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la présidentielle n’aura pas lieu

Poésie des meutes:
collage de slogans, entendus en manif, glanés sur les vitres, les murs, les banderoles.
Murs blancs, peuples muet ! dit-on. Depuis le début du mouvement contre la loi « travaille », le peuple pose ses couleurs sur les façades de ses cellules grises…

 

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À l’assaut du ciel.
Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce…
Nous sommes le peuple qui manque,
L’être et le néon.
Arrache la joie aux jours qui filent…
Nous sommes l’étoffe dont sont tissés les rêves.
Nous sommes de ceux qui font l’amour l’après-midi,
Nous naissons de partout, nous sommes sans limite!
Le ciel sait que l’on saigne sous nos cagoules contre la loi « travaille » !
Accommodez-vous de nous, ne nous accommodons pas de vous.
Ne nous vouons pas au pouvoir, dévouons-nous à pouvoir !
Donnons du sens à nos actes, ne soyons plus automates !
Et qu’il vienne! Le temps dont on s’éprenne !
Nos nuits sont plus belles que vos jours !
La révolte est notre seule boussole.
Paillettes et barres à mine…
Nos casseurs ont du talent,
Nos vies contre votre béton.
Nos éboueurs ont du talent.
L’enfance est notre seule patrie !
On veut 100 balles et le mois de mars !
On passera en avril quand on le décidera…
Nos banderoles ont de la gueule et des dents !
Si c’est eux qui ont raison, je ne suis pas raisonnable.
Nique les porsches, on veut des faucons millenium !
Si on se jette dehors avec le diable au corps,
c’est qu’on refuse de vivre comme des morts!
Se salarier pour étudier ou étudier pour se salarier?
Je veux vivre de grève si vivre c’est travailler.
Travailleurs de tous pays qui repasse vos chemises?
Nous sommes de celles qui s’organisent :
on ne repassera plus jamais vos chemises !
Notre éducation nous prépare à la soumission.
Arrêtons d’être des copies qu’on forme !
Ne vivons plus comme des esclaves !
On a rien et on en veut encore.
Notre sport préféré: l’émeute!
Organizadons-nous !
Spinozad partout !
Grèce générale !
Occupons tout!
Bloquons tout!
À très vitre…

 

Les banks pillent les états,
l’état ruine le peuple.
caca pipi talisme
Paradis pour les uns,
pas un radis pour les autres…
Une chaîne de télé ça reste une chaîne,
Ouvre les yeux éteins la télé !
Retrait de la loi travail
ou on spoil
Game Of Thrones !
Leurs règles ont toutes une tombe.
Néolibéralisme mange tes morts !
Le travail est en crise, achevons-le!
Ni loi ni travail, de la révolte en pagaille !
La bourgeoisie au RMI, le patronat au RSA.
Le lacrymo gène, le fumi gène… on ne vous dérange pas trop?
Ils ont du sang sur les mains, on a que nos colères et nos poings!
Le travail est la pire des polices… détruisons les 2!
Que fait la police? Ça crève les yeux!
Qui sème le gaz récolte le pavé.
Arrêtez de nous arrêter!
Embrasons la police…
Tout le monde déteste la police.

 

1789 les casseurs prennent la Bastille !
Une pensée aux familles des vitrines…
Dites-le avec des pavés !
acabadabra nous revoilà!
Je pense donc je casse,
L’émeute reforme la meute,
Nous sommes un peuple de casseur-cueilleurs!
Agir en primitif, prévoir en stratège…
kass kass bank bank !
Blackbloquons tout !
Paris est une fête…
Paris soulève-toi avec rage et joie !
Sans pétrole la fête est plus folle.
Paris, on nasse très fort à vous,
Pour l’unité il faut des ennemis communs.
Il est grand temps de rallumer les molotov.
Si en mai il n’y avait pas eu de pluie, le feu aurait déjà pris.
Il pleut des perles d’espoir ! 50 nuances de bris.
La liberté se prend comme se donne la vie…
avec violence et dans le bruit !
L’action est la sœur du rêve.
Et si le casseur, c’était ta sœur ?
Mort au symbolique, vive le réel.
Rêve général!
Ceux qui rêvent sans agir, cultivent le cauchemar…
Si vous nous empêchez de rêver, nous vous empêcherons de dormir.
C’est pas la manif qui déborde, c’est le débordement qui manifeste!
Deux émeutes par semaines, oh mon dieu qu’elles sont belles!
On n’entre pas dans un monde meilleur sans effraction !
Valls prend ton temps on s’amuse énormément.
Quand le gouvernement ment, la rue, rue…
Le vrai désordre c’est l’injustice.
En cas de 49.3 brisez la vitre!
Ça passe et ça casse!
Jusqu’ici tout va bien,
c’qui compte c’est pas la loi travail,
c’est l’insurrection qui vient!
La barricade ferme la rue mais ouvre la voie !
Il est l’heure de destituer le gouvernement,
Dernière sommation avant l’insurrection.
En cendres tout devient possible!
Pour la suite du monde
Demain est annulé !
Le monde ou rien,
Demain c’est plus très loin !
L’avenir ne nous dit rien et c’est réciproque…
La fin d’un monde s’annonce par des signes contradictoires.
Renverser l’irréversible et rendre l’éphémère permanent.
Une autre fin du monde est possible ;
Quand tout s’arrête, tout commence.
Demain s’ouvre au pied de biche.
Dans saboter il y a beauté.
Sans vous la vie est belle.
Tout bloquer devient vital !
Soyons ingouvernable!
Continuons le début !
Vainqueurs par chaos !
À ceux qui se soulèvent tôt…
2017, les urnes en miettes !
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Le triomphe de l’anarchie

