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Programme du Séminaire zapatiste « La pensée critique face à l’hydre capitaliste »

source.

 

Traduction du communiqué de l’EZLN, diffusé le 30 avril sur le site de Liaison Zapatiste. Cette traduction a été faite par @EspoirChiapas. Vous pouvez retrouver cette traduction sur le site d’Espoir Chiapas et sur le site de Liaison Zapatiste.

Le sⒶp

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ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE.

MEXIQUE.

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PROGRAMME ET AUTRES INFORMATION SUR L’HOMMAGE ET LE SÉMINAIRE.
29 avril 2015.
Compas:
Je vous donne les dernières informations sur la célébration en hommage aux Compas Luis Villoro Toranzo et le Maître Zapatiste Galeano, la journée du 2 mai 2015 et du séminaire qui se célébrera du 3 au 9 mai 2015.
Premièrement.- Un groupe d’artiste graphiques participera aussi au Séminaire « La Pensée Critique face à l’hydre Capitaliste » avec une exposition intitulée « Signes et Signaux » avec une œuvre artistique propre et spécialement créée pour cette exposition participent:
Antonio Gritón
Antonio Ramírez
Beatriz Canfield
Carolina Kerlow
César Martínez
Cisco Jiménez
Demián Flores
Domi
Eduardo Abaroa
Efraín Herrera
Emiliano Ortega Rousset
Felipe Eherenberg
Gabriel Macotela
Gabriela Gutiérrez Ovalle
Gustavo Monroy
Héctor Quiñones
Jacobo Ramírez
Johannes Lara
Joselyn Nieto
Julián Madero
Marisa Cornejo
Mauricio Gómez Morín
Néstor Quiñones
Oscar Ratto
Vicente Rojo
Vicente Rojo Cama
La présentation de l’exposition sera le matin du 4 mai 2015 au CIDECI.
Deuxièmement:
– Nous vous donnons le programme des activités et participations pour le séminaire. Il pourra y avoir quelques changements (attention: tous les horaires sont à l’heure nationale).
HOMMAGE:
Samedi 2 mai. Caracol de Oventik. 12:30 hrs.
Hommage aux compañeros Luis Villoro Toranzo et Maestro Zapatiste Galeano.
Participent:
Pablo González Casanova (un écrit).
Adolfo Gilly.
Fernanda Navarro.
Juan Villoro.
Mère, Père épouse et fil-le-s du compañero maestro Galeano.
Compañeros et compañeras de lutte du compañero maestro Galeano.
Comandancia General – Comisión Sexta del EZLN.
Note: La journée du 2 mai on autorisera l’accès au caracol avant 12:30. Quand arrivera l’heure, nous vous demanderons de vous installer à l’extérieur, pour la cérémonie de réception des familles des « hommagés et invité-e-s d’honneur, et que tou-t-e-s entrés derrière eux au lieu précis de l’hommage. En terminant l’acte, vous devrez vous retirer tou-t-e-s parceque le caracol sera occupé dans sa totalité par les compañeras et compañeros bases d’appui zapatiste. Vous ne pourrez pas rester passer la nuit dans le caracol. On calcule que l’hommage se terminera au plus tard entre 16:00hrs et 17:00hrs de façon à ce que vous puissiez rentrer en sécurité et confort à San Cristobal de Las Casas.
SÉMINAIRE « LA PENSÉE CRITIQUE FACE A L’HYDRE CAPITALISTE »
Dimanche 3 mai. Caracol de Oventikl 10:00-14:00. On vous demande d’arriver un peu avant cette heure.
Inauguration à la charge de la Comandancia Générale de l’EZLN.
Don Mario González et Doña Hilda Hernández (video).
Doña Bertha Nava et Don Tomás Ramírez.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Juan Villoro.
