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Pourquoi je rejoins antifa-net

Dans Une journée particulière, le film d’Ettore Scola, Mastroianni, poursuivi jusque dans son sixième par les gros bras mussoliniens, s’écrie judicieusement à l’adresse du spadassin qui l’accuse d’anti-fascisme : « Vous vous méprenez, monsieur : ce n’est pas le locataire du sixième qui est anti-fasciste, c’est le fascisme qui est anti-locataire du sixième. »

Extrait du réquisitoire de Desproges contre Jean-Marie Le Pen, 28 septembre 1982

 

Ce petit rappel est important car de plus en plus la charge semble s’inverser quand on parle d’antifascisme. Il devient même de plus en plus fréquent dans la bouche et sous la plume de gens de gauche de voir traiter celles et ceux qui se revendiquent de l’antifascisme… de fascistes !

Éclaircissons donc un premier point avant d’entrer dans le vif du sujet. L’antifascisme est, tout autant que le « fascisme » que nous combattons, divers. Pour en avoir une idée plus précise je ne peux que vous enjoindre à lire le texte publié sur le site de La Horde: Petite histoire de l’antifascisme contemporain.

L’antifascisme dont je me revendique est issu du mouvement antifasciste radical, un mouvement qui n’appréhende la lutte contre le fascisme que comme une des bases d’un mouvement révolutionnaire et émancipateur… et même pour tout dire franchement libertaire!

De même, ce que nous pouvons classer sous le vocable de « fascisme » mériterait certainement une analyse plus précise tant les différences entre les mouvements catholiques intégristes, les royalistes, les néo-païens, les nationalistes révolutionnaires, l’extrême droite électoraliste, etc, peuvent apparaître importantes. Toutefois, entre ces différents mouvements il existe quelques constantes qui les démarquent de partis démocratiques, même réactionnaires tels que l’UMP. N’oublions pas non plus que les mouvements qui ont mené le monde à la guerre dans les années 30 étaient loin d’être unifiés idéologiquement. Entre le nazisme, le fascisme historique italien et le franquisme il y a des divergences significatives… Mais ce n’est pas le propos de ce billet.

A lire les attaques dont celles et ceux qui ici et ailleurs se revendiquent d’un antifascisme radical sont l’objet, de la part d’hommes et de femmes de gauche, il semble que ces derniers oublient cette évidence que la citation de Desproges nous rappelle fort à propos : c’est bien le fascisme, cette vision autoritaire et totalitaire de la société qui désigne celles et ceux qui sortent du cadre stricte de leur vision du monde à la vindicte : immigrés, juifs, homosexuels, drogués, prostituées, etc.

Et si en temps de crise, les partis de la réaction (et même certains partis de gauche institutionnelle) ont une fâcheuse tendance à reprendre cette rhétorique avec plus ou moins de facilité, c’est plus par peur d’un peuple autonome, par opportunisme ou calcul électoraliste… voir même selon certains discours afin de siphonner l’électorat extrémiste ! (Reprendre les idées des fachos pour les empêcher de prendre le pouvoir découle d’une logique partidaire à laquelle je suis totalement étranger.)

S’il peut s’habiller au grès des situations d’une parure plus ou moins sociale, le fascisme s’oppose de toutes ses tripes à l’idée d’émancipation sociale. La vision autoritaire que développe la pensée fasciste ne conçoit pas que le peuple puisse gérer la société, que le prolétariat puisse prendre son destin entre ses mains. Dans cette vision du monde, les organisations sociales, féministes, les syndicats, l’ensemble des secteurs où le peuple s’organise par lui-même et pour lui-même sont perçus comme dangereux pour l’ordre social. Le peuple n’est pensé qu’en tant que masse devant obéir à un chef traçant la voie du pays, grâce à une vision claire au service de la puissance de la nation. En cela, il n’est pas d’essence démocratique, même si tactiquement, il peut utiliser le jeux électoral pour accéder au pouvoir.

Ce recours à un dieu, à un césar, à un tribun va à l’encontre du mouvement émancipateur dont l’antifascisme radical se revendique. Oui, nous pensons que les prolétaires sont capables d’organiser la société, sans recours aux présidents, directeurs et autres généraux… qu’ils soient de droit divin ou de droit électoral.