Par curiosité je me suis rendu à la première nuit debout de Limoges et malgré mes appréhensions et quelques dérapages « chemtrailiens » (assez vite évacués par l’AG), la soirée a été plutôt agréable et un souffle semblait prendre entre les enfants qui couraient, le brasero, nécessaire pour contrer la fraîcheur de la nuit, et les AG et travaux en petits groupes.

 

Rene Biname en concert pendant la grande manifestation #NDDL "pour l'abandon du projet d'aéroport et pour l'avenir de la #ZAD", là où les travaux ne commenceront pas, Notre-Dame-des-Landes, le 27 fevrier 2016.

Rene Biname à la manif contre l’aéroport NDDL et son monde le 27 fevrier 2016 (cc) ValK

J’y suis retourné le lendemain, à l’AG annoncée. De plusieurs centaines nous étions passés à quelques dizaines… ce qui, en militant non tombé de la dernière pluie, ne m’a pas étonné et même à l’inverse j’étais plutôt surpris que nous soyons encore si nombreux (le pessimisme des anciens ne trouve d’équivalent que dans l’optimisme de la jeunesse).
Les discussions ont malheureusement tournées autour du dépôt en préfecture de la déclaration pour faire nos AG tous les soirs sur la place. J’ai ressenti un certain malaise que je n’arrivais pas à m’expliquer. Ce n’est que plus tard, une fois posé chez moi que ça m’est venu. Il régnait une sorte de naïveté sur les débats. Comme si le fait que nous consentions, pour commencer, à rentrer dans les clous nous protégerait de toute évacuation policière. Comme si le fait d’être propre et lisse suffirait à faire venir à nous les masses qui subissent le système. Comme si le gouvernement, les patrons, l’armée, la police, voyant les masses se soulever feraient leur mea-culpa et rendraient armes, pouvoir et moyen de productions à la glorieuse révolution partie de quelques place de France.
Si il est évident que la masse joue, ce n’est pas dans la victoire mais dans l’établissement d’un rapport de force. Un mot d’ailleurs aussi tabou hier soir que les mots lutte ou classes sociales.
Et j’ai repensé à cette chanson « Le triomphe de l’anarchie »… parce que si nous voulons bâtir un monde nouveau, nous ne pourrons faire l’économie de détruire celui qui existe aujourd’hui. Nous ne pourrons, même en en faisant un constat amère, éviter toute confrontation avec le pouvoir. Le pouvoir ne tombera pas tout seul. C’est à nous de le faire tomber. Mais il ne suffira pas de faire tomber des têtes comme nos terribles ancêtres, car pour une qui tombe il en repousse plusieurs autres, non, il nous faudra le saper à la base, une destruction minutieuse de l’ordre existant, pour ne pas nous laisser reprendre par les vieux réflexes acquis par des générations de travailleurs exploités.

L’esclave ne se libère pas de ses chaînes en évinçant le patron. S’il continue à travailler dans les mêmes conditions de son propre fait il n’est pas plus libre qu’avant. Il lui faut repartir de zéro, rebâtir sur les ruines de la maison du maître. Sinon la révolution n’aura été qu’un petit tour de manège, certes agréable, mais qui le laissera sur sa faim, tel un enfant pleurant toutes les larmes de son corps à la fin du tour de carrousel. Alors, oui certainement que je m’escrimerai encore quelques temps à aller voir ce qui se dit, ce qui se passe autour de ces nuits debout… car c’est peut-être ce qui s’est passé de plus intéressant depuis longtemps. Mais je crains que ça ne finisse en pétard mouillé au lieu d’une jolie explosion générale.

« Tu veux bâtir des cités idéales,
Détruis d’abord les monstruosités.
Gouvernements, casernes, cathédrales,
Qui sont pour nous autant d’absurdités.
Sans plus attendre, gagnons le communisme
Ne nous groupons que par affinités
Notre bonheur naîtra de l’altruisme
Que nos désirs soient des réalités »

 

merci à ValK pour la photo :)

Programme du Séminaire zapatiste « La pensée critique face à l’hydre capitaliste »

source.

 

Traduction du communiqué de l’EZLN, diffusé le 30 avril sur le site de Liaison Zapatiste. Cette traduction a été faite par @EspoirChiapas. Vous pouvez retrouver cette traduction sur le site d’Espoir Chiapas et sur le site de Liaison Zapatiste.

Le sⒶp

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ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE.

MEXIQUE.