Adolfo Gilly.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Transfert aux installations du CIDECI à  San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, à partir de 14:00 hrs.
Dimanche 3 mai. CIDECI. 18:00-21:00.
Sergio Rodríguez Lazcano.
Luis Lozano Arredondo.
Rosa Albina Garavito.
Participation de la Comissión Sexta de l’EZLN.
Lundi 4 mai. CIDECI. 10:00 a 14:00.
María O’Higgins.
Oscar Chávez (enregistrement).
Guillermo Velázquez (enregistrement).
Antonio Gritón. Présentation de l’Exposition Graphique “L’Hydre Capitaliste ».
Efraín Herrera.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Lundi 4 mai. CIDECI. 17:00 a 21:00.
Eduardo Almeida.
Vilma Almendra.
María Eugenia Sánchez.
Alicia Castellanos.
Greg Ruggiero (écrit).
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Mardi 5 mai, CIDECI. 10:00 a 14:00.
Jerónimo Díaz.
Rubén Trejo.
Cati Marielle.
Álvaro Salgado.
Elena Álvarez-Buylla.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Mardi 5 mai. CIDECI. 17:00 a 21:00.
Pablo Reyna.
Malú Huacuja del Toro (écrit).
Javier Hernández Alpízar.
Tamerantong (video).
Ana Lidya Flores.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Mercredi 6 mai. CIDECI. 10:00 a 14:00.
Gilberto López y Rivas.
Immanuel Wallerstein (écrit).
Michael Lowy (écrit).
Salvador Castañeda O´Connor.
Pablo González Casanova (écrit).
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Mercredi 6 mai. CIDECI. 17:00 a 21:00.
Karla Quiñonez (écrit).
Mariana Favela.
Silvia Federici (écrit).
Márgara Millán.
Sylvia Marcos.
Havin Güneser, du Kurdish Freedom Movement.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Jeudi 7 mai, CIDECI. 10:00 a 14:00.
Juan Wahren.
Arturo Anguiano.
Paulina Fernández.
Marcos Roitman (écrit).
Participation de la Commission Sexta del EZLN.
Jeudi 7 mai, CIDECI. 17:00 a 21:00.
Daniel Inclán.
Manuel Rozental.
Abdullah Öcalan, du Kurdish Freedom Movement (participation écrite).
John Holloway.
Gustavo Esteva.
Sergio Tischler.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Vendredi 8 mai. CIDECI. 10:00 a 14:00.
Philippe Corcuff (video).
Donovan Hernández.
Jorge Alonso.
Raúl Zibechi.
Carlos Aguirre Rojas.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Vendredi 8 mai. CIDECI. 17:00 a 21:00.
Carlos González.
Hugo Blanco (video).
Xuno López.
Juan Carlos Mijangos.
Óscar Olivera (video).
Participation de la Commission Sexta del EZLN.
Samedi 9 mai. CIDECI. 10:00 a 14:00.
Jean Robert.
Jérôme Baschet.
John Berger (escrito).
Fernanda Navarro.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Clôture…
Troisièmement.
– Jusqu’au 29 avril 2015 nous avons confirmé l’inscription de 1 528 personnes. Parmi elles: 764 disent être adhérentes à la Sexta, 693 disent ne pas être adhérentes, 117 disent être des médias libres autonomes alternatifs ou comme ils s’appellent, et 8 collaborent avec les médias commerciaux.
Quatrièmement.
– Ceux qui n’arrivent pas à s’enregistrer pour la journée du 2 mai 2015, pourront le faire directement au CIDECI à San Cristobal de Las Casas, Chiapas.
C’est tout pour l’instant.
Bon voyage.
Depuis la conciergerie.
SupGaleano.
Avril 2015.
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Tribu Yaqui: Bataille pour l’eau dans le Sonora