L’acceptation de cette idée d’un guide suprême n’est possible dans le peuple qu’en adéquation avec une exaltation de la nation, de la patrie. En effet, le chef représente le garant de l’intérêt national, dépassant les intérêts de classe. Un discours qui s’évertue, parfois subtilement pour s’ouvrir quelques portes à gauche, à confondre souveraineté populaire et souveraineté nationale. Mais derrière cette tromperie linguistique c’est encore une fois une tentative de récupération du mouvement social et de son émancipation. Car cette confusion sémantique se révèle dans les faits un renversement total de la logique. En confondant ainsi intérêts du pays et du peuple, on valide par là-même cette idée que patrons et travailleurs doivent composer pour l’intérêt supérieur de la nation. Là encore aucune volonté émancipatrice pour le peuple dans l’idéal fasciste. L’idée que les travailleurs ne peuvent se passer des patrons est la continuité de l’idée que le peuple a besoin d’un chef ou que la famille s’organise autour de l’homme. On en vient alors logiquement à préférer les patrons de son pays, discours d’autant plus audible que l’esprit d’entreprise vanté par les tenants libéraux de nos économies, qu’ils soient de droite ou de gauche, finit par nous faire croire que l’important est de produire, toujours plus, toujours moins cher afin de relancer la croissance… toujours dans l’intérêt supérieur de la nation. Sans aucune considération à la base des besoins des hommes et des femmes, ni prise en compte de l’environnement. Aucune réflexion sur le pourquoi et le comment de nos productions! Le fascisme ne se distingue en cela qu’aux marges des politiques économiques actuelles.

En cela aussi, lorsqu’à gauche certains tentent de surfer sur le patriotisme économique ils se trompent de combat. Que signifie de vouloir taxer par exemple Total ? Total exploite les ressources des sous-sols d’un certain nombre de pays. Ce qui revient, dans un système concurrentiel à spolier ces pays d’une partie de leurs richesses. Les retombées pour les pays hôtes sont de deux ordres : des taxes et des salaires. Les unes vont dans les caisses de l’état, les autres dans les poches des travailleurs. Rapatrier les bénéfices d’une entreprise comme Total revient à valider l’idée que l’entreprise appartient à ses dirigeants et pas aux travailleurs. Car sinon, il n’y a aucune raison que les bénéfices produits par les travailleurs dans un pays servent les intérêts des travailleurs du pays des dirigeants. C’est soumettre la valeur ajouté du travail à la nationalité de l’entreprise, de ses capitaux ou de ses dirigeants. Rien ici qui puisse se revendiquer d’une vision pour l’émancipation des travailleurs.

Cette confusion est aussi la conséquence d’un discours répandu à gauche qui prétend que les frontières seraient les garantes des intérêts des travailleurs, que la mondialisation économique tend à abolir les frontières. Quoi de plus faux quand on voit comme le patronat et les grandes entreprises jouent des différences de protection sociale de chaque pays pour maximiser leurs bénéfices? Les gouvernements quant à eux jouent des délocalisations pour attaquer nos droits. Car si les barrières se lèvent pour les marchandises et les capitaux, il n’en va pas de même pour les droits sociaux ni pour les hommes et les femmes. Poussé à l’extrême ce raisonnement valide l’antienne fasciste « le travail pour les nationaux », que l’on décline ensuite sur les allocations sociales, les soins, l’accès au logement, le droit de vote… Les peuples n’ont décidément rien à espérer d’un repli nationaliste!

L’antifascisme que j’espère partager avec vous sur antifa-net est avant tout une lutte pour l’émancipation, pour la reconnaissance de la diversité, un combat pour l’égalité économique, politique et social, pour la liberté des peuples à s’organiser horizontalement dans une société sans classes, ni gouvernement centralisé, ni normes imposées.

Si aujourd’hui certains à gauche préfèrent dialoguer avec les fascistes, tout en désignant les « antifas » comme des inquisiteurs, c’est peut-être bien le signe le plus inquiétant du glissement à droite de l’échiquier politique. Car, à part quelques putschistes en puissance, la plupart des partis fascistes ont opté, dans une Europe pacifiée, pour une conquête du pouvoir par les urnes. Et dans toute élection, les voix ne se portent pas toujours sur un candidat par choix, mais aussi par dépit, par repoussoir, etc. Ce n’est donc pas un peuple majoritairement fasciste qui porte au pouvoir un parti fasciste… mais des calculs électoraux qui échappent à toute tentative d’explications simplistes.

Si des partis fascistes doivent arriver au pouvoir, ce sera plus certainement par la perméabilité de certains thèmes entre l’extrême droite et une partie de la gauche, et la faillite d’une gauche libérale. Jouer avec les thèmes de l’extrême droite est non seulement un pari risqué dans le jeux démocratique, plus encore en période de crise, mais c’est surtout un renoncement à cette idée d’émancipation, cette volonté d’aller au-delà des contraintes de l’époque en inventant un nouveau vivre ensemble.