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PROGRAMME ET AUTRES INFORMATION SUR L’HOMMAGE ET LE SÉMINAIRE.
29 avril 2015.
Compas:
Je vous donne les dernières informations sur la célébration en hommage aux Compas Luis Villoro Toranzo et le Maître Zapatiste Galeano, la journée du 2 mai 2015 et du séminaire qui se célébrera du 3 au 9 mai 2015.
Premièrement.- Un groupe d’artiste graphiques participera aussi au Séminaire « La Pensée Critique face à l’hydre Capitaliste » avec une exposition intitulée « Signes et Signaux » avec une œuvre artistique propre et spécialement créée pour cette exposition participent:
Antonio Gritón
Antonio Ramírez
Beatriz Canfield
Carolina Kerlow
César Martínez
Cisco Jiménez
Demián Flores
Domi
Eduardo Abaroa
Efraín Herrera
Emiliano Ortega Rousset
Felipe Eherenberg
Gabriel Macotela
Gabriela Gutiérrez Ovalle
Gustavo Monroy
Héctor Quiñones
Jacobo Ramírez
Johannes Lara
Joselyn Nieto
Julián Madero
Marisa Cornejo
Mauricio Gómez Morín
Néstor Quiñones
Oscar Ratto
Vicente Rojo
Vicente Rojo Cama
La présentation de l’exposition sera le matin du 4 mai 2015 au CIDECI.
Deuxièmement:
– Nous vous donnons le programme des activités et participations pour le séminaire. Il pourra y avoir quelques changements (attention: tous les horaires sont à l’heure nationale).
HOMMAGE:
Samedi 2 mai. Caracol de Oventik. 12:30 hrs.
Hommage aux compañeros Luis Villoro Toranzo et Maestro Zapatiste Galeano.
Participent:
Pablo González Casanova (un écrit).
Adolfo Gilly.
Fernanda Navarro.
Juan Villoro.
Mère, Père épouse et fil-le-s du compañero maestro Galeano.
Compañeros et compañeras de lutte du compañero maestro Galeano.
Comandancia General – Comisión Sexta del EZLN.
Note: La journée du 2 mai on autorisera l’accès au caracol avant 12:30. Quand arrivera l’heure, nous vous demanderons de vous installer à l’extérieur, pour la cérémonie de réception des familles des « hommagés et invité-e-s d’honneur, et que tou-t-e-s entrés derrière eux au lieu précis de l’hommage. En terminant l’acte, vous devrez vous retirer tou-t-e-s parceque le caracol sera occupé dans sa totalité par les compañeras et compañeros bases d’appui zapatiste. Vous ne pourrez pas rester passer la nuit dans le caracol. On calcule que l’hommage se terminera au plus tard entre 16:00hrs et 17:00hrs de façon à ce que vous puissiez rentrer en sécurité et confort à San Cristobal de Las Casas.
SÉMINAIRE « LA PENSÉE CRITIQUE FACE A L’HYDRE CAPITALISTE »
Dimanche 3 mai. Caracol de Oventikl 10:00-14:00. On vous demande d’arriver un peu avant cette heure.
Inauguration à la charge de la Comandancia Générale de l’EZLN.
Don Mario González et Doña Hilda Hernández (video).
Doña Bertha Nava et Don Tomás Ramírez.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Juan Villoro.
Adolfo Gilly.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Transfert aux installations du CIDECI à  San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, à partir de 14:00 hrs.
Dimanche 3 mai. CIDECI. 18:00-21:00.
Sergio Rodríguez Lazcano.
Luis Lozano Arredondo.
Rosa Albina Garavito.
Participation de la Comissión Sexta de l’EZLN.
Lundi 4 mai. CIDECI. 10:00 a 14:00.
María O’Higgins.
Oscar Chávez (enregistrement).
Guillermo Velázquez (enregistrement).
Antonio Gritón. Présentation de l’Exposition Graphique “L’Hydre Capitaliste ».
Efraín Herrera.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Lundi 4 mai. CIDECI. 17:00 a 21:00.
Eduardo Almeida.
Vilma Almendra.
María Eugenia Sánchez.
Alicia Castellanos.
Greg Ruggiero (écrit).
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Mardi 5 mai, CIDECI. 10:00 a 14:00.
Jerónimo Díaz.
Rubén Trejo.
Cati Marielle.
Álvaro Salgado.
Elena Álvarez-Buylla.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Mardi 5 mai. CIDECI. 17:00 a 21:00.
Pablo Reyna.
Malú Huacuja del Toro (écrit).
Javier Hernández Alpízar.
Tamerantong (video).
Ana Lidya Flores.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Mercredi 6 mai. CIDECI. 10:00 a 14:00.
Gilberto López y Rivas.
Immanuel Wallerstein (écrit).
Michael Lowy (écrit).
Salvador Castañeda O´Connor.
Pablo González Casanova (écrit).
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Mercredi 6 mai. CIDECI. 17:00 a 21:00.
Karla Quiñonez (écrit).
Mariana Favela.
Silvia Federici (écrit).
Márgara Millán.
Sylvia Marcos.
Havin Güneser, du Kurdish Freedom Movement.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Jeudi 7 mai, CIDECI. 10:00 a 14:00.
Juan Wahren.
Arturo Anguiano.
Paulina Fernández.
Marcos Roitman (écrit).
Participation de la Commission Sexta del EZLN.
Jeudi 7 mai, CIDECI. 17:00 a 21:00.
Daniel Inclán.
Manuel Rozental.
Abdullah Öcalan, du Kurdish Freedom Movement (participation écrite).
John Holloway.
Gustavo Esteva.
Sergio Tischler.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Vendredi 8 mai. CIDECI. 10:00 a 14:00.
Philippe Corcuff (video).
Donovan Hernández.
Jorge Alonso.
Raúl Zibechi.
Carlos Aguirre Rojas.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Vendredi 8 mai. CIDECI. 17:00 a 21:00.
Carlos González.
Hugo Blanco (video).
Xuno López.
Juan Carlos Mijangos.
Óscar Olivera (video).
Participation de la Commission Sexta del EZLN.
Samedi 9 mai. CIDECI. 10:00 a 14:00.
Jean Robert.
Jérôme Baschet.
John Berger (escrito).
Fernanda Navarro.
Participation de la Commission Sexta de l’EZLN.
Clôture…
Troisièmement.
– Jusqu’au 29 avril 2015 nous avons confirmé l’inscription de 1 528 personnes. Parmi elles: 764 disent être adhérentes à la Sexta, 693 disent ne pas être adhérentes, 117 disent être des médias libres autonomes alternatifs ou comme ils s’appellent, et 8 collaborent avec les médias commerciaux.
Quatrièmement.
– Ceux qui n’arrivent pas à s’enregistrer pour la journée du 2 mai 2015, pourront le faire directement au CIDECI à San Cristobal de Las Casas, Chiapas.
C’est tout pour l’instant.
Bon voyage.
Depuis la conciergerie.
SupGaleano.
Avril 2015.
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Solidarité avec les médias libres du Chiapas, du Mexique et du monde