Texte original ici.

Traduction du communiqué de l’EZLN en soutien à la tribu Yaqui en lutte contre le détournement des eaux du fleuve yaqui dans l’état du Sonora.

 

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Communiqué du CCRI-CG de l’EZLN et du Congrès National Indigène en solidarité avec la Tribu Yaqui

A la Tribu Yaqui,

Au Peuple du Mexique,

A la Sexta nationale et Internationale

Aux gouvernements du Mexique et du Monde.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain en territoire rebelle zapatiste nous diffusons notre parole ensemble comme Peuples, Nations et tribus Indigène qui formons le Congrès National Indigène, à travers laquelle nous envoyons un salut fraternel de force et solidarité aux membres de la Tribu Yaqui, à son Gouvernement et sa Police Traditionnelle, en espérant qu’ils aillent tous bien.

Nous saluons la mobilisation historique de la Tribu Yaqui en défense de son existence et de son territoire, la même qui lors de ces 40 derniers jours s’est manifestée par l’établissement d’un campement en résistance sur la Route Internationale à Vicam, base avancée de la Tribu Yaqui, face au vol de l’eau que le mauvais gouvernement prétend concrétiser à travers l’Aqueduc Indépendance, le même qui touche non seulement au yaqui mais à tout le sud du Sonora ; tout ceci bien que la Tribu Yaqui ait suivi les voies légales nécessaires, grâce auxquels ils ont obtenu des victoires que le propre gouvernement n’a pas respecté. Votre lutte, camarades est la nôtre aussi, ben oui, comme vous, nous entretenons la certitude que la terre est notre mère et que l’eau qui coule dans ses veines ne peut se vendre, car d’elle dépend la vie qui est un droit et qui nous n’ont pas été donné par les mauvais gouvernements ni par les patrons.

Nous exigeons l’annulation immédiate des mandats d’arrêt et la fabrication de délits contre les membres de la Tribu Yaqui et nous condamnons la criminalisation de leur lutte, en disant aux mauvais gouvernements émanant des partis politiques que le fleuve Yaqui a historiquement été le porteur de la continuité ancestrale de la culture et du territoire de la Tribu Yaqui et que nous, qui formons le Congrès National Indigène, réaffirmons que s’ils s’en prennent à l’un d’entre-nous ils s’en prennent à nous tous, raison pour laquelle nous répondrons en conséquence devant toute tentative de réprimer cette lutte digne ou n’importe quelle autre lutte.

Enfin, nous lançons un appel à la communauté internationale et à nos frères et sœurs de la Sexta Internationale à rester vigilants face aux événements qui se produiront dans le futur sur le territoire de la tribu Yaqui, renforçant la solidarité avec la Tribu et ses exigences.

Veuillez agréer

le 7 juillet 2013

Depuis le Caracol Zapatiste numéro 2 – Résistance et rébellion pour l’Humanité, de Oventic, Chiapas

Plus jamais un Mexique sans nous

Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène – Commandement Général de l’EZLN

Congrès National Indigène

yaqui

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Texte original ici.

Afin de mettre en perspective la position zapatiste, vous trouverez ci-dessous la traduction du communiqué de Mario Luna Romero du peuple yaqui, qui reprend l’historique de cette lutte contre un méga-projet.

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Illégale, l’opération de l’Aqueduc Indépendance : Autorités Traditionnelles

 

Territoire Yaqui, Mexique. Pour se protéger du vol de l’eau de son fleuve, le peuple yaqui tient depuis dix jours (au bouclage de cette édition) bloquée la route fédérale numéro 15. Mario Luna, secrétaire des Autorités Traditionnelles de Vicam, décrit pour Desinformémonos la stratégie juridique de défense de leur territoire et rappelle que seule une attitude digne et ferme a mené son peuple a vaincre les invasions successives et tentatives de pillage de ses ressources. Il appelle à rester vigilant face à l’utilisation annoncée de la force publique pour évacuer la route.

Depuis la route fédérale numéro 15, dans le village de Vicam, base avancée des huit peuples de la Tribu Yaqui – par une température de 45°C à l’ombre, les Autorités Traditionnelles réunies, expriment par ma voix ce qui suit :

La défense de notre territoire, terre et eau remonte à des centaines d’années en arrière, depuis l’arrivée de l’autre culture, faite d’ambition et de pillage. L’une s’est signalé par des faits héroïques et une défense glorieuse, et l’autre par des actions inhumaines de mépris total de la vie, ethnocide et lèse-humanité.

A voir les visages des hommes et des femmes, des anciens, des jeunes et des enfants avec la détermination et la fermeté inscrites sur leurs visages, on ne dirait pas que pour exister il leur fallut de nombreuses générations durant, supporter les incursions militaires accompagnées d’expulsion de masse – ils ont été déportés de l’autre côté du Mexique pour être vendus comme esclaves, dans le meilleur des cas -, quand ils n’ont pas été tués de la main des armées du gouvernement qui cherche à s’approprier le territoire en se basant sur la politique de Terra Nullius (territoire sans maître, ndt).