Cette porosité rouge-brune naît plus encore des passerelles que tissent certains entre une partie de la gauche anti-libérale et des individus de droite plus ou moins extrême. C’est au travers des thèses conspirationnistes, d’une écologie plus kaki que verte ou d’un socialisme teinté de nationalisme, que les solutions fascistes infusent aujourd’hui dans la société, bien au-delà du cercle restreint de l’influence des mouvements d’extrême-droite.

Les antifascistes seraient donc devenus les pourfendeurs de la liberté d’expression ? Mais la mouvance fasciste n’a-t-elle pas tout le loisir de s’exprimer dans sa presse, et même plus largement dans les médias dominants ? Pour quelles raisons devrions-nous leur donner la parole dans les quelques espaces où ils n’ont pas tribunes ouvertes ? Ceux qui accusent les antifas de sectarisme en prétextant notre refus de joindre nos voix à celles des fascistes, en leur ouvrant les colonnes de notre presse militante, portent une responsabilité dans le confusionnisme idéologique actuel.

Quant à dialoguer avec l’extrême-droite, sous prétexte à la fois d’ouverture à toutes les idées pour sortir de la crise, ou en espérant pouvoir convaincre les électeurs de partis fascisants, cette stratégie est vouée à l’échec. Car, en dialoguant avec des fachos dans le cadre de débats, qui peut-on espérer convaincre ? Les contradicteurs de l’extrême-droite, dont on peut penser qu’ils sont idéologiquement formés ? Le public de ces débats organisés par des mouvements fascisants ? Ils ne constituent de toute façon pas la majorité des électeurs susceptibles de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Au contraire, c’est délivrer une caution démocratique à des écoles de pensée que l’idée du peuple organisé révulse… dès qu’il a glissé son bulletin dans l’urne, pour les mouvements fascistes qui ont fait le choix des urnes. Si vraiment ceux qui prônent le débat avec les fascistes souhaitent convaincre celles et ceux qui peuvent tendre du « côté obscur de la force », ils devraient se battre pour que la liberté d’expression qu’ils défendent pour des mouvements fascistes soit donnée aux forces de l’émancipation social qui combattent le capitalisme et qui ne bénéficient pas de cette même exposition médiatique.

Quant à trouver des idées de justice sociale, d’égalité politique ou de libertés individuelles et collectives dans les thèses fascistes ça ne peut résulter que d’une grande confusion mentale nourrie de longues soirées à refaire non pas le monde, mais les nations, avec les débatteurs de l’extrême-droite. Les attaques d’une certaine gauche contre l’antifascisme radical ressemble moins à une attaque contre l’antifascisme que contre la radicalité dont nous sommes porteurs… une attaque en règle contre l’émancipation du peuple !

Non, décidément on ne dialogue pas avec le fascisme, on le combat !

Le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève !

Derrière le fascisme se cache le capital, la lutte antifasciste est mondiale!

No pasaran!

 

 

Antifa-Sprayer--50--

Le Pen: fracture diplomatique?

Ce samedi près de 250 personnes ont manifesté à Limoges, sous une pluie fine et froide, contre Marine Le Pen, heu non contre Jean-Marie Le Pen… enfin, contre le FN!

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C’est bien la président du FN qui était attendue pour une réunion avec les militants dans la salle municipale Blanqui, située derrière la mairie de Limoges. Mais il y a quelques jours, le FN nous apprenait que Jean-Marine, heu Marie, remplacerait sa fille dans son excursion sur les terres limousines. On parlait d’un problème de santé qui empêcherait la présidente frontiste de faire le trajet en voiture.

Jean-Marie Le Pen était également invité pour une interview dans les locaux de France3 Limousin mais a lamentablement planté le présentateur qui après avoir annoncé l’interview, après l’avoir repoussé en excusant le retard du vieux chef du FN, a finalement du faire sans. Ce sont des choses qui arrivent et par temps de pluie, on ne peut que louer la prudence du chauffeur qui a certainement préférer faire rater une apparition cathodique à son patron que de lui faire risquer un accident et une éventuelle fracture.

Papa Le Pen en commençant son discours, vers 13h, a tenu a expliquer aux quelques 200 bas-du-frontistes limougeauds venus l’écouter que sa fille avait une fracture de la colonne vertébrale. Mazette! Une telle fracture explique en effet que sa fifille n’ait pu faire le déplacement. Puis dans l’après-midi, le FN se fendait d’un communiqué de presse rassurant, la chute – dans une piscine vide selon papa – n’a pas fracturé la colonne mais le sacrum. Ouf, nous voilà rassurés! Comme l’a dit par la suite MLP sur son compte twitter, « ce sera long, c’est douloureux, mais rien de dramatique ».