Suite à l’agression dont ont été victimes les camarades des médias libres à San Sebastian Bachajon, Chiapas, notre modeste équipe de traduction – @ValKaracole, @EspoirChiapas et moi – a décidé de ne pas se contenter de traduire mais aussi de proposer un communiqué succinct afin d’exprimer notre solidarité avec toutes celles et tous ceux qui, par leur travail en tant que médias libres (autonomes, alternatifs ou comme ils se nomment), permettent aux expériences locales menées par les peuples qui s’organisent, de briser l’isolement, de nouer des échanges et de créer des solidarités.

Pour en savoir plus au sujet de la lutte menée par le peuple de San Sebastian Bachajon, vous pouvez consulter les articles sur le site d’Espoir Chiapas.

Si vous souhaitez signer cet appel à solidarité, vous pouvez laisser un commentaire ou contacter Espoir Chiapas.

Le sⒶp

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photo @ValKaracole

 

 

Aux médias libres du Chiapas,
Aux adhérent-e-s de la Sexta,
A nos frères et sœurs qui luttent pour proposer une autre information,

Nous avons été informé-e-s qu’au Chiapas, Mexique, nos compañer@s, nos frères et sœurs de lutte, travaillant dans les médias libres, de manière bénévole, et accompagnant le mouvement  des peuples organisés en lutte contre l’installation d’un méga projet touristiques et d’une autoroute sur leur terre, ont été agressé-e-s par des groupes armés pro-gouvernementaux sous l’œil bienveillant des forces de l’ordre. L’agression s’est terminée par la rétention illégale de leurs outils de travail : un appareil photo Canon 70D et un téléphone portable contenant de nombreuses informations personnelles.

Cette agression a eu lieu dans un climat d’extrême violence : dans leur rapport, nos collègues journalistes indépendants ont déclaré avoir été menacé-e-s avec une machette sous le cou et sur le ventre pour notre sœur journaliste, et par une machette sur le ventre pour notre frère journaliste.  En tant que médias libres, cela nous rappelle des évènements qui se sont déroulés en France, et plus particulièrement durant la lutte contre la construction du barrage de Sivens au Testet où des journalistes indépendants avaient été menacé-e-s par une milice aux pratiques fascisantes  afin de les empêcher de travailler.

Nous n’acceptons pas et condamnons énergiquement ces actions. Le droit d’informer est universel. Si le fait de prendre des photos et de documenter leurs actions leur pose problème, c’est aux groupes paramilitaires et milices de tous les pays de stopper leurs pratiques illégales. 
LA PEUR DOIT CHANGER DE CAMP !

Loin de nous intimider, nous nous engageons à être plus attentif-ve-s aux futures actions qui se passeront au Chiapas comme ailleurs et à diffuser toutes menaces et agressions qui pourront se dérouler au Mexique et dans le monde entier et nous invitons chaque personne, chaque Être Humain, à devenir témoin chaque fois qu’il le faudra : les médias libres sont là pour recevoir et diffuser leurs témoignages et les protéger.

Nous nous solidarisons avec le travail de nos frères et sœurs des médias libres du Chiapas qui, depuis des années, s’organisent et diffusent « L’Autre Information » de manière exemplaire.

SOLIDARITÉ AVEC LES MÉDIAS LIBRES DU CHIAPAS, DU MEXIQUE ET DE LA TERRE !