Seule cette attitude digne et ferme a permis à ce peuple indigène de repousser par la voie armée les colonisateurs à chaque étape historique de ce Mexique. Bien plus encore, elle a permis de sortir victorieux de batailles contrer les troupes d’invasion d’autres nations et même du mauvais gouvernement mexicain, comme ce fut le cas pendant la guerre d’Indépendance, la Révolution Mexicaine – parvenant même à prendre le Palais National de la ville de Mexico, en compagnie des caudillos – et la sanglante guerre du Yaqui.

En se concevant comme Nation Indigène, le peuple yaqui exige et exerce une autonomie de fait reconnue par les différents gouvernements et affirmée dans divers traités de paix et conventions de concertation pour le développement économique, social et culturel.

Ces dernières années et depuis l’inaccomplissement des accords de San Andrés Larrainzar (document qui élève au rang constitutionnel les droits indigènes) s’est intensifiée la campagne de pillage et d’extermination à l’encontre les peuples indigènes qui n’ont pas cédé et ont conservé leurs territoires autonomes, comme c’est le cas de beaucoup de peuples du Chiapas, Guerrero, Oaxaca, Michoacan et d’autres états des quatre coins du pays. Dans notre cas, toutes les forces de l’appareil gouvernemental se sont retournées contre nous avec l’intention de mener à bien le dernier grand pillage, appelé « Aqueduc Indépendance », qui prétend dévier les eaux du fleuve Yaqui jusqu’au bassin du fleuve Sonora afin de satisfaire l’énorme besoin en eau de la zone industrielle de Hermosillo – où se trouvent des usines grandes consommatrices d’eau, telle l’usine de montage Ford et les usines de Coca-Cola, Pepsi, Big Cola et les brasseries Tecate et Heineken, par exemple. De la même manière, les grands patrons de l’industrie immobilière espèrent obtenir de fructueux gains avec de grandes extensions de terrains monopolisés, lesquels n’ont aujourd’hui aucune valeur commerciale mais qui avec l’arrivée de l’eau verront leur prix augmenté jusqu’à 2000 %.

Fatiguée de vivre dans un état de guerre de basse intensité depuis le traité de paix de 1927, la tribu yaqui a appris par différents médias de communication l’existence de ce méga-projet. Dans le village de Vicam, les Autorités Traditionnelles ont décidé de passer par une défense légale en utilisant les moyens juridiques et institutionnels pour présenter un nouveau front dans la bataille. Premièrement on a commencé une procédure de restitution de l’eau au Tribunal Unitaire Agraire numéro 35, siégeant à Ciudad Obregon, en août 2010. Grâce à ce recours nous avons obtenu une mesure préventive qui devait empêcher que soit entreprise des actions de fait ou de droit impliquant ou engageant l’extraction de volumes d’eau, spécifiquement du barrage « El Novillo ». En 2011 a été demandée la protection de la justice fédérale contre la déclaration d’impact environnemental autorisé par le Ministère de l’Environnement et des Ressources Naturelles (SEMARNAT) au profit du « Fond d’Opérations Sonora S.I. » pour la construction de l’Aqueduc Indépendance. Après que la protection nous fut refusée par de nombreux tribunaux, le cas fut résolu en faveur de la tribu yaqui par un tribunal auxiliaire siégeant dans la ville de Culiacan, Sinaloa, et fut avalisé et publié par le dixième tribunal du district siégeant à Hermosillo, Sonora.

En appel de cette protection, pour sa révision initié par la SEMARNAT, et motivée par la série d’irrégularités dénoncées par de nombreuses rapports d’enquête de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et la Commission Plurielle (composée par la Chambre des Sénateurs et des Députés des différents partis politiques), la Cour Suprême de Justice de la Nation a usé de son habilitation d’attraction et résolution, en un fait historique pour les peuples indigènes et pour la tribu yaqui, ratifier l’autorisation de la protection de la tribu, reconnaissant son caractère de peuple indigène et la pleine validité du droit constitutionnel et international du peuple yaqui à une libre consultation, préalable et informée, respectant ses normes propres, représentations, usages et coutumes. Avec le jugement de la Cour Suprême du 8 mai 2013 la déclaration d’impact environnemental reste sans effets concernant l’Aqueduc Indépendance. Par ce fait a été ratifié le statut d’illégalité qui soutenait jusqu’à aujourd’hui la construction et l’opération de l’Aqueduc.

