dit lors de la conférence aujourd’hui, il n’y a de certitude que pour la mort d’un seul des étudiants disparus. Cette certitude n’implique pas la certitude de la mort des autres ni celle sur le lieux où ça aurait pu se dérouler. En ce sens, c’est une erreur juridique de parler de poursuites pour homicide, quand en réalité à nouveau ce devrait être pour séquestration avec la circonstance aggravante de privation de la vie, ce qui techniquement implique une grande différence.
i) L’enquête ne peut être déclarée close parce que la responsabilité de l’armée n’a pas été recherchée, bien que contrairement à ce qu’a affirmé le Procureur, il existe des indices de sa complicité avec la délinquance organisée, le Policer Salvador Bravo Bárcenas a affirmé devant le Ministère Public que l’Armée savait depuis 2013 que les Guerreros Unidos contrôlaient la police de Cocula, raison pour laquelle les Forces Armées n’ont pas enquêté sur ces présumés délinquants mais qu’elles leur offrirent plutôt leur protection.
j) L’enquête ne peut être déclarée close parce que n’a même pas commencé le dénouement des responsabilités au sujet de la corruption politique qu’ont révélé les faits du 26 septembre. Reste encore à enquêter sur d’autres maires, comme celui de Cocula, ainsi que sur d’autres autorités du gouvernement du Guerrero.

Face au manque de justice et de vérité au Mexique, nous, les proches, irons devant les instances internationales. Ainsi, rapidement une de nos délégations ira devant le Comité sur la Disparition Forcée des Nations Unies dénoncer ce qui se passe au Mexique.
De la même manière, nous n’oublions pas que la Commission Inter-américaine des Droits Humains a désigné un groupe d’experts qui devrait rapidement commencé à faire leur vérification technique sur l’enquête réalisée par le Mexique ; cette révision est indispensable car nous savons qu’ils trouveront de multiples irrégularités.
Au peuple du Mexique nous demandons qu’il ne nous laisse pas seuls et qu’il comprenne notre lutte. Face à un Gouvernement Fédéral qui est pressé de clore le cas Ayotzinapa, nous réaffirmons notre droit à douter des autorités qui ont l’une ou l’autre fois fabriqué des dossiers pour se sortir de crises qui révèle son inefficacité. Nous exigeons également le respect de notre dignité, le temps des victimes n’est pas le temps des politiques.
Aujourd’hui, lors de sa conférence le PGR a affirmé que la disparition de nos enfants était « un fait atypique ». Mais dans notre parcours durant ces quatre mois, nous avons constaté que la disparition forcée est aujourd’hui au Mexique une réalité généralisée à travers tout le pays. Le Procureur ment lorsqu’il affirme que la disparition de jeunes et les narco-gouvernements sont atypiques, au contraire c’est aujourd’hui le visage meurtri de notre Nation. Jusqu’à la fin de l’an dernier, le propre Registre National des Personnes Disparues comptait 26 000 personnes ; il s’agit de familles comme les nôtres, traversées par la douleur et l’incertitude. C’est pourquoi, nous continuerons de lutter pour la justice et la vérité jusqu’à ce que nous ayons des certitudes entières sur l’enlèvement de nos enfants et jusqu’à ce que nous transformions le Mexique pour qu’aucune famille n’ait à revivre ce que nous vivons.

Vivant ils les ont pris, vivant nous les voulons !
Vive Ayotzinapa !