Depuis la France, mars 2015.

Liste des signataires (en cours) :

★ Le communiqué est publié là:

https://nantes.indymedia.org/articles/31285
http://www.le-serpent-a-plumes.antifa-net.fr/solidarite-avec-les-medias-libres-du-chiapas-du-mexique-et-du-monde
http://zad.nadir.org/spip.php?article2959
http://forum.anarchiste-revolutionnaire.org/viewtopic.php?t=958&p=196272#p196272
http://www.franceameriquelatine.org/spip.php?article2278
http://www.opa33.org/solidarite-avec-les-medias-libres-du-chiapas.html
http://clap33.over-blog.com/2015/05/solidarite-avec-les-medias-libres-du-chiapas.html
http://atelier.mediaslibres.org/Des-liens-pour-les-medias-libres-8.html
http://www.reporterre.net/Solidarite-avec-les-journalistes

LE DANGEREUX DISCOURS DES « INFILTRÉS »

source.

Traduction d’un article publié sur Proyecto Ambulante, site de contre-information libertaire, le 22 novembre.

 

 

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Manifestation pour les 43 étudiants disparus

LE DANGEREUX DISCOURS DES « INFILTRÉS »

Depuis les mobilisations exigeant la réapparition des 43 étudiants enlevés par des policiers, a commencé une radicalisation de divers secteurs des mouvements sociaux. Il y a toujours plus de gens qui s’investissent dans des activités politiques de différentes natures teinté d’un fort anti-étatisme et n’ayant pas peur de se confronter directement aux institutions. Il faut comprendre que les niveaux de violence, inégalité et corruption sont arrivés à un tel degré que la majorité de la population vit totalement soumise, bien souvent par des méthodes violentes. Au milieu de cette violence structurelle existent des formes de résistance qui ont culminé avec l’incendie d’édifices, d’autobus, de voitures de patrouille et de portes dans plusieurs villes du Mexique. La multiplication massive de ces groupes fait partie de différents développements ayant été accompagné du mépris institutionnel et la violence policière.
Dans ce contexte, les médias de communication officiels et quelques autres de « gauche » ont conçu une campagne de discrédit, de peur, de méfiance et de démobilisation centrée sur les fameux « infiltrés » qui sont supposés « discréditer » les marches ou « justifier » la répression. Ces discours viennent d’en-haut, Peña Nieto lui-même et les organisations patronales les ont répétés. En focalisant et en accusant les « infiltrés » on dilue la responsabilité de l’état, on retire de l’importance à la brutalité policière. Croire qu’il y a eu une opération bien planifiée pour vider le Zocalo afin « d’arrêter » 50 personnes qui « attaquaient la porte du palais national » c’est comme croire que les 4 agents de police présents à la UNAM, dont l’un a tiré sur des étudiants, l’étaient pour « enquêter » sur un portable volé.
« L’infiltré » n’est pas un agent fait pour « délégitimer » ni pour « provoquer la répression ». Toute manifestation contre ce régime totalitaire est légitime et le gouvernement n’a jamais eu besoin de prétexte pour réprimer, et lorsqu’il n’en a pas il en invente ultérieurement (Comme ils le font au sujet des détentions aux abords de l’aéroport). « L’infiltré » est là pour causer la division, pour identifier les personnes les plus actives, pour discréditer ceux qui soutiennent l’action directe et l’auto-défense. Il est extrêmement difficile de reconnaître la plus part des infiltrés, à l’exception de ceux qui donnent les ordres avec ostentation pour se vanter de l’impunité avec la quelle ils peuvent agir. Ils peuvent faire disparaître 43 normaliens sans donner aucune explication cohérente.
Entre le 14 et le 15 novembre ont été arrêtés Julián Luna, Bryan Reyes et Jaqueline Santana près de chez eux, quelques heures avant qu’un policier ne tire sur des étudiants au sein de la UNAM. Depuis ce jour, au cours duquel Peña Nieto a dit qu’il pourrait recourir à la force publique la répression a augmenté dans tout le pays. La répression du 20 novembre sur le Zocalo a été la déclaration de guerre contre les mouvements sociaux, nous sommes devant les préambules au début d’une nouvelle Guerre Sale.
Essayer de faire prendre au sein de la population le discours sur les « infiltrés » et « le vandalisme » amènera une fracture à l’intérieur du mouvement, une possible aseptisation  des manifestations et une nouvelle guerre sale avec son lot d’arrestations, de tortures, de disparitions et d’assassinats bien plus intense qu’aujourd’hui. Ceux qui avalent l’histoire des « infiltrés pour justifier la répression » ne prêteront plus attention au terrorisme d’état ni aux véritables infiltrés dans le mouvement, ceux qui divisent, qui sèment la peur et récoltent des informations.
Ce discours doit être combattu, il faut dire qui est coupable et expliquer la multiplicité des voies. Il faut rendre visible d’autres formes que celles qui plaisent au gouvernement. Que le politiquement incorrect n’implique pas la malignité. Il faut mettre en lumière ceux qui usent systématiquement de violence et parler plus d’auto-défense que d’infiltrés.
Il faut faire attention, mais ne pas reculer. Il faut défendre, et se défendre du véritable ennemi : l’État. L’État a fait disparaître les 43 normaliens, l’État a réprimé sur le Zocalo le 20 novembre. L’État a capturé des gens innocents et les accuse de terrorisme, les envoie dans des prisons du Veracruz et du Nayarit pour gêner familles et avocats. C’est l’État qui a réformé les lois au bénéfice des corporations et de quelques familles parasites.
C’ÉTAIT L’ÉTAT.