Avec l’expérience acquise par les années de lutte du peuple yaqui, et face à l’impunité affichée par le gouverneur du Sonora, Guillermo Padres Elias, commençant la soustraction d’importants volumes d’eau du barrage « EL Novillo », les autorités traditionnelles ont décidé de renforcer les actions de résistances civiles en s’alliant au Mouvement Citoyen pour l’Eau – composé de producteurs agricoles, de petits paysans cultivant un terrain commun et de la société civile des sept communes du sud du Sonora qui seraient affectées par le manque de liquide transvasé dans les réserves de l’Aqueduc.

Le 28 mai, après une manifestation de la multitude à Ciudad Obregon (plus de 30 000 manifestants selon les organisateurs), il fut décidé de prendre les routes en commençant l’après-midi même par le blocage des entrées nord et sud de la ville. A ces protestations se sont ajouté ensuite les manifestations sur les voies vicinales des localités de Bacum et Esperanza. Après n’avoir vu aucune avancée dans les intentions gouvernementales quant à l’arrêt des pompes qui subtilisent illégalement les eaux accumulées par le barrage, l’autorité traditionnelle, avec les troupes de plusieurs villages de la tribu yaqui et des autorités de Potam et Belem, ont lancé l’actuelle manifestation sur la route internationale 15 à la hauteur de Vicam.

Le 11 juin, après plusieurs jours de blocage continu en trois points de la route (Cajeme, Bacum et Vicam), le représentant du Ministère des Transports et Communications (SCT) du Sonora a annoncé avoir déposé plainte devant les services du Procureur Général de la République (PGR) à l’encontre de plusieurs leaders du Mouvement Citoyen pour l’Eau et de la tribu yaqui. Le procureur de justice du Sonora, Carlos Navarro Sugich, annonça cela comme une victoire du gouvernement de l’état et lança une campagne médiatique contre ceux qui, avec nous, composent la commission de défense de l’eau de la Tribu.

En prétendant recevoir l’approbation des autorités traditionnelles des autres peuples de la tribu yaqui, le gouvernement de l’état fut contrarié dans son intention d’orchestrer l’usage de la force publique contre les blocages de routes. Le principal problème étant que les manifestants ont comme seules demandes l’application de l’état de droit au Sonora – mis à mal par le pouvoir exécutif de l’état – et la fin de l’extraction illégale des eaux du barrage « El Novillo » – qui se trouve protégées par la résolution conférée par la Cour Suprême de Justice de la Nation à la tribu yaqui.

C’est dans ce climat de tension et de rébellion que nous nous trouvons ces jours-ci, partageant notre situation avec tout le peuple mexicain et international. Nous avons trouvé un écho favorable chez les peuples indigènes qui, comme nous, forment le Congrès National Indigène, dans la solidarité des maîtres de la Coordination Nationale des Travailleurs de l’Éducation (CNTE) et de la représentation populaire de la majorité des députés locaux des districts du sud du Sonora. Il existe un accord politique pour faire un appel commun à Guillermo Padrés de la part de députés locaux et de sept maires de localités du sud de l’état (présent à la police traditionnelle du peuple de Vicam le 15 juin) pour que cesse le vol d’eaux et que règne l’état de droit au Sonora.

Face à la constante menace et aux rumeurs d’usage de la force publique contre les manifestants, l’appel sert à vous tenir en alerte et que nous évitions que l’application de la justice soit sélective, prompte et expéditive contre ceux qui défendent notre droit à la vie et à l’usage et la jouissance de nos eaux. Évitons que prévalent l’impunité et l’intolérance de la part d’un gouvernement d’état qui fomente par ses actions la division et l’affrontement entre le sud du Sonora et la région nord de l’état.

Depuis le territoire de la tribu yaqui, juin 2013

Mario Luna Romero

Secrétaire traditionnel du peuple de Vicam

Base avancée des huit peuples yaquis

Publié le 17 juin 2013

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En rouge l’état du Sonora, au nord-ouest du Mexique.
(image Wikipedia)
 
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