Le communiqué du Front évoquait aussi « un léger allègement de son emploi du temps mais ne l’empêchant pas de continuer ses activités ». Un allègement qui semble en effet n’avoir eu de conséquence que sur le déplacement à Limoges. D’ailleurs, la présence de Marine sur le plateau de LCP mercredi pour dénoncer les hordes de sauvages descendues de leurs banlieues pour mettre à feux et à sang la capitale française est un premier élément qui nous rassure sur la santé de Marine. D’autant que, bravant une fois encore la douleur, la présidente du front qui se rêve présidente du pays, sera dès demain dimanche sur le plateau de l’émission CPolitique de France5. Elle aura tout le loisir pour nous parler de sa hausse dans les sondages et de sa chute… dont on ne saurait imaginé qu’elle ait été le fait des merdes virtuelles déposées par de vilains farceurs sur sa page FaceBook – page qui a du être fermée temporairement afin de nettoyer… Bref, un accident banal, un père dévoué qui, bon pied bon œil, remplace sa fille pour un déplacement en province. Selon l’agenda du Front, Marine sera avec son père au parlement européen à Strasbourg dès mardi. Tout est bien qui finira bien avec un peu de repos… sauf que!

Sauf que, lors de cette charmante escapade en Haute-Vienne, le président d’honneur du FN a confirmé l’actuel secrétaire départemental, Vincent Gérard, dans ses fonctions. Or, et c’est là que le doute commence à fissurer l’image bucolique de Marine, le cul cassé, et de son vieux père qui reprend le temps d’un samedi pluvieux, le flambeau qu’il lui avait lui-même transmis… Le Vincent Gérard en question a été condamné en septembre dernier à quatre mois avec sursis pour violence avec usage ou menace d’une arme.

Le 2 avril 2012, quatre militants du FN, dont Gérard, après une réunion du parti, décident d’une balade bucolique dans les rues de Limoges avec une batte de base-ball. Leur déambulation nocturne et alcoolisée (ce fut la défense de Gégé) les mènent au Duc Etienne, bar oh combien sympathique mais dont les habitués sont plus souvent situés à l’autre bout de l’échiquier politique. Et là, les clients du bar prennent peur en voyant ce frontiste rigolard et alcoolisé brandir sa batte. La police intervient rapidement et l’homme est arrêté, les trois autres frontistes repartent. Pourtant d’eux d’entre-eux, dont Gégé, ne tardent pas à revenir au Duc, armés cette fois-ci d’un couteau et d’une matraque. Le patron du bar aura le nez fracturé. Décidément, c’est une histoire où les os craquent beaucoup! « Rien de politique » clame haut et court, ah non haut et fort, Vincent Gérard lors du procès.

Sa mise en cause dans l’histoire de l’agression lui avait coûté, avant même sa condamnation, sa candidature aux législatives. Quelques jours après les faits, la fifille de son papa avait déclaré qu’une condamnation lui vaudrait d’être démis de ses fonctions… Dédiabolisation oblige, faut lisser. Le temps du FN à papa, avec ses outrances verbales, les courses après les roux, les saluts nazi… tout ça c’est fini! D’ailleurs au lendemain de sa condamnation, Maxime Labesse, le prédécesseur de Gégé, affirmait : « Il devrait tirer les conclusions qui s’imposent et prendre l’initiative. » Seulement six mois plus tard, l’initiative tarde à venir.

Et tout au contraire, voilà que Jean-Marie le confirme dans ses fonctions! Diable! Cet homme condamné par la justice et par la présidente de son parti est confirmé dans ses fonctions de secrétaire départemental. Alors peut-être ais-je l’esprit mal tourné, mais il me semble que la fracture évoquée par Marine est peut-être plus à chercher entre son père et elle, qu’entre son cul et sa colonne. Le vieux lion frontiste a-t-il pesé de tout son poids pour protéger un militant un peu plus vieille que jeune garde? Après tout, faire le coup de poing contre le patron d’un rade gauchissss n’est pas une tare pour tout le monde. Alors, en bonne fille Marine a-t-elle fini par céder au caprice de son papa? Marine, afin de garder la tête haute et les mains propres, s’est pas cassé le cul et à envoyer papa à Limoges? La dédiabolisation n’est pas chose aisée, lorsqu’on est la fille du « diable ».

Alors Marine, sincèrement, que ton sacrum ait été fracturé ou non… On t’emmerde, toi, ton père, le FN et tous les fachos d’ici et d’ailleurs!

Le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève!

 

Antifa-Sprayer--50--