 

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Illustration de La Pinche Canela / Tumblr.

Hommage au FTP-MOI

Le 21 février 1944, il y a 70 ans, 23 membres des Francs-Tireurs et Partisans, Main-d’œuvre Immigré (FTP-MOI) de Paris, groupe dit Manouchian, sont exécutés sur le Mont-Valérien par les Nazis.

Afin de démontrer que les résistants n’étaient que des étrangers, des juifs, des communistes, « l’armée du crime », les Nazis placardent « l’affiche rouge » dans Paris. L’affiche deviendra au contraire, le symbole de la résistance au nazisme, une résistance qui mêle les nationalités, les religions face à la barbarie.

 

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Liste des 23 du groupe Manouchian condamnés le 15 février 1944 par le tribunal militaire allemand du Grand-Paris:

La seule femme du groupe, Olga Bancic, est décapitée à Stuttgart le .

En 1955, Louis Aragon leur dédie l’un de ses poèmes, Strophes pour se souvenir:

Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit, hirsutes, menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants.

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie Adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

 

En 1959, Léo Ferré met en musique le poème d’Aragon:

De Rimbaud à Marcos

Texte publié à l’origine (en espagnol) dans Caja de Arena, supplément culturel du quotidien mexicain Pagina24, le dimanche 9 mai 2010. Que je me suis enfin décidé à traduire…

Au-delà des apparences

En peu de temps deux visages ont été révélés au monde par les journaux… l’un, sans passe-montagnes, du Sous-Commandant Marcos, et l’autre du poète Arthur Rimbaud sans ses ailes d’albatros. Deux figures qui nous rappellent que, loin de leurs traits, ce sont leurs mots maniés tels des armes qui ont donné à ces étoiles leur brillant.

Rimbaud (2e à droite) devant l’hôtel de l’univers à Aden, dans les années 1880.

 

Il y a quelques jours, la presse française a révélé une photo inédite d’Arthur Rimbaud. Cette photo dévoile le visage adulte du poète, duquel nous ne connaissions jusqu’alors que les traits adolescents, figés pour la postérité par Étienne Carjat. Jacques Desse et Alban Caussé, deux libraires passionnés, ont trouvé cette photographie avec bien d’autres dans l’un de ces vide-greniers qui prolifèrent dans les villages de France. Ce qui attira l’attention des deux compères c’est la légende inscrite au dos de la vieille photo : « Hôtel de l’Univers »… Hôtel où vécu Rimbaud lorsqu’il décida de s’établir à Aden, au Yemen, dans les années 1880. « Il y avait ce gars aux yeux clairs, qui ressemble à un extraterrestre au milieu des autres, un peu comme s’il était là et, en même temps ailleurs. », raconte Jacques Desse aux reporters. Ils trouvèrent la photo il y a deux ans. Deux années durant lesquelles, avec des spécialistes du poètes et des techniciens, ils essayèrent d’authentifier l’image… avant de la présenter au public.

En 1880, Arthur Rimbaud avait délaissé la plume et ses « semelles de vent » l’avaient mené en Afrique. Né en 1854, le poète avait atteint sa plénitude poétique à 17 ans, c’est à dire en 1871, année de la Commune de Paris. Le jeune rebelle fugua à plusieurs reprises du domicile familiale, à Charleville… seul ou en compagnie de la « fée verte » (1). Il rêvait de rejoindre Paris. Il y parvint en février 1871, peu avant l’épisode révolutionnaire. La France était alors en guerre, et ses idéaux républicains le jeune poète les exprima dans le fameux Dormeur du Val. Pendant son séjour à Paris, Rimbaud essaya de rencontrer des écrivains aux engagements révolutionnaires, tel Jules Vallès. Personne ne peut dire si Rimbaud fut à Paris à un quelconque moment de la Commune, mais il est évident que pour certains de ses vers, il trempa sa plume dans le sang du peuple révolutionnaire de Paris. La semaine sanglante, durant laquelle le gouvernement français fusilla beaucoup de révolutionnaires, radicalisa plus encore la poésie de Rimbaud, qui n’eut de cesse de dénoncer les vainqueurs et l’Église.

Il commença ensuite à fréquenter Paul Verlaine et fut introduit dans le milieu artistique parisien. Mais au début de 1872, les provocations de Rimbaud exaspérèrent ses nouveaux amis. Il retourna à Charleville et fit des allers-retours entre la maison de famille et Paris… En juillet de la même année, Rimbaud et Verlaine partirent et commencèrent une relation amoureuse qui les mènera entre Londres et Bruxelles. Elle prit fin l’année suivante dans la capitale belge : Verlaine tira sur son amant et le blessa. Rimbaud rejoignit sa famille et, avant de délaisser définitivement la poésie en 1875, il offrit au monde Une saison en enfer et Illuminations. Il se taira donc, à 21 ans… car il avait accompli tout ce qu’il avait pu dans « le désert et la nuit » qui le cernaient. Il avait compris que la poésie ne pouvait changer le monde sans une révolution libératrice.

Il parcourut alors l’Europe et poussa jusqu’en Indonésie. A Partir de 1880, Rimbaud, dont les « ailes de géant », celle de L’Albatros de Baudelaire (2), ne servaient plus sur la terre des hommes, arriva en Afrique, dans des pays qui auraient fait rêver n’importe quel autre homme mais qui ne parvinrent jamais à chasser l’ennui qui hantait Rimbaud. Il arriva à Aden et travailla comme ouvrier puis comme employé de l’Agence Bardey. Plus tard il se rendit à Harar et devint marchand à son propre compte… et trafiquant d’armes.

Sur la photo inédite de Rimbaud, on aperçoit également Jules Suel (avec le costume à carreaux), propriétaire de L’Univers. C’est lui qui cofinança l’expédition de Rimbaud entre Tadjoura et le royaume de Menelik. En 1886 l’ex-poète et néo-trafiquant parvint à mener à bon port une caravane d’armes au futur roi d’Éthiopie. Le voyage, qui devait durer quelques semaines, dura plus de quatre mois. Peut-être apparut-il à Rimbaud comme « une saison en enfer », au milieu d’une terre parmi les plus inhospitalières du monde, peuplée de tribus hostiles qui avaient massacré la caravane précédente.

Rimbaud passa les cinq dernières années de sa vie à s’ennuyer entre petits trafiques plutôt que grands détournements de mots, comptes au lieu de contes, abrutissement plutôt qu’embellissement. Il mourut en 1891, le 10 novembre à Marseille, amputé de la jambe à cause d’une synovite du genoux. La mort de l’homme oublié permit la naissance du mythe de l’un des fameux poètes maudits.

La photographie inédite de Rimbaud fit couler beaucoup d’encre en France. Beaucoup de français coururent la voir à l’exposition littéraire qui l’accueilli à Paris. Comme si le visage adulte du poète pouvait expliquer quoi que ce soit… Comme si il importait, à ceux qui découvrent la rage qu’ils sentent courir dans leurs veines comme dans les vers de Rimbaud, de voir sous son passe-montagne tissé de mots.

Pur coïncidence, quelques jours auparavant, les journaux, ceux du Mexique comme ceux de France, exposèrent au grand jour le visage du sous-commandant Marcos sans son fameux passe-montagne. La supposée photo du leader de l’EZLN semblait bien plus intéresser les reporters du monde que les activités des zapatistes en cette année du centenaire de la révolution mexicaine. Comme si le visage dissimulé sous le passe-montagne du porte-voix des indigènes du Chiapas pouvait avoir d’autres traits que ceux de tous les insurgés du monde… d’aujourd’hui, d’hier et de demain.

Marcos, comme Rimbaud, trempe sa plume dans les fleuves de sang de son peuple. Pas la Seine rougie par la semaine sanglante mais les fleuves qui parcourent l’Amérique Latine tels les veines ouvertes d’un continent indigène harassé par 500 années d’obscurantisme. Tels les mots de Rimbaud, ceux de Marcos naissent dans le désert, celui des prêches de Lautréamont (3), afin d’allumer cette si longue nuit. Nuit qui encore nous étreint de ses étoiles que ceux d’en-haut espèrent faire pâlir en braquant sur ces visages les lumières du show-business… Mais que jamais ils ne pourront éteindre car, même mortes, les étoiles continuent d’éclairer le chemin jusqu’au petit jour.

1 : Surnom de l’absinthe

2 : Charles Baudelaire (1821 – 1867), auteur de L’Albatros

3 : Comte de Lautréamont (1846 – 1870), auteur de Les chants de Maldoror.

 

Le Pen: fracture diplomatique?

Ce samedi près de 250 personnes ont manifesté à Limoges, sous une pluie fine et froide, contre Marine Le Pen, heu non contre Jean-Marie Le Pen… enfin, contre le FN!

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C’est bien la président du FN qui était attendue pour une réunion avec les militants dans la salle municipale Blanqui, située derrière la mairie de Limoges. Mais il y a quelques jours, le FN nous apprenait que Jean-Marine, heu Marie, remplacerait sa fille dans son excursion sur les terres limousines. On parlait d’un problème de santé qui empêcherait la présidente frontiste de faire le trajet en voiture.

Jean-Marie Le Pen était également invité pour une interview dans les locaux de France3 Limousin mais a lamentablement planté le présentateur qui après avoir annoncé l’interview, après l’avoir repoussé en excusant le retard du vieux chef du FN, a finalement du faire sans. Ce sont des choses qui arrivent et par temps de pluie, on ne peut que louer la prudence du chauffeur qui a certainement préférer faire rater une apparition cathodique à son patron que de lui faire risquer un accident et une éventuelle fracture.

Papa Le Pen en commençant son discours, vers 13h, a tenu a expliquer aux quelques 200 bas-du-frontistes limougeauds venus l’écouter que sa fille avait une fracture de la colonne vertébrale. Mazette! Une telle fracture explique en effet que sa fifille n’ait pu faire le déplacement. Puis dans l’après-midi, le FN se fendait d’un communiqué de presse rassurant, la chute – dans une piscine vide selon papa – n’a pas fracturé la colonne mais le sacrum. Ouf, nous voilà rassurés! Comme l’a dit par la suite MLP sur son compte twitter, « ce sera long, c’est douloureux, mais rien de dramatique ».

Le communiqué du Front évoquait aussi « un léger allègement de son emploi du temps mais ne l’empêchant pas de continuer ses activités ». Un allègement qui semble en effet n’avoir eu de conséquence que sur le déplacement à Limoges. D’ailleurs, la présence de Marine sur le plateau de LCP mercredi pour dénoncer les hordes de sauvages descendues de leurs banlieues pour mettre à feux et à sang la capitale française est un premier élément qui nous rassure sur la santé de Marine. D’autant que, bravant une fois encore la douleur, la présidente du front qui se rêve présidente du pays, sera dès demain dimanche sur le plateau de l’émission CPolitique de France5. Elle aura tout le loisir pour nous parler de sa hausse dans les sondages et de sa chute… dont on ne saurait imaginé qu’elle ait été le fait des merdes virtuelles déposées par de vilains farceurs sur sa page FaceBook – page qui a du être fermée temporairement afin de nettoyer… Bref, un accident banal, un père dévoué qui, bon pied bon œil, remplace sa fille pour un déplacement en province. Selon l’agenda du Front, Marine sera avec son père au parlement européen à Strasbourg dès mardi. Tout est bien qui finira bien avec un peu de repos… sauf que!

Sauf que, lors de cette charmante escapade en Haute-Vienne, le président d’honneur du FN a confirmé l’actuel secrétaire départemental, Vincent Gérard, dans ses fonctions. Or, et c’est là que le doute commence à fissurer l’image bucolique de Marine, le cul cassé, et de son vieux père qui reprend le temps d’un samedi pluvieux, le flambeau qu’il lui avait lui-même transmis… Le Vincent Gérard en question a été condamné en septembre dernier à quatre mois avec sursis pour violence avec usage ou menace d’une arme.

Le 2 avril 2012, quatre militants du FN, dont Gérard, après une réunion du parti, décident d’une balade bucolique dans les rues de Limoges avec une batte de base-ball. Leur déambulation nocturne et alcoolisée (ce fut la défense de Gégé) les mènent au Duc Etienne, bar oh combien sympathique mais dont les habitués sont plus souvent situés à l’autre bout de l’échiquier politique. Et là, les clients du bar prennent peur en voyant ce frontiste rigolard et alcoolisé brandir sa batte. La police intervient rapidement et l’homme est arrêté, les trois autres frontistes repartent. Pourtant d’eux d’entre-eux, dont Gégé, ne tardent pas à revenir au Duc, armés cette fois-ci d’un couteau et d’une matraque. Le patron du bar aura le nez fracturé. Décidément, c’est une histoire où les os craquent beaucoup! « Rien de politique » clame haut et court, ah non haut et fort, Vincent Gérard lors du procès.

Sa mise en cause dans l’histoire de l’agression lui avait coûté, avant même sa condamnation, sa candidature aux législatives. Quelques jours après les faits, la fifille de son papa avait déclaré qu’une condamnation lui vaudrait d’être démis de ses fonctions… Dédiabolisation oblige, faut lisser. Le temps du FN à papa, avec ses outrances verbales, les courses après les roux, les saluts nazi… tout ça c’est fini! D’ailleurs au lendemain de sa condamnation, Maxime Labesse, le prédécesseur de Gégé, affirmait : « Il devrait tirer les conclusions qui s’imposent et prendre l’initiative. » Seulement six mois plus tard, l’initiative tarde à venir.

Et tout au contraire, voilà que Jean-Marie le confirme dans ses fonctions! Diable! Cet homme condamné par la justice et par la présidente de son parti est confirmé dans ses fonctions de secrétaire départemental. Alors peut-être ais-je l’esprit mal tourné, mais il me semble que la fracture évoquée par Marine est peut-être plus à chercher entre son père et elle, qu’entre son cul et sa colonne. Le vieux lion frontiste a-t-il pesé de tout son poids pour protéger un militant un peu plus vieille que jeune garde? Après tout, faire le coup de poing contre le patron d’un rade gauchissss n’est pas une tare pour tout le monde. Alors, en bonne fille Marine a-t-elle fini par céder au caprice de son papa? Marine, afin de garder la tête haute et les mains propres, s’est pas cassé le cul et à envoyer papa à Limoges? La dédiabolisation n’est pas chose aisée, lorsqu’on est la fille du « diable ».

Alors Marine, sincèrement, que ton sacrum ait été fracturé ou non… On t’emmerde, toi, ton père, le FN et tous les fachos d’ici et d’ailleurs!

Le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève!

 

Antifa-Sprayer